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Le matin | Maroc | 27/02/2026 | Lire l'article original
La greffe de cornée est une intervention relativement simple, susceptible de restaurer la vision. Au Maroc, elle demeure pourtant hors de portée pour une large partie des patients. Si entre 6.000 à 8.000 personnes en auraient besoin chaque année, selon l’OMS, seulement 500 à 600 personnes en bénéficient, soit 7 à 8% des besoins couverts. Deux ophtalmologues que nous avons sollicités, Mohsine El Bakkali et Bachiri Mahmoud, membres du Syndicat national des ophtalmologues libéraux du Maroc, décrivent une crise moins médicale que structurelle, marquée par le recul du prélèvement local, l’affaiblissement du secteur hospitalo-universitaire et une dépendance quasi totale à l’importation. Au terme de cette chaîne fragilisée, des patients attendent, parfois jusqu’à basculer dans un handicap durable.
La cornée est cette surface transparente à l’avant de l’œil, une sorte de «vitre» qui laisse entrer la lumière et participe à la netteté de la vision. Quand elle devient opaque, cicatricielle ou déformée, la vue peut chuter jusqu’à l’incapacité fonctionnelle. La kératoplastie (greffe de cornée) consiste à remplacer tout ou partie de cette cornée malade par un tissu provenant d’un donneur.
Dans de nombreux systèmes de santé, c’est une intervention courante, globalement efficace, avec des risques connus (rejet, infection, hypertension oculaire). Mais elle dépend d’un seul élément : la disponibilité du greffon. Sans greffon, pas de greffe. Et sans greffe, une cécité parfois réversible se transforme en trajectoire longue, faite d’attente, de perte d’autonomie et d’inégalités. «Le recul actuel de la greffe de cornée au Maroc n’est pas un problème médical ou de compétence des équipes : il est avant tout organisationnel et structurel», résume Dr Mohsine El Bakkali, membre du Syndicat national des ophtalmologues libéraux du Maroc (SNOLM), que nous avons sollicité aux côtés de Dr Bachiri Mahmoud (SNOLM).
Les chiffres avancés par les deux praticiens donnent la mesure de la rupture. Dr El Bakkali cite une estimation attribuée à l’OMS : le Maroc aurait besoin d’environ 8.000 greffes de cornée par an. Or, ajoute-t-il, le pays n’en réalise «même pas 500 à 600», soit 7 à 8% du besoin. Dr Bachiri Mahmoud confirme l’ordre de grandeur : besoins très élevés, volume réellement réalisé très faible, avec un déficit qui alimente des listes d’attente considérables. Que devient le reste ? Les deux médecins décrivent une mécanique sociale. D’un côté, ceux qui ont les moyens cherchent une solution ailleurs : Dr Bachiri évoque des départs vers la Tunisie, la Turquie, l’Espagne ou la France ; Dr El Bakkali parle d’un constat «douloureux» pour un pays qui a déjà porté cette expertise. De l’autre, ceux qui n’ont pas les moyens restent dans l’attente, avec le risque d’une aggravation. Dr Bachiri insiste sur le coût humain et social : perte d’autonomie, limitation d’activité, dépendance familiale, scolarité perturbée.
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