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Médecine du Maghreb - Revue médicale internationale Maghrébine - Plus d'informations


Professeur Larbi Abid
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Le professeur Omar Boudjellab vient de s'éteindre à l'âge de 76 ans, après avoir donné le maximum de lui-même et accompli une carrière exemplaire faite de probité, de responsabilité et de générosité.

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Naissance de la médecine algérienne

L'enseignement de la pharmacie en Algérie (durant la période coloniale)

L'intendant civil Genty de Bussy, qui avait la responsabilité de l'hygiène et de la santé dans la Régence, signa, le 12 septembre 1832, un décret instituant à Alger un jury de médecine appelé à examiner et à recevoir les candidats français et étrangers aspirant à devenir pharmaciens. Ce jury, composé d'un médecin, d'un chirurgien et de trois pharmaciens militaires, pouvait délivrer un diplôme de pharmacien permettant d'exercer la pharmacie dans la Régence d'Alger.

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Editorial


La médecine opératoire selon Charles Sédillot

Professeur Larbi Abid - Algérie - Février 2019

Pour tous les médecins et chirurgiens, jeunes et moins jeunes, qui ont exercé à l’hôpital Mustapha d’Alger, le terme « Sédillot » fait nécessairement référence à la clinique chirurgicale B (CCB par opposition à (CCA) où ont exercé deux grands maitres de la chirurgie algérienne postindépendance : les professeurs El Hadi Mansouri et Ali El Okbi. D’ailleurs cette clinique porte actuellement le nom de Ali El Okbi (qui signait ses comptes-rendus opératoires EO par analogie avec le professeur Mansouri qui lui signait PMS).

Mais qui était Sédillot, pour avoir laissé son nom à cette clinique chirurgicale au niveau du plus grand hôpital d’Alger ?

Charles Sédillot (1804-1883) était professeur de chirurgie à l’hôpital d’instruction du Val-de-Grace en 1833. Il se porte volontaire pour partir en Algérie à l’occasion de la 2ème expédition de Constantine en 1837. Embarqué pour Annaba en Aout, il rejoint en septembre un camp militaire à Medjez-Amar (commune de la wilaya de Guelma) où il avait mission de diriger le service de l’ambulance d’avant-garde (petit hôpital sous tente) à la division en partance pour Constantine. Tout le matériel nécessaire aux opérations chirurgicales d’urgence était transporté à dos de mulet.

Au cours de cette expédition de Constantine, il montra son orientation pour la pratique du débridement des plaies, dans le but de prévenir les accidents inflammatoires «toutes les fois qu’une balle a traversé un membre ou a pénétré à une profondeur considérable ». Par ailleurs, il recommande l’ablation immédiate des corps étrangers et même, ce qui était une hardiesse, la trépanation du crâne avec extraction des esquilles et la recherche des projectiles dans le cerveau.

Malade lui-même au départ de Constantine, il faillit succomber, à Annaba, à des accès pernicieux et rentra en France en novembre où il poursuivra dans le professorat une carrière militaire et scientifique. Il enseigna, au Val-de-Grâce, l’anatomie appliquée et la médecine opératoire jusqu’en 1841, année de sa nomination au concours à la Faculté de Strasbourg.

Plus tard à l’Académie des Sciences (1) , il se fit le défenseur des idées pastoriennes et de leur application dans le domaine de la chirurgie en montrant l’importance de ces infiniment petits qu’il appela « microbes » comme agents d’insalubrité et d’infection et qui signala « les avantages qu’on retirerait, dans les hôpitaux, de laboratoires de culture pour y suivre et y démontrer l’influence des microbes sur le nombre, la gravité et l’imminence des maladies ».

En 1839, il publie un ouvrage qui fut une référence pendant plusieurs décennies dans les hôpitaux militaires : « Traité de médecine opératoire, bandages et appareils»(2).

Dans l’introduction de ce traité, Sédillot écrit que : « les opérations chirurgicales constituent dans leur ensemble une science distincte, nommés par Sabatier Médecine opératoire, et liée par des rapports nombreux et intimes avec les autres branches de l’art de guérir. On ne saurait, en effet, considérer aujourd’hui une opération comme un acte isolé, et purement mécanique, car celui qui la pratique doit connaitre les causes qui la redent nécessaire, les méthodes et les procédés qui en permettent et en règlent l’exécution, et les moyens thérapeutiques qui en assurent le succès.

Le chirurgien vraiment digne de ce titre doit donc posséder une réunion de mérites qui peuvent seuls le placer au premier rang de la profession.

Il faut qu’il soit fort, actif et adroit, fécond en ressources, persuasif, d’une fermeté inébranlable, exercé à résoudre les problèmes les plus difficiles de la séméiologie, car son diagnostic est souvent une question de vie ou de mort ; familiarisé avec la marche des maladies , afin de ne pas pratiquer une opération que l’emploi de moyens de traitement plus rationnels eût fait éviter, et de n’en pas différer ;également versé dans l’étude de l’anatomie normale et de l’anatomie pathologique, soit pour agir sur des tissus sains, soit pour se guider au milieu des altérations de forme, de volume, de consistance, de texture et de coloration, qui sont survenus. Il faut que sa mémoire lui rappelle tous les exemples et toutes les indications de la science dans un cas donné ; qu’il choisisse les méthodes et les procédés opératoires les plus convenables ; qu’il interroge l’état constitutionnel du malade ; qu’il sache les influences des saisons, des épidémies, des affections régnantes , des localités ; qu’il règle la disposition des aides , des appareils et de la lumière ; qu’il prévoie les accidents et soit prêt à y remédier ; et lorsqu’ie l’opération sera terminée, il devra joindre à la patience, à la douceur, à la dextérité nécessaire pour l’application des appareils , des bandages et des pansements , la sagacité médicale la plus exercée , pour deviner , prévenir et combattre la maladies intercurrentes , qui pourraient compromettre les guérison définitive, et qui sont d’autant plus redoutables que le blessé est plus affaibli, plus apte à les contracter, et qu’elles revêtent presque toujours alors une forme latente.

La science qui exige de ceux qui s’y adonnent d’aussi rares qualités, doit avoir accompli d’immenses progrès…

Les causes qui ont contribué à placer la médecine opératoire au premier rang de l’art son assez nombreuse. Elles sont pour un chirurgien les meilleures sources d’instruction et d’expérience…

L’anatomie normale est tellement indispensable à la médecine opératoire, qu’on ne saurait trop répéter que sans son secours, il n’y a pas de chirurgie possible, mais seulement de la mécanique et de l’empirisme. Tous les vrais chirurgiens sont nécessairement des anatomistes exercés…

L’étude de l’anatomie pathologique, complétant l’anatomie normale et l’anatomie chirurgicale, vit encore ajouter à la certitude et aux ressources de la médecine opératoire… La pratique des opérations sur le cadavre, devenue d’un usage général, a aussi doté l’art de procédés nombreux, appliqué plus tard avec succès au traitement de l’homme vivant. Enfin les expériences directes tentées sur les animaux ont également servi la médecine opératoire. Telles sont les principales cause des progrès de la médecine opératoire, et cette science s’enrichie de nouvelle découvertes par le génie des chirurgiens...

(1) De l’influence des découvertes de Pasteur sur les progrès de la chirurgie (Note à l’Académie des Sciences, 11 mars 1878; Comptes rendus).
(2) Traité de médecine opératoire, bandages et appareils. Ed Baillière, 1839.

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