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Algérie Le pack des ruptures de stocks de médicaments

29/06/2010 | El Watan | Algérie | Lire l'article original

Une liste de plus en plus longue de médicaments essentiels est actuellement en rupture totale ou partielle de stock (pénurie), que ce soit dans les pharmacies ou les hôpitaux. Les appels de détresse lancés aussi bien par les patients que les praticiens de santé ne semblent pas inquiéter les ministères de tutelle. Une situation très mal vécue par les pharmaciens de plus en plus confrontés à faire face à des difficultés financières insupportables dues à une gestion non efficiente de ces produits sensibles : ruptures de stock de médicaments, surstockage de ces derniers, ainsi que des produits périmés sont les trois maux qui hantent le sommeil des pharmaciens et gangrènent le fonctionnement adéquat des officines de pharmacie.

Le syndrome des ruptures de stock n’ayant épargné aucun médicament ou presque — même ceux produits localement — le pharmacien se voit souvent dans l’obligation de recourir au surstockage, engendrant inévitablement d’un côté de grandes quantités de médicaments périmés, et d’un autre l’immobilisation de capitaux qui pourraient être utilisés à d’autres fins plus utiles pour l’exercice de la pharmacie.

Aucune étude rationnelle et bien détaillée n’a été effectuée à ce jour pour évaluer les pertes financières engendrées par ces ruptures de stock chroniques et leurs répercussions d’une part sur la demande d’approvisionnement, et d’autre part sur la santé des citoyens, notamment dans la catégorie des malades chronique pour lesquels la non-observance du traitement aurait des conséquences redoutables. En termes d’approvisionnements et finances, une estimation approximative pourrait nous donner un aperçu de l’ampleur des dégâts : en estimant en moyenne le surstock d’une pharmacie à environ deux millions de DA et le nombre des officines (nationales) à 9000, le résultat à l’échelle nationale est de l’ordre de 18000 millions de DA. Cet énorme capital immobilisé dormant sur les étals des officines — dont une partie non négligeable ira plus tard grossir davantage le chiffre déjà monumental des médicaments périmés en Algérie — n’est que le fruit de cette gestion non efficiente.

Ce chiffre qui avoisine les deux cent millions de dollars, soit environ presque le quart de la facture annuelle des importations de médicaments tous secteurs confondus, pourrait effectivement être utilisé pour financer des projets pharmaceutiques de grande envergure et à moderniser tout le circuit de gestion et de distribution des médicaments. En termes de santé publique, nous nous sommes retrouvés dans une situation où même les moyens de substitution n’existent pas puisque même les génériques sont aujourd’hui en rupture de stock. « Le problème est sérieux », de l’avis de nombreux médecins spécialistes. L’exemple des antituberculeux — médicaments qui bénéficient pourtant d’un programme national — est on ne peut plus révélateur ; ils sont quasiment introuvables dans plusieurs services de pneumologie ; pourtant, les prévisions ont été faites en juin 2009. Le traitement en question, une bithérapie, intervient après le traitement d’attaque, ce qui est très important pour la santé du tuberculeux. « Avec cette rupture, les malades rechutent et deviennent moins résistants », les répercussions en termes de santé publique sont terribles.
La gestion des médicaments en pack

Cette situation connue déjà depuis longtemps par les pharmaciens s’est vu s’exacerbée de l’avis de beaucoup d’intervenants par la lettre de crédit imposée par la loi de finances complémentaire 2009. Les procédures engagées retardent considérablement les délais de livraison et de réception. Cette dernière mesure est venue s’ajouter à une mesure antécédente prise par le gouvernement : l’interdiction d’importer un certain nombre de médicaments fabriqués localement, à laquelle sont venus se greffer les retards dans les signatures des programmes d’importation et les effets de l’application du tiers-payant et de la politique du générique. Même si les autorités arrivent à convaincre que les mesures prises vont dans le sens de l’intérêt de l’économie nationale, il n’en demeure pas moins que pour le médicament, les malades et les praticiens de santé, cela a eu des effets secondaires sérieux sur, d’une part, la santé du citoyen, et, d’autre part, sur l’exercice des praticiens de santé, médecins et pharmaciens. En effet, nous assistons ces derniers temps à un retour des pratiques commerciales qu’on croyait révolues.

La vente concomitante des produits pharmaceutiques pourtant interdite par la loi, reprend du poil de la bête. De nombreux pharmaciens se sont plaint de voir leur approvisionnement en médicaments subordonné à l’achat d’autres produits à faible rotation ou en voie de péremption. De nombreux grossistes répartiteurs imposent, en usant du jargon marketing, une liste de produits en voie de péremption afin de les écouler. Le Cotareg 80 en pack, le Detentiel en commande spéciale, l’Utrogestan en quota pour les pharmaciens qui aident le grossiste à faire sortir du Molsidomine qui se périme dans deux mois, voilà le quotidien des pharmaciens depuis quelque temps avec les services commerciaux de leurs fournisseurs ; ces derniers commencent à bien s’accommoder de cette pratique — une aubaine pour déstocker leurs invendus. Rares sont les grossistes qui ne se livrent pas à ce genre de pratiques. En imposant au pharmacien l’achat d’un médicament avec un autre, de surcroît à date de péremption proche, le grossiste se rend-il compte de la portée de l’abus dont il se rend coupable aussi bien sur la moralité de la profession pharmaceutique que sur la santé du citoyen. Le pharmacien peut-il se permettre de produire l’acte de son grossiste sur son malade, en lui proposant un médicament contre la toux à la place d’un autre, même si le premier ne convient pas exactement à la toux dont il se plaint, mais parce que celui-ci se périme bientôt et qu’il lui a été imposé par son grossiste répartiteur ?
Un péril pour la profession et un grand risque pour la santé publique

En matière de droit de la distribution, l’Algérie dispose d’une législation très riche qui n’a rien à envier à celle en vigueur dans les pays les plus avancés. Les défaillances résident dans sa diffusion, sa vulgarisation et surtout dans la mise en place de mécanismes qui permettent son application. Tous les actes et opérations dont l’accomplissement est constitutif d’infraction liée à la loyauté et à la transparence des pratiques commerciales sont sévèrement sanctionnées dans les dispositions prévues sous les articles 56 à 62 de l’ordonnance du 19 juillet 2003. Sont retenus comme abus : un refus de vente ; vente concomitante ou discriminatoire ; la vente conditionnée par l’acquisition d’une quantité minimale ; l’obligation de vente à un prix minimum ; la rupture d’une relation commerciale injustifiée. Au-delà de l’aspect législatif de ce genre de pratique qui a le mérite d’être claire et précis, le grossiste répartiteur, qui est une pharmacie de gros, doit plus que n’importe quel autre commerce se conformer à la loi, car il y va de la santé du citoyen. Par ailleurs, l’aspect déontologique y est aussi important que dans une officine. La vente concomitante est une entrave à l’indépendance scientifique de l’acte de dispenser des médicaments par le pharmacien tel que prévu par le code de déontologie.Le pharmacien, directeur technique de l’établissement répartiteur est déontologiquement responsable vis-à-vis de ses confrères d’officine. Il doit en tant que garant de la santé publique, tout autant que ces confrères d’officine, dénoncer et empêcher par les moyens légaux dont il dispose la pratique de la vente concomitante ou discriminatoire dans les établissements en question, l’énorme préjudice qu’elle peut occasionner à la santé du citoyen et le péril qu’elle fait peser sur la moralité de notre profession peuvent-ils être justifiés par un quelconque préjudice financier des médicaments périmés et invendus, quelle que soit leur ampleur ?
Quel doit être le rôle de l’État ?

Le rôle de l’Etat dans la lutte contre ce phénomène ne se résume pas exclusivement dans sa manifestation répressive, mais par d’autres aspects liés, notamment, à la bonne gouvernance, œuvrant à éliminer les conditions propices à de telles pratiques. Ce qui exige de nos responsables en charge du dossier médicament — ce produit hautement stratégique — non pas des décisions prises à la hâte sous les pressions de lobbies politico-financiers, mais des actions mûrement réfléchies, dans la transparence et la concertation, et une gestion des plus rigoureuses afin d’éviter les situations de ruptures de stock et de pénurie, terrain propice à toutes sortes de dérives commerciales, dont les conséquences peuvent être dramatiques pour la santé de nos concitoyens.

- L’auteur est : Pharmacien

Par Dr S. Kebour

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