| La
lumière bleue désigne la lumière visible dont
la longueur d’onde est comprise entre 440 nm et 510 nm. La
lumière bleue est active selon différents mécanismes,
à savoir par :
- Photo-diagnostic.
- Photothérapie dynamique PDT
- Photothérapie photopériodique ou luminothérapie
- Photothérapie photochimique
- Photopolymérisation
- Photoactivation.
De nombreux omnipraticiens ne reconnaissent à cette lumière
que son mécanisme de Photopolymérisation des résines
composites et plus récemment celui de photoactivation des
produits de blanchiment. L’associant ainsi à l’esthétique,
aspect considéré par certains futile et secondaire
face aux problèmes de pathologie qu’on traite quotidiennement.
Ceci ne pourra, désormais plus être concevable !
En effet, les progrès réalisés en matière
de recherche ont permis l’ouverture d’horizons vers
l’usage de la lumière bleue dans différentes
spécialités de la médecine générale
et bien entendu en médecine dentaire.
Ainsi dans le domaine médical, cette lumière trouve
son application :
- En pédiatrie : Traitement de l’ictère du
nouveau né
- En dermatologie : Traitement de l’acné
- En gastrologie
- En neurologie
- En carcinologie : Dans le diagnostic et le traitement
Concernant la médecine dentaire, à côté
de son usage pour activer et polymériser les produits dentaires,
la lumière bleue sert désormais à :
- La photodétection des caries
- Le dépistage précoce des dysplasies et cancers
de la cavité orale
- Le traitement des parodontites chroniques de l’adulte
Son avantage est son innocuité par rapport aux autres types
de lumières à savoir celles infra-rouges (IR) et ultra-violettes
(UV) souvent utilisées en médecine dentaire.
Cette innocuité n’est pas absolue. En effet, il a été
démontré par plusieurs études que la lumière
bleue cause un stress oxydatif au niveau de la rétine directement
responsable de la dégénérescence maculaire
liée à l’âge.
Cependant, cet inconvénient ne doit pas interférer
avec l’utilisation de la lumière bleue puisqu’il
peut être facilement contourné par le port de lunettes
de protection aussi bien par le praticien que par le patient.
Ainsi, dans ses domaines d’application actuels, il semble
que la lumière bleue garde les mêmes avantages que
présentent les UV et les IR sans pour autant avoir leurs
inconvénients.
Ceci devra attirer l’attention des omnipraticiens vers une
introduction sans craintes de l’utilisation de la lumière
bleue dans leurs pratiques journalières principalement pour
la prévention, pour le dépistage précoce des
caries et des cancers et pour le traitement de la parodontite chronique
de l’adulte. En tant que médecin de pays en voie de
développement, nous sommes dans l’obligation d’améliorer
les différents moyens de dépistage précoce
afin de limiter le besoin en traitement et en conséquence
limiter les charges de la Caisse Nationale d’Assurance Maladie
CNAM.
Et en tant que citoyenne de pays avant-gardiste, et praticienne
de surcroît, j’appelle les confrères à
s’intéresser de plus prés à cette lumière
afin d’éclairer leur gestes thérapeutiques et
en tirer profit lors de leurs pratiques quotidiennes.
Il faut aussi souligner l’importance de multiplier les recherches
dans le but d’élargir le champ d’application
de cette lumière.
Enfin, nous espérons exploiter cliniquement les résultats
des études in vitro tel que celles concernant le traitement
:
- Des ulcères gastriques
- De certains types de cancers
- Des parodontites chroniques de l’adulte
Et pourquoi pas mettre à profit les propriétés
désinfectantes de cette lumière dans la stérilisation
du système endodontique comme celle possible grâce
aux infrarouges.
Professeur Nabiha Douki Zbidi - 15 décembre 2006
fethi.zbidi@gnet.tn |