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Les personnes qui
n'ont plus leurs dents ont une moins bonne mémoire que ceux
qui les ont conservées. Telle est la conclusion pour le moins
inusitée d'une toute récente étude suédoise
qui n'est pas encore publiée.
Pour les fins de cette étude, qui fait partie d'un plus
vaste travail de recherche sur la mémoire, des chercheurs
ont suivi 1 962 personnes âgées de 35 à 90 ans
pendant 15 ans. Ils ont comparé la mémoire de ceux
qui avaient gardé leurs dents à celle des personnes
dont les dents ont été extraites pour être remplacées
par un dentier.
Le dentiste et chercheur suédois Jan Berghal a découvert
que les personnes ayant perdu leurs dents présentaient un
déclin de la mémoire plus prononcé que celles
qui les avaient encore à la fin de l'étude. Il rappelle
qu'un lien entre les dents et la mémoire avait déjà
été établi par des études japonaises
menées sur des animaux, mais, selon lui, c'est la première
fois qu'une étude à grande échelle se penche
sur ce lien chez les humains.
Des tests sur les animaux ont démontré que l'extraction
d'une dent sectionne des nerfs reliés au cerveau, souligne
le chercheur suédois. Ce pourrait être une des pistes
à explorer pour découvrir le mécanisme du lien
entre la perte de dents et la perte de mémoire. Aussi, le
fait de mastiquer avec ses dents augmente la circulation sanguine
au cerveau, entraînant peut-être une meilleure activité
des fonctions cérébrales, comme la mémoire.
Jan Berghal croit que les résultats de son étude
pourraient amener des changements importants dans la façon
de concevoir les soins dentaires, en particulier ceux des personnes
âgées. L'auteur compte poursuivre sa recherche à
l'Université d'Umea, dans le nord de la Suède, afin
de déterminer le nombre de dents qu'on peut perdre avant
que cela commence à avoir un effet sur la mémoire.
En attendant d'en savoir plus à ce sujet, il serait sage
de ne pas oublier de se brosser les dents régulièrement.
d'aprés "Marie france Coutu - Réseau Proteus"
Professeur Nabiha Douki Zbidi - 10 novembre 2004
fethi.zbidi@gnet.tn |