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Les poissons d'eau froide et leurs huiles (thon,
hareng, maquereau, sardine, etc.) sont source directe d’omega-3.
Ces acides gras comprennent : l'acide alpha-linolenique (ALA) ;
l'acide eicosapentaenoique (EPA) ; l'acide docosahexeanoique (DHA).
Les chercheurs, en s’intéressant à l'omega-3, ont déduit que ce
dernier possédait une impressionnante feuille de route, car bénéficiait
de certaines propriétés, notamment celles d'abaisser le taux de
triglycérides dans le sang, d'éclaircir le sang et de combattre
l'inflammation.
D’un autre côté les experts ont constaté que, chez les occidentaux,
non seulement la plupart ne mangent pas assez d'aliments riches
en acides gras omega-3, mais que leur consommation excessive d'acide
gras omega-6 nuit au métabolisme des omega-3. Les spécialistes croient
que le rapport omega-6/omega-3 doit être de l'ordre de 4/1, tandis
qu'on estime que l'alimentation nord-américaine typique fournit
plutôt un rapport de l'ordre de 14/1 à 20/1.
Ainsi le diabète, l'excès d'alcool de tabac ou de stress, de même
que des carences en enzymes, en vitamines B3, B6, C, en magnésium
et en zinc, peuvent entraîner une difficulté ou une incapacité à
transformer l'ALA en EPA.
Les indications pour diverses pathologies générales sont multiples
:
- soulager les symptômes de polyarthrite rhumatoïde
- assurer une protection cardiovasculaire
- favoriser la revascularisation
- aider dans les cas de Lupus
- soulager les douleurs menstruelles
- soulager les patients souffrant de psoriasis
- avoir un effet bénéfique sur l’ostéoporose
- inhiber le développement du cancer du sein
- améliorer et diminuer les symptômes d’hyperactivité et déficit
d'attention
- diminuer l'inflammation en cas de Fibrose
- prévenir et traiter certains troubles liés à une alimentation
insuffisante ou déséquilibre en vitamines A et D chez l'adulte
ou l'enfant: avitaminose A et avitaminose D.
Mais le mécanisme précis avec lequel l'huile de poisson peut inhiber
le cours de l'inflammation reste encore inconnu.
Toutefois, compte tenu du fait que cette huile trouve son champ
d’application en dentisterie et l'accumulation d'évidence sur son
effet sur l’augmentation de l'EPA au niveau des membranes des cellules
gingivales et par suite réduction de l'inflammation gingivale, de
sa capacité à réduire la résorption et augmenter la densité
osseuse quand il est combinée au GLA, de supprimer l'inflammation
à travers son pouvoir d'inhibition de la production de cytokine
pro-inflammatoire et les autres médiateurs d'inflammation les IL-1
et PG2 nécessaires pour la différentiation des ostéoclastes et leurs
fonctions, de diminuer les ostéoclastes et la résorption au niveau
des dents soumises à des mouvements de distalisation, il nous a
paru intéressant de le tester dans le traitement des résorptions
radiculaires inflammatoires très fréquentes dans notre pratique
quotidienne à la suite de pathologies pulpaires et périapicales.
Notre étude a porté sur une série de 20 cas cliniques présentant
des résorptions radiculaires très prononcées. Nos patients, âgés
de 14 à 60 ans, ont bénéficié d'un traitement à base d'huile de
foie de morue mélangé à de l’hydroxyde de calcium en médication
endodontique transitoire. Nous avons limité la durée du traitement
à un minimum de 40 jours, à raison d'une application tous les 10
jours à côté d'un contrôle radiologique. L'étude comparative des
résultats cliniques et radiologiques, révélés chez les patients
au cours du traitement, nous permet de juger de l'état inflammatoire
des dents à traiter : symptomatologie, mobilité ainsi que du degré
de réparation et de régénération osseuse.
A côté nous avons pris 10 patients consultant pour un traitement
orthodontique dans le but de stimuler artificiellement les phénomènes
de résorption pathologique par application de forces orthodontiques
iatrogènes sur les prémolaires destinées à l'extraction. Pour chaque
patient, nous avons traité une prémolaire avec le mélange hydroxyde
de calcium et huile de foie de morue, l'autre prémolaire ayant servi
comme témoin. Après extraction des prémolaires, nous avons procédé
à un examen anatomo-pathologique. Les résultats cliniques, radiologiques
histologiques que nous avons obtenu sont en concordance avec les
résultats de la littérature puisque nous avons constaté :
- cliniquement : une diminution, voire absence de mobilité dentaire
provoquée par la perte du support osseux
- radiologiquement : une régression de la lyse osseuse
- histologiquement : une diminution des ostéoblastes au niveau
des sites traités par l'huile de foie de morue. La taille des
vacuoles de résorption des dents traitées est inférieure à celle
des dents témoins.
Les résultats obtenus dans cette étude ne doivent pas nous
faire oublier les problèmes de retraitement ou de suites de traitement.
En effet, l'état huileux de ce produit entrave l'assèchement total
du canal et l'adhésion de sealer à l'endodonte pariétal. Cette expérimentation
nous fait penser que l'huile de poisson peut altérer l'induction
de la lésion périapicale car elle diminue la résorption osseuse
et pourrait de ce fait être utilisée systématiquement en présence
d'état inflammatoire, en tant que médication endo canalaire.
Ceci étant, en tant qu’apport nutritionnel le poisson garde toutes
ses vertus. Pour ceux qui ne consomment pas assez de poisson, il
n’y a pas lieu de s’inquiéter puisque des chercheurs australiens
viennent d'établir que des aliments auxquels a été ajoutée de l'huile
de poisson semblent offrir les mêmes bienfaits pour la santé que
le poisson lui-même. Les chercheurs en viennent à la conclusion
que l'ajout d'huile de poisson à une variété de produits serait
un bon moyen de propager les bienfaits pour la santé des acides
gras oméga-3 et notamment de rejoindre les consommateurs qui ne
mangent que peu ou pas de poisson.
Alors rajoutez en dans vos assiettes tant qu’il est encore temps.
Professeur Nabiha Douki Zbidi - 2 juin 2004
fethi.zbidi@gnet.tn
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