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De nos jours, les chercheurs sont arrivés à cerner
presque toutes les étiologies et les facteurs prédisposant aux affections
bucco-dentaires bien que les pathogénies ne soient pas tout à fait
élucidées. Ainsi, la réussite des programmes de prévention qui visent
la diminution de ces malades est devenue possible.
L'enquête nationale sur l'état de santé bucco-dentaire en milieu
scolaire faite en 1994 par le Ministère de la santé publique, Direction
de la Médecine Scolaire et Universitaire (MSP-DMSU), en collaboration
avec la Société Tunisienne de Pédodontie Préventive (STPP) et le
Service d'Odontologie Pédiatrique de la Faculté de Médecine Dentaire
de Monastir a permis d'actualiser les données disponibles sur la
prévalence des affections dentaires, d'évaluer d'une manière plus
objective le taux de couverture par le dépistage et de procéder
à la révision éventuelle des objectifs et de la stratégie du programme
national de la santé-dentaire.
Les recommandations des experts de l'Organisation
Mondiale de la santé, faites sur le plan National à l'issue de cette
enquête, tiennent compte du fait que les objectifs OMS/FDI pour
l'année 2000 sont déjà atteints et même dépassés pour certains indices
et que les affections parodontales sont en recrudescence : réduction
de la prévalence de la carie dentaire à 40%à 6 ans ; stabilité du
CAO à 12 ans (1,3); amélioration de la composante "O" et réduction
de la composante "C" du CAO à 12 ans; réduction de la prévalence
du tartre à 22%. Cette évolution favorable qui se traduit par la
réduction du taux de la carie enTunisie est comparable à celle observée
dans les pays d'Europe de l'Ouest ces dernières années, bien que
les moyens mis en oeuvre ne soient pas les mêmes. Par contre, si
les affections bucco-dentaires sont en voie de régression dans les
pays Européens, elles voient leur fréquence et leur intensité en
progression rapide dans les pays en voie de développement d'Afrique,
d'Amérique Latine et d'Asie.
En fait, un des méfaits de la civilisation et de
la sur-industrialisation est l'évolution des habitudes alimentaires
en faveur du grignotage aux dépens des trois repas principaux et
vers une alimentation hypersucrée et molle, rapidement avalée. C'est
cette évolution qui est à l'origine de l'augmentation vertigineuse
de la prévalence de la carie dentaire observée au début du 20ème
siècle dans les pays développés et quelques décennies plus tard
dans les pays en voie de développement.
En Tunisie, nous sommes dans une situation intermédiaire.
Cependant il ressort d'orès et déjà, à travers certaines
données épidémiologiques partielles qu'il est nécessaire de renforcer
le programme national de prévention, en améliorant le volet curatif
: insister sur l'application de la circulaire ministérielle de la
gratuité des soins dentaires pour les élèves référés dans le cadre
du programme; réservation effective du 1/6, voire 1/3 du temps des
consultations odonto-stomatologiques aux références scolaires; renforcement
et meilleure ventilation à travers le térritoire National des moyens
matériels (fauteuil dentaires, instrumentatio) et humains (Médecins
dentistes, infirmiers, techniciens supérieurs) nécessaires à la
prise en charge des affections dentaires dépistées par les équipes
de médecine scolaire; amélioration du taux de dépistage de ces affections.
Ce n'est qu'a ce prix que nous pourrons rattrapper,
en matière de prévention bucco-dentaire, les pays développés dont
certains, comme la Suède et la Finlande, ont dû revoir à la baisse
le numérus clausus de leurs facultés de Médecine dentaire et ceci
pour commencer un troisième millénaire visant la santé et le "charmant"
sourire pour tous.
A trés bientôt.
Professeur Nabiha Douki Zbidi - 30 Juin 2003
fethi.zbidi@gnet.tn
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