|
Etant donné la fréquence de la fluorose dentaire
en Tunisie et face à la demande accrue en matière d’esthétique,
«le besoin de s’identifier aux stars hollywoodiennes», les patients
deviennent de plus en plus demandeurs de blanchiment dentaire. A
côté, les laboratoires ne cessent de proposer de nouvelles variétés
de produits blanchissant, aussi les revues de mode, les spots publicitaires
ne cessent de vanter les mérites de tel ou tel produit. Encouragée,
la clientèle recherche de plus en plus l’éclaircissement de dents
normales et nous nous retrouvons confrontés à l’adaptation de la
technique adéquate à la dyschromie présente, en tenant compte du
rapport qualité, coût, sécurité.
Une mise au point nous a paru nécessaire pour orienter le praticien
dans son choix, sachant qu’il dispose actuellement de quatre moyens
de blanchiment, que ce soit :
-
Au fauteuil : avec un maximum de concentration
de peroxyde d’hydrogène, une durée maximale de 30 minutes avec
une protection gingivale et sous contrôle du praticien. Certainement
le résultat sera rapide et impressionnant mais nécessitant un
traitement complémentaire à domicile pour éviter la réapparition
rapide des colorations.
-
A la salle d’attente : cette option est intéressante
dans la mesure où le patient n’occupe pas le fauteuil dentaire,
où le produit sera porté dans une gouttière pendant 1 heure,
ce qui permet l’utilisation d’un produit de plus faible d’où
la diminution du risque de sensibilité dentaire et irritation
gingivale. A côté, l’adaptation de gouttière préformée après
ramollissement à l’eau bouillonnante épargne le patient des
contraintes de la prise d’empreinte et les désagréments du matériau
et les étapes du laboratoire.
-
A domicile : tout en ayant le contrôle de la
situation, le patient est fourni en produit, essentiellement
du peroxyde de carbamide à des concentrations ne dépassant pas
les 16%, et des gouttières bien adaptées et festonnées pour
une meilleure tenue de l’agent blanchissant. Le choix est donné
au patient pour un port diurne de 2 à 4 heures maximum ou nocturne
pendant 7 heures.
L’avantage de cette modalité est l’usage de gels à faible concentrations
sur une durée de temps assez élevé, ceci amènera à des résultats
identiques aux autres moyens mais qui seront plus stables dans
le temps.
Pour résumer, en aucun cas le patient ne doit échapper aux contrôles
du dentiste, le choix de la technique se fait au cas par cas. Certaines
situations nécessitent la combinaison de plusieurs méthodes, une
durée de traitement plus longue, «exemples des colorations à la
tétracyclines», un entretien du résultat avec les dentifrices blanchissants
et la stabilisation de la teinte par une séance de blanchiment tous
les 6 mois.
La fluorose dentaire, à ses stades de début, peut relever du traitement
par micro, macro, méga-abrasion. Dans les stades avancés, c’est
l’association de plusieurs techniques sur une longue période. Ceci
peut constituer une étape préliminaire aux facettes esthétiques.
Alors, chers confrères, prenez le temps d’expliquer à vos patients
le mécanisme, les indications, limites et instructions du blanchiment,
établissez un protocole de traitement adapté à la situation et prévenez
le patient des effets néfastes et surtout les contraintes car en
éclaircissant ses idées vous éclaircirez sûrement ces dents.
Alors «bon blanchiment».
Professeur Nabiha Douki Zbidi - 4 mars 2004
fethi.zbidi@gnet.tn
|