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Mai 2003
Quelles habitudes à prendre ou à laisser pour les soins intimes ?

par les docteurs A. Houssaini, A. Hassani, K.Piro, L. El Bernoussi, C. Chraibi, MT. Alaoui. - Maternité universitaire des orangers . Rabat, Maroc - 30 mai 2003

L'hygiène vulvaire est le quotidien de toutes les femmes, nous seront tout le temps confronté à une interrogation légitime : à quelles règles doit obéir une toilette vulvaire ?

Rappel anatomique :

Il nous paraît utile de rappeler que la vulve comprend de haut en bas : le mont de Venus et le vestibule limités par les grandes lèvres et par les petites lèvres. Ces deux replis latéraux sont purement cutanés. Au fond du vestibule deux orifices sont visibles, l'orifice vaginal et le méat urinaire. La vulve se termine par la fourchette prolongée en arrière par le périnée jusqu'à l'orifice anal. On comprend tout de suite que l'état local de la vulve et du vagin dépend directement du climat hormonal général, des facteurs extrinsèques et de la proximité immédiate de l'anus et donc de toute la flore bactérienne de l'appareil digestif.

Etat local vulvaire

Plusieurs régions "micro-biologiques" peuvent être identifiées :

1 - Le versant externe des grandes lèvres est assimilé à une zone cutanée pilleuse classique, elle héberge à sa surface des corynebactéries aérobies et anaérobies ainsi que plusieurs autres germes dont le streptocoque et le staphylocoque qui vont régresser en nombre avec le temps pour laisser place au corynebactéries qui sont responsable en partie de l'odeur spécifique de la peau et des régions très pilleuses (3,6). Cet équilibre est protégé et dès qu'il est rompu la vulve est infectée.

2 - La fourchette proche de l'orifice anale héberge une flore entérique essentiellement composée de collibacilles et de levures intestinales.

3 - La région vestibulaire, péri urétrale est riche en streptocoque en particulier du groupe B et d'entérocoque(6).

Facteurs favorisant l'irritation vulvaire

Les principaux facteurs responsables d'irritation vulvaires sont :

1- Facteurs vestimentaires :

  • Le port de vêtement serrés, en particulier les pantalons en provoquant des frottements qui génèrent des microtraumatisme qui irritent à leur tour et fragilisent la muqueuse vulvaire.
  • Les tissus synthétiques, collant et protège slip qui possèdent un voile plastique favorisant la macération par transpiration et échauffement.

2 - Facteurs hormonaux :

  • Les variations hormonales qui modifient l'activité de certaines annexes cutanées comme les glandes sébacés, influencent le développement de certaines bactéries ou levures, mais la période de règles elle même n'est pas une cause d'apparition d'irritation.
  • La grossesse : l'état gravidique favorise le développement du candida vue que l'acidité vaginale devient de plus en plus élevée.
  • Le diabète …

3 - Facteurs mécaniques :

  • Les tampons ou serviettes hygiéniques gardées trop longtemps favorisent le risque de multiplication de bactéries normalement absentes au niveau du vagin et ainsi l'infection.
  • L'environnement physico-chimiques : les produits d'hygiène locaux, colorants et parfums peuvent être dangereux entraînant un eczéma vulvaire.
    Les antiseptiques et les agents antibactériens n'ont aucun intérêt hygiénique, il s'agit d'un choix préjudiciable pour l'intimité (12).

4 - Autres facteurs favorisant le déséquilibre de la flore vulvaire :

  • L'âge : vulnérables aux deux extrémités.
  • La pathologie digestive est responsable de la prolifération quantitative et qualitative de la flore entérique.
  • La prise d'antibiotiques et de corticoïdes modifie le PH vaginal et déséquilibre la flore vulvaire.

5 - Excès de toilette :

Deux toilette par jour sont largement suffisante même en cas de mycose vulvo-vaginale (2), leur multiplication altère le film hydrolipidique de la peau fragilisant les ainsi les muqueuses.

6 - Douche vaginale :

L'injection d'eau ou d'antiseptique dans le vagin a des effets directs sur la flore vaginale en la déséquilibrant et favorisant l'infection. C'est une pratique qui doit absolument être proscrite.

7 - Défaut d'hygiène :
Il entraîne une sur prolifération bactérienne due à la macération. Certaines habitudes s'élèvent de l'automatisme, l'essuyage après les selles doit être d'avant en arrière et non pas le contraire pour éviter la migration vers la vulve.

Les pratiques d'hygiène conseillées

La toilette vulvaire doit respecter l'intégrité de la fonction barrière de la surface de la vulve, elle a un double but : éliminer les odeurs et débarrasser la surface de la peau des déchets, elle doit obéir aux même règles que l'hygiène cutanée générale vue que la vulve, comme précédemment dit, est anatomiquement de la peau et la toilette doit rester vulvaire et non vaginale. Un nettoyage mécanique et chimique régulier est nécessaire, il permet d'enlever périodiquement l'excédent de film hydrolipidique de surface constitué de lipides provenant des sécrétions sébacées, des kératinocytes, d'urée et d'éléctrolytes provenant de la sueur.

La toilette à l'eau seule n'élimine pas les déchets qui sont lipidiques et hydrophobes et un détergent se révèle obligatoire. Les savons sont des tensio- actifs anioniques naturels, ils existent sous forme solide (pain) ou liquide (savon liquide), ils sont alcalins et peuvent être responsable d'un déséquilibre de la flore cutanée bactérienne quand la toilette est régulière et très fréquente (1,2,5).

Les syndets sont des détergents synthétiques, leur avantages par rapport aux savons est d'être de bons détergents tout en respectant le film hydrolipidique de surface et d'avoir un PH qui peut être adapté au PH cutané, ils sont solides (pain) ou liquides (5).

Les syndets sont donc préviligiés par rapport aux savons pour la toilette vulvaire et rien n'empêche leur usage corporel sous la douche quotidienne.

Conclusion

La plupart des femmes attachent une grande importance à leur hygiène, particulièrement en ce qui concerne leur hygiène intime.
Au terme de ce rappel, quelques idées reçues sont à réviser par rapport à l'hygiène quotidienne.

A éviter

  • Antiseptique
  • Parfums, gels douche coloré ou moussant
  • Toilette intimes fréquentes (2 par jours suffisent)
  • Matière synthétiques en contact direct avec la vulve
  • Pantalon serré

A faire

  • Privilègier les collants et sous-vêtements en coton
  • N'utiliser que des toilettes vulvaires externes
  • Utiliser des produits à PH physiologiques (5.2)
  • Bien sécher après chaque toilette
  • Pendant les règles, changer de serviettes hygiéniques ou tampon toute les 4 heures
  • Après la selle, s'essuyer d'avant en arrière

Bibliographie :

1- Allergic contact dermatis of genitals from rubber additives in condoms.
Bircher. AJ , Hirsbunner. P, Langaner. S - Contact Dermatitis 1993 ; 28 : 125- 126

2- Vulvites allergiques de contact : progrès en dermato-allergologie
Faure. M , Jullier. D - John libbey Eurotext, Paris 2000, 205 - 10

3- Microbial flora and odor of the healthy human skin.
Korting. HC, Lukacs. A, Braun Falco. O - Hautargt 1988 ; 39 (9) : 564 - 8

4- Periurethral aerobic microflora of pregnant and non pregnant women.
Bollgren. I, Vaclavinkova. V, Hurvell. B - Br Med J 1978 ; 1(6123) : 1314 - 7

5- Savons et syndets.
Poly. F - Ann dermatol venereol 1993 ; 120 : 497 - 501

6- In vitro and in vivo studies of human axillary odor and the cutaness micriflora.
Rennie. PJ, Gower. DB, Holland. KT - Br J dematol 1991 ; 124 (6) : 596 - 602


 
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