| Professeur Abderrahim HABZI
Service de néonatologie et soins intensifs
Hôpital d'enfants CH Ibn Rochd Casablanca Maroc
Email : ahabzi@yahoo.fr
I - Introduction
Les hépatites de la femme enceinte
sont souvent d’origine virale. Elles représentent
la principale cause d'ictère au cours de la grossesse.
Elles s’observent surtout au cours du 3° trimestre
avec un risque important de transmission materno-feotale (1).
De part leur fréquence et leur gravité l’hépatite
B et C représentent un problème de santé
mondiale. L’identification systématique des femmes
enceintes infectées par le virus de l’hépatite
B et la prévention de la contamination à la
naissance par une séroprophylaxie précoce, sont
essentielles pour limiter le nombre de porteurs chroniques
(2,3). Pour l’hépatite C il
n’y a pas de dépistage systématique chez
la femme enceinte, qui reste limité aux femmes comportant
des facteurs de risques (4). Les techniques
de biologie moléculaire ont récemment permis
l’identification de nouveaux virus, virus E et G qui
s’ajoutent aux virus A. B et C. Plus anciennement connus,
le virus D (delta) est un virus défectif de surinfection,
ne pouvant se greffer que sur une infection à virus
B. L’Hépatite virale E entraîne une mortalité
élevée chez les femmes enceintes au cours des
épidémies, contribuant à faire de l’hépatite
E un grave problème de santé publique dans les
pays où la maladie est endémique (5).
Seule l’amélioration des conditions d’hygiène
permet de limiter l’ampleur des hépatites liées
au péril fécal (A et E).
II/ Données
épidémiologiques
1/Virus de l’hépatite
B
On distingue trois niveaux de prévalence qui correspondent
à des modes de transmission différents (6,
7).
| Prévalence |
forte endémie : Chine Inde et certaines
républiques d’Europe de l’Est |
endémie moyenne Moyen-Orient. Amérique
du Sud, Europe du Sud et Europe de l’Est |
faible endémie (Amérique du
Nord, Australie, Europe du Nord et de l’Ouest |
| Signes sérologiques de contact |
70 à 90 % |
20 à 55 % |
< à 20 % |
| Portage chronique |
20 à 80 % |
2 à 7% |
< à 2 % |
| Principaux modes de Transmission |
périnatales et horizontales |
horizontale et sexuelle |
parentérale et sexuelle |
Le taux de porteurs chroniques du VHB n’est pas différent
chez la femme enceinte de celui de la population générale
féminine. Dans les pays de forte endémie, la
proportion de femmes enceintes porteuses de l’antigène
Hbs peut atteindre 35 à 50 % et la transmission périnatale
du VHB représente le mode de contamination de 30 %
des porteurs chroniques (8, 9). Aux Etats-Unis,
la prévalence de l’hépatite chronique
virale B varie de 5 à 15/1000 pendant la grossesse
(10). En France, la prévalence globale
du portage de l’antigène HBs chez les femmes
enceintes a été estimée à 42/10000
(11).
2/Virus de l’hépatite D
Du fait que l’infection par l’HDV ne peut intervenir
que par co-infection avec l’HBV, ou lors d’une
surinfection d’un sujet infecté chroniquement
par l’HBV, l’épidémiologie et les
modes de transmission de l’HDV ressemblent en partie
à ceux de l’HBV (12, 13,
14). La prévalence de l’HVD
chez la femme enceinte serait de 7/10.000.
3/Virus de l’hépatite C
La séroprévalence du virus de l’hépatite
C est très variable selon les zones géographiques.
Chez les femmes enceintes (15, 16).
Les taux varient de moins de 1 % dans certaines enquêtes
faites dans des pays asiatiques (Taiwan-Japon) jusqu’à
des taux de 7 % en Afrique Centrale (4). Aux États-Unis,
elle est de l’ordre de 3,2 %. En Australie, la prévalence
est de 1,1 %. En Europe, la séroprévalence du
virus de l’hépatite C va, chez les femmes enceintes,
de 0 % à 0,2 %, et le risque de transmission de l’infection
à HCV par les mères PCR positives est estimé
entre 0 % et 25 % selon les études (17).
4/Virus de l’hépatite E
La HEV circule à l’état endémique
dans de nombreuses régions du globe caractérisées
par des conditions de vie précaires et l’absence
d’hygiène. En période épidémique
l’incidence chez les femmes enceintes est de 17,3 %
(18). Dans des régions de haute endémicité
l’incidence varie de 7 % à 15 % des femmes enceintes.
En Europe de l’Ouest, la séroprévalence
varie de 2,6 % à 5,7 % (19, 20).
En France, les taux les plus élevés s’observent
chez les femmes enceintes originaires du Maghreb (14,4 %)
(21).
5/Virus de l’hépatite A
La prévalence de l'anti-VHA augmente avec l'âge
et la diminution du statut socio-économique et d’hygiène.
On distingue différentes zones épidémiologiques
: des zones de haute endémicité (Afrique, pays
en voie de développement), des zones d’endémicité
intermédiaire et des zone de faible endémicité
(Europe du Nord, Canada, Japon)
Chez la femme entre 20 - 40 ans l’incidence serait de
10 à 15/100.000.
6/Virus de l’hépatite G
Pour le virus de l’hépatite G la prévalence
est de l’ordre de 1% à 4 % chez les donneurs
de sang (22). Les populations à risque
sont les polytransfusés, les hémodialysés,
les hémophiles et les toxicomanes par voie intraveineuse.
III/ VIRUS RESPONSABLE ET MODALITE DE TRANSMISSION
A/Hépatite B
Le virus de l’hépatite B (VHB) est un virus
à ADN enveloppé appartenant au groupe des Hepadnaviridae
(6). Trois systèmes antigéniques
(HBs, HBc, HBe) sont identifiés pour le virus B, auxquels
correspondent trois anticorps : anti-HBs, anti-HBc, anti-HBe.
Les anticorps, ainsi que les antigènes HBs et HBe,
sont libres dans le sérum et constituent les marqueurs
sériques de l’hépatite B. L’antigène
HBc n’est détectable qu’au niveau de l’hépatocyte.
La présence de l’antigène HBe témoigne
d’une réplication active du virus, celle de l’anticorps
anti-HBc du ralentissement voire de l’arrêt du
processus infectieux. Six génotypes différents
du VHB (A-F) ont été identifiés à
partir de la variabilité de l’antigène
de surface. L’apparition de mutant explique la non réponse
à la séroprophylaxie (23, 24). Les mutants de
la région pré-C du génome seraient les
plus fréquents. Ces variants ne produisent pas l’antigène
HBe malgré une réplication active efficace (23,
24).
*La transmission materno-fœtale
On estime que la transmission anténatale concerne
moins de 5 % des cas de transmission verticale. La présence
de marqueurs HBV dans le sang du cordon ne constitue pas une
preuve de transmission in utero, en raison de la contamination
du cordon par le sang de la mère au cours de l’accouchement
(par l’Ag HBs ou l’ADN). En effet, l’ADN
viral a été détecté dans des hépatocytes
de fœtus examinés après avortement (8,
25). La contamination intra-utérine
explique que 2 % des enfants sont porteurs sériques
de l’antigène HBs à la naissance ou dans
le premier mois de vie et développent une infection
à VHB malgré des mesures prophylactiques thérapeutiques
précoces. La transmission du virus est essentiellement
périnatale (26). Au moment de l’accouchement,
l’enfant est contaminé à l’occasion
de micro-transfusions materno-fœtales qui se produisent pendant
le travail soit par contact avec le sang maternel, le virus
peut pénétrer dans l’organisme par voie
transcutanée à la faveur d’érosions
cutanées, soit par déglutition des sécrétions
lors du passage dans les voies génitales (8,
27). L’allaitement est potentiellement
contaminant, des particules virales étant présentes
dans le lait maternel.
On estime à 90 % le risque de transmission de l’infection
d’une mère Ag HBs+ Ag HBe+ à son nouveau
né, alors que ce risque est estimé à
30 % chez les mères Ag HBs+ Ag HBe- en dehors de toute
mesures prophylactiques. Le risque d’évolution
de l’enfant vers l’état de porteur chronique
est également majeur. Le risque de transmission est
majoré en cas d’hépatite du 3ème
trimestre (1).
| Statut |
Mère Ag HBs+ |
| Signes sérologiques de contact |
Ag HBe+/ADN+» |
Ag HBe- /anti Hbe+ou
ADN- |
Hépatite B aigue du
3ème trimestre |
| Transmission |
90-100% |
10-20% |
90% |
Evolution
N-né
|
Nouveau-né infecté
90 % Porteur chronique
|
B/Hépatite D
L’HDV consiste en un complexe d’ARN. L’ARN
génomique de l’HDV et d’une protéine,
l’Ag HD, enveloppés dans l’enveloppe de
l’HBV contenant l’Ag HBs (28).
L’infection par l’HDV intervient donc par co-infection
avec l’HBV ou lors d’une surinfection d’un
sujet infecté chroniquement par I’HBV. L’utilisation
de l’enveloppe de l’HBV confère à
l’HDV un tropisme exclusivement hépatique (29,
30)
*Transmission mère-enfant
Le risque d’une transmission périnatale de I’HDV
est extrêmement faible qui s’explique très
vraisemblablement du fait de l’inhibition de la réplication
de I’HBV par l’HDV, et de la nécessité
d’une co-infection par I’HBV pour la propagation
de l’HDV (14).
C/Hépatite C
Le virus de l’hépatite C est un virus enveloppé
de 55 à 65 nm de diamètre (31).
Il appartient à la famille des Flaviviridae. Il possède
6 génotypes et plusieurs sous types. Le génome
est constitué par une molécule d’ARN monobrin
(4, 17).
*Transmission materno-fœtale
La transmission se produit le plus souvent au moment de
l’accouchement mais une transmission in utero est possible
et suggéré par la découverte d’une
virémie dans le sérum du nouveau-né dès
sa naissance (32, 33,
34, 35, 36).
L’accouchement par voie basse n’accroîtrait
pas le risque de transmission par rapport à la césarienne
(37, 38, 39,
40, 41, 42,
43). Certains facteurs de risque ont été
déterminés : la quantité de virus présent
dans le sérum maternel (> l06/ml), la co-infection
par le VIH ou une atteinte hépatique importante et
la survenue d’une hépatite au 3ème trimestre
(44). Le taux de transmission materno-fœtale
est estimé entre 6 et 9% (37, 35,
45), mais s’élève à
36 % à partir d’un taux d’ARN HVC de 106
équivalent génome/ml (46).
Une contamination peut aussi survenir après la naissance,
dans le post-partum à la faveur de lésions cutanées
infracliniques. L’âge de la mère, la durée
de la grossesse, le poids de l’enfant à la naissance
n’ont aucun retentissement sur la transmission du virus
à l’enfant (47).
La transmission du virus de l’hépatite C par
le biais de l’allaitement n’a actuellement jamais
été démontrée.
D/Hépatite E
Le virus de l’hépatite E a la forme de particules
sphériques mesurant 27 à 34 nanomètres
de diamètre. C’est un virus non enveloppé,
Le génome viral est un ARN monocaténaire
Le HEV pénètre dans l’organisme par voie
digestive et gagne le foie où il se multiplie.
*La transmission materno-fœtale
La transmission materno-fœtale s’effectue par passage
transplacentaire du HEV pendant la phase aiguë de l’hépatite
chez la mère. Des particules virales sont détectables
par PCR dans la chambre intervilleuse du placenta. La transmission
verticale du HEV est majeure au cours du troisième
trimestre de grossesse. Elle est confirmée par la détection
du génome viral dans le sang du cordon et dans les
prélèvements sanguins effectués après
la naissance. La transmission du HEV au moment ou dans les
suites de l’accouchement, à partir du sang ou
des selles de la mère, n’a pas été
démontrée expérimentalement et n’est
jamais été observée en pathologie humaine
(5, 48, 49).
E/Hépatite A
Il appartient à la famille des picornaviridae, du
genre des entérovirus. C’est un virus à
ARN et sa transmission est oro-fécale.
*La transmission materno-fœtale
Une transmission périnatale semble possible lors
des hépatites de fin de grossesse.
F/Hépatite G
Il appartient à la Famille des Flaviridae, il possède
un Acide nucléique ARN monocaténaire. Le Diamètre
du virion est de 60-70 nm. La Prévalence de la virémie
HGV chez les femmes enceintes varie de 2-4 % (50).
*La transmission materno-fœtale
Les mères HGV positives sont potentiellement susceptibles
d’infecter leur enfant in utero et éventuellement
en période périnatale lors du passage dans la
filière génitale, voire post-natale (contact
salivaire). En effet le taux de transmission est très
discordant selon les auteurs et varie de 25% à 64%
(51, 52, 53).
La RT PCR peut être négative à la naissance
sur le sang du cordon, mais elle se positive dans le sang
périphérique de l’enfant quatre semaines
après la naissance, suggérant une transmission
lors de l’accouchement (50).
IV /Circonstances et confirmation du diagnostic,
risque fœtal et néonatal et conduite à tenir
1/Hépatites B
a/Circonstances du diagnostic Chez la femme enceinte
Les différents aspects cliniques observés
en dehors de la grossesse sont également observés
pendant celle-ci. L’hépatite B ne paraît
pas être aggravée par la grossesse et la grossesse
ne favorise pas l’évolution vers une forme chronique
(54, 55, 56).
- L’hépatite B aiguë survenant dans le
2ème et surtout le 3ème trimestre de la grossesse
sont rares
- Les femmes enceintes Ag HBs+ sont dans leur très
grande majorité des porteuses chroniques du virus,
- Chez la femme enceinte asymptomatique, le diagnostic se
pose souvent au 6ème mois de grossesse au moment
du dépistage de l’antigène HBs
- L’hépatite chronique survient plus souvent
après une infection asymptomatique qu’après
une hépatite aiguë franche.
b/Diagnostic biologique
Le diagnostic de l’hépatite B est fondé
en pratique sur les méthodes sérologiques.
La mise en évidence de I’ADN viral dans le sérum
et son appréciation semi-quantitative soient mieux
corrélées au risque infectieux (57).
Parmi les tests utilisés, les anticorps (anti-HBc,
anti-Hbe, anti-HBs) témoignent d’un contact avec
le VHB et les autres (antigènes HBs et HBe, ou ADN
viral) permettent la détection d’éléments
constitutifs du virus. L’évolution dans le temps
de ces différents marqueurs est différente en
cas d’hépatite aiguë et d’hépatite
persistante ou de portage chronique. La sérologie delta
permet de préciser s’il existe une co-infection
par le VHD. Les autres causes d’hépatites virales
(A, C, E) sont peu probables. Le bilan d’hémostase
normal écarte la possibilité d’une insuffisance
hépatique. Le contexte clinique permet souvent d’écarter
les autres causes d’atteinte hépatique associée
à la grossesse (HELLP Syndrome, cholestase gravidique,
lithiase biliaire, stéatose hépatique aiguë)
(2).
La mise en évidence de l’Ag HBs loin d’une
vaccination chez la femme enceinte peut traduire soit une
forme aigue d'hépatite B, soit une forme chronique
d'hépatite B ou d'un portage chronique d'AgHBs. Pour
différencier, ces différentes situations il
faut compléter le bilan sérologique par les
transaminases et les autres marqueurs de l'hépatite
B. En cas d’hépatite aiguë, les anticorps
anti-HBc, sont présents dès le début
des symptômes (lgM), persistent pendant l’infection
aiguë puis pendant la guérison (IgG). L’antigène
HBe est souvent négatif au moment de l’hépatite
aiguë mais les anticorps anti-HBe apparaissent de façon
retardée. Alors que l’antigène HBs, détectable
2 à 3 semaines avant les signes cliniques, disparaît
normalement 1 mois après, chez la femme enceinte il
persiste plusieurs semaines malgré la normalisation
des transaminases (54). L’apparition
des anticorps anti-HBs peut être différée
de plusieurs mois. Par contre, l’ADN viral sérique
initialement positif disparaît rapidement.
Lorsque les transaminases sont élevées et l’antigène
HBe positif, l’infection est réplicative comme
le confirme la détection de l’ADN viral. Si l’antigène
HBe est négatif avec des transaminases élevées,
il peut s’agir d’une infection par un virus mutant,
ce que confirmera la positivité de l’ADN viral
sérique. En cas d’infection par un virus mutant
pré-C, il reste négatif malgré la poursuite
de la multiplication virale. L’anticorps anti-HBe apparaît
après la disparition des antigènes HBe. Depuis
la caractérisation de virus mutants pré-C, sa
détection a moins d’intérêt. L’ADN
du VHB est le meilleur marqueur de la présence de virion
et d’une réplication. En présence d’ADN
virale avec des Ac totaux HBc positifs et des Ac HBs négatifs,
il faut craindre l’évolution vers une hépatite
chronique (la chronicité est confirmée devant
la persistance d'ADN plus de 6 mois). Si l’ADN est négatif,
il s’agit soit d'une phase de convalescence d'hépatite
B aiguë, soit d'un portage chronique d'Ag Hbs (confirmé
devant la persistance d'Ag Hbs pendant une période
supérieure à 6 mois).
c/Risque fœtal et néonatal
Le risque tératogène ou de fœtopathie
semble exclu. Lorsque l’hépatite aiguë maternelle
est sévère, un avortement et une prématurité
sont possibles. Des retards de croissance intra-utérine,
avec hépatite cholestatique précoce du nouveau-né,
ont été décrits après contamination
anténatale à virus B.
Le fœtus ne développe pas de maladie même
en cas de contamination in utero. L’hépatite
B s’exprime quelques mois après la naissance
sous la forme d’une hépatite chronique dans la
plupart des cas, et plus rarement d’une hépatite
aiguë, voire fulminante.
Le nouveau-né ne court aucun risque quand l’hépatite
est survenue au cours des premiers et deuxièmes trimestres
de grossesse et si la guérison maternelle a pu être
affirmée par la disparition de l’antigène
HBs et l’apparition des anticorps anti-HBs (1).
L’infection du nouveau-né survenant dans les
trois premiers mois de vie est le plus souvent, asymptomatiques
et, à ce stade, seule la positivité de l’Ag
HBs permet le diagnostic, les autres marqueurs étant
passivement transmis. Plus rarement, l’hépatite
aiguë est symptomatique (5 % à 7 % des cas) (8).
L’hépatite sévère et fulminante
est exceptionnelle et se rencontre plus souvent en cas de
portage chronique maternel qu’en cas d’hépatite
aiguë pendant la grossesse.
L’évolution vers le portage chronique est extrêmement
fréquente après une infection périnatale
(90 %) (8). Ce portage peut rester asymptomatique
ou évoluer, dès l’enfance vers une hépatite
chronique, voire une cirrhose ou un hépatocarcinome.
L’antigène HBs est détectable dès
la naissance ou dans le 1er mois de vie dans les rares situations
de contamination in utero qui surviennent malgré la
prophylaxie (58). Dans la situation habituelle
de contamination à la naissance, l’antigène
HBs ne s’exprime qu’à partir du 2ème
mois de vie (59, 60).
Probablement en raison de l’immunotolérance vis-à-vis
des antigènes de capside, les anticorps IgM anti-HBc
restent souvent négatifs jusqu’à la fin
de la première année de vie (61).
L’antigène HBe est positif et le taux d’ADN
viral sérique est très élevé,
témoignant d’une intense multiplication virale
(62, 63, 64).Cette
période d’immunotolérance se prolonge
pendant plusieurs années et dure parfois toute la vie
(62, 63).
Les anticorps maternels anti-HBc persistent chez l’enfant
à un taux élevé pendant les 6 premiers
mois et peuvent être retrouvés jusqu’à
l’âge de 2 ans (61). Chez les
nouveau-nés ayant reçu une sérovaccination
prophylactique dans les premières heures de vie, les
anticorps anti-HBs de l’enfant sont détectables
à partir de l’âge de 4 mois. C’est
à cet âge qu’il faut contrôler l’absence
d’antigène HBs et l’efficacité de
la vaccination. Les enfants, nés de mères ayant
contracté antérieurement une infection par l’HBV
et guéries (c’est-à-dire qui sont anti-HBs+
et anti-HBc+) ont, à la naissance, le même profil
sérologique du fait de la transmission passive des
anticorps d’origine maternelle ; ces anticorps peuvent
persister au-delà de six mois. Il semble que les anti-HBs
disparaissent un peut avant les anti-HBc. A l’âge
de trois mois, seulement 20 % des enfants nés de mères
anti-HBs+ ont des anticorps anti-HBs détectables. Les
enfants nés de mères porteuses du virus, c’est-à-dire
Ag HBs+ et anti-HBc+, naissent avec des lgG anti-HBc, mais
jamais avec des IgM anti-HBc (65). Aussi
conseille-t-on de pratiquer une recherche d’Ag HBs+
(que les enfants aient ou non reçu une vaccination
ou une sérovaccination) avec un suivi sur un an afin
de savoir s’ils sont immunisés (anti HBs+) ou
infectés.
d/Attitude pratique à la naissance
La notion d’une infection à VHB chez la mère
et le niveau de réplication virale doivent être
transmis clairement à l’équipe obstétricale
et au pédiatre qui prendront en charge l’enfant
à la naissance (66).
Les gestes invasifs doivent être autant que possible
limités pendant l’accouchement, de la même
façon que pour tout virus à transmission parentérale.
Il n’y a pas d’indication supplémentaire
à une césarienne. On désinfectera le
cordon avant section, il faudra laver le nouveau-né
pour le débarrasser des sécrétions du
sang maternel.
Chez les enfants de mère Ag HBs-, Ac HBc+, la prévention
repose sur le même protocole que pour les enfants de
mère Ag HBs+ et Ag HBe-, sauf si la recherche d’ADN
du virus B est négative, affirmant alors que l’infection
maternelle est une infection ancienne guérie.
| Age |
mère Ag HBe+ |
mère Ag HBe- |
| Naissance |
200 UI (2 ml) immunoglobulines
anti-HBs IM+ 1ére injection vaccinale |
100 UI (1 ml) immunoglobulines
anti-HBs IM + 1ère injection vaccinale |
| Signes sérologiques de contact |
200 UI (2 ml) anti-HBs lM +
2ème injection vaccinale
|
2ème injection vaccinale |
| Portage chronique |
3ème injection vaccinale |
3ème injection vaccinale |
| Principaux modes de transmission |
Nouvelle injection vaccinale si AgHBs-et
Ac HBs<20UI/ml |
|
Lorsque l’on ne connaît pas la sérologie
maternelle, il faut débuter la sérovaccination
de l’enfant. Le risque de contamination par l’allaitement
est très inférieur à celui de l’accouchement.
Cela autorise l’allaitement maternel, dans la mesure
où la séroprophylaxie et la vaccination sont
bien pratiquées.
2/Hépatite D
L’infection ne survient que chez un sujet Ag HBs +.
Les IgM anti-VHD apparaissent à la phase aiguë.
Leur persistance ou la positivité des anticorps anti-VHD
traduisent une infection chronique. La prophylaxie de l’hépatite
B est également efficace vis-à-vis du virus
D.
Le diagnostic est complémentaire de celui établi
pour une infection aiguë ou chronique à I’HBV
et repose sur la mise en évidence des marqueurs sérologiques
de I’HDV chez un sujet Ag HBs+ (67)
:
- Marqueur direct : détection de l’ARN de l’HDV
par hybridation moléculaire ou PCR
- Marqueur indirect : détection de l’anti-HD
par ELISA. L’IgM anti-HD peut être également
recherché et est généralement associé
à une réplication virale active.
Tous les enfants nés de mères anti-HD positives
possèdent des anti-HD à la naissance, du fait
d’une transmission passive des IgG maternelles. La persistance
et l’augmentation d’un titre en anti-HD sur une
période de six mois suivant la naissance signe une
transmission périnatale de I’HDV. La recherche
de I’ARN viral et/ou de l’IgM anti-HD dans le
sérum du nouveau-né à la naissance pourraient
constituer des outils intéressants pour évaluer
plus précocement une infection par l’HDV (14).
3/Hépatite C
a/Circonstances du diagnostic chez la femme enceinte
- Après recherche systématique chez une femme
à risque : Antécédents de transfusion
sanguine ou de produits dérivés du sang, sérologie
VIH positive, tatouage, toxicomanie IV, sérologie
VHC positive chez le partenaire, personnel de santé
exposé
- Devant un tableau d’hépatite aiguë :
asymptomatique (2/3) des cas. L’évolution
vers une infection chronique est actuellement estimée
à 80 p. 100 des cas
- Rarement, il s’agit d’un portage chronique,
avec virémie mais transaminases normales
- Hépatite chronique ne semble pas influencer sur
le cours de la grossesse ni être influencée
par celle-ci.
b/Diagnostic biologique
En cas d’hépatite aigue le diagnostic repose
sur la PCR, la détection des anticorps du virus de
l’hépatite C ne devenant possible dans le sérum
que cinq à six semaines après l’élévation
des transaminases. En cas d’hépatite chronique,
le diagnostic est basé sur la PCR (la charge virale
augmente de façon significative pendant les 2ème
et 3ème trimestres (68, 69).
Une normalisation des transaminases s’observe fréquemment
au cours du deuxième et troisième trimestre
de la grossesse, suivie d’une ré-ascension dans
le post-partum.
c/Risque fœtal et néonatal
Le virus n’est pas tératogène il n’y
a pas de risque de fœtopathie de mort in utero ou de prématurité.
50% des enfants infectés développent une infection
clinique. Le retentissement hépatique de l’infection
se traduit par une élévation, le plus souvent
modérée des transaminases. Si l’infection
par le HCV est le plus souvent asymptomatique chez le nouveau-né,
certain auteurs ont décrit des hépatites aiguë
à un âge compris entre un et huit mois (15).
d/Attitude pratique à la naissance
Les gestes invasifs doivent être autant que possible
limités. Aucune mesure préventive n’existe
actuellement. La vaccination anti-HBs peut être proposée.
On désinfectera le cordon avant section. Il faudra
laver le nouveau-né pour le débarrasser des
sécrétions du sang maternel.
S’il n’y a pas actuellement de contre-indication
à l’allaitement maternel, le don de lait est
en revanche contre-indiqué.
Chez le nouveau-né une sérologie positive reflète
plus souvent la présence d’anticorps maternels
transmis passivement pendant la grossesse. Les anticorps anti-VHC
sont transmis passivement à l’enfant et persistent
plusieurs mois mais leur taux diminue avec le temps. Ils disparaissent
généralement entre 3 et 12 mois. Leur persistance
au-delà doit faire redouter une synthèse du
fait d’une contamination de l’enfant par le VHC.
Dans certaines études, les anticorps anti-VHC ont persisté
chez quelques enfants après 15 mois (38,
41), justifiant ainsi la recherche systématique
de I’ARN du VHC (4).
La détection du génome viral, par technique
PCR, est alors le seul moyen de faire le diagnostic d’infection
active. La PCR se positive dans la semaine qui suit la contamination
et disparaît quelques semaines après la guérison
ou reste positive (parfois de façon intermittente)
dans l’infection chronique.
En cas d’hépatite C, l’élévation
des transaminases (entre un et cinq mois) est inconstante.
Les formes fulminantes sont exceptionnelles. Le diagnostic
d’infection sera fait devant la persistance d’une
sérologie VHC positive après 12 mois ou éventuellement
devant une PCR positive (entre un et deux mois). Si les résultats
sont négatifs, un contrôle de la sérologie
à deux ans reste nécessaire, dans la rare éventualité
d’une fenêtre sérologique.
Un tiers des enfants infectés évolueront vers
la guérison dans la deuxième année de
vie. Les autres enfants garderont une PCR positive après
deux ans, certains avec un bilan hépatique normal,
d’autres avec des transaminases élevées.
Il n’y a actuellement aucune place pour un traitement
précoce par interféron (1).
4/Hépatite E
a/Circonstances du diagnostic chez la femme enceinte
Le contexte clinique, la notion de voyage récent
en pays d’endémie et surtout l’élimination
des autres causes d’hépatite virale sont des
éléments prédominants dans le diagnostic.
La réceptivité de la femme enceinte est corrélée
à l’âge de la grossesse. L’infection
est deux fois plus fréquente pendant les deux derniers
trimestres de gestation (18). Les formes
fulminantes sont observées dans 80 % des cas au cours
du troisième trimestre de grossesse. Au cours des bouffées
épidémiques, le taux de mortalité varie
de 12 % à 20 % (70, 71).
Le tableau clinique est souvent celui d’une forme fulminante.
(72) (80 % des cas au cours du troisième
trimestre) avec une lourde mortalité qui varie de 12
% à 20 % (70, 71).
b/Diagnostic biologique
Les IgM apparaissent une à cinq semaines avant le
début des signes cliniques, elles sont au maximum une
semaine après, puis disparaissent en huit à
douze semaines. Elles sont détectées dès
le début de l’ictère chez 66 % à
90 % des femmes enceintes. Après quatre mois, seules
les IgG persistent pendant plusieurs années. Le diagnostic
d’hépatite virale E peut être établi
précocement par RT-PCR dès l’apparition
de l’ictère et pendant les dix jours suivants
chez 30 % à 75 % des femmes gestantes (18,
72).
c/Risque fœtal et néonatal
La grossesse est menacée par le risque d’avortements
et d’accouchements prématurés dans 12
% à 30 % des cas et de mort in utero dans 25 % des
cas (18, 72, 73).
La mort fœtale peut être consécutive au décès
de la mère ou s’expliquer par la sévérité
de l’infection virale in utero. Les enfants qui naissant
infectés présentant des signes cliniques et
biologiques d’hépatite aiguë, notamment
l’ictère, l’hypothermie, l’hypoglycémie
et la cytolyse hépatique. L’évolution
postnatale peut être défavorable dans les formes
sévères, le décès survient un
à deux jours après la naissance (5).
d/Attitude pratique à la naissance
Le génome du HEV peut être recherché
par RT-PCR à partir de sang prélevé au
cordon ombilical ou en périphérie. En zone d’endémie,
il n’est pas rare que les enfants aient des anticorps
anti-HEV de classe IgG d’origine maternelle. Leur persistance
plus de six mois évoque une réponse immune spécifique
de l’enfant, mais les IgM anti-HEV, présentes
chez 35 % à 40 % des nouveau-nés infectés
pendant deux à trois mois, permettant un diagnostic
plus précoce (18).
5/Hépatite A
a/Circonstances du diagnostic chez la femme enceinte
La grossesse n’a pas d’influence sur le cours
de la maladie.
- Souvent tableau d’hépatite ictérique
avec asthénie et trouble digestifs
- Hépatite fulminante rare
La notion de voyage dans un pays du tiers monde ou la notion
de contage a fait pratiquer une sérologie.
b/Diagnostic sérologique
Le diagnostic de l’hépatite A à sa phase
aiguë s’effectue sur la mise en évidence
d’IgM anti-VHA, présentent dès le début
des signes cliniques et pendant quatre à 6 mois. Les
IgG anti-VHA s’élèvent entre deux prélèvements
en début de maladie, puis persistent, témoin
de l’infection ancienne (1).
c/Risque fœtal et néonatal
Aucune tératogénicité n’a été
décrite avec ce virus. Le risque de mortalité
fœtale et, de prématurité est augmenté
si l’hépatite survient en fin de grossesse.
Les nouveau-nés sont à risque d’infection
si l’hépatite survient moins de deux semaines
avant l’accouchement ou dans le post-partum immédiat
(1).
d/Attitude pratique
A la naissance, si l’ictère maternel est survenu
dans les deux semaines précédents l’accouchement
ou dans le post-partum, il faut faire une injection de 1 ml
(100 UI) de ß-globulines spécifiques anti-HBs.
L’allaitement maternel est permis. L’hygiène
doit être renforcée au niveau hospitalier (1).
6/Hépatite G
a/Circonstances du diagnostic chez la femme enceinte
La place occupée par la HGV parmi les virus des hépatites
semble nulle, qu’il s’agisse d’hépatite
sporadique ou post-transfusionnelle l’implication dans
une pathologie humaine n’a pas été démontrée.
Les manifestations concernant les infections par la HGV chez
la mère sont peu documentées. Il est aujourd’hui
établi que son pouvoir pathogène pour le foie
est nul (50).
b/Diagnostic sérologique
Le diagnostic virologique de l’infection par la HGV
inclut la détection de la virémie et celle de
l’anticorps anti-E2.
c/Risque fœtal et néonatal
La transmission verticale du HGV est prouvée mais
semble sans conséquence pour l’enfant. Elle,
donne des infections asymptomatiques sans anomalie du bilan
hépatique.
d/attitude pratique
Il n’existe actuellement aucune mesure préventive.
V/Prévention
1/Hépatite B
- Dépistage systématique de l’Ag HBs
chez les femmes enceintes à partir du 6éme
mois de grossesse
- Avant une intervention intra-utérine (amniocentèse,
cordocenthèse, choriocenthèse), il est prudent
de faire une recherche d’antigène HBs chez
la mère pour bien peser le risque d’une contamination
fœtale face à l’indication du geste (58).
- A la naissance. La prévention est obligatoire pour
les nouveau-nés de mères infectées
par le VHB (74). Elle est basée
sur La séroprophylaxie et la vaccination. Les immunoglobulines
spécifiques sont administrées par voie intramusculaire
dans le même temps que la première injection
vaccinale mais dans un site différent. On doit procéder
à une décontamination du nouveau-né
par un antiseptique en salle de travail avant toute injection.
Cette prophylaxie reste sans effet dans les cas de transmission
in utero, mais protège pratiquement la totalité
des enfants dans la période péri-, per-, voire
post-natale (75). La protection est >
à 97 %, en cas de séroprophylaxie et la vaccination,
elle est plus faible <95% en l’absence d’immunoglobulines
spécifiques. Les rares échecs de la vaccination
ou de la sérovaccination correctement exécutées
peuvent être le fait d’une infection in utero
ou en rapport avec l’apparition de mutants (76).
- Exclusion du don du sang des sujets Ag HBs+, anti-HBc+
Si l’immunoprophylaxie contre l’HBV a été
correctement exécutée à la naissance,
il n’est pas, justifié de déconseiller
l’allaitement maternel pour les mères Ag HBs
+ est autorisé. Il est évident que les lactariums
doivent éliminer du don du lait les femmes qui seraient
Ag HBs+.
- La vaccination contre l’hépatite B, dont
l’innocuité et l’efficacité sont
démontrées, devrait permettre d’éradiquer
la maladie. Lorsque la femme enceinte appartient à
un groupe à risque et ne présente pas d’antécédent
d’hépatite B, (l’antigène HBs
et les anticorps anti-HBs et anti-HBc sont négatifs)
il est légitime de proposer une vaccination précédée
d’un contrôle des marqueurs sériques
du VHB (77).
2/Hépatite C
Le dépistage systématique du VHC pendant
la grossesse, contrairement à celui du VHB, n’est
pas recommandé. Il ne sera pratiqué que s’il
existe des facteurs de risques (toxicomanie, transfusions
de sang ou dérivés sanguins notamment et femmes
séropositives pour le HIV). La présence d’anticorps
anti-VHC exigera la recherche d’ARN viral et sa quantification.
- Le personnel soignant doit prendre, vis-à-vis des
femmes trouvées HCV positives, les mesures générales
destinées à prévenir les risques liés
aux expositions au sang.
- L’accouchement par césarienne ne semble pas
susceptible de diminuer le risque de transmission verticale.
Par précaution, il est préférable d’interdire
l’allaitement maternel.
- Traitement chez une femme désirant une grossesse
: Si la contamination par le HCV a été détectée
avant une grossesse, un traitement par interféron
a2a associé ou non à la ribavirine peut être
proposé à une femme qui désire avoir
un enfant et qui possède de I’ARN du HCV dans
son sérum. Le but du traitement est alors de diminuer
la charge virale afin de réduire le risque de transmission.
Durant le traitement de 12 mois, une contraception efficace
est nécessaire.
3/Hépatite D
La vaccination contre l’HBV, qui neutralise les interactions
entre l’enveloppe de l’HBV (et donc de l’HDV)
et l’hépatocyte, protège de la co-infection
HBV/HDV. Chez le nouveau-né les mesures de vaccination
voire de sérovaccination HB, sont adaptées pour
prévenir l’infection par l’HDV. La prévention
de l’infection par l’HDV est identique à
celle de I’HBV.
4/Hépatite A et E
La prévention des infections liées au péril
fécal passe par l’amélioration du niveau
d'hygiène alimentaire, l’assainissement de l’eau
potable et l’éviction de consommation de fruits
de mer contaminé.
Tableau des
données synthétiques concernant les virus
des hépatites humaines
(D'après J. Versalovic, Clin. Microb.
Newsletter,1997, 19, 161-163 ; P. Dény, in Virologie
médicale, Editions médicales internationales,
Cachan. A. Mammette. Virologie médicale, 14°
édition, 1992. Editeur C & R.), à
l'exclusion d'atteintes hépatites au sein d'un
syndrome plus vaste comme la fièvre jaune ou
des ictères dus au virus d'Epstein-Barr, au cytomégalovirus,
à l'échovirus 25, au parvovirus humain
B19. |
| Hépatite |
A |
B |
C |
D |
E |
G |
| Famille |
Picornaviridae |
Hepadnaviridae |
Flaviviridae. |
Viroïdes |
Caliciviridae |
Flaviviridae |
| Enveloppe |
Nu
|
Envelop. |
Envelop. |
Envelop. |
Envelop |
Envelop. |
| Taille en nm |
28 |
42 |
38-50 |
43 |
32 |
? |
| Acide nucléique Brin |
RNA + Simple |
DNA +/-double |
RNA + Simple |
RNA - Simple |
RNA + Simple |
RNA + Simple |
| Transmission |
Entérique |
Sang/Sexe |
Sang |
Sang |
Entérique |
Sang |
| Incubation (j) |
15-60 |
45-160 |
14-180 |
42-180 |
15-64 |
? |
| Portage. chronique |
Non |
Oui |
Oui |
Oui |
Non |
Oui |
| H. Fulminante |
Non |
Oui |
Oui |
Oui |
Oui1 |
?2 |
| H. Chronique |
Non |
Oui |
Oui |
Oui |
Non |
? |
| Trait. curatif |
Non |
±Interf Vidarab.
? |
±Interf alfa
Ribavir.? |
Non |
Non |
Non |
| Vaccin |
Oui |
Oui |
Non |
+/- 3 |
Non |
Non |
1 Chez la femme, au 3° trimestre de la grossesse.
2 et 3 Voir texte infra.
Picorna = Picornaviridae ; Hepadna
= Hepadnaviridae = virus des mammifères et des oiseaux
responsables d'atteintes hépatiques ; Flavi.
= Flaviviridae ; Toga = Togaviridae ; Calici
= Caliciviridae ; Viroides : formes virales
incomplètes cf. infra in HVD ; Prtg. chroniq.
= portage chronique possible ; H. Fulminante
= hépatite fulminante ; H. Chronique
= Hépatite chronique. ±Interf
= interféron actif dans certains cas.
Une épidémie due à un virus dit "F",
en Inde, n'a pas été confirmée.
VI/Conclusion
Un tableau d’hépatite (clinique et/ou biologique)
rencontré lors dune grossesse pose plusieurs types
de problèmes. La découverte d’anomalies
hépatiques chez une femme enceinte doit en faire discuter
l’origine sont-elles liées à la grossesse
ou relèvent-elles d’une pathologie
Hépatique intercurrente.
Il est important de poser un diagnostic étiologique
et d’identifier le virus responsable, d‘hépatite
pouvant engager le pronostic maternel et retentir sur l’enfant
avec parfois un risque de contamination verticale. Une fois
le virus impliqué identifié, on évalue
le risque de transmission verticale et on tente de le prévenir
par des mesures générales ou spécifiques.
Les stratégies de dépistage des femmes enceintes
infectées par le virus de l’hépatite B,
la sérovaccination de leurs nouveau-nés, la
vaccination des nourrissons et des groupes à risques
doivent faire baisser la prévalence de la maladie si
elles sont correctement appliquées. Les risques évolutifs
sévères de l’hépatite C les résultats
insuffisamment du traitement et l’absence de vaccination
suscitent des interrogations concernant les conséquences
de l’infection chez la femme enceinte et les risque
de contamination du nouveau-né, d’autant plus
qu’il n’existe pas de mesures de préventions
actuellement mises en place.
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