| Introduction
L’angiomatose digestive est une cause rare des hémorragies
digestives extériorisées ou non. Son diagnostic
reste encore difficile malgré les progrès de
l’imagerie. Nous rapportons deux cas d’angiomatose
digestive explorés dans notre service.
Observations
Observation n°1 : Melle S.B. âgée
de 19 ans, sans antécédents, présente
depuis 6 mois des moelènas isolées responsables
d’une anémie chronique. Cette symptomatologie
évolue dans un contexte d’altération de
l’état général. L’examen
clinique était normal notamment l’absence de
d’hépatomégalie ou de splénomégalie
ou encore d’adénopathies. La fibroscopie oeso
gastro duodénale trouve une masse tumorale de 3 cm
de diamètre, au niveau du deuxième duodénum
polypoide, friable et hémorragique dont la biopsie
ne montre pas de cellules tumorales. Le transit oeso gastro
duodénale montre une encoche arciforme sur le génus
inférius du duodénum, de contours discrètement
irréguliers correspondant à la masse vue à
la fibroscopie.
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| Fig. 1 : L’échographie
abdominale montre une image hyperéchogène
du segment VII du foie, hétérogène
avec renforcement postérieur faisant suspecter
un angiome. |
Fig. 2 : Le scanner abdominal
réalisé sans et avec injection de produit
de contraste révèle des lésions hépato-spléniques
hypodenses rehaussées faiblement par le contraste.
Cet aspect a soulevé l’hypothèse d’un
lymphome. |
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| Fig. 3 et 4 : La laparotomie
découvre de multiples lésions polylobées
de taille variable du duodénum, du grêle,
du colon, du mésentère et du mésocolon
de couleur rouge bleuâtre, ferme à la palpation
faisant évoquer une angiomatose diffuse. Ce diagnostic
est confirmé par l’examen histologique de
la pièce opératoire. |
Observation n°2 : patient âgé
de 22 ans, sans antécédents pathologiques particuliers,
présente des douleurs abdominales diffuses, l’examen
clinique montre une masse abdominale allant jusqu’à
l’épigastre, ferme, à bord interne mal
limitée, rénitente et mobile. Le bilan biologique
est normal.
L’échographie abdominale objective une masse
épigastrique kystique, cloisonnée à paroi
fine et à contenu échogène faisant évoquer
un kyste hydatique péritonéal ou un lymphangiome
kystique.
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| Fig. 5 : Le scanner abdominal
réalisé sans et avec injection de produit
de contraste et ingestion de gastrogaphine révèle
une masse hypodense du mésentère, de densité
liquidienne, avec niveau liquide-liquide rehaussée
par le contraste. Cet aspect fait évoquer soit
un angiome ou un lymphangiome kystique du mésentère. |
Fig. 6 : La laparotomie retrouve
une masse du mésentère dont l’aspect
macroscopique est celui d’une tumeur angiomateuse
à 2 centimètres de la jonction iléo-coecale. |
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| Fig. 7 : Le geste
a consisté en une résection intestinale
emportant l’angiome dans sa totalité. L’examen
anatomopathologie de la pièce opératoire
a confirmé la nature caverneuse de l’angiome
mésentérique. |
Discussion
L’angiomatose du tractus digestif est rare.
Elle siège le plus souvent sur le colon ascendant,
plus rarement au niveau de l’estomac, le duodénum
et l’intestin grêle. Elle peut être associée
exceptionnellement de lésions extra intestinales :
foie, pancréas, vésicule biliaire ou mésentère.
L’angiomatose digestive peut être isolée,
le plus souvent d’origine dégénérative
et se voit chez les sujet âgés essentiellement,
ou s’intégrer dans un tableau d’anomalies
vasculaires plus diffuses, généralement congénitales.
Cette entité se voit surtout chez les enfants et les
sujets jeunes.
Le caractère asymptomatique de cette affection explique
sa découverte souvent tardive aux alentours de 60 ans
environ. Le tableau clinique est dominé par les hémorragies
digestives, généralement récidivantes
et de faible abondance ou parfois importante engageant le
pronostic vital. De toute façon il n’existe pas
de corrélation entre la gravité de l’hémorragie
et le nombre et la taille des lésions angiomateuses.
L’examen clinique doit rechercher des télangiectasies
cutanées ou muqueuses dans le cadre de syndromes congénitaux
comme la maladie de Rendu Osler ou l’hémangiomatose
néonatale diffuse.
Le diagnostic fait appel en première intention à
l’endoscopie en cas d’hémorragie digestives
et à l’échographie abdominale en cas d’hémopéritoine.
L’endoscopie permet dans la majorité des cas
de visualiser les lésions. Néanmoins, l’aspect
endoscopique n’est pas caractéristique et les
lésions peuvent être moins typiques.
Les opacifications digestives sont utiles dans les cas ou
l’endoscopie n’est pas réalisable, elles
permettent un bilan topographique pré chirurgical même
s’ils ne sont pas spécifiques.
Par contre, les moyens d’imagerie en coupes que ça
soit l’échographie ou le scanner abdominal orientent
vers le diagnostic en retrouvant une ou plusieurs masses de
nature liquidiennes, se rehaussant après injection
de contraste comme c’était le cas dans notre
deuxième observation.
Une étude récente portant sur 28 patients présentant
tous une hémorragie digestive sur angiodysplasie colique.
Le scanner spiralé a montré que le diagnostic
a été obtenue dans 70% des cas prouvant ainsi
son intérêt dans cette série. Ceci suggère
que l’angioscanner avec injection de contraste peut
être un examen performant dans la prise en charge d’une
hémorragie digestive, il est important de souligner
que le scanner doit être effectué en période
hémorragique, afin d’avoir une bonne rentabilité.
Ceci permettra dans l’avenir de diminuer les indications
de l’artériographie qui est un examen invasif
et fastidieux pour les patients.
L’artériographie a un double rôle diagnostic
et thérapeutique, car elle permet d’identifier
le site hémorragique et de pratiquer une hémostase
locale par embolisation.
La résection chirurgicale reste le seul traitement
curatif et radical des lésions angiomateuses.
Le pronostic des angiomatoses digestives diffuses dépend
de la quantité et la répétition des épisodes
hémorragiques.
Conclusion
Les hémorragies digestives récidivantes qu’elles
soient extériorisées ou non, doivent faire rechercher,
entre autres, des lésions vasculaires du tube digestif,
malgré leur rareté.
Le diagnostic repose en premier sur l’endoscopie. L’aspect
radiologique est variable et trompeur. L’angioscanner
dans l’avenir permettra une meilleure caractérisation
des lésions angiomateuses. A défaut, l’artériographie
a actuellement un double intérêt diagnostic et
thérapeutique.
BIBLIOGRAPHIE
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