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Les éditos

La lutte contre la violence à l’égard des femmes

Docteur Hanane Razik - Marrakech, le 27 novembre 2005
Email : h.razik@voila.fr

Des femmes appartenant à différentes couches sociales font quotidiennement l’objet de violence. Dans les réseaux des services sociaux et de santé, comme dans l’ensemble de la société, ce phénomène a longtemps été perçu comme un problème d’ordre privé, on l’a caché, ignoré et même excusé. Au cours des années 70 le mouvement des femmes a remis en question cette façon de voir et a posé la problématique de la violence intra-conjugale.

Ce phénomène représente plus de 95% des cas de violence chez l’adulte. Cette fréquence est sous estimée car sous déclarée, en effet, seulement les deux tiers des femmes violentées arrivent à en parler à leurs médecins. Dans le monde entier, des études identifient une liste homogène d’évènements dont on dit qu’ils « déclenchent » la violence : désobéir au mari ou lui répliquer, disputes matérielles, refuser les rapports sexuels, exprimer des soupçons d’infidélité enfin, les problèmes liés à l’alcoolisme et à la toxicomanie.
L’agression physique est de loin la forme la plus fréquente, elle peut être associée au traumatisme psychologique dans la majorité des cas et parfois elle est accompagnée d’agression sexuelle*.

A long terme, les conséquences de la violence sont très variables et sont dominées par le syndrome de stress post traumatique, la dépression, les habitudes toxiques, le suicide et l’homicide. Au Maroc jusqu’à l’heure actuelle, on ne dispose pas de statistiques nationales. Les particularités de notre contexte socioculturel tels que la dépendance financière totale de la majorité des femmes par rapport à leurs maris, le statut défavorable de la femme quand elle divorce et l’absence de structures d’hébergement des femmes violentées ou en instance de divorce, font la difficulté d’élaboration de stratégie de lutte contre ce phénomène. Mais grâce à la médiatisation et au travail des différentes associations féminines, les tabous commencent à se lever et de plus en plus de femmes se battent pour faire valoir leurs droits.

La prise en charge des mauvais traitements s’exerce en des lieux extrêmement divers et implique tout aussi bien les professionnels de la santé, quels qu’ils soient, que les non professionnels, c’est-à-dire le public et les associations. Le personnel médical et paramédical, devrait dépister les situations à risque et les signes d’alarme. Leur rôle possible et leurs responsabilités spécifiques ont été précisées depuis la découverte de cette pathologie.

La prévention impose des mesures sociales telles que : amélioration de l’habitat, et des conditions matérielles, lutte contre l’analphabétisme, lutte contre le chômage, création d’une cellule d’accueil spécialisée disponible et joignable, création d’un comité interdisciplinaire chargé de la formation de tous les professionnels concernés (médecins, infirmières, assistantes sociales, membres des associations, personnel de la sûreté nationale, …) et la mise en place d’un groupe d’étude et de recherche  dans ce domaine.

*Razik H et Col. Femmes victimes de violences intra-conjugale : étude médico-légale à propos de 200 cas. International Congress « advances in Legal medecine » Calabrai- Italy Septembre 2001.

Docteur Hanane Razik - Marrakech, le 27 novembre 2005
Email : h.razik@voila.fr

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