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par le professeur Abdelmounaim
ABOUSSAD - Juillet 2002
Le tabagisme passif représente le facteur de pollution intérieure
le plus redoutable, surtout chez les nourrissons.
La gravité est parfois même accentuée du fait d'une intoxication
tabagique pendant la vie fœtale. Le tabagisme maternel lors
de la grossesse détermine une élévation significative des
IgE totales au niveau du sang cordal, ce taux dosé à la naissance
a une bonne valeur prédictive d'allergie.
Ce risque est évalué à 80%, il pourrait atteindre 100% si
l'un des parents est allergique.
La prématurité est également plus fréquente de 10 à 15%
chez les femmes enceintes qui fument, et que leurs enfants
présentent en moyenne un déficit en poids de 250 à 300 grammes.
En matière de prédisposition aux manifestations allergiques,
le mécanisme par lequel le tabac peut influencer le développement
pulmonaire est complexe, mais fait vraisemblablement intervenir
une hypoxie fœtale.
Quant au Tabagisme passif du nourrisson et du jeune enfant,
plusieurs auteurs ont rapporté l'augmentation de façon significative
du risque de manifestations respiratoires dyspneisantes et
d'asthme chez les nourrissons soumis à un tabagisme passif.
Des études longitudinales ont montré que le tabagisme passif
compromet la croissance respiratoire; l'une d'elles, qui envisage
le devenir de 9 ans à 15 ans d'une cohorte d'enfants soumis
ou non au tabagisme passif, constate que les enfants asthmatiques
exposés présentent une détérioration progressive de leur rapport
VEMS/CV, au contraire de ce que l'on observe dans la population
non exposée au risque.
Une autre étude, portant sur des nourrissons testés en moyenne
à 5,1 ± 1,5 semaines de vie a montré que les enfants exposés
in utero au tabagisme passif présentaient déjà une diminution
significative des performances fonctionnelles respiratoires
par rapport aux enfants non exposés. Ceci témoigne d'une réduction
de la taille des voies aériennes et d'une altération des propriétés
mécaniques du système respiratoire chez les nourrissons bien
portants exposés au tabagisme passif . Les mécanismes d'action
de ce tabagisme passif peuvent être multiples :
· L'augmentation des infections respiratoires
· La stimulation des récepteurs bronchiques à l'irritation.
Ces récepteurs peuvent être stimulés soit directement par
le tabac, soit indirectement par l'infection virale.
Celle-ci les mettant à nu, favorisant ainsi l'hyperréactivité
bronchique non spécifique
· Le tabagisme passif joue également un rôle au niveau du
système nerveux sensitif, en entraînant la libération de neuromédiateurs
· Enfin, l'augmentation de la perméabilité de la muqueuse
bronchique aux pneumallergènes qui peut favoriser la sensibilisation
allergénique
Marrakech le 17 Juin 2002
Professeur Abdelmounaim ABOUSSAD
abdelmounaim@santemaghreb.com
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