| Par Mustapha Berre MPH Ph.D
- 17 mai 2005
Le Maroc vit actuellement, une période de transitions
et rares sont les secteurs qui échappent à ses
effets et le secteur de la santé n’en fait pas
l’exception. La transition démographique se voit
à travers les diminutions du taux brut de mortalité,
du taux de natalité et du taux d’accroissement.
La transition épidémiologique se voit à
travers le changement du profil épidémiologique
de la carte sanitaire du royaume (diminution des incidences
des maladies transmissibles et des problèmes liés à
la santé de la mère et de l’enfant et
augmentation des incidences des maladies chroniques, des accidents
et traumatismes. La transition économique se voit à
travers les changements survenus dans le marché du
travail, l’adhésion du Maroc à la mondialisation
et la préoccupation du gouvernement par le contrôle
des dépenses et par la réduction des dettes
de l’état. Sur le plan politique, la transition
se voit essentiellement dans la profonde remise en question
du processus traditionnel de gestion et du principe de l’autorité
ainsi que dans la revitalisation du dynamisme régional.
Les implications de l’ensemble de ces transitions pour
la santé des citoyens sont importantes et les changements
qui surviendront dans la distribution des services risquent
d'être plus profonds dans l’avenir. Ces changements
nécessitent de grands efforts en matière de
planification, de coordination, de gestion et d’organisation
des services de santé pour améliorer l’offre
des soins et répondre équitablement aux besoins
de la population.
Certes, des progrès considérables en termes
de santé ont été réalisés
au cours des années récentes, qui se sont traduits
non seulement par une augmentation importante de l’espérance
de vie, mais aussi par une amélioration de la qualité
de vie. Ceci est le résultat du travail quotidien de
multiples professionnels mais également le résultat
d’un effort collectif et social important.
Par ailleurs, de fortes inégalités sociales
de santé persistent encore. Ces inégalités
sont généralement imputables aux dépenses
publiques de santé qui sont parmi les plus faibles
du monde.
En effet, pour de nombreux indicateurs, notre pays connaît
une situation plus péjorative que la plupart de ses
grands voisins Africain et du golf persique. Dans certains
domaines pourtant considérés prioritaires par
les politiques de santé, ces inégalités
restent importantes (morbidité mortalité maternelle
et néonatale etc.). Les inégalités concernent
non seulement la mortalité ou la morbidité de
la population, l’accès aux soins mais aussi d’autres
domaines comme le handicap et sa prise en charge sociale et
sanitaire.
L’importance de la mortalité prématurée
évitable reste une caractéristique de notre
pays, Elle est principalement liée aux changements
observés dans le comportement de santé et au
style de vie, aux accidents de circulation. L’effort
de promotion de la santé, qui vise à responsabiliser
le citoyen sur sa propre santé devrait être amplifié,
aussi bien à l’intérieur, qu’à
l’extérieur du champ de la santé.
Il n’est question ici de sous estimer l’importance
des services de santé pour le maintien de la qualité
de la vie de la population. Il s’agit plutôt de
prendre conscience du fait que les services de santé
ne peuvent continuer à compenser, à eux seuls,
les écarts d’état de santé liés
aux mauvaises habitudes de vie ou à l’environnement
(physique, social et économique).
Pour arriver à mieux s’attaquer aux causes réelles
des écarts d’état de santé entre
les populations, il y a lieu d’assoire une politique
qui vise à rationaliser et à démocratiser
l’accès aux services de santé, à
intégrer l’action communautaire et intersectorielle
en matière de santé dans un système planifié
et coordonné. Tout en sachant que la rationalisation
et la démocratisation des services passent par une
meilleure accessibilité, une médecine globale,
la complémentarité des services, la prévention
des maladies et des incapacités, la participation des
citoyens et des professionnels à l’organisation
des services, la décentralisation des processus de
décision.
Par Mustapha Berre MPH Ph.D - 17 mai 2005
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