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Né vers les années 60 dans les pays anglo-saxons, la pratique des
soins palliatifs s'est petit à petit développée pour enfin se généraliser
au cours de la précédente décennie.
Selon la formule du docteur T. Vanier , ''c'est tout ce qu'il reste
à faire lorsqu'il n'y a plus rien à faire ''.
Tout ce qui reste à faire de manière pragmatique et positive pour
le malade lui-même mais aussi pour sa famille.
Tout ce qui reste à faire non pas pas pour guérir , mais pour permettre
au malade de mieux vivre le temps qu'il lui reste à vivre .
Cette notion d'accompagnement des malades en fin de vie s'est imposée
à l'heure actuelle pour plusieurs raisons :
- Raison d'ordre sociologique : actuellement plus de 70 % des
décès surviennent à l'hôpital ou dans des institutions sanitaires
et non à domicile comme par le passé. Cette migration de la mort
du domicile vers l'hôpital, caractéristique des sociétés occidentales
avancées, touche également notre pays.
Cette migration du lieu de mort entraîne l'implication croissante
des personnels de santé dans le processus du mourir alors qu'ils
n'y sont pas préparés .
- Raison d'ordre éthique : entre l'acharnement thérapeutique
inutile et l'euthanasie active, les soins palliatifs constituent
la seule alternative éthiquement acceptable.
Ils vont permettre, de prendre en charge de façon efficiente le
patient en phase terminale en agissant et en contrôlant les symptômes
rebelles.
- Raison d'ordre technique et déontologique : Les progrès réalisés
ces dernières années sont à même de prendre en charge correctement
les malades en fin de vie ainsi que leur famille.
- Raison d'ordre anthropologique : Les rites de mort font partie
de toute société humaine, tout simplement parce qu'ils sont indispensables
aux vivants. L'accompagnement des mourants et les soins palliatifs
représentent une forme de ritualisation moderne du mourir, du
moins dans les sociétés fortement médicalisées
- Raison d'ordre économique : tous les systèmes de santé sont
fondés sur des choix et des critères économiques.
Dans cette optique, un certain nombre d'études montrent que les
soins palliatifs seraient non seulement plus efficaces pour les
malades en fin de vie, mais également, moins coûteux que les
soins pratiqués traditionnellement, surtout lorsqu'ils sont dispensés
à domicile.
La famille conserve alors une part prépondérante en matière de soins
et surtout de support psychologique.
La phase terminale d'une affection incurable ne doit en aucun cas
être la mort prématurée d'un être humain devenu objet, à qui la
technique aurait peu à peu fait disparaître les désirs.
Elle doit rester un moment de la vie.
Nous souhaitons par ailleurs que les étudiants en médecine puissent
bénéficier d'une formation en soins palliatifs au cours de leurs
études médicales, ainsi, nos futurs médecins auront l'espoir de
soigner leurs malades jusqu'à la fin de leur vie, quand ils auront
perdu celui de les guérir.
Communication transmise par le professeur Larbi Abid le 29 juillet
2001,
Professeur Larbi ABID
abid@santemaghreb.com
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