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Symposium International Immunothérapie antitumorale &  Vaccination anti-cancéreuse

Mardi 17 février 2009, Faculté des Sciences Humaines, Bouzaréah - Alger

par Pr. Larbi Abid

Séance inaugurale - De gauche à droite : Pr. Abid, Dr. Salahlaouar, Pr. Bendib, Vice Doyen de la faculté de Bouzaréah, Pr. Bouzid.

Séance inaugurale
De gauche à droite : Pr. Abid, Dr. Salahlaouar, Pr. Bendib, Vice Doyen de la faculté de Bouzaréah, Pr. Bouzid.

Un symposium international dédié à l’immunothérapie antitumorale et la vaccination anticancéreuse s’est déroulé le mardi 17 février 2009 à la faculté des sciences humaines de Bouzaréah, à l’initiative conjointe de la revue médicale « Le Fascicule de la Santé », la Société Algérienne d’Oncologie Médicale (SAOM) et le Laboratoire de Recherche en chirurgie d’exérèse hépatique majeure (LCEHM).

Pourquoi un tel thème ?

Chaque année, 30000 nouveaux cas de cancer sont diagnostiqués en Algérie et hélas un grand nombre à un stade métastatique. Si la thérapeutique du cancer fait appel à des combinaisons de traitements classiques (chirurgie, radiothérapie, chimiothérapie) et depuis quelques années à la thérapie ciblée, de nouvelles approches originales basées sur l’immunothérapie antitumorale et la vaccination anticancéreuse ont vu le jour dans divers pays.
Concernant la vaccination, celle-ci est représentée essentiellement par la vaccination contre l’hépatite B (déjà dans le calendrier vaccinal algérien) et la vaccination anti-HPV qui assure une protection contre le cancer du col de l’utérus.

Pour les patients déjà atteints de cancer et arrivés à un stade avancé de la maladie, les thérapeutiques classiques sont insuffisantes et il est essentiel de stimuler le système de défense immunitaire du malade, afin qu’il puisse attaquer les cellules tumorales et garder une mémoire immunitaire antitumorale durable. Le renforcement du potentiel immunitaire aide les patients atteints d’un cancer avancé réfractaire aux thérapeutiques classiques, à combattre les cellules cancéreuses. Les larges approches immunothérapeutiques incluent : l’induction d’une réponse immunitaire anti-tumorale, la modulation de la réponse immunitaire de l’hôte, l’apport à l’hôte de cellules immunitaires ayant une activité anti-tumorale renforcée.
Les recherches sur l’immunité antitumorale portent tout particulièrement sur une cellule qui joue un rôle fondamental dans le système immunitaire : la cellule dendritique.
Cette cellule est le lien entre l’immunité innée et l’immunité acquise. Elle peut être isolée du sang d’une personne atteinte de cancer puis exposée à des antigènes de cellules cancéreuses puis réintroduite dans l’organisme du malade afin de lutter contre le cancer.

Différents laboratoires de recherche à travers le monde explorent cette piste de l’immunité antitumorale et des chercheurs d’origine algérienne en font partie. De même des laboratoires de recherche algériens en biologie à l’Université des Sciences et de la Technologie Houari Boumediène (USTHB) ainsi que des laboratoires de recherche biomédicale de la faculté de médecine d’Alger sont en mesure, en collaboration avec les chercheurs tant algériens travaillant à l’étranger qu’avec les chercheurs étrangers, de développer ce type de recherche dans notre pays, dans l’intérêt bien compris de nos malades qui bénéficieront ainsi des dernières avancées en matière de recherche sur le cancer .

Au cours de la 1ère séance consacrée à la place de la vaccination dans le système de santé, Le Pr. S. Mesbah de l’EHS Maladies Infectieuses El Kettar d’Alger a situé la problématique de la vaccination, donné un aperçu de la situation internationale et nationale et présenté les développements récents en matière de nouveaux vaccins et de mise en oeuvre des nouvelles stratégies vaccinales. Il rappellera les succès de la vaccination dans la lutte contre les maladies infectieuses, la prévention de certains cancers (virus de l’hépatite B et papilloma virus humain) mais également les défis qui restent à relever comme la recherche d’un vaccin contre le VIH. Il présentera par la suite la situation en Algérie quant à la mise en place du programme national de vaccination depuis l’année 1969 jusqu’à l’introduction des nouvelles vaccinations (Hépatite B en 2000 et  Haemophilus influenzae en  2008) et le calendrier vaccinal selon l’arrêté du 15 juillet 2007.

 

Le Pr. A. Soukehal du CHU de Beni Messous d’Alger présentera par la suite le nouveau calendrier vaccinal algérien : 

AGE DE LA VACCINATION

VACCINS
Naissance

BCG  +  VPO + HBV
1 mois

HBV
3 mois

DTC + HiB + VPO
4 mois

DTC + HiB + VPO
5 mois

DTC + HiB + VPO + HBV
9 mois

VAR
18 mois

DTC + HiB + VPO
6 ans

DT enfant + VPO + VAR
11 - 13 ans

DT adulte + VPO
16 - 18 ans

DT adulte + VPO
Tous les  10 ans à partir de 18 ans

DT adulte
 

Il sera suivi par Le Pr. J.P. Grangaud, qui fera le bilan la vaccination contre l’hépatite B, depuis son introduction dans le programme vaccinal algérien en 2000.    

 

Le Pr. K. Bouzid a présenté une communication de pharmaco-économie  sur la vaccination anti-HPV en Algérie. D’emblé, il donnera le taux d’incidence du cancer du col utérin qui est de 14/ 100.000 et qui place notre pays au 2ème rang dans la monde arabe après la Somalie avec environ, 3000 nouveaux cas chaque année en rapport avec les sérotypes HPV 16 et 18. Il analysera par la suite les résultats du screening par colposcopie, test de Papanicoulaou avec ou sans sérotypage, screening fonction des colposcopistes, de la compliance et de l’observance des femmes à dépister. Il rappellera le taux de mortalité à 5 ans du cancer du col (50%), la morbidité et les séquelles du traitement ainsi que le coût de ce traitement estimé à 75.109 dinars algériens / an alors que le coût de la vaccination anti-HPV est de 95 €/dose soit 285 € pour une vaccination complète. Après avoir signalé au mois de mai 2008, 104 pays (dont 9 pays en voie de développement) ont introduit la vaccination anti-HPV dans leur programme vaccinal, le Pr. Bouzid propose la vaccination anti-HPV à titre individuel sur prescription restreinte aux gynécologues (remboursement après entente préalable avec C.N.AS.) et à titre collectif, de manière "prophylactique", avant la sortie de scolarité dans le cadre du programme élargie de vaccination. Il insistera sue la précocité de la vaccination : plus le vaccin anti-HPV est effectué jeune (< 14 ans), meilleure est l’immunogénicité (le meilleur âge serait entre 9 et 15 ans).
  
Au cours de la  2ème séance consacrée à l’immunothérapie anti-tumorale, Mme le Pr. M. Bouali-Benhalima du CHU Mustapha d’Alger interviendra par une communication sur la réponse immunitaire anti-tumorale. Elle rappellera que le système immunitaire permet la reconnaissance et la discrimination entre le soi et le non soi entraînant dans ce cas le rejet et l’élimination.
Les arguments en faveur d’une réponse immunitaire anti-tumorale sont :

  • a) l’immunogénicité de la tumeur :
    • La présence chez l’hôte d’une tumeur spontanée ou induite entraîne une réponse immunitaire anti-tumorale visant la destruction des cellules tumorales.
    • Cette réponse implique l’expression sur la tumeur d’antigènes dits tumoraux (associés ou spécifiques des cellules malignes) reconnus par le système immunitaire comme non-soi.


  • b) des arguments cliniques :
    • Augmentation de la fréquence de certains cancers chez des patients immunodéprimés :
      • Déficits immunitaires congénitaux
      • .
      • Déficits immunitaires acquis (SIDA).
      • Après traitement par immunosuppresseurs (Tumeurs associées à des virus)
    • Guérisons spontanées de certaines tumeurs.
    • Augmentation de fréquence des cancers avec l’âge (système immunitaire moins efficace).


  • c) des arguments histologiques :
    • Infiltration de certaines tumeurs par des cellules de l’immunité :
      • Lymphocytes T CD4+, Lymphocytes T CD8+.
      • Lymphocytes cytotoxiques naturelles (NK, Tdg, NKT),
      • Cellules dendritiques, macrophages....
    • La spécificité anti-tumorale des lymphocytes CD8 infiltrant la tumeur : TIL (Tumor Infiltrating Lymphocytes) a été prouvée et est corrélée avec un facteur de bon pronostic de survie.

Les acteurs de la réponse immunitaire innée anti-tumorale étant : les cellules cytotoxiques naturelles : NK (Natural Killer) ; Les Lymphocytes T dg Effecteur cytotoxique capable de détruire des cellules tumorales via une reconnaissance impliquant les récepteurs activateurs de la lyse (NKG2D, KIRs activateurs, CD94/NKG2C…) ; Les cellules NKT qui ont une activité anti-tumorale similaire aux cellules NK.

L’immunité spécifique anti-tumorale constitue une deuxième ligne de défense anti-tumorale. Le contact avec l’Ag entraîne la prolifération des LyT et B porteurs de récepteurs spécifiques pour l’Ag (TCR et BCR : supports de cette spécificité).

  • Epitopes reconnus par les lymphocytes B
  • Le complexe CMH-peptide d'antigène tumoral
  • Le Trio moléculaire TCR/HLA (I ou II)-Peptide tumoral
  • Les cellules dendritiques : elles constituent une interface ente les deux systèmes (Inné et Adaptatif) et leur activation est un préalable à l’induction d’une réponse immunitaire adaptative anti-tumorale. Il existe plusieurs sous populations de CD, que l'on retrouve sous deux états différents. Le passage de l’état immature à l’état mature, la migration et la différenciation de la CD sont assurés par : la capture d’un antigène tumoral (Les produits sécrétés par les cellules cancéreuses, les corps apoptotiques de cellule tumorale, vésicules membranaires ou exosomes) ; la présence de cytokines et de chimiokines dans l’environnement.

L’oratrice expliquera également le phénomène d’échappement tumoral à la réponse immunitaire : la croissance tumorale, l’invasion des tissus sains et la dissémination métastatique constituent des preuves objectives du phénomène d’échappement des tumeurs à cette réponse. Ces mécanismes d’échappement sont multiples et peuvent se cumuler.

  • Absence ou diminution d’expression des molécules HLA de classe I => résistance à la lyse par les CTL ;
  • Absence d’expression des molécules de costimulation => anergie des lymphocytes T.
  • Mutation silencieuse, l’Ag tumoral exprimé vu comme une protéine normale => tolérance.
  • L’Ag est une protéine du soi normale mais surexprimée => tolérance.
  • Sécrétion de cytokines immunosupressives par la tumeur.

En conclusion, le Pr. Bouali-Benhalima dira que la compréhension des mécanismes immunitaires anti-tumoraux est à l’origine de nouvelles approches thérapeutiques : immunothérapie anticancéreuse. Les stratégies thérapeutiques sont variées. Elles ont toutes pour objectif d’amplifier sur le plan qualitatif et quantitatif, in vitro ou in vivo, des effecteurs de la réponse immunitaire pour aboutir à l’éradication de la tumeur sans affecter les cellules normales.

Mme le Dr. R. Kraïba du CPMC d’Alger s’intéressera quant à elle aux anticorps monoclonaux thérapeutiques utilisés en oncologie. Elle considérera qu’il s’agit là d’une véritable révolution thérapeutique dans la prise en charge des cancers. Les mécanismes d’action dépendent de la liaison à l’antigène et du recrutement de cellules du système immunitaire qui portent le récepteur des immunoglobulines. Après un historique sur le développement de ces anticorps monoclonaux depuis 1975, elle décrira la structure et la fonction des  immunoglobulines puis prendra pour exemple le bevacizumab, le rituximab, le cetuximab, et le trastuzumab dont elle donnera les mécanismes d’action.

Mmes les Prs. Touil-Boukoffa, Merad, Chouaïb & Kraïba

Mme le Pr. Touil-Boukoffa de la faculté de sciences biologiques de l’Université de Bab Ezzouarprésentera une communication sur les cytokines et leurs intérêts thérapeutiques dans les pathologies auto-immunes. Ces cytokines sont des protéines intervenant aussi bien dans l’immunité et l’inflammation que dans la multiplication et l’inhibition cellulaire. Elles ont une action pléiotropique, autocrine, paracrine ou endocrine. Il s’agit de messagers physiologiques de la communication intercellulaire : entre toutes les cellules de l’organisme en général et entre les cellules immunitaires en particulier : action dans l’ontogenèse du système immunitaire, expansion clonale des cellules effectrices de l’immunité et dans leur activation et action via des récepteurs spécifiques. Leur surproduction ou leur déficit in vivo contribue soit à la genèse d’une pathologie donnée ou à l’évolution de la pathologie conduisant très souvent à l’aggravation.
Ces cytokines ont intégré le groupe des bio-médicaments : L’administration d’IFN-a-2 recombinant chez les patients atteints de tricholeucémie conduit à une rémission partielle, voire complète  dans 90% des cas. L’efficacité de l’IFN-a dans le traitement des hépatites chroniques actives B et des hépatites C et D a aussi été clairement démontrée. l’IFN-b est utilisé comme  agent thérapeutique  dans plusieurs types de leucémie et dans la sclérose en plaques. Pour l’IFN-g, les applications thérapeutiques sont prometteuses dans les pathologies bactériennes et parasitaires. L’IL-2 est utilisée en association avec l’IFN-a ou le cyclophosphamide lors du traitement  du cancer du rein et du mélanome. Le TGF-b est utilisé dans la reconstitution tissulaire, la cicatrisation lors des brûlures et des fractures. Le Pr. Touil-Boukoffa détaillera par la suite le travail de son équipe de recherche  « Cytokines et NO Synthases - Immunité et pathogénie  » qui travaille essentiellement sur l’auto-immunité, la maladie de Behçet et les maladies inflammatoires chroniques liées à l’intestin (MICI).

Mme le Pr. F. Chouaïb  de l’Institut Gustave Roussy, France présentera une communication sur la potentialisation de la réponse T cytotoxique intra-tumorale.

En prenant comme exemple le Cancer Bronchique Non à Petites Cellules (NSCLC), 1ère cause de mortalité par cancer chez l’homme et décrit comme « peu immunogènes », le docteur Chouaïb, a travers des études in situ et in vitro de lignées tumorales et de clones CTL spécifiques, démontre que les NSCLC sont immunogènes capables d’induire une réponse immunitaire spécifique.

 

Approche génétique de clonage d’antigènes tumoraux

Son équipe de recherche INSERM U753 de l’institut Gustave Roussy  mettra en évidence que le 1er antigène de différentiation dans les cancers du poumon, est surexprimé dans plusieurs SCLC et NSCLC et dans tous les MTC.

Mme le Pr. M .Merad de l’Institut d’Immunologie du Mount Sinai School of Medicine de New York -USA, présentera une communication sur le rôle des cellules dendritiques en immunothérapie anti-tumorale. Ces cellules dendritiques (CD) découvertes en 1973 par Ralph Steinman and Zanvil Cohn sont d’origine hématopoïétique, présentes dans tous les tissus de l’organise à l’exception de l’encéphale (Les cellules dendritiques de l’épiderme sont appelées les cellules de Langerhans). Rappelant le schéma de Ralph Steinman, le Dr. Miriam Merad précisera que l’induction d’une immunité requiert la présence d’antigènes étrangers à l’organisme dans un contexte d’inflammation.
Elle reviendra également sur l’histoire de l’immunothérapie antitumorale avec la transplantation de cellules hématopoïétique allogéniques puis sur le rôle des CD dans cette immunité. Elle présentera par la suite différents essais cliniques réalisés chez l’animal destinés à améliorer le greffon versus tumeur ainsi que les différentes approches de l’immunothérapie antitumorale dont la vaccination par cellules dendritiques dans le traitement du cancer colorectal et du poumon, telle que réalisée dans le laboratoire qu’elle dirige à New York.

Allogeneic Hematopoietic Cell Transplant Tumor Immunotherapy Success Story

 

Injection of recipient DCs can restore graft versus antitumor effect in mice that relapse after allo-transplant

 

Approaches to cancer immunotherapy

 

 

before treatment - after treatment

 

DC vaccine can induce durable clinical responses

Au terme d’une expérience de 10 années d’utilisation de la vaccination antitumorale par les cellule dendritiques, le docteur Merad considère que : 10 to 20% des patients répondent à cette thérapie et qu’en cas de RO, il n’y a pas de récidive et les patients développent une immunité contre leurs tumeurs. Mais la majorité des patients récidivent : pourquoi ? In vitro, les CD perdent leur capacité d’induire une immunité antitumorale et nous devons donc trouver des combinaisons avec d’autres armes thérapeutiques. Les essais réalisés in vivo sont également rapportés par l’oratrice de même que des combinaisons de chimiothérapie et d’immunothérapie   

Le Dr. P. Frayssinet de la société Urodelia, St Lys France, présentera une communication intitulée Effet adjuvant de l’hydroxyapatite de calcium appliqué aux vaccins thérapeutiques anti-tumoraux. Il rappellera les différents processus immunitaires conduisant à la mort d’une cellule tumorale pour arriver aux caractéristiques de l’adjuvant idéal pour un vaccin anti-tumoral : pour la cellule dendritique, c’est l’activation, la maturation et la transfection (Fixation et Pénétration intracellulaire) ; pour la cellule CD8, c’est la prolifération et l’activation.

 

immunitaires physiologiques de destruction  d’une cellule tumorale
Processus immunitaires physiologiques de destruction  d’une cellule tumorale

 

Processus immunitaires physiologiques de destruction  d’une cellule tumorale
Processus immunitaires physiologiques de destruction  d’une cellule tumorale

La culture de cellules dendritiques en présence de poudres de céramiques d’ hydroxyapatite de calcium a montré à partir d’analyses phénotypiques et fonctionnelles qu’il existe une cytotoxicité de ces cellules dendritiques (CD) contre des cellules tumorales et que ces CD ont la capacité à faire proliférer des LT allogéniques et produisent de l’interleukine 12. A travers cette communication, l’orateur montre que l’hydroxyapatite induit une maturation des cellules dendritiques humaines, mais moins importante que celle induite par les LPS lors de l’étude phénotypique (expression des molécules de co-stimulation et de maturation), induit une stimulation du système cellulaire et agit sur les 3 pôles cellulaires nécessaires au cross priming.

Le Pr. D. Mann de l’Université du Maryland, USA, présentera une communication intitulée Combining conventional cancer treatment with immunotherapy to treat patients with advanced malignancies.

Le Pr. K Hasumi de la Fondation Hasumi, Tokyo- Japon, présentera une communication intitulée Clinical application of dendritic cell vaccine on advanced cancer patients. Dans son exposé le Pr. Hasumi fera une revue des bases de l’immunothérapie anti-tumorale, un sommaire des protocoles cliniques associant  HITV + radiothérapie + chimiothérapie + immunothérapie cellulaire et enfin il rapportera les résultats de quelques cas cliniques. 
Ainsi le protocole HITV IIe-2 qui associe l’injection intra-tumorale du vaccin HITV + radiothérapie est indiqué dans les processus tumoraux solitaires au stade IV ou en récidive de volume inférieur à 20 g et avec un nombre de lésions tumorales inférieur à 8. Il est réalisé selon le schéma suivant :

 

Rdiothérapie - schéma injection CD

Le cas d’un patient de sexe masculin âgé de 65 ans chez lequel un adénocarcinome gastrique a été diagnostiqué en avril 2003 est rapporté. Après avoir reçu 2 cures de chimiothérapie (TS -1 + CDDP), le patient bénéficie d’une gastrectomie subtotale en juillet 2003 mais 2 mois plus tard on note une élévation du taux des ACE en rapport avec une récidive confirmé par l’imagerie. Le patient reçoit une chimiothérapie (CPT11+ MMC 10 cures) suivie en janvier 2006 d’une leucophérèse puis d’injection intra-tumorale de cellules dendritiques (CD) à 2 reprises avec évaluation scanographique et par dosage des ACE en avril et octobre de la même année. La réapparition d’une autre récidive en avril 2007 impose la reprise des injections de CD associée à la radiothérapie avec évaluation en septembre 2007 permettant de constater une réponse partielle. 
La courbe du taux des ACE de ce patient depuis le début du traitement par injection de CD est la suivante :    

courbe du taux des ACE de ce patient depuis le début du traitement par injection de CD
Courbe du taux des ACE de ce patient depuis le début du traitement par injection de CD

Le cas d’une autre patiente âgée  de 64 ans présentant un carcinome invasif du sein droit qui a subit une mastectomie + curage ganglionnaire axillaire (2N+) suivie d’une chimiothérapie (MTX, 5FU, CPM) et d’une radiothérapie durant l’année 1999 est également rapporté. Une élévation du taux des marqueurs CA125 en octobre 2006 permet de retrouver des métastases hépatiques d’où la mise en route du protocole HITV IIe-2. De même d’autres cas comme un cancer du poumon opéré chez lequel apparaît des métastases ganglionnaires abdominales non opérables ou encore le cas d’une récidive d’un cancer de l’ovaire  ou col utérin sont rapportés par l’orateur. Les résultats avec ce protocole, sur 22 cas sont les suivants :   

Réponse complète 3 cas 
Réponse partielle 10 cas
Stabilisation 2 cas
Progression 7 cas

RC : 13 % ; RC+ RP : 59 %

L’analyse de l’efficacité de ce protocole selon le siège du cancer primitif montre :

Siège RC RP Stabilisation Progression
NPC 1     1
Poumon 1 1    
Sein   2   2
Estomac   1    
Foie   1    
Pancréas       2
Rein   1    
colon   2 2 1
Ovaire 1      
Utérus   2    
Prostate       1

 

Le Pr. Hasumi citera les autres modalités d’administration selon le protocole HITV III-ia qui associe l’injection intra-artérielle du vaccin HITV + chimiothérapie et qui est indiqué dans les métastases multiples ou encore le protocole HITV III-iv pour les métastases pulmonaires multiples.  
Au terme de son exposé, il suggère de distinguer les cas de tumeurs de stades avancés en 2 groupes : ceux qui peuvent être mis en évidence par l’imagerie et ceux qui ne peuvent être visualisés. Les cas qui peuvent être visualisés devraient être traités par une radiothérapie d’intensité modulée (IMRT : Intensity Modulated Radiation Therapy) et ceux qui ne peuvent être visualisés seront traités par HITV.  

Mr. M. Komura, directeur de la Fondation Hasumi, complétera cette communication en faisant un historique du Vaccin Hasumi développé en 1931 par Kenichiro Hasumi pour les cancers au stade terminal et les récidives et dont les essais cliniques ont débuté en 1948. A l’heure actuelle plus de 150.000 patients ont en bénéficié à travers le monde. Comparativement à la chimiothérapie, il ne présente pas d’effets adverses importants. Des essais clinques sont en cours aux USA et plus de 180 patients ont été traités sans effets secondaires. Il précisera que cette vaccination doit être intégrée dans une approche associant chirurgie, chimiothérapie et radiothérapie. L’orateur rapportera également les taux de survie à 5 ans de cette vaccination anti-tumorale associée au traitement conventionnel pour différentes localisations néoplasiques.

1/ cancer gastrique

 Stade Traitement classique + HITV Traitement classique
(Japan National Cancer Center)
Nbre de cas
62 cas
% Nbre de cas
1290 cas
%
I 11/11 100 757 91,2
II 8/8 100 122 80,9
III 10/14 71,4 187 54,7
IV 14/29 48,3 224 9,4
Cancer gastrique : Taux de survie à 5 ans

2/ cancer colique

 Stade Traitement classique + HITV Traitement classique
(Japan National Cancer Center)
Nbre de cas
59 cas
% Nbre de cas
515 cas
%
I 15/15 100 126 95,7
II 6/6 100 132 91,6
III 13/13 100 163 78,7
IV 10/25 40 94 18,6
Cancer colique : Taux de survie à 5 ans

3/ cancer rectal 

 Stade Traitement classique + HITV Traitement classique
(Japan National Cancer Center)
Nbre de cas
82 cas
% Nbre de cas
385 cas
%
I 8/8 100 97 99
II 4/4 100 89 81,3
III 10/10 100 145 66,4
IV 37/60 35,3 54 17,7
Cancer rectal : Taux de survie à 5 ans

4/ cancer du sein
 

 Stade Traitement classique + HITV Traitement classique
(Japan National Cancer Center)
Nbre de cas
212 cas
% Nbre de cas
1525 cas
%
I 76/79 96,2 484 90,6
II 49/51 96,1 814 78,6
III 17/22 77,3 179 51,9
IV 37/60 61,7 48 10,9
Cancer du sein : Taux de survie à 5 ans

5/ carcinome de la langue 
 

 Stade Traitement classique + HITV Traitement classique
(Japan National Cancer Center)
Nbre de cas
22 cas
% Nbre de cas
241
%
I 8/8 100 55 89
II 1/1 100 86 76
III 6/9 66,7 64 55
IV 2/4 50 36 34
Cancer de la langue : Taux de survie à 5 ans

 

Injection intra-tumorale du vaccin HITV
Injection intra-tumorale du vaccin HITV

 

Interview du Pr. Hasumi par la presse nationale

Interview du Pr. Hasumi par la presse nationale

 

Compte rendu mis en ligne le 16 mars 2009


 
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