| Les conséquences sur l’homme
des champs électromagnétiques dégagés
par les installations électriques et par les relais téléphoniques
font l’objet durant ces dernières années de
controverse.
Certaines études d’impact sont en cours, mais en attendant
de savoir, ne vaut-il pas mieux prévoir ?
Rappelons d’abord que nous baignons tous dans un environnement
magnétique naturel d’origine terrestre (le champ magnétique
terrestre) d’une part et dans un magnétisme d’origine
solaire d’autre part communément appelé le vent
solaire.
Mais depuis le début du XXème siècle, l’électromagnétisme
artificiel a envahi systématiquement notre environnement,
par suite de multiplications d’installations électromagnétiques
diverses: des couloirs de lignes électriques de très
haut voltage, des postes de transformateurs électriques,
des réseaux et surtout des relais de télécommunication
que l’on a éparpillés d’abord en périphérie
des grandes villes, puis de plus en plus installés en milieu
urbain, sur des habitations et des immeubles, en raison de la demande
de plus en plus forte de la téléphonie mobile. De
ce fait, l’exposition de la population aux ondes électromagnétiques
(dont les fréquences élevées leur permettent
une propagation invisible et selon le cas sur de longues distances)
augmente de jour en jour, surtout dans le tissu urbain et surtout
pour les habitants vivant à proximité de ces installations.
Cette exposition de l’organisme aux champs magnétiques
a déjà fait l’objet de nombreuses études
et certaines conséquences chez l’homme sont connues.
La sensibilité du corps humain vis-à-vis du champ
électromagnétique est connue depuis de nombreuses
années. En effet, l’organisme est naturellement régulé
par des courants électriques endogènes de très
faible intensité, qui favorisent l’induction des activités
neuromusculaires et les sécrétions des glandes. En
effet, le fonctionnement de certains systèmes biologiques
du corps humain repose en grande partie sur des mécanismes
électrochimiques, et de nombreuses substances chimiques sont
donc libérées dans l’organisme à l’aide
de faibles signaux électriques ou électrochimiques.
Il est donc évident que même de faibles niveaux d’exposition
à un champ électromagnétique influent sur les
signaux électrophysiologiques et le fonctionnement physiologique
de l’organisme.
En clair, les champs magnétiques naturels et artificiels
interfèrent avec les processus d’échanges biologiques
dans l’organisme. Ces interactions peuvent réagir tant
à l’échelle de tout le corps humain, dans ce
cas le corps humain est comparé à une antenne qui
absorbe les ondes d’un champ magnétique, mais aussi
à l’échelle moléculaire, dont l’impact
peut être beaucoup plus important.
L’action néfaste du champ électromagnétique
a été démontrée par de nombreux chercheurs
sur des animaux, des rats en particulier. Chez l’homme, des
altérations du fonctionnement de certains organes ont été
observées, notamment sur l’épiphyse qui est
une glande magnéto sensible située à l’intérieur
du cerveau, mais aussi sur la production de la mélatonine
qui est une hormone très importante dans l’organisme,
car elle régule les processus physiologiques de reproduction
chez l’être humain, mais surtout parce qu’elle
inhibe la croissance des cellules cancéreuses (Russel Reiter
- Université du Texas - 1992).
D’autres chercheurs ont observé également des
modifications dans la production par l’organisme de certaines
enzymes, mais également des dysfonctionnements des membranes
cellulaires (Thomas S. Tenforde 1990).
L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a employé
le terme de pollution électromagnétique pour la première
fois en 1981 dans sa publication n° 16 de «Radiofréquence
et Micro-ondes». Déjà en 1966, des chercheurs
russes (Asanova, Rakov) ont rapporté l’existence des
symptômes neurologiques (maux de tête, fatigue, diminution
de la libido...) chez des travailleurs exposés à de
hauts voltages électriques.
Pour l’exposition aux radiofréquences (bande FM) et
les installations téléphoniques aériennes,
les résultats des enquêtes épidémiologiques
sont controversés.
Les applications industrielles des diverses fréquences des
spectres électromagnétiques: les micro-ondes, la téléphonie,
les réseaux informatiques etc., sont récentes et les
risques sanitaires liés à une surcharge électromagnétique
environnementale dans l’organisme sont encore mal identifiés.
Si certaines études épidémiologiques ont permis
de mesurer l’évaluation du risque des fréquences
électromagnétiques sur des collectivités, elles
n’ont pas permis d’identifier avec certitude les risques
à l’échelle individuelle, et encore moins d’établir
la preuve de relation de cause à effet. Néanmoins,
pour certains malades, les porteurs de stimulateurs cardiaques par
exemple, le risque de complications est connu même pour une
simple exposition prolongée à un four micro-onde à
usage ménager.
Selon de nombreux chercheurs et conseillers des grandes entreprises
d’E.D.F. (Paris), de l’European Bioelectrique Magnetics
Association (EBEA) de Bruxelles, le risque lié à l’exposition
humaine aux champs électromagnétiques est omniprésent,
mais il est difficile encore à l’heure actuelle de
le quantifier et d’affirmer avec certitude son impact sur
les différents organes humains.
En fait, devant ces technologies récentes n’ayant pas
suffisamment d’années de recul, les méthodes
d’observations sont encore peu crédibles au plan scientifique,
et les connaissances sur les mécanismes bio moléculaires
humains sont encore au stade du début. Ce qui explique encore
l’absence de preuves scientifiques sur les risques sanitaires
directs chez l’homme de la pollution électromagnétique
engendrée par la téléphonie mobile.
Après les nombreuses controverses engendrées aux
USA et en Europe sur les risques sanitaires liés aux ondes
électromagnétiques et à la téléphonie
mobile, des attitudes prudentes ont été préconisées.
Rappelons la philosophie de l’Organisation mondiale de la
Santé (OMS) à ce sujet: «l’objectif général
recherché consiste à utiliser les rayonnements non
ionisants (les champs magnétiques) au profit de l’humanité,
tout en évitant leurs effets potentiellement nuisibles pour
la santé et l’environnement».
Des attitudes de prudence sont toutefois recommandées. Selon
Kossel (OMS), «le simple soupçon de l’existence
d’un risque suffit pour que l’on prenne des mesures
de protection afin de prévenir les effets possibles et à
long terme des rayonnements».
Rappelons que ce principe de précaution est déjà
mis en application en Europe vis-à-vis des installations
électromagnétiques. A titre d’exemple, les installations
électriques de haute tension sont suffisamment éloignées
des localités et les installations de téléphonie
sont interdites à proximité des écoles et des
équipements très fréquentés par le public.
Dans notre contexte, les installations et les relais de téléphonie
installés anarchiquement posent d’abord un problème
d’esthétique parce qu’ils défigurent les
façades des immeubles sur lesquels ils sont placés
d’une part, d’autre part, leur emplacement dans des
carrefours peuplés et à proximité de certains
établissements scolaires n’obéit à aucune
règle de précaution.
Devant le doute sur les conséquences sanitaires de ces installations
et au vu des besoins de recherche complémentaires qui vont
demander encore de nombreuses années, il nous paraît
évident d’appliquer le principe de précaution
pour la santé de notre population, et de prévenir
toutes conséquences qui pourraient être graves dans
le long terme.
En l’absence de preuves scientifiques sur d’éventuelles
conséquences sanitaires des installations téléphoniques,
les mesures provisoires de prudence dégagées dans
plusieurs pays de l’Union européenne constituent à
notre avis une référence.
Les attitudes de prudence concernent d’abord l’étude
préalable des sites d’emplacement, dont le choix doit
être plus judicieux pour leur emplacement. Il s’agit
aussi de respecter certaines règles de prudence, par exemple
les établissements scolaires doivent être protégés
car les enfants sont naturellement plus sensibles aux variations
du champ électromagnétique.
Les sites réservés à l’emplacement de
transformateurs électriques, des couloirs des lignes à
haute tension, des relais téléphoniques... doivent
faire l’objet d’une concertation élargie et non
point un simple consensus commercial.
Enfin et en l’absence d’orientation nationale sur la
question, il devient impératif d’élaborer pour
ces types d’installation comme pour les établissements
industriels à haut risque, un règlement communal ou
intercommunal qui pourra être élaboré par des
personnes ressources et avec les associations environnementales.
Cette démarche de précaution pourrait mettre un frein,
à notre avis, à la dégradation de notre paysage
urbain et à l’amélioration du cadre de vie des
citoyens, surtout dans nos cités et dans nos immeubles dont
les façades ne portent hélas aucune trace de fleurs,
bien au contraire, elles sont de plus en plus enlaidies par la poussée
anarchique des bouquets d’antennes paraboliques de toutes
sortes. Mais ceci est un autre débat.
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