Les 28
et 29 mars 2007, le mouvement associatif (associations des maladies
chroniques) a organisé à l’hôtel Aurassi
« Le printemps des Patients ». Cette réunion a
regroupé les associations suivantes :
- SOS Hépatite
- Fédération nationale des diabétiques
- Fédération nationale des insuffisants rénaux
- Association contre les myopathies
- Association algérienne de solidarité aux malades
respiratoires,
- Association El Amal du Centre Pierre et Marie Curie,
- Association El Fedjr, d’aide aux patients cancéreux.
- Association Nour El Houda de solidarité nationale d’aide
aux malades atteints de cancer
- Association des cardiaques
- Association d’aide aux hypertendus
- Association du syndrome de Williams Beuren.
Outre la présence des membres de ces différentes
associations, cette réunion a vu la participation du docteur
OULD ABBAS ministre de l’emploi et de la solidarité
qui est resté toute la matinée du premier jour écoutant
les représentants de toutes les associations, ainsi que de
deux directeurs centraux du ministère de la santé
et de la population (le professeur BOUAKKAZ directeur des structures
de santé et le docteur OUAHDI directeur de la prévention),
de nombreux membres du corps médical de différentes
spécialités ainsi que nombreux journalistes de la
presse et de la télévision.
La première journée a été consacrée
d’abord à un exposé du ministre de la solidarité
puis des différents représentants des associations.
L’après-midi a été consacré à
un travail en atelier en collaboration avec les médecins
impliqués dans le mouvement associatif en vue d’établir
une liste de recommandations à soumettre aux ministères
concernés.
Le ministre de la solidarité Djamel OULD ABBAS s’est
engagé a apporter une aide à tous projet émanant
du mouvement associatif et a désigné deux interlocuteurs
de son ministère qui seront chargés de travailler avec
les associations de malades : le docteur BOUCHNAK, secrétaire
général du ministère et le docteur BENACHENOU
chargé de la communication.
Le docteur BOUAKKAZ, représentant du ministre de la santé
a rappelé le programme de prévention du ministère
de la santé ainsi que le programme curatif pour l’année
2007 auquel a été alloué un budget annuel équivalent
à celui de l’ensemble des hôpitaux :
- Maladies orphelines : 200 milliards de centimes
- Maladies cancéreuses : 500 milliards de centimes
- Diminution des transferts pour soins à l’étranger,
- Projet implant cochléaire : 100 milliards de centimes
- Hépatites virales : 3200 milliards de centimes.
L’assistance a néanmoins déploré l’absence
de représentant du ministère du travail et des affaires
sociales en charge des caisses de sécurité sociale.
Lors des exposés des représentants des associations,
nous avons pu écouter :
- Madame MEDAD présidente de l’association des maladies
orphelines et plus particulièrement du syndrome de William
et Beuren. Madame MEDAD, mère d’un enfant atteint
de ce syndrome a rappelé à l’assistance ce
qu’était ce syndrome, le nombre de personnes atteintes
en Algérie (2000 cas dont 25 dans la seule daïra de
Bab El Oued). Elle a déploré qu’en Algérie
on ne puisse pas, à ce jour réaliser un caryotype,
examen indispensable au diagnostic de cette affection et demande
qu’il y ait un centre spécialisé qui puisse
prendre en charge les polyhandicapés puisque les enfants
atteints du syndrome de William et Beuren souffrent d’anomalie
cardiaque, de troubles psychiques, sensoriel et moteur et parfois
même d’hypercalcémie. Madame MEDAD a rendu
hommage au professeur SARI du service de pédiatrie de Birtraria
qui a permis le diagnostic de ce syndrome chez son fils et a précisé
que son association est la 1ère dans le monde arabe.
- Les représentantes des associations de malades atteints
de cancer se sont succédées par la suite pour déplorer
le nombre très réduits de centre anti-cancéreux
dans le pays obligeant les patients à faire des déplacements
très importants pour effectuer leurs soins. On a également
signalé les difficultés d’obtention de la
carte de chronicité et le coût très élevé
des drogues antimitotiques qui obligent beaucoup de malades à
aller mendier au niveau des mosquées pour pouvoir effectuer
leurs cures. Ces interventions ont été l’occasion
d’insister sur le rapprochement des unités des soins
du patient et comme la rappeler monsieur DAHMOUNE du ministère
de la santé 17 nouveaux centres anticancéreux vont
voir le jour à travers le pays, centre qui ne seront plus
limités aux seules villes universitaires. Parmi les prochains
centres qui ouvriront incessamment leurs portes, on peut citer
selon monsieur DAHMOUNE, ceux de Sétif, Sidi Bel Abbes,
Ouargla, El Oued et Djelfa.
- Madame AIT MAMMERI, présidente de la fédération
des associations des handicapés moteurs a tenu à
préciser n’est pas la distribution des médicaments
et qu’il n’est pas du rôle des associations
de se substituer à l’état. Celui-ci a des
obligations : prendre en charge tout citoyen malade. L’association
à un rôle complémentaire en, faisant appel
au don privé.
- Le représentant de l’association des insuffisants
rénaux a retracé le parcours du combattant de l’insuffisant
rénal chronique qui même lorsqu’il arrive à
être inscrit au niveau d’un centre d’hémodialyse
est obligé de prendre à sa charge l’achat
du cathéter (très souvent au marché noir)
et la réalisation de la fistule artério-veineuse
(qu’il doit réaliser dans une clinique du secteur
privé pour une somme variant entre 1,5 et 2,5 millions
de centimes). Plusieurs patients insuffisants rénaux se
sont succédés pour témoigner de leur vécu
et des affections qu’ils ont contracté à la
suite des dialyses en particulier l’hépatite B et
C.
- Monsieur AKNINE, président de l’association de
lutte contre les myopathies, lui-même atteint d’une
forme de myopathie a rappelé brièvement comment
il a crée en 1999, avec son collègue ZENATI Tahar
cette association et ses objectifs qui sont entre autres le recensement
des malades sur le territoire national, leur prise en charge social
et médical. Il a fait toucher du doigt à l’assistance
que l’Algérie est faites pour les gens valides et
que l’handicapé n’a pas sa place à l’heure
actuelle. Son association lutte pour le problème de l’accessibilité
des handicapés, leur droit au travail et également
au logement en tenant compte de leur handicap afin par exemple
qu’ils ne soient pas logés dans les étages
supérieurs des immeubles. La vice-présidente de
cette association va plus loin en demandant :
- Qu’il y ait un secrétariat d’état
aux handicapés,
- Une représentation à l’assemblée
générale,
- La réalisation de réseau pluridisciplinaire
de consultation spécialisée,
- Une meilleure prise en charge de l’appareillage,
- La création de laboratoire scientifique de recherche
sur les myopathies en Algérie comme cela existe dans
les autres pays.
Communication mise en ligne le 10 avril 2007 |