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Internes dans les hôpitaux
K.S.


Lorsqu’on parle d'internat dans le secteur hospitalier, c'est la dernière, l'ultime année, au cours d'un cursus de sept longues et pénibles années. La belle utopie, arriver tout frais, presque heureux en se disant courage, c'est ma dernière année, puis une gifle après l'autre, on se surprend à supplier pour enfin voir son internat se terminer.

Quels grands mots lorsque dans les amphithéâtre, on vous parle d'éthique, de déontologie et de médecine ! Si vous saviez quel beau métier ça aurait pu être... mais lorsque les pédagogues sont étouffés par la médiocrité des bureaux qui se trouvent juste au-dessus, la médecine n'a plus aucune valeur, alors un interne... au CHU de Tizi-Ouzou, et je pense partout ailleurs, qui est tout sauf un futur médecin, n'en a aucune.

Le fait est que même les internes ne savent pas trop ce qu'ils sont... ils le découvrent, un goût bien amer pour une première année de travail sans salaire. Pour ceux qui ne le savent pas encore, c'est le légionnaire, la toute première personne à vous demander la raison de votre venue dans un hôpital. Celui qui tout bêtement essaye tant bien que mal de trouver des solutions avec des moyens aussi défectueux qu'absents. A qui la faute ? un interne, c'est une sorte de serpillière toutes options des services ou des urgences : postier, agent, accompagnateur, sans statut, sans droits, et sans valeur, un peu dans le flou des insultes, des humiliations et des menaces, au premier plan pour se faire tabasser ou rabaisser à la guise de celui ou de ceux qui passent. Un souffre-douleur qu'on laisse dans le flou le plus total de ses devoirs et de ses droits celui qui est, dans le meilleur des cas, invisible. Pire que de travailler au noir, on travaille dans le noir, à la merci de l'administration, la bureaucratie et au mépris de ceux qui se croient plus importants qu'ils ne le sont. Le seul pourtant qui puisse être important dans un hôpital, c'est le patient, non ? Voilà qu'à notre dernière année, et une première dans une longue liste d'années noires en attente, on se noie entre magouille et piston, bien au-delà de l'idiotie, de l'incompétence et de l'ignorance de certains hauts placés qui prennent plaisir à écraser plus petit.

On se fait marcher dessus, il paraît que c'est comme ça que le monde du travail fonctionne : il faut être malhonnête et malfrat pour s'en sortir indemne, une tradition nationale. Evidemment, lorsqu'on est très haut placé dans la hiérarchie d'un hôpital, c'est autre chose, on ne se sent apparemment pas du tout concerné par les misérables petits vers de terre que nous autres lithiases des couloirs sommes, mendiant la moindre petite attention, ou information pouvant un jour servir à sauver une vie. Non, de si hauts responsables ne peuvent se sentir concernés par les ennuis du petit peuple, de la petite catégorie de personne, chair à canons, futurs harraga, ou nourriture de poisson non, eux ils ont un hôpital à gérer ! Et quelle gestion ?! Des perfectionnistes de l'immobilisme et du laisser-aller. Bref, l'internat, c'est de la torture mentale permanente, et une prise de conscience bien brutale face à la réalité du monde du travail. A force de servir de serpillière et de défouloir, j'en arrive à me demander quel métier aurait pu m'éloigner du mépris permanent et indécent de ces «supérieurs», et en ouvrant le journal, je réalise qu'à part joueur de foot, il n'y a rien. Que faire ? Peut-être rejoindre les milliers de travailleurs mécontents, et joindre ma voix à la leur. Chers camarades, travailleurs de Rouiba et d'ailleurs, sachez juste que vous n'êtes pas seuls, au-delà de l'industrie, le secteur de la santé et tout aussi pourri, et il est loin d'être le seul. Après tout, nous ne sommes pas moins de trente millions, et sans doute les seuls à pouvoir faire bouger les choses.

 

 

 
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