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Gestion des connaissances pour l'amélioration du système de santé
R. Bouriche, Docteur en sciences politiques

 

L'amélioration de la performance et des résultats du système de santé algérien peut être possible seulement grâce à une gestion efficace des connaissances en matière de santé.

En effet, cette gestion des connaissances est considérée actuellement dans le monde développé comme un facteur déterminant de la performance et de la compétitivité des organisations. Pour sa part, l'OMS la définit comme « un ensemble de principes, d'instruments et de pratiques qui permettent aux individus de créer des connaissances, et de mettre en commun, traduire et appliquer ce qu'ils savent pour créer de la valeur et gagner en efficacité ». Les nouveaux modes de gestion des connaissances, notamment ceux qui font appel aux technologies de l'information et de la communication, peuvent améliorer l'efficacité en permettant de mieux gérer le temps, d'offrir des services de meilleure qualité, de favoriser l'innovation et de réduire les coûts. Le sommet mondial sur la société de l'information souligne ainsi qu'une gestion efficace des connaissances et de l'information contribue sensiblement à la réalisation des objectifs du millénaire pour le développement, ainsi qu'à celle d'autres objectifs de développement fixés au niveau international, notamment ceux relatifs à la santé. La gestion des connaissances dans le domaine de la santé comporte des éléments tels que la recherche en santé, l'amélioration des services sanitaires, la formation médicale, les analyses de situation sanitaire, le suivi et l'évaluation des programmes, l'élaboration de stratégies, de normes, de standards et de lignes directrices, les publications, les centres de documentation et les séminaires... Les organisations internationales considèrent en outre que la révolution que connaissent actuellement les TIC peut permettre de lancer une culture de la gestion des connaissances et de réduire la fracture numérique, afin de renforcer les systèmes de santé, de moderniser les outils de soins, d'améliorer les résultats sanitaires et d'instaurer l'équité en matière de santé. L'Algérie aurait donc grand intérêt à faire de la gestion des connaissances un élément prioritaire de ses politiques. Toutefois, il faut dire qu'il existe des obstacles importants à l'accès aux connaissances et à leur utilisation : niveau de la culture de la gestion des connaissances insuffisant, compétences et structures limitées en matière de technologies de l'information et de la communication... Des progrès importants s'imposent donc dans ce domaine. En effet, la gestion des connaissances doit considérer d'une part le savoir formel et explicite, découlant de la recherche en santé, et d'autre part le savoir tacite, c'est-à-dire celui présent dans l'esprit des gens et relatif aux expériences individuelles et collectives.

Comme évoqué plus haut, les progrès technologiques dans le domaine des communications (courrier électronique, bases de données électroniques, sites Web, moteurs de recherche, visioconférence, bibliothèques virtuelles...) fournissent de nouveaux moyens de gestion des connaissances. Cependant, les inégalités entre les acteurs de la révolution électronique des communications numériques et ceux qui n'ont pas accès aux bienfaits de ces nouvelles technologies, constituent un obstacle majeur à l'emploi efficace des solutions offertes par les TIC dans la gestion des connaissances.

En Algérie, et d'ailleurs, dans les pays en développement en général, les responsables politiques, les praticiens de la santé et les communautés manquent souvent des connaissances et de l'information voulues, quand et là où ils en ont véritablement besoin. L'absence de politiques, normes, standards et stratégies officiels, les styles de direction et de gestion qui entravent l'apprentissage ou la mise en commun et l'application des connaissances, les faiblesses des infrastructures de TIC et la fracture numérique qui en résulte, ainsi que l'insuffisance des moyens humains sont autant d'obstacles au développement de la gestion des connaissances en général.

Pourtant, il est important d'avoir pour objectifs l'amélioration de l'accès aux connaissances et aux informations intéressant la santé ainsi que leur mise en commun, la maximisation des connaissances tacites et explicites grâce à une mise en commun et une application efficaces, et la promotion de la cybersanté en tant que puissant moyen de renforcement des systèmes de santé et d'amélioration de la fourniture des services de santé, notamment de la qualité des soins. Pour ce faire, les responsables politiques doivent promouvoir la gestion des connaissances pour la santé et élaborer des politiques et des plans visant à appuyer les efforts nationaux de renforcement des capacités de développement des ressources humaines, et de promotion de l'équité dans la prestation des services de santé. La définition de normes et de standards est une étape nécessaire qui pourra s'inspirer des meilleures pratiques internationales et être adaptée au contexte national. Les politiques devront aussi viser à mettre en oeuvre la formation et l'éducation permanente, la motivation du personnel, les mécanismes institutionnels et l'utilisation efficace des infrastructures de TIC.

Le pays devrait aussi s'employer activement à conclure des partenariats et à mobiliser des ressources pour la mise en oeuvre, le suivi et l'évaluation des programmes de gestion des connaissances et de TIC, en étroite collaboration avec toutes les parties prenantes, en particulier les institutions de recherche et de formation. Tous ces partenaires sont invités à soutenir énergiquement le pays dans l'effort en faveur de la gestion des connaissances pour la santé et à contribuer activement à un effort efficace de coordination et d'édification d'un consensus, tout en affectant les moyens financiers voulus pour soutenir la gestion des connaissances pour la santé.
L'on peut finalement dire que la gestion des connaissances a une importance cruciale et peut constituer une opportunité pour l'amélioration du système de santé algérien. Notre pays doit prendre ceci en considération et être encouragé à tirer pleinement partie des révolutions que connaissent actuellement la gestion des connaissances et les technologies de l'information et de la communication dans le domaine sanitaire. Ces révolutions constituent en effet d'extraordinaires occasions de faire progresser le développement sanitaire, ce qui mérite de figurer dans les priorités de tout pays en développement. Force est de conclure que la priorité dans le domaine de la santé réside dans l'amélioration de la performance du système qui doit répondre aux critères d'efficacité et d'efficience. Il s'agit de dire que la priorité est de mettre aussi en place un système d'informations sur l'utilisation des ressources financières, sur les besoins de santé et sur la recherche constante du meilleur rapport coût/avantage/performance dans les services de santé.

R. Bouriche,  Docteur en sciences politiques - 18 janvier 2008

 
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