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La Première Guerre mondiale déclarée,
les musulmans d’Algérie
fournissent 173 000 soldats et 119 000 travailleurs réquisitionnés
pour remplacer la main-d’oeuvre métropolitaine mobilisée.
Après cette grande guerre qui a creusé de larges trous dans les
effectifs d'étudiants et de professeurs, les algériens autochtones,
conscients des injustices et misères qu’ils subissaient, eurent
le désir
d’apprendre dans les écoles françaises. Effectivement on
commence à retrouver les premiers étudiants musulmans à la
faculté de médecine d’Alger, mais en très petit nombre
(1919-1920 : 15 musulmans pour 344 européens ; 1920-1921 :
10 musulmans pour 310 européens) et depuis la fondation des écoles
supérieures d’Alger (1879) et jusqu’au début
de la première guerre mondiale, on ne dénombre que cinq (05)
diplômés musulmans sortis de la faculté de médecine
d’Alger (deux doctorat en médecine, deux diplômes de
sage-femme de 1ère classe et un diplôme de sage-femme de 2ème
classe, auxquels il faut ajouter 12 officiers de santé, titre qui
sera supprimé en 1893).
Ce chiffre extrêmement faible était
en rapport d’une part avec la suppression du titre d’officier de
santé, la durée des études médicales, assez longue
et la nécessité jusqu’en 1909 d’un séjour dans
une faculté en France pour terminer ses études mais également
et surtout en rapport avec la volonté des autorités françaises
qui voulaient former des « élites intermédiaires » ne
devant s’occuper que de la population musulmane. D’ailleurs avant
l’érection de l’université d’Alger en 1909, les étudiants
musulmans pouvaient s’inscrire aux quatre écoles supérieurs
sans le baccalauréat, limitant ainsi le choix des débouchés
professionnels aux seules qualités d’officier de santé et
sage-femme (l’école de sages-femmes quittera la faculté de
médecine et passera à la santé publique au cours de l’année
1943-1944). Le plus grand nombre d’étudiants musulmans se retrouvait
dans les écoles supérieures de lettres et de droit.
Cependant les études
médicales vont prendre de plus en plus d’importance auprès
des étudiants musulmans (Hamza Klioua le futur chef de
service de rhumatologie s’inscrit en 1939 à la faculté de
médecine d’Alger ; Lakhdar Abdeslam Benbadis s’inscrit
en 1941 avant de rejoindre Paris en 1945 pour terminer ses études et faire
une spécialité en ophtalmologie ; Tedjini Haddam s’inscrit
en 1943 avant de rejoindre, en 1947, l’hôpital franco musulman
de Bobigny) et à partir de la 2ème guerre mondiale c’est
la faculté de médecine qui possède l’effectif estudiantin
le plus important et qui verra les premières étudiantes musulmanes,
d’abord Aldjia Inoureddine reçue au concours de
l'internat des hôpitaux d'Alger en novembre 1942 et élue peu après
présidente de l’association des internes et anciens internes des
hôpitaux d’Alger puis dans les années 50 une dizaine d’autres
parmi lesquelles Meriem Belloucif (madame Larbaoui), Nefissa
Hamoud (madame le professeur Laliam) puis Marie Moatti et
Janine Belkhodja (futures professeurs de gynéco-obstétrique),
Louisa Ait Khaled (madame Issad), Baya Roumane, Rose Ait Kaci (madame Ait Ouyahia),
Sadia Benhabyles, Suzanne Larribère (madame
le professeur Benabdellah) et en pharmacie Malika Mefti (madame Khène).
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Pr. Klioua |
Dr. Benbadis |
Pr. Benallegue |
En 1922, une quarantaine de professeurs, médecins et chirurgiens de
la Faculté et des Hôpitaux fondent une revue médicale : le
Journal de Médecine et de Chirurgie de l'Afrique du Nord qui
deviendra Algérie Médicale en 1927. A cette époque également,
les professeurs Ardin-Delteil, Cochez, Lombard, Witas, Duboucher et Derrieu fondent
la Société Médicale d'Alger.
Après le professeur Curtillet, les autres doyens qui
se succèderont à la
tête de la faculté sont : Herail (1922-1927)
; Ardin
Delteil (1927-1929), Leblanc (1929-1939), Gillot (1940), Lebon (1941-1943), Musso (1943-1945),
Laffont (1945-1949) et enfin le professeur chef de service de Pédiatrie
de l’hôpital Mustapha Sarrouy (1949-juin 1962).
En 1930, le nombre de chaires s'élevait à vingt
; en 1956-1957 à trente-deux
et, cette année, trois chaires magistrales nouvelles ont été créées
: anatomie chirurgicale, pharmacie galénique et odontostomatologie. Outre
les professeurs, on comptait à la faculté : 14 chefs de travaux
; 30 assistants ; 20 chefs de clinique ; 17 chefs de laboratoire ; 32 préparateurs
de cours et moniteurs ; 4 aides d'anatomie ; 2 prosecteurs d'anatomie.
Le nombre d’étudiants à la rentrée de 1929-1930 était
de 549 : 303 étudiants en médecine, 222 étudiants en
pharmacie, 24 sages-femmes.
Des instituts sont créés et prendrons rapidement de l’ampleur
:
- Institut d'hygiène et de médecine d'Outre-Mer (professeur Lacroix) ;
- Institut de psychotechnique et de biométrie (professeur Malmejac) ;
- Institut du trachome et d'ophtalmologie tropicale (professeur Larmande) ;
- Institut d'éducation physique (professeur Chardon) ;
- Institut d'odontostomatologie (professeur Péri).
Dans les années 30, Les grands maîtres de la
faculté sont
les Professeurs Costantini en chirurgie (qui organisa en 1951 à Alger
le premier Congrès Mondial du Kyste Hydatique qui connaîtra un grand
retentissement international), Robert Courrier en histologie
embryologie, Emile Leblanc (l’actuel amphi. Belhocine,
situé à l’intérieur du laboratoire d’anatomie,
porta pendant des décennies le nom d’amphi Leblanc) et René Marcel
de Ribet (1894-1967) grande figure de l’Anatomie. Son œuvre,
comme le rappelait son successeur le professeur Slimane Chitour peut se diviser
en quatre étapes : sa thèse consacrée au périnée
;
la fameuse polémique où il niait l'existence du trou de Magendie
(1952-1954) ; l’important travail sur l'anatomie et la vascularisation
du thymus et enfin l’important traité schématique sur le
système nerveux connu mondialement. Il développera par ailleurs
l'anatomie comparée et la médecine opératoire.
Sur le plan du contexte mondial, le peuple algérien
assiste le 8 novembre 1942 au débarquement anglo-américain à Alger
qui devient capitale de la France en guerre. Alger verra un afflux d'étudiants
métropolitains
chassés par la guerre vers les facs d’Alger et après ce débarquement,
c’est à partir d’Alger que les troupes alliées et du
corps expéditionnaire d’Italie, sont approvisionnées en médicaments
après la mise au point de nouveaux procédés de fabrication
grâce au contact avec les américains. Et comme lors de la première
guerre mondiale, plus de 132 000 algériens autochtones vont combattre
dans ces armées alliées et 13 500 vont périr.
Après la mise aux arrêts de Messali El Hadj le 19 avril 1945
puis son transfert à Brazzaville, des manifestations ont lieu le 1er mai à Alger
puis s’étendent à toutes les villes du pays et en particulier à partir
du 8 novembre (jour de l’armistice) à Sétif et Guelma. La
répression qui s’en suivi fera 45.000 morts et des centaines de
blessés. A cette époque déjà les étudiants
en médecine maghrébins étaient concernés par la
lutte pour la liberté.
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Aldjia Inoureddine, alors présidente
de l’association
des internes d’Alger, en collaboration avec les
autres étudiants maghrébins poursuivant leurs études à la
faculté de médecine d’Alger, décidèrent d’envoyer
deux ambulances pour porter secours aux blessés.
Les "Facultés" étaient alors au centre d'une ville,
qui avait véritablement explosé et qui comptait 800000 habitants.
On a même creusé un tunnel, le "Trou des Facs" pour relier
la rue Berthezène (actuelle rue Docteur Saâdane) au boulevard St
Saens (actuel Boulevard Mohamed V). Parmi les réalisations de la faculté de
médecine d’Alger, on peut citer en particulier la généralisation
de l’anesthésie en circuit fermé à une époque
où en France on utilisait encore le masque Nombrédane.
L'invention
de la voie d'injection sous-clavière (Aubaniac), le remarquable
développement de la chirurgie thoracique lié à la généralisation
de l'anesthésie par intubation (Costantini, Liaras et
son élève Houel). L’invention du Scialytique
par Vérain, professeur de physique, scialytique qui fut
installé pour la première fois à la clinique chirurgicale
universitaire. Benhamou développera la transfusion sanguine,
et mettra en place l'un des premiers centres de dessiccation du plasma permettant
de fournir les armées alliées en 1942-1944. La présence
même des Américains allait ouvrir cette faculté, avant celle
d'Europe, aux nouvelles tendances de la chirurgie. Le centre de cette activité clinique était
le grand hôpital de Mustapha, auquel se surajoutaient d'autres hôpitaux
universitaires entourant Alger : l’hôpital neurologique Barbier Hugo
(actuel EHS Ait Idir), l’hôpital des maladies infectieuses El Kettar,
l’hôpital pneumologique Birtraria et l’hôpital Parnet.
En 1958 deux nouvelles facultés de médecine étaient créées, à Oran
et à Constantine.
Dans les années 50-60, les grands noms de la faculté ont
pour nom : Goinard qui dirigeait alors le service de chirurgie
Bichat, René Bourgeon pionnier des nouvelles techniques
chirurgicales comme l'anastomose porto-cave, et un des premiers chirurgiens dans
le monde à réaliser une hépatectomie réglée
qui dirigea le pavillon Lisfranc à l’hôpital Mustapha ainsi
que la Chaire d'Anatomie et de Chirurgie Expérimentale à la faculté ;
Le Professeur Félix Lagrot, élève de Henri Duboucher et
inventeur du rasoir qui porte son nom qui gérera un service de chirurgie
infantile à l’hôpital Parnet, de 1956 à 1958 avant
de prendre la chaire de chirurgie infantile et créera la chirurgie plastique
et la chirurgie des brûlés en Algérie bien avant qu’elle
ne se développe en France. C’est ce chirurgien qui utilisera pour
la première fois la pénicilline en France en 1944 après
le débarquement des alliés en Normandie.
Durant l’année 1947-1948 la faculté de
médecine a
rassemblé 1584 étudiants (92 musulmans) sur un total de 4500 (263
musulmans) pour toute l’université d’Alger. Selon le sexe,
on trouve 423 étudiantes pour 1161 étudiants. A la rentrée
de 1957-1958 on comptait 976 étudiants : 639 étudiants en médecine,
91 étudiants en chirurgie dentaire, 246 étudiants en pharmacie.
En 1950 la Faculté de Médecine et de Pharmacie d’Alger
va se renforcer par la création l'Institut d'Odontostomatologie (arrêté du
27 juillet 1950). L'enseignement était réalisé par des
chirurgiens dentistes à mi-temps et des prothésistes. Les matières
fondamentales et médicales étant enseignées par la faculté de
médecine. Cet institut formait des chirurgiens dentistes à orientation
vers le secteur privé. La durée de l'enseignement était
de 5 ans.
En 1956 a été créée la bibliothèque de
la faculté mixte de médecine et de pharmacie d'Alger (actuelle
bibliothèque de l’internat, plus connue sous les initiales de BI
par opposition à son aînée la BU).
En 1959, la faculté de médecine d’Alger comptait trente-cinq
chaires :
- la Chaire d'Anatomie créée
par décret du 4 août 1857, porta le nom de Chaire d'Anatomie et
Physiologie puis celui d'Anatomie (décret du 5 juin 1880) elle aura à sa
tête les professeurs Trolard, Weber, Leblanc, De
Ribet et à l’indépendance le professeur Slimane Chitour ;
- la Chaire d'Anatomie Médicochirurgicale et
Technique Chirurgicale est créée en 1957. Elle aura à sa
tête le professeur Bourgeon.
- la Chaire d'Hygiène et Clinique des Maladies
des Pays Chauds dirigée successivement par Chassevant, Benhamou,
Giberton puis Lacroix ;
- La Chaire de Médecine Légale et Médecine
du Travail :
qui sera dédoublée (décret du 1er novembre 1919) en une
chaire de Médecine Légale et une chaire de Médecine du travail,
dirigée par Giraud, Simonin, Thiquet puis Michaud ;
- La Chaire de Clinique Médicale,
instituée par décret du 4 août 1857 et dirigée successivement
par Cochez, Ardin, Delteil, Aubry puis Lebon ;
- La Chaire de Clinique de Thérapeutique Médicale :
créée par décret du 13 février 1939 par transformation
de la chaire de Thérapeutique, dirigée par Lebon puis
Raynaud ;
- La Chaire de Clinique Médicale et Hygiène
Infantile : par transformation successives de la chaire d'Accouchements,
des Maladies de la Femmes et des Enfants (décret du 4 août 1857)
en chaire de Clinique des Maladies des Enfants (décret du 4 janvier 1910) et
enfin Chaire de Clinique Médicale et Hygiène Infantile (décret
du 13 août 1930). Elle sera dirigée successivement par Curtillet,
Crespin, Gillot et Sarrouy.
- La Chaire de Clinique des Maladies Infectieuses,
créée par décret du 4 avril 1942 dirigée par Benhamou,
Thiodet ;
- La Chaire de Clinique Phtisiologique créée
par décret du 3 février 1950, dirigée par Levi Valensi ;
- La Chaire de Clinique de Dermato-Syphiligraphie,
précédemment
chaire de Clinique des Maladies des Pays Chauds et des Maladies Syphilitiques
et Cutanées (décret du 4 janvier 1910)
dirigée par Gemy, Brault, Raynaud, Maurice et enfin Hadida.
- La Chaire de Clinique de Neuro-Psychiatrie,
précédemment chaire de Pathologie Générale et Médicale
puis chaire de Pathologie Générale et Clinique de Psychiatrie (décret
du 9 janvier 1934) puis chaire de Clinique Psychiatrique (décret du 11
janvier 1936) et enfin Chaire de Clinique de Neuro-Psychiatrie (décret
du 30 avril 1948) dirigée par Porot, Manceaux puis Sutter.
- La Chaire d'Accouchements et Obstétricie
Sociale (décret du 23 octobre 1950) dirigée par Houel puis Jahier.
- La Chaire de Clinique Chirurgicale (décret
du 4 janvier 1910), héritière de la chaire de Clinique Externe
(Le décret du 4 août 1857) dirigée par Vincent, Costantini,
Duboucher, Vergoz.
- La Chaire de Clinique Chirurgicale Infantile et
Orthopédie (décret du 31 juillet 1910) dirigée
par J. Curtillet, Lombard, E. Curtillet puis Lagrot.
- La Chaire de Clinique Thérapeutique Chirurgicale
et Chirurgie Expérimentale, précédemment chaire
de Thérapeutique Chirurgicale créée par décret du
3 février 1950 et dirigée par Goinard et à l’indépendance
par El Okbi
- La Chaire de Clinique d'Urologie : créée
par transformation de la chaire de Clinique de Gynécologie (mai 1945)
dirigée par Sabadini puis Zmirli
- La Chaire de Clinique Ophtalmogique et d'Ophtalmologie
Intertropicale, dirigée par Bruch, Cange, Toulan,
puis Larmande et Aouchiche
- La Chaire de Clinique d’Oto-Rhino-Laryngologie, créée
par arrêté ministériel du 14 juin 1946 et dirigée
par Aboulker, Lemaitre, Canuyt, Giraud.
- La Chaire de Clinique Obstétricale et Gynécologique,
transformation de la chaire d'Accouchements de Maladies des Femmes et des Enfants
(décret du 4 août 1857) dirigée par Trollier, Merz, Goinard,
Rouvier, Laffont, Houel
- La Chaire de Clinique Stomatologique créée
par décret du 16 juillet 1957 et dirigée par Peri.
- La Chaire de Pathologie Générale et
Médicale, créée par décret du 28 juin 1948
dirigée par Boulard
- La Chaire de Pathologie Générale Chirurgicale créée
par arrêté ministériel du 17 mars 1949 dirigée par
Duboucher, Vergoz, Liaras.
- la Chaire d'Histologie et Embryologie dirigée
par Bouin, Argaud, Weber, Courrier, Benoit et Kehl ;
- La Chaire d'Anatomie Pathologique et d'Oncologie
Humaine et Comparée dirigée par Poujol, Montpellier puis
Laffargue ;
- La Chaire de Physiologie créée
par décret du 5 juin 1880, dirigée par Rey, Tournade, Malmejac
puis Chardon
- La Chaire de Physique Médicale :
créée par décret du 31 juillet 1889, dirigée successivement
par Guillemin, Dufour, Strohl, Portes et Chechan
- la Chaire de Bactériologie dirigée
successivement par Soulié, Pinoy, Laigret, Trabut et Roques ;
- La Chaire de Matière Médicale qui
portait tout d'abord le titre de chaire d'Histoire Naturelle Médicale
et Matière Médicale (4 août 1857) puis chaire de Botanique
et Matière Médicale (décret du 17 mai 1928) et enfin
chaire de Matière Médicale dirigée par Battandier,
Herail, Senevet puis Fourment ;
- la Chaire de Botanique dirigée par
Trabut puis Roques ;
- la Chaire de Chimie Biologique et Médicale dirigée
par Malosse, Sambuc, Maillard, Giberton, Grangaud (père
de l’actuel professeur de pédiatrie J.P. Grangaud) ;
- la Chaire de Chimie Générale Pharmaceutique dirigée
par Guillemard, Wunschendorff, Grangaud, Collet ;
- la Chaire d'Hydrologie et Climatologie créée
par décret du 20 décembre1952 et dirigée par Giberton ;
- La Chaire de Parasitologie et Zoologie Médicale créée
par décret du 25 février 1930, dirigée par Pinoy, Senevet
puis Mandoul ;
- La Chaire de Pharmacie Chimique et Toxicologique,
transformation de la chaire de Chimie et Pharmacie (décret du 4 août
1857) dirigée par Battandier, Musso, Monet, et Sabon ;
- La Chaire de Pharmacie Galénique créée
en 1957 dirigée par Stanislas ;
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