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Point de vue

Pas de problèmes Islamiques
en Anatomie, en Embryologie et en Génétique

Pr. Mohamed ABOULOLA
Professeur à la Faculté de médecine d’Alger
19 décembre 2005

 

Islam : problèmes en Anatomie, en Embryologie et en Génétique

Tel est le titre d’un document très agressif contre le texte coranique. J’ai tenté un contact par E-mail pour avoir le nom de l’auteur et lui répondre directement mais ce fut une vaine tentative.

Voici donc ma réponse :

Paragraphe 4 : le lieu de production du sperme : L’erreur de l’auteur est de confondre deux termes : « solb » et « zuhur ». Ce dernier mot peut aussi bien désigner le dos ou être le substantif du verbe « zahara » qui veut dire : émerger, apparaître. D’ailleurs le verset ne concerne absolument pas la force procréatrice. Il suffit de le lire en entier. Assez paradoxalement l’auteur reconnaît que le verset (qu’il va critiquer) n’a pas pour but de discuter d’anatomie. Ce verset a en effet une très longue portée qu’il n’y a pas lieu de développer ici. Il n’est question ni de force procréatrice ni de lieu de production du sperme.
Il est heureux de constater que des expressions équivalentes se trouvent dans le Cor’an et aussi dans la Thora et aussi dans l’Evangile. La révélation faite à Mohammed n’est-elle pas la confirmation des textes révélés à Moise et à Jésus ? (Que la bénédiction de Dieu soit sur eux tous)

Tout au long de son texte, l’auteur s’appuie sur des traductions qui confirment l’adage : »toute traduction est une trahison ». Le Cor’an n’est pas un livre scientifique, mais les scientifiques savent mieux le lire et le comprendre.

Les embryologistes savent bien que les spermatozoïdes sont livrés par une éjaculation. De même l’ovocyte est éjaculé dans un peu de liquide après rupture de son follicule. Ils savent aussi que tout le long de l’axe hypothalamo-hypophyso- gonadique, les sécrétions hormonales de la régulation sexuelle se font par pulsions. Cet axe passe bien entre « solb » la colonne et « taraib » en précisant que « taraib » désigne la région où la femme porte son collier.

Paragraphe 5 : Alaqa :Les premiers exégètes l’ont traduit par caillot, faute de connaissances scientifiques.
Bien des siècles après, on pensait discerner dans le spermatozoïde un être humain replié en miniature qu’on appela « homonculus »
Ah si seulement l’auteur avait pris la peine de lire les premiers versets révélés à Mohammed, il aurait compris qu’il n’y est nullement question de lire le code génétique. Alaqa veut dire sangsue et là aussi un embryologiste averti peut saisir le sens de la comparaison.N’oublions pas que Dieu s’adresse à l’homme par des métaphores, des allégories : « Voilà les semblances dont Nous usons à l’intention des hommes. Mais il n’est que ceux qui savent pour en tenir raison »

Le blastocyste qui cherche sa nidation ne rappelle t’il pas la sangsue qui s’accroche pour se nourrir ? Le syncytiotrophoblaste pénètre la muqueuse utérine et s’enfonce dans les capillaires maternels. La paroi musculo élastique des artères est détruite, leur moindre résistance assure ainsi un débit adapté à la grossesse.Quand à la sangsue elle s’accroche enfonce ses crochets et secrète des enzymes qui rendent le sang incoagulable.

Où est l’ovule ? Dites vous. Il est là où vous n’avez pas su lire. Il fait partie de la « notfa amchaj »
« notfa »= liquide en petite quantité et pur
« amchaj » =mélangé
Il s'agit du mélange spermatozoïde- ovule

Si l’auteur voulait en savoir un peu plus sur la « chair machée », il n’a qu’a ouvrir l’ouvrage de Moore and Persaud : The developping human, 5th ed. page 79.

S’il avait mis sa bibliographie à jour, il aurait mieux compris ce verset : « Regarde les ossements comme Nous les ressuscitons et les revêtons de chair.. »
La position des muscles n’est pas inscrite de façon spécifique dans leur patrimoine génétique. Elle se construit en s’adaptant au contexte. Les fibres musculaires son formées de cellules : les myocytes. Nous savons depuis peu que leur configuration spatiale dépend d’une information qui se trouve dans les tendons qui les fixent sur l’os et non dans les myocytes, qui semblent à cet égard jouer un rôle bien passif (E .R. Kandell, J.H. Swartz, T.M. Jessel : Principles of Neural Science, 4th Ed. New York, Mc Graww Hill 2000.

N’en déplaise à notre auteur, le verset 14 de la sourate 23 : « Et revêtîmes l’ossature de chair » se vérifie parfaitement par l’embryologie. Certaines cellules des somites se multiplient et s’organisent mais n’ont pas de position prédéterminée. Elles s’auto organisent en suivant l’architecture générale du squelette. Conséquence : un embryon à six doigts aura une musculature qui fonctionne normalement. Si on retourne l’extrémité d’un bourgeon de membre, la face devenant les dos, les tendons ventraux et dorsaux viendront se fixer sur les nouveaux muscles de leur environnement et non sur ceux auxquels ils se connectent habituellement.

Paragraphe 7 : la durée de la gestation :
Certes une grossesse normale dure 9 mois mais à 6 mois un fœtus est viable mais n’a pas encore atteint sa pleine maturité. Les phénomènes de croissance et de maturation peuvent avoir lieu en dehors de l’utérus si la femme accouche prématurément
L’importance juridique de cette limite semble avoir totalement échappé à notre auteur.

Paragraphe 8 : Caractères hérités et caractères acquis
Génétique et nourrices : « Autrefois, dit l’auteur, dans de nombreuses cultures on croyait que ce que la mère voyait ou faisait pouvait avoir une incidence sur l’enfant qu’elle portait….Si une femme enceinte apercevait un lapin, son enfant naîtrait avec la lèvre supérieure fendue »
Cela est vrai, mais où a –t-il lu que le Cor’an se fait l’écho d’une telle conception ?
Le verset 23 de la sourate 4 cité par l’auteur se rapporte à des interdits en matière de mariage et n’a aucun rapport avec la génétique.
Ce verset nous précise que nos mères nourrices, que nos sœurs par l’allaitement nous sont interdites en mariage. Ceci n’a rien d’étonnant pour les scientifiques sérieux.
Ceux-ci savent que la première fonction affective de la tétée est d’assurer un contact fréquent et intime entre le corps de l’enfant et celui de sa mère ou de sa nourrice. Il y a un don charnel, proximal entier. La nourrice ne donne pas que son lait ; elle donne aussi son bras, son regard. Le bébé aime ce contact peau à peau. Il aime se pelotonner, se blottir contre celle qui le nourrit
Il y a ainsi une fibre maternelle semblable à la fibre utérine. A partir de cette maternité nourricière découlent toutes les autres filiations y compris la fraternité par le lait. C’est cette relation intime entre le bébé et sa nourrice avec son impact psychologique et même physique qui est en cause et non une implication de gènes comme notre auteur veut l’insinuer. Prendre le lait féminin sous une autre forme que la tétée au sein n’entraîne en effet aucune interdiction. Autrement les banques de lait seraient interdites en Islam.

« Ainsi donc le récit biblique qui date de 1700 ans avant J.C est en parfaite harmonie avec nos connaissances en matière de génétique…. »
Avec cette phrase notre auteur conclue son chapitre : génétique et chèvres tachetées. Conclusion qui a mon entière adhésion puisque le récit biblique et le récit coranique sont tous deux de source divine.

Chapitre 9 : autres problèmes

Le verset 66 de la sourate 16 soulève l’ironie de l’auteur. Mais celui-ci semble tout ignorer du métabolisme protéique de la vache laitière. Les acides aminés nécessaires à la glande mammaire pour la fabrication du lait proviennent des acides aminés apportés par le sang et des acides aminés synthétises à partir de l’azote non protéique (ANP). L’urée qui est totalement excrétée chez les animaux non ruminants, est partiellement recyclée chez les ruminants pour fournir l’ANP. Et voilà le lait entre sang et excrétions comme le décrit le verset coranique.
Le verset relatif aux abeilles est très clair :
Nul n’ignore que le pollen récolté par l’abeille est transformé dans le jabot de celle-ci en miel dont les vertus thérapeutiques sont universellement reconnues.
Le verset qui ennuie notre auteur ne dit pas autre chose.

Le verset 38 de la sourate 6 déplait à notre auteur.
Il y est question de « sociétés animales ».
Remarquons cette grossière erreur intentionnelle de traduction : employer le mot volaille au lieu de oiseau pour « taer » car il s’agit d’oiseaux en vol dans le verset
Notre auteur ne sait-il pas que l’auto organisation et le comportement collectif dans les sociétés animales ont fait l’objet d’études et de recherches par les biologistes et les théoriciens du comportement ?
Je lui conseille de lire Jacques Goldberg : les sociétés animales ; Delachaux et Nestlé 1998.


Voici encore une donnée coranique qui n’est pas du goût de notre auteur : il s’agit du verset 45/46 de la sourate 25 :
Là aussi une erreur intentionnelle de traduction altère le sens du verset. C’est bien le soleil qui guide l’ombre comme nous le constatons quotidiennement. Et le verset le rappelle.Mais Dieu, maître de l’univers nous informe qu’Il peut détourner de leur finalité les lois naturelles placées une fois pour toutes dans la globalité du cosmos. Qui oserait dire le contraire ?

Chapitre 10 : Musulmans au cercle polaire et Musulmans astronautes :

Je voudrais répondre globalement à tout ce paragraphe par ces deux versets en ce qui concerne les astronautes :
Sourate 2 verset 115 : « A Dieu l’orient et l’occident. De quelque coté que vous vous tourniez, là est la face de Dieu »
Sourate 3 verset 191 : « Rappeler Dieu assis, debout, sur le coté…. »
Voyez-vous, cher auteur, Dieu nous a facilité la tache mais vous ne l’avez pas remarqué. Quand au jeune mensuel dans les régions polaires, les musulmans savent que : « Dieu n’exige de vous que l’aisé, Il n’exige pas de vous le malaisé » verset 185 sourate 2
Ils ont le choix entre 3 solutions au moins, car : « Il (Dieu) ne met aucune gène pour vous dans la religion » sourate 22 verset 78

Conclusion

J’espère avoir réconcilié notre auteur avec le texte coranique pour lui permettre d’amorcer un dialogue plus serein

Pr. Mohamed ABOULOLA
Professeur à la Faculté de médecine d’Alger
19 décembre 2005

 

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