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La commémoration du 20 Août
1955, journée nationale du moudjahid, m’offre l’occasion
de rendre hommage à des moudjahidine d’un autre genre.
Il s’agit des professeurs, Lyès Adam Zerhouni dont
la notoriété médicale mondiale n’est
plus à faire, ainsi qu’à madame Boulahbal dont
les travaux sur la tuberculose lui ont valu la distinction de l’Organisation
Mondiale de la Santé (O.M.S).
Ce n’est certainement pas le fait du hasard si maintenant
les enfants de cette Algérie meurtrie portent haut et fort
son nom dans des forums, où il n’y a pas si longtemps
son évocation renvoyait aux images sanglantes d’un
pays dans la tourmente. Le Flash back temporel me renvoie aux années
soixante. Ce haut lieu qu’était l’Institut national
de la Santé publique, installé dans l’ancien
siège de la Croix-Rouge française, actuel ministère
de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière,
a abrité les premières «troupes» devant
mener, la bataille contre les maladies prédominantes, souvent
meurtrières, résultant de la précarité
sociale. Pour le commun des Algériens, l’espérance
de vie tournait autour de 57 ans. Des hommes et des femmes aux mains
nues ont entrepris une belle oeuvre, celle de restaurer et de promouvoir
l’état de santé de leurs concitoyens.
Ma première pensée va au défunt docteur Guessabi,
lui médecin de ville à Souk Ahras, dit-on, a fermé
définitivement son cabinet, pour se consacrer à la
lutte contre le paludisme. Le service installé dans des chalets
qui n’existent plus actuellement devint le PC de l’âpre
bataille contre cet ennemi insaisissable qu’est l’anophèle,
moustique vecteur de la maladie. Il faut se rappeler alors, que
le sous encadrement aussi bien médical que technique, faisait
partie des pathologies prévalentes. Le pays sorti d’une
longue guerre, était exsangue et désargenté.
Le docteur Guessabi entouré de quelques techniciens, relayés
sur le terrain par des agents sanitaires formés pour les
besoins de la cause, lance la phase d’attaque. Cette phase
consistait à dresser la carte entomologique du pays (repérage
des gîtes) et à faire procéder par les communes
à l’aspersion intra domiciliaire d’un insecticide
à effet rémanent (D.D.T à 75%).
Il est aisé d’imaginer de la tâche et les distances
qu’il fallait parcourir par véhicule, à dos
de mulet, souvent à pied et par tous les temps, d’Est
en Ouest et du Nord au Sud. Les techniciens avec lesquels j’ai
eu l’honneur de travailler, le défunt Bouzidi de Annaba,
Meftahi de Gouraya, Boudjillali de Mouzaïa, Fodhil de Médéa,
Hannou d’Alger, A. Brahimi de Bou-Saâda, et S. Lebal
de Biskra. Ce dernier fut mon collaborateur à Biskra entre
1984 et 1989. Pour placer le lecteur dans le contexte d’alors,
le paludisme représentait la première maladie que
le jeune Etat devait combattre, compte tenu de son caractère
morbide et généralisé.
Sadek Lebal évoqué plus haut, entomologiste chevronné,
me racontait qu’au niveau d’une ville du Sud, lors de
prospection, il arrivait souvent que sur 100 prélèvements
sanguins pratiqués sur des personnes «tout venant»,
80 étaient positifs. C’est dire l’état
d’infestation de la population par le parasite. A la disparition
du docteur Guessabi, le docteur Belazoug prit le relais, il est
expert international à l’heure actuelle. L’Algérie
devait obtenir son certificat d’éradication en 1985,
la France ne l’aurait obtenu qu’en 1968. Malheureusement,
le jeune Etat n’avait pas que des amis... La consolidation
de cette opération exigeait la surveillance de la maladie,
par goutte épaisse sur lame de verre. La rupture de stock
de celle-ci faillit remettre tout en cause. Celle-ci, n’était
pas «disponible pour nous», ni à l’Est
socialiste, ni à l’Ouest capitaliste. Le génie
national nous fit réutiliser les lames jusqu’à
5 fois, en les décolorant par lessivage. L’O.M.S, recommandait
la goutte épaisse, pour 10% de la population, tout au long
de la durée du programme de consolidation qui a duré
plus d’une décennie. Le fait est que le paludisme a
reculé pour ne pas dire disparu, avec cependant quelques
foyers résiduels soumis à la veille sanitaire.
La lutte contre la tuberculose eût, elle aussi, ses heures
de gloire. Les défunts Pr. Oussedik, Lazib, Zirout et les
Pr. Chaulet, Ait Khaled, Larbaoui, Mokhtari, Aït Mesbah et
j’en oublie, ont constitué le rempart sur lequel s’est
brisée cette maladie du sous-développement. Touchant
tous les âges, elle reçut le premier coup de boutoir
par le lancement de la campagne nationale de vaccination indiscriminée
de 1968/69. Le décret présidentiel 96/69 rendait la
vaccination et le traitement obligatoires et gratuits, expression
d’une volonté politique clairement affichée.
Le programme de lutte anti-tuberculeuse est lancé tous azimuts.
La section chargée du programme a été la cheville
ouvrière de cette action de grande envergure. Elle fut dirigée
par les Pr. Mokhtari, Aït Mesbah et Amrane, si j’ai bonne
mémoire. Stratégie militaire s’il en fut, les
moyens logistiques suivirent rapidement tels les microscopes, les
réactifs et les médicaments délivrés
bien avant l’ordonnance portant gratuité des soins
qui n’intervint qu’en janvier 1974. L’insuffisance
de la couverture médicale et le dénuement en moyens
diagnostiques (équipements de radiologie) ont fait adopter
par nos experts une tactique économiquement réalisable,
à portée des compétences disponibles. Elle
fut axée sur le dépistage biologique par l’analyse
des crachats, s’agissant de tuberculose pulmonaire à
haute contagiosité. Les autres localisations demeuraient
l’affaire des services spécialisés. La formule
avait le double avantage d’identifier les sources de contamination
constituées des tuberculeux cracheurs et leur prise en charge
thérapeutique. Apparemment simple comme démarche,
mais combien ardue sur le terrain, point de médecins, en
nombre suffisant, point de laborantins qualifiés. C’est
à l’INSP que sont lancés les premiers cycles
de formation de microscopistes, des aides paramédicaux de
niveau élémentaire rendus capables de colorer une
lame, la lire et identifier le bacille tuberculeux.
Fallait-il s’arrêter à ce seul pallier ou aller
résolument à l’étape supérieure?
Faisant fi de la levée de boucliers de certains milieux savants,
qui d’ailleurs fut sans lendemain, nos experts déléguèrent
une partie de leurs attributions à l’agent paramédical
en l’autorisant à enclencher, le traitement standardisé
dès que le preuve bactériologique était établie.
La supervision du programme ne souffrait d’aucune faille,
les pneumo-phtisiologues sillonnaient le territoire national aux
fins évidentes de formation, d’animation et d’évaluation.
C’est ainsi qu’il m’a été donné
de rencontrer, le Pr. Chaulet et ses collaborateurs aux piémonts
de Djebel Boukhil à Messâad et sur les hauteurs de
Kef Lakhader à Aïn Boucif. Les Professeurs Bencharif
et Mokhtari faisaient de même à l’est et à
l’ouest du pays. Trente années se sont écoulées
depuis lors, des gorges chaudes ça et là parlent de
recrudescence de la tuberculose. Peut-être, mais a-t-on le
droit aujourd’hui d’insinuer que rien n’a été
fait? En déniant leur mérite à des hommes et
des femmes qui ont mis toute l’énergie de l’espoir
(permettez la distorsion), sacrifiant souvent leurs loisirs et la
douceur d’une vie familiale feutrée, on ne fait que
prévaloir une malhonnêteté intellectuelle inique.
Une chose est sûre cependant, cette maladie a été
presque déboutée, elle qui touchait l’enfant
et l’adulte jeune. Il n’y a plus de familles frappées
par la malédiction tuberculeuse. On tente d’oublier
que le pays a subi les affres d’une décennie sanglante
à laquelle peu de pays auraient survécus. La campagne
vulnérabilisée, a connu un net recul en matière
de prestations sanitaires de base, vaccinales notamment. Le traitement
de cette maladie qui a fait l’objet d’un protocole,
oeuvre des médecins nationaux, a été adopté
par plusieurs pays dont certains d’Europe et d’Amérique
Latine.
Une autre affection endémique frappait le pays, qui lui
payait un lourd tribut, notamment dans les régions du Sud.
Il s’agit de la conjonctivite trachomateuse qui conduisait
inéluctablement à la cécité. L’image
d’un non-voyant, les yeux énucléés, guidé
par une fillette ou un garçonnet, était une image
courante dans notre société. La campagne de lutte
lancée en 1968 avec l’aide du royaume de Suède,
permit sans nul doute de donner un coup d’arrêt à
cette morbidité.
Nombreux et nombreuses sont ceux et celles qui ont mené cette
bataille. Un hommage particulier est à rendre au regretté
Pr. Kebbouche Mohamed El-Hadi qui nous a quittés récemment
et en silence, comme il l’a toujours fait dans sa lutte contre
le trachome. Jeune médecin dans les années cinquante,
contemporain du docteur Saâdane, il s’installe à
Biskra où il voulait exercer à titre libéral.
A peine installé, il reçut parmi ses premiers malades
une vieille femme atteinte de tuberculose. Après l’avoir
examinée, il lui établit une ordonnance. La dame lui
tendit un foulard noué contenant quelques pièces de
monnaie, pour qu’il prélève ses honoraires.
Constatant la modicité de la somme, il lui restitue le foulard
en lui ajoutant une partie de la recette de la veille pour qu’elle
puisse acquérir les médicaments prescrits. Mesurant
à sa juste valeur la déchéance sociale de ses
congénères, il mit la clé sous le paillasson
et se résolut de consacrer sa vie à l’ophtalmologie
sociale. Il ne quitta plus l’institut de trachomatologie niché
au dernier étage de la clinique d’ophtalmologie de
l’hôpital Mustapha d’Alger. A sa disparition,
il n’eut droit qu’à un modeste faire part. Le
Pr. Nouri et sa jeune équipe tentent de pérenniser
cette oeuvre dans le sud-est du pays.
C’est dans ce même bastion que fut l’INSP, que
la section d’hygiène du milieu et d’entomologie
a acquis ses lettres de noblesse. Le défunt professeur Aroua,
quittant son cabinet de ville, prit son bâton de pèlerin
(sans jeu de mots, il fut aussi un homme de religion) lança
la première promotion d’agents techniques d’assainissement
(A.T.A). Il ne put lancer celle des ingénieurs sanitaires
et cela fut dommageable à notre environnement. Le corps des
A.T.A a rendu d’immenses services à la santé
publique. Il affronta les grandes épidémies de choléra
des années 70 et du milieu des années 80. Les ingénieux
techniciens ont pourvu les châteaux d’eau démunis
d’appareils de javellisation de moyens rudimentaires et néanmoins
efficaces de chlorations constituées de jerricans et de tubulures
de perfusion, créant ainsi un système goutte à
goutte de javellisation de déchets biologiques des unités
sanitaires. Son intégration dans le corps des infirmiers
diplômés d’Etat, le lamina inexorablement ainsi
que celui des adjoints médicaux de santé publique
(A.M.S.P). Ces deux corps ont acquis leur notoriété
de haute lutte, malheureusement la politique d’alignement
par le bas, fit qu’il ne pouvait y avoir d’autorité
supra- paramédicale, autre que médicale.
Qui parmi les adultes ne se souvient- il pas, du spot télévisuel
quotidien d’éducation sanitaire?
«Telt ch’hour tatim louel...rab’ch’hour
tatim thani...». Ce slogan constituait tout un programme de
vaccination porté par des voix enfantines. La section d’éducation
sanitaire après le départ du docteur Maameri, prise
en charge par le docteur Soukehal, abattit un travail extraordinaire
en direction de la population. En dépit de l’accès
rendu possible par la gratuité des soins, la population ne
se présentait pas spontanément aux structures sanitaires.
Ces spots éducatifs ont permis pour une large part à
éduquer les mères à l’acte sanitaire.
Bien avant la télévision la section eut recours à
la radio, les marionnettes, le flanellographe, et surtout l’affiche.
Cette affiche qui tapisse les murs des structures sanitaires et
parfois même des cabinets privés, a participé
pour une large part au changement de comportement de la population
vis-à-vis de la maladie. La musique du générique
du spot sanitaire attirait l’attention des grands et des moins
grands à sa diffusion. Entré dans les moeurs, ce spot
n’a jamais pu être remplacé. A titre anecdotique,
le Pr. Soukehal me confiait que la musique du spot est tirée
d’un microsillon qu’il remania lors d’un voyage
en Afrique Noire dans les années 70.
Dans cette laborieuse ruche, la section de protection maternelle
et infantile, dirigée par le Pr. Malika Ladjali, en charge
aussi du programme d’hygiène scolaire après
le départ du Dr Kadi était le pivot central de l’action
sanitaire. Tous ces objectifs tournaient autour du complexe mère-enfant.
Le programme élargi de vaccination lancé en 1977 avec
l’assistance du Centre international de l’enfance (CIE)
et soutenu par l’OMS, après quelques hésitations,
est entré dans le moeurs. Certaines maladies couvertes par
ces vaccinations, si elles réapparaissaient aujourd’hui,
seraient difficiles à identifier par la jeune génération
médicale.
Cette difficulté réside dans la baisse de leur fréquence,
sinon leur disparition. La poliomyélite immobilisait à
vie des enfants quand ils survivaient à cette maladie. On
ne voit plus d’enfant appareillé par de la «ferraille»;
on trouverait cela choquant. La mère qui payait un lourd
tribut aux grossesses répétées, fera l’objet
d’un programme de surveillance prénatale, de l’accouchement
et post-natale. L’espacement de naissances ne vint que bien
plus tard, de la distribution gratuite des contraceptifs à
la pose du dispositif intra-utérin (stérilet). Il
était tout évident que le nombre de sages-femmes insuffisant
n’obligeait pas d’attendre qu’il le fût
pour lancer cette technique. Le constat a amené la section
à lancer une politique volontariste de formation d’accoucheuses
rurales à l’effet de pallier au sous encadrement féminin
de haute technicité. Décriée par certains,
cette accoucheuse de modeste statut social, a désavoué
ses détracteurs par son efficacité dans l’accomplissement
de sa tâche, dans des conditions de précarité
et dans les endroits les plus reculés. Endroits que les citadines
continuent à «snober». A force de persévérance,
certaines accoucheuses ont dû terminer leur carrière,
en qualité de sages-femmes.
J’évoquerai Mme Rezoug qui a été la première
accoucheuse rurale autorisée à placer le stérilet.
L’intégration de l’iode dans le sel de table,
permit à Enasel de s’ouvrir le marché africain.
Ce sel fit reculer le goitre endémique dans les régions
montagneuses où il sévissait. Les sels de réhydratation
orale, «inventés» dans ce haut lieu de la santé
publique, et passés dans les moeurs de la pratique médicale
même de ville, ont sauvé des milliers d’enfants
de la déshydratation aiguë. Cette affection meurtrière
consécutive aux diarrhées décimait des milliers
d’enfants de statut social précaire. Tragédie
silencieuse, la mortalité infantile, «fauchait»
150 sur 1.000 enfants avant l’âge d’1 an révolu.
Il y a lieu de rendre un vibrant hommage aux pédiatres qui
ont été à l’avant-garde de ce combat.
Ils ont fait de la pédiatrie sociale le fer de lance de la
bataille contre le sous-développement. Je n’omettrai
pas de citer les Pr. Mazouni, J.P Grangaud, les défunts Bakouri
et Belkhenchir à qui revient le mérite d’avoir
lancé le dispensaire universitaire de Bouchaoui, Staoueli,
et autres domaines autogérés. Nombreux sont celles
et ceux dont peu de pays peuvent s’enorgueillir d’avoir
enfantés. Tous les programmes faisaient l’objet d’expérimentation
au niveau de la zone de démonstration d’El-Madania,
avant d’être élargis à tout le système
de soins national. Il est évident que le réseau de
soins embryonnaire se densifiait peu à peu. Des centres de
protection maternelle et infantile, des dispensaires Compte tenu
de ses compétences et de sa dextérité plusieurs
médecins généralistes acquirent auprès
d’elle, la technique. L’ancêtre du carnet de santé
de couleur rose de quelques feuillets, naquit dans ce sanctuaire
de la santé communautaire. A propos de son contenu, notamment
la courbe de poids, M. Ladjali nous fit savoir qu’il s’agissait
de la courbe de poids américaine de Méredith. L’enfant
algérien n’avait rien à voir avec l’enfant
sahélien, c’est dire la générosité
de coeur que vouaient à leur pays, ces cadres connus ou anonymes.
Lors d’une visite au siège de l’OMS en 1996,
j’ai eu l’immense privilège d’y rencontrer,
M. Ladjali et P. Chaulet. Ma fierté fut indicible quand ils
m’apprirent qu’ils y exerçaient à titre
d’experts.
La section de nutrition dirigée par le Dr B. Hadj Lakehal,
donna la charge au marasme nutritionnel. Le support médiatique
fut l’affiche de la main de Fatma, les cinq doigts comportaient
chacun un groupe d’aliments essentiels.
Des cohortes d’enfants touchés par la dénutrition
bénéficieront de récupération nutritionnelle
par la farine lactée appelée superfine et fabriquée
par la société nationale Eriad. Elle était
fournie gracieusement par les services de santé. Beaucoup
de pays africains l’adoptèrent. L’amélioration
du niveau de vie fit tomber celle-ci en désuétude.
Elle ne put concurrencer les céréales et autres babys
lais, desservie entre autres par un emballage peu attrayant.
Je n’oublierai pas les premiers médecins bâtisseurs
du système national de santé qui lui ont sacrifié
une carrière universitaire ou une pratique médicale
lucrative, pour se lancer corps et âme dans un combat inégal.
Parmi eux le regretté docteur Benatallah à Médéa,
qui vient de nous quitter en février, les Drs Djoghri à
Constantine, Bada à Guelma, Moulay à Saïda, Yaker
à Alger et A. Benadouda, qui fit le choix de fermer son cabinet
à Belcourt et de rejoindre l’INSP. Ils ont été
de tous les combats: organisation du service sanitaire embryonnaire,
formation des cadres, lutte contre les maladies, gestion administrative
et que sais-je encore? Il arrivait au docteur Benatallah, directeur
de santé de wilaya, avec lequel j’ai eu l’honneur
de travailler, d’enfiler sa blouse pour remplacer le médecin
coopérant chargé de la lutte anti-tuberculeuse en
congé, afin d’assurer la pérennité du
service. Nombreux sont, ces gestionnaires et ces techniciens que
je n’ai pu citer et que je n’ai d’ailleurs pas
oubliés. Eux qui ont fait de la santé publique leur
credo majeur. Aussi, la consécration mondiale de Mme Boulahbal
et de M. J.A Zerhouni consacre implicitement ces femmes et ces hommes,
qui ont participé à l’édification du
système national de santé. Je ne manquerai pas à
la fin, de rapporter les propos du Pr Mohamed Toumi, doyen de la
cardiologie qui lors d’un séminaire national, au début
des années 80, disait en ces termes que je tenterai de rapporter
aussi fidèlement que possible: «Jeune médecin
en wilaya II de l’ALN, je constatais que les djounoud souffraient
de diarrhées et de caries dentaires. Je résolus, de
les doter chacun d’une brosse à dents et d’un
petit flacon de javel, pour désinfecter l’eau qu’ils
étaient amener à consommer. Les deux pathologies reculèrent
de façon spectaculaire! » Indiquant du doigt l’image
du Taj-Mahal, projetée par une diapositive: il concluait
en ces termes: - Ce palais a été érigé
par un prince mongole à la gloire de sa bien-aimée...
quant à nous, nous avons «fait ça»par
amour pour notre pays usurpé! » Le système national
de santé était déjà né, dans
l’Algérie en flammes.
Par FAROUK ZAHI
Cadre supérieur de l’administration sanitaire en retraite
14 septembre 2005
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