L' obésité, reflet indirect du développement socioéconomique
d'un pays n'est pas sans conséquence sur la santé de la population
du fait de son lien étroit avec les maladies cardio-vasculaires.
L'Algérie, comme les autres pays du Maghreb en plein essor économique,
n'est pas épargnée par ce fléau des temps modernes, comme le montre
les résultats de cette enquête portant sur un millier de personnes
non sélectionnées d'un quartier d'Alger.
L'état d'obésité est lié à de nombreuses pathologies dont certaines
sont très graves. Toutes les études confirment que l'espérance
de vie des obèses est réduite et que la morbi-mortalité augmente
parallèlement à l'excès pondéral à tel point que certaines compagnies
d'assurances américaines exigent des obèses une prime pour couvrir
ce risque.
Dans notre étude, près de la moitié de notre population présente
une obésité. 1/3 accuse un surpoids, 15,1% ont un excès pondéral
franc et 1,2 % une obésité morbide.
Au Maroc, Hoareau et Delanoe rapportent dans leur étude sur l'athérosclérose
l'importance des facteurs environnementaux et insistent sur le
déséquilibre protido-glucidique avec un apport important d'hydrate
de carbone réalisant une source possible de formation de graisse
pouvant expliquer pour une part la fréquence de l'obésité dans
ces régions, ce qui rejoint nos résultats et ceux de Benkhelifa
et Schwartz en Tunisie.
En Mauritanie, Resnikof rapporte un taux d'obèse de 37,7 %.
Ainsi, paradoxalement, dans ces pays où sévit la malnutrition,
l'obésité semble importante et aussi fréquente que dans les pays
occidentaux.
Dans l'étude que nous rapportons, ce sont d'avantage les femmes
qui sont obèses (21,2 %) par rapport aux hommes (5,8 %) pour un
IMC > 30. L'age est aussi un élément qui influe sur l'excès pondéral.
La prévalence augmente progressivement passant de 5,2 % chez les
moins de 34 ans à 19,3 % dans la tranche 45-54 ans. Le niveau
socio-économique, étudié indirectement à partir du niveau d'instruction,
montre qu'une obésité (IMC > 30) est 5 fois plus fréquente chez
les personnes illettrées (30,6%) que chez celles ayant un niveau
d'études supérieures (5,9 %).
Les pathologies artérielles représentées par les accidents vasculaires
cérébraux, les coronaropathies sont nettement plus fréquentes
chez l'obèse. L'HTA est trois fois plus fréquente en cas de surpoids.
Dans notre étude, 34 % des hypertendus ont un IMC > 30 soit un
chiffre 2,3 fois plus élevé que dans la population générale.
Concernant le diabète, il est deux fois plus fréquent chez les
sujets dont l'IMC est supérieur à 30 (13,4 %).
Conclusion
L'obésité, longtemps ignorée dans notre pays, peut représenter
dans les années à venir un véritable problème de santé publique.
Aussi, des mesures préventives doivent être envisagées, basées
sur l'information de la population sur les effets néfastes de
l'obésité sur la santé et de l'efficacité d'une alimentation moins
riche en calories, associée à une activité physique régulière.