Santé Algérie Algérie

Sommaire
Page d'accueil
Présentation du site
La bibliothèque de Santé Maghreb
Les éditos du professeur Abid
Communications scientifiques
Histoire de l'Algérie médicale
Agenda scientifique algérien
Point de vue
Revues et ouvrages médicaux
Associations algériennes de la santé
Annuaire de la santé en Afrique
Forum de la santé en Afrique
Qui contacter ?


Point de vue
Médecine de Catastrophe
Savoir. Prévoir. Agir.
Pr. M. DJEBBAR

 

Une catastrophe, qu'elle résulte d'un fléau naturel ou d'une cause accidentelle, se caractérise par sa survenue brutale et imprévisible, par un afflux massif de victimes et par un débordement rapide des structures médicales immédiatement disponibles.

L'histoire a toujours connu ce risque. Les catastrophes ont existé au cours des siècles et existeront toujours. Ni la nature, ni les hommes ne pourront les éviter. Depuis la disparition de Pompéi en 79 jusqu'au tremblement de terre de "Boumerdes (2003)" en passant par la destruction de Lisbonne en 1755 avec ses 50 000 morts, celle de San Francisco en 1906 avec ses 80 000 morts et bien d'autres séismes presque aussi meurtriers, la catastrophe guette chaque jour.

Aucun pays n'est à l'abri d'une catastrophe. Il est nécessaire d'en instruire les populations. Les séismes, les éruptions volcaniques, les cyclones, les inondations menacent sans cesse.

Rappelons que le Nord de l'Algérie est traversé par une faille active et chaque hécatombe massive provoque dans l'opinion une émotion justifiée.

 

Séismes majeurs en Algérie de 1365 à 2000

A ces cataclysmes naturels, s'ajoutent les catastrophes accidentelles de tous ordres (incendie, accident aérien, accident ferroviaire, accident chimique, accident nucléaire) qui posent des problèmes particuliers et imposent des initiatives nouvelles. La puissance des machines, la rapidité des moyens de transport, les applications de l'atome, tout en soulignant les progrès de la science, conduisent à fabriquer des engins de plus en plus dangereux et de plus en plus meurtriers.

Quel que soit le drame devant lequel se trouvent les médecins et paramédicaux sauveteurs, la médecine de catastrophe ne s'improvise pas. Devant une situation inéluctable, ils doivent se préparer à en assumer les conséquences tout en essayant de les limiter.

La médecine de catastrophe n'est pas la médecine d'urgence habituelle. Elle exige des techniques spécifiques et par conséquent la formation de spécialistes. Il faut savoir prendre des décisions d'une portée considérable dans un contexte de crise où les installations de santé font trop souvent défaut. Pour cela, il faut d'exceptionnelles qualités de dévouement, de sang-froid, de méthode et de travail d'équipe. Une mauvaise improvisation ne pardonne pas. La bonne volonté ne suffit pas. Pour obtenir la meilleure utilisation des moyens, les situations les plus diverses doivent être prévues et l'enseignement de l'auxiologie doit être généralisé autant que celui de la médecine de catastrophe qui lui, ne serait dispensé que dans certains centres organisés et équipés pour cela.

En effet, en médecine de catastrophe, les médecins se trouvent devant une situation d'urgence qui comporte des difficultés d'autant plus grandes qu'il s'agit d'une médecine de masse. Bien qu'elle s'en différencie par certains cotés, elle a pu être assimilée à la médecine de guerre.

Qu'il s'agisse de l'organisation des secours et de l'harmonisation des moyens et des équipes, de l'utilité du plan ORSEC, des problèmes médicaux et logistiques, de la description des blessures et de leur traitement, de la médicalisation des transports, du privilège qu'il faut accorder aux transports aériens, de la prise en charge des populations touchées durement, de la prévention des épidémies qui menacent, tous ces grands problèmes sont à étudier. Ils sont à exposer par des hommes informés et compétents, refusant d'accepter comme une fatalité la mortalité provoquée par les catastrophes, et qui savent faire la part entre un idéal souvent irréalisable et une efficacité aussi grande que possible. Il ne doit rester aucun domaine où le médecin doit intervenir qui ne soit traité.

La médecine de catastrophe est aujourd'hui officialisée dans beaucoup de pays. Elle est devenue une spécialité à part entière. Former des médecins à cette nouvelle discipline, les préparer à fournir les cadres des équipes de secours, leur délivrer un diplôme national, réunir des conférence internationales et nationales afin de mettre en commun les réflexions et les expériences, tels sont les buts déjà atteints, mais qui demandent encore des efforts soutenus.

N.B. : la carte des séismes a été rajoutée à l'article à partir du site du CRAAG.

Professeur Larbi Abid 16 juin 2003


 
NG COM Santé Tropicale
Copyright © 2004 NG COM Santé tropicale. Tous droits réservés.