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A ces cataclysmes naturels, s'ajoutent les catastrophes accidentelles
de tous ordres (incendie, accident aérien, accident ferroviaire,
accident chimique, accident nucléaire) qui posent des problèmes
particuliers et imposent des initiatives nouvelles. La puissance
des machines, la rapidité des moyens de transport, les applications
de l'atome, tout en soulignant les progrès de la science, conduisent
à fabriquer des engins de plus en plus dangereux et de plus en plus
meurtriers.
Quel que soit le drame devant lequel se trouvent les médecins et
paramédicaux sauveteurs, la médecine de catastrophe ne s'improvise
pas. Devant une situation inéluctable, ils doivent se préparer à
en assumer les conséquences tout en essayant de les limiter.
La médecine de catastrophe n'est pas la médecine d'urgence habituelle.
Elle exige des techniques spécifiques et par conséquent la formation
de spécialistes. Il faut savoir prendre des décisions d'une portée
considérable dans un contexte de crise où les installations de santé
font trop souvent défaut. Pour cela, il faut d'exceptionnelles qualités
de dévouement, de sang-froid, de méthode et de travail d'équipe.
Une mauvaise improvisation ne pardonne pas. La bonne volonté ne
suffit pas. Pour obtenir la meilleure utilisation des moyens, les
situations les plus diverses doivent être prévues et l'enseignement
de l'auxiologie doit être généralisé autant que celui de la médecine
de catastrophe qui lui, ne serait dispensé que dans certains centres
organisés et équipés pour cela.
En effet, en médecine de catastrophe, les médecins se trouvent
devant une situation d'urgence qui comporte des difficultés d'autant
plus grandes qu'il s'agit d'une médecine de masse. Bien qu'elle
s'en différencie par certains cotés, elle a pu être assimilée à
la médecine de guerre.
Qu'il s'agisse de l'organisation des secours et de l'harmonisation
des moyens et des équipes, de l'utilité du plan ORSEC, des problèmes
médicaux et logistiques, de la description des blessures et de leur
traitement, de la médicalisation des transports, du privilège qu'il
faut accorder aux transports aériens, de la prise en charge des
populations touchées durement, de la prévention des épidémies qui
menacent, tous ces grands problèmes sont à étudier. Ils sont à exposer
par des hommes informés et compétents, refusant d'accepter comme
une fatalité la mortalité provoquée par les catastrophes, et qui
savent faire la part entre un idéal souvent irréalisable et une
efficacité aussi grande que possible. Il ne doit rester aucun domaine
où le médecin doit intervenir qui ne soit traité.
La médecine de catastrophe est aujourd'hui officialisée dans beaucoup
de pays. Elle est devenue une spécialité à part entière. Former
des médecins à cette nouvelle discipline, les préparer à fournir
les cadres des équipes de secours, leur délivrer un diplôme national,
réunir des conférence internationales et nationales afin de mettre
en commun les réflexions et les expériences, tels sont les buts
déjà atteints, mais qui demandent encore des efforts soutenus.
N.B. : la carte des séismes a été rajoutée à l'article à partir
du site du CRAAG.
Professeur Larbi Abid 16 juin 2003
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