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Tuberculose à bacilles multirésistants
S. NAFTI - RMP n° 26, 1er trimestre 2003 - Alger

 

15 ans après l'introduction en Algérie de régimes de chimiothérapie antituberculeux de courte durée, les premiers cas de tuberculose à bacilles résistants aux drogues majeures sont apparus. En 1994, près de 100 cas documentés ont été répertoriés. Depuis près de 400 cas ont été colligés ce qui a nécessité la mise en place de régimes de traitement associant 4 à 5 drogues dont 2 ''anciens'' antituberculeux.

De décembre 1995 à décembre 2000, 116 patients ont reçus un régime associant : Kanamycine, Cyclosérine, Pyrazinamide, Ethionamide + Ofloxacine. Parmi les 85 malades ayant achevé 18 mois de traitement, 43 sont considérés comme guéris (51 %), 24 échecs ont été enregistrés (28 %) et 18 décès sont déplorés (21 %). Le suivi, l'analyse et l'admission des malades se poursuivent. Le but de ce travail est de présenter les résultats thérapeutiques de ce régime comportant ''d'anciens'' antituberculeux qui sont des antibiotiques mineurs avec toxicité importante.

Ce régime actuellement recommandé par le programme de lute antituberculeuse en Algérie peut présenter une solution aux tuberculoses à bacilles multirésistants mais seule une prévention efficace, par primo-traitement bien conduit permettra d'en réduire l'ampleur. En fait les auteurs suivent des schémas proches de ceux recommandés par l'O.M.S. pour le traitement des tuberculoses à bacilles multirésistants, à savoir : les traitements de seconde ligne ne devraient être fournis qu'à des services spécialisés en étroite relation avec un laboratoire capable de tester de manière fiable la sensibilité de M. Tuberculosis aux médicaments.

La résistance est crée par l'homme, en rapport soit avec la prescription, la gestion de l'approvisionnement, l'information / compréhension du malade, la procédure de délivrance des médicaments au malade.

Les résistances croisées entre antituberculeux doivent être connues. On utilise le maximum de médicaments actifs sans en garder en réserve : c'est le dernier combat du malade contre une maladie mortelle ; il doit avoir les meilleures armes. Le schéma initial doit comporter au moins 3 médicaments, de préférence 4 ou 5 auxquels les bacilles du patient son sensibles. Les médicaments de seconde ligne sont prolongés aux moins 18 mois après la négativation de l'expectoration. Le suivi bactériologique est obligatoire. L'O.M.S. propose un programme dénommé DOTS plus pour entraver le développement et la dissémination des multirésistances. La priorité absolue est d'éviter l'apparition de nouveaux cas de tuberculose à bacilles multirésistants.

  • La première étape est l'application de la DOTS (ou son équivalent, le schéma standard appliqué en France 2HRZ/4HRZ) chez les malades jamais traités et ne provenant pas d'un pays à forte prévalence de résistances.
  • La deuxième étape est d'appliquer le schéma de traitement 2SHRZE/1HRZE/5HRE chez un malade ayant déjà été traité (plus d'un mois) de manière incomplète. Lorsque ce régime est administré correctement, tout bacille persistant à au moins 5 mois de chimiothérapie est en général résistant à 2 des antituberculeux majeurs.

Compte tenu de l'étendue des résistances observées, les résultats obtenus sont encourageants. On doit cependant nuancer cet optimisme car pour endiguer l'émergence des tuberculoses à bacilles multirésistants dans le monde, il faudrait être capable d'en détecter au moins 70 % et de guérir au moins 80 % d'entre eux.

Professeur Larbi Abid 26 mai 2003


 
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