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Formation médicale continue des médecins généralistes
et spécialistes
Au praticien hospitalo-universitaire incombent divers rôles, tout
d'abord celui de la prise en charge des malades mais aussi la formation
des étudiants et des médecins ayant achevés leurs études : les médecins
généralistes et les spécialistes.
Le travail de l'enseignant est difficile car il représente une
charge avec de nombreux obstacles :
- Cet enseignement est bénévole et donc peu de praticiens sont
motivés pour l'entreprendre.
- Il s'adresse à des omnipraticiens adultes ayant déjà une expérience
professionnelle et des habitudes tant en matière de diagnostic
, de thérapeutique que de prévention.
- Un autre obstacle de taille est représenté par l'absence de
programme d'enseignement déjà établi à l'échelle nationale. Aussi,
ce sont les équipes qui choisissent les différents thèmes.
- N'ayant pas reçu de formation pédagogique, l'enseignement est
prodigué sans que les buts et les objectifs aient été précisés
et sans utilisation des outils pédagogiques modernes.
- Enseigner en fin de journée ou après une semaine chargée, est
difficile.
- De même pour les participants, il est souvent impossible de
retenir la masse de connaissance qui leur est soumise en quelques
heures.
- La conférence qui est le moyen utilisé par la majorité des enseignants
n'est pas le plus efficient pour transmettre un tel message vu
que les participants se trouvent en situation passive.
Malgré tous ces obstacles et anomalies, la FMC est un enjeu primordial
afin d'assurer une qualité des prestations de soins de santé publique
et aussi une relève professionnelle. Auparavant, il faudra réfléchir
et revoir totalement cette FMC.
On doit commencer par :
- définir les buts à atteindre
- établir un programme d'enseignement adapté à la prise en charge
de certaines maladies chroniques prévalantes dans notre
pays (HTA, RAA etc.).
S'il est intéressant de proposer ponctuellement des conférences
faites par des spécialistes de la question, il est des plus urgent
de modifier notre comportement et d'utiliser des méthodes pédagogiques
modernes.
L'atelier de formation est le moyen le plus utilisé au Canada, en
Europe et aux USA pour la formation médicale continue.
Sur une journée, 20 à 30 praticiens peuvent être formés avec des
cas cliniques simulés proposés à des groupes de travail de 4 à 5
personnes.
Ils sont discutés et synthétisés en séance plénière.
Une telle expérience ne peut être qu'enrichissante tant pour la
personne formée qui est active durant le stage que pour le formateur.
L'atelier est un véritable lieu d'échanges d'expériences, c'est
un instrument de réflexion essentiel pour atteindre les objectifs
fixés.
Il est l'occasion d'acquérir non seulement des connaissances, mais
aussi un savoir être et un savoir faire. Il permet de simuler la
réflexion, la curiosité des praticiens formés.
Il peut aider à créer un réseau de praticiens pour l'amélioration
de la prise en charge d'une pathologie donnée.
L'atelier n'est pas en soi un lieu d'évaluation de l'omnipraticien,
mais une évaluation à distance peut être proposée afin d'observer
s'il y a modification du comportement (pour le diagnostic, la prise
en charge thérapeutique ou le suivi du malade).
Afin de pouvoir optimiser la réussite de l'atelier, les enseignants
doivent être aidés en mettant à leur disposition des moyens de reprographie,
une salle adaptée et la prise en charge des participants (restauration,
hébergement).
Les enseignants doivent accepter à la fin de l'atelier, leur évaluation
par les participants. Cette dernière concerne non seulement le contenu
du programme proposé mais aussi la qualité de l'animation, de la
prise en charge, de la gestion du temps etc.
Ils pourront suggérer certaines recommandations aux formateurs afin
d'améliorer le déroulements des futurs ateliers.
En conclusion, nous rappelons qu'il est du devoir de tout enseignant
de s'impliquer dans un programme de formation continue performante
et efficiente ; la tutelle devant mettre un minimum de moyens matériels
et financiers.
Par la réussite de cette formation, on verra s'améliorer la prise
en charge de nos malades.
S. AYOUB , Docent en médecine interne 24 février
2003
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