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La greffe du foie en Algérie reportée : une décision de sagesse

Après l'avoir annoncée à cors et à cris aussi bien dans les quotidiens nationaux qu'à la radio et à la télévision pour le mois de décembre 2002 ou au plus-tard au mois de janvier 2003, la greffe du foie vient d'être reportée à une date ultérieure.

Il s'agit là d'une décision très sage car à l'inverse des greffes de cornée et de rein où les besoins sont très grands et où notre pays accuse un grand retard, en matière de pathologie hépatique c'est plutôt la chirurgie d'exérèse majeure du foie que le ministère de la santé devrait aidé à développer dans les grands centres du pays.

Cette chirurgie qui nécessite des moyens relativement importants et des équipes multidisciplinaires entraînées (en particulier chirurgiens, réanimateurs et imageurs) est réalisée avec les moyens du bord dans quelques services à Alger (Bologhine) à Oran et Constantine (hôpital militaire) alors que, dans le service prévu pour réaliser la greffe hépatique cette chirurgie est rarement réalisée sinon à titre occasionnel, comme ces derniers mois, par une équipe étrangère qui vient une fois par mois opérer 2 à 3 patients.

Des questions se posent :

  • En dehors des ces 2 /3 patients opérés, qu'en est-il des autres patients qui n'ont pas la chance de pouvoir bénéficier d'une intervention lors de la venue de cette équipe ?
  • S'il s'agit des seuls patients nécessitant (2 à 3 par mois) un acte chirurgical majeur, cette pathologie mérite-t'elle vraiment tout l'investissement qu'on lui consacre ?

Pour notre part, nous sommes conscient que beaucoup de patients évoluent vers des stades où leur maladie devient inopérable sinon au-dessus de toute thérapeutique non parce qu'ils consultent tard mais parce que beaucoup de médecins considèrent encore que les affections malignes primitives ou secondaires du foie sont sans thérapeutique curative et que la plupart des chirurgiens refusent de s'impliquer dans ce type de chirurgie car ne la dominant pas ou parce qu'ils n'ont pas l'environnement adéquat.

Pour être performant, en particulier dans certains type de chirurgie, il faut se spécialiser.
C'est le cas entre-autres :

  • de la chirurgie cardiaque (dont les services travaillent au ralenti faute de moyens)
  • de la chirurgie cutanée réparatrice
  • de la chirurgie sénologique
  • de la chirurgie d'exérèse majeure du foie
  • de la chirurgie urologique maligne (à l'heure actuelle aucun service ne réalise de cystectomie totale)
  • la chirurgie osseuse maligne etc.

Le service de chirurgie du Centre Pierre et Marie Curie (CPMC) qui reçoit toutes les pathologies chirurgicales malignes des différentes régions du pays a, d'une part, des capacités limitées et de ce fait de nombreux patients ont des rendez-vous en mois et d'autre part il ne peut se spécialiser dans différents domaines.

Ainsi s'il exclue la prise en charge du cancer du sein de son activité vu qu'un service de chirurgie spécialisé en sénologie a été crée au sein même du CPMC, il pourra se consacrer d'avantage à la chirurgie maligne digestive et gynécologique points forts de son activité.

L'Algérie n'a pas les moyens des pays développés et le CPMC n'est pas l'IGR où au niveau du service de chirurgie existent des unités performantes tant en chirurgie digestive maligne, en chirurgie d'exérèse majeure du foie qu'en transplantation hépatique.

Professeur Larbi ABID 21 janvier 2003


 
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