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Octobre Rose

20 octobre 2009 salle du Hamma - Hôtel Sofitel - Alger

elamel-asso@live.fr

par Pr. Larbi Abid

 

Le Pr. Bouzid inaugurant la journée avec Mme Kettab présidente de l’association El Amal

Le Pr. Bouzid inaugurant la journée avec Mme Kettab présidente de l’association El Amal

La 8ème journée d’oncologie médicale de l’HCA s’est déroulée cette année le 29 avril 2009 et a eu pour thème « Les thérapies ciblées en Oncologie Médicale ».
Différentes communications abordant les aspects de biologie moléculaire, la thérapie ciblée dans le cancer du sein, les cancers digestifs, les tumeurs stromales gastro-intestinales, l’hépatocarcinome, le cancer bronchique non à petite cellules et le cancer du rein ont été abordées. 
Ces différentes communications (dont le récapitulatif est joint) peuvent être consultées sur le site www.santemaghreb.com/algerie, rubrique « communications scientifiques ».

Affiche - Octobre rose 2009 Le Pr. Ahmed Bendib Affiche - Octobre rose 2009

Le Pr. Ahmed Bendib


Dans son intervention intitulée « Que faut-il faire pour q u’un rêve devienne réalité » , le Pr. A. Bendib (chef de service de sénologie au CPMC) a rappelé 2 points importants en matière de cancer du sein, à savoir le temps de dédoublement (TDD) d’une tumeur qui dans le cas du cancer du sein est de 8 ans pour que l’on passe de la première cellule cancéreuse à une tumeur de 1 g (30 TDD) et également le fait que les métastases d’un cancer du sein apparaissent dans les 5 premières années du suivi dans 80 %      des cas.
Il insistera sur la prise en charge actuellement décevante du fait d’une surcharge des structures et d’un diagnostic tardif.

Pour conclure, il comparera la lutte contre le cancer du sein à une déclaration de guerre qu’il faut préparer en nommant un état major avant de déclencher la bataille.

 

Affiche - Octobre rose 2009 Le Pr. Ahmed Bendib Affiche - Octobre rose 2009

Le Pr. Ahmed Bendib

 

Le Pr. L. Abid (chef de service de chirurgie viscérale & oncologique) dans une communication intitulée : « Dépistage de masse du cancer du sein en Algérie ? » rappellera que le cancer du sein, est un cancer grave qui est diagnostiqué à un stade tardif en Algérie. Il détériore la qualité de vie des malades, nécessite des traitements souvent lourds et est la cause d’une forte mortalité. Il dira que devant ce constat, la majorité du corps médical algérien se demande pourquoi jusqu’à ce jour on n’arrive pas à mettre en place un programme de dépistage national de cette localisation néoplasique et de plusieurs autres, le pronostic étant d'autant plus favorable que la maladie est détectée à un stade précoce.
En dehors, du dépistage « spontané » réalisé par quelques médecins dans le cadre du fonctionnement de routine du système de soins, on constate qu’il existe une confusion entre dépistage systématique, dépistage individuel et diagnostic précoce.
On entend par dépistage l'identification, par un test, de sujets atteints d'une affection donnée et qui sont apparemment en bonne santé. Le dépistage n'a pas pour but de poser un diagnostic. Il se différencie en cela du diagnostic précoce. Les sujets qui présentent un test de dépistage positif doivent subir des examens à visée diagnostique.
Les Critères de dépistage (Wilson et Janger, 1970) sont :

  1. S’adresse à une affection fréquente responsable d’une substantielle mortalité et/ou morbidité;
  2. Histoire naturelle de l’affection doit être bien connue ;
  3. Test de dépistage doit avoir une très bonne sensibilité et spécificité ;
  4. Test doit être facilement accepté par la population et être sans danger (ne pas nuire : primum non nocere) ;
  5. Test doit être réalisé par un nombre suffisant de médecins expérimentés ;
  6. L’anomalie dépistée doit être diagnostiquée et traitée ;
  7. Le dépistage doit être évaluée : avantages > inconvénients.

Si l'incidence des cancers du sein augmente en moyenne de 1,5 % par an dans le monde, en Algérie le taux annuel moyen d’évolution : passé de 2,3 à 3,4 % (entre 2001 et 2007).

Évolution de l’incidence en Algérie  (1993-2007)

Évolution de l’incidence en Algérie  (1993-2007)
Source : D. Hammouda, Registre du cancer d’Alger

Chaque année dans le monde, un million de cancers du sein sont découverts et 400 000 femmes en meurent. Il représente 22,7 % de l’ensemble des cancers et se place comme la cause la plus fréquente des décès féminins par cancer. En Algérie, le taux d’incidence standardisée est de 65/100.000 représentant 39.4% des cancers féminins et 53% des cancers gynécologiques. L’âge médian est de 47.5 ans ce qui a une répercussion sur l’age de début du dépistage.

Le Test de dépistage doit avoir une très bonne sensibilité et spécificité. La mammographie est actuellement la seule méthode efficace de dépistage du cancer du sein. Sa sensibilité et sa spécificité sont supérieures à 90 %. La mortalité par cancer du sein peut être réduite par le dépistage mammographique chez les femmes de plus de 50 ans avec un intervalle entre les vagues de deux à trois ans. Cet effet favorable de réduction de la mortalité peut atteindre 40 %.
Le Test doit être facilement accepté par la population et être sans danger ; le taux de participation au test devrait être supérieur à 60 %. Cette compliance est tributaire :

    • de l’accessibilité au test, 
    • des procédures d’information, de sensibilisation ainsi que des modalités d’invitation de la population concernée qui doit tenir compte de l’âge, des aspects socioculturels, économiques et géographiques etc.

La finalité du dépistage ne peut être réduite à l’indentification d’anomalies. Elle doit s’accompagner de la séquence complète : test, examens complémentaires pour les tests positifs et traitement pour les cas qui s’avèrent être des cancers. Si les femmes dépistées positifs ne sont pas rapidement prises en charge, le dépistage devient plus nuisible qu’utile.
Nécessité d’avoir un tableau de bord pour le contrôle de l’efficacité du dépistage : pour cela, le dépistage doit nécessairement être un dépistage organisé  afin de recueillir toutes les informations sur les femmes y participants et ainsi en mesurer l’impact et évaluer le coût. L’évaluation du résultat se fait par rapport à une situation de référence et dans ce cadre le registre du cancer est un élément clef.

Au niveau du registre du cancer de la région où se déroule le dépistage, on obtient dans un premier temps une augmentation de l’incidence par le dépistage, accompagnée d’une diminution de la prévalence et de la mortalité.
Le rôle du registre est donc essentiel dans le domaine de l’épidémiologie interventionnelle :

  • Il permet d’évaluer la situation avant la mise en route du programme de dépistage et permet d’apprécier si le programme est efficace ou non.
  • Il identifie chaque cas et permet de connaître le parcours de chaque cas ayant un test positif.
  • Le coût du dépistage peut être évaluée en considération des avantages retirés.

Procédure de mise en place d’un dépistage organisé

  • Doit se faire par étape :
    • Projet pilote
    • Programme régional
    • Puis extension nationale
  • Ces étapes ont l’avantage d’aider au choix de la méthode la plus appropriée aux caractéristiques du pays.
  • Le dépistage du cancer du sein est réalisé différemment selon les pays en fonction de leur système de santé, des prises en charge financières et de leur culture.
    • Un dépistage n’est justifié que si on est capable de fournir à l’ensemble de la population (de la tranche d’âge choisie) un programme de qualité optimale qui ne doit souffrir:
      • ni de manque de coordination entre les différents éléments du système,
      • ni de non respect de la périodicité,
      • ni de mauvaise qualité de l’examen ou de son interprétation.
    • Un programme de dépistage doit donc être intégré dans le système de santé  pour être viableè Plan Cancer +++
    • Des liens entre les structures de dépistage et les structures de soins doivent être établis au préalable.
    • Une coordination et une gestion de ce dépistage sont donc indispensables.

La mise en place d’une structure de gestion permanente doit assurer le suivi du dépistage, évaluer son coût (un programme de santé se fait au dépens d’autres programmes possibles). Ce programme de dépistage ne peut se concevoir que dans le cadre de ce qui est offert par le système de santé, en matière de budget. L’intérêt d’un dépistage repose essentiellement sur la permanence de son activité dans le temps. Il faut donc mettre en place une équipe motivée, susceptible de répondre à cette exigence ce qui implique nécessairement des moyens financiers réguliers, c’est à dire un budget. 

La ligue algérienne de Lutte contre le Cancer a monté un projet pilote de dépistage avec l’APC de Sidi M’hamed. Ce projet qui utilisera la double lecture centralisée devait démarrer en 2009 avec extension à d’autres régions comme Laghouat et Tizi Ouzou, villes qui disposent de mammographe numérique inutilisé faute d’imageurs formés au dépistage. Jusqu’à ce jour, il souffre des moyens humains et matériels pour démarrer réellement.

Pour conclure, le Pr. Abid dira que Le dépistage d’une affection morbide a ses spécificités. Être oncologue médical, radiologue ou chirurgien oncologue n’implique pas nécessairement des compétences en matière de dépistage, compétences qu’il faut acquérir. Les campagnes dites de dépistage du cancer du sein réalisées jusqu’à ce jour en Algérie sont en fait de simples campagnes de consultation et de sensibilisation à la maladie cancéreuse. Une action de dépistage devrait avant d’être organisée pour la collectivité, faire l’objet d’une réflexion préalable approfondie sur les avantages et inconvénients engendrés par une telle décision et s’être assurée d’une qualité de prise en charge  optimale que seule une organisation efficace peut apporter.

Dr. Bouzid Dr. Boudriche Dr. Houam

Les Drs. Bouzid, Boudriche & Houam (CNAS)

Dans son intervention intitulée « Imagerie en sénologie », le Pr. K. Bouzid (chef de service d’Oncologie Médicale au CPMC), fera un bilan de l’équipement des structures hospitalières à même de faire le diagnostic du cancer du sein et notera qu’il n’existe que 2 unités spécialisées en imagerie mammaire, les 2 situées à Alger. Le nombre d’imageurs serait de 800 qui n’ont aucune formation spécifique en matière de dépistage du cancer du sein. Le parc de mammographes (90 % analogiques et 10 % numériques) de même que les IRM et les échographes sont récents et conformes aux normes. Cependant, du fait de l’absence de texte réglementaire, il n’y a pas de contrôle de qualité.

Concernant le dépistage, il est individuel, sur prescription médicale à la demande des femmes à compter de 40 ans, tous les 2 ans. Le Pr. Bouzid signalera l’existence d’une consultation d’oncogénétique pour les familles à risque. Mais jusqu’à ce jour point de dépistage organisée.
Dans une 2ème communication il rappellera les conditions du dépistage et du diagnostic précoce du cancer du sein.

Vue de la salle pendant la conférence du Dr. Boudriche

Vue de la salle pendant la conférence du Dr. Boudriche

La dernière intervention est celle du Dr. Boudriche (gynécologue à l’hôpital de Zeralda) qui présentera le bilan du dépistage du cancer du col, bilan très en deçà des moyens mis en place et qui souffre de l’absence de budgétisation.

Pour cette localisation néoplasique, outre la prévention secondaire (dépistage), le Dr. Boudriche rappellera la disponibilité du vaccin contre le papilloma virus qui permet d’éradiquer ce cancer et plusieurs MST et qui jusqu’à ce jour n’est pas encore mis sur le marché algérien alors que plusieurs pays africains en disposent.

Vue de la salle avec en 1er plan Mme Kettab et  le Dr.  Moussaï Vue de la salle avec en 1er plan Mme Kettab et  le Dr.  Moussaï

Vue de la salle avec en 1er plan Mme Kettab et  le Dr.  Moussaï

Au cours des débats qui ont suivi ces 4 exposés, le Dr. Houam de la CNAS a intervenu pour préciser les actions initiées par cette caisse de sécurité sociale et préciser les informations parues sur la presse concernant le dépistage du cancer du sein des femmes assurées sociales à partir de l’age de 40 ans.
Selon ce responsable ; le programme sectoriel de la CNAS  vise à améliorer la qualité des prestations, moderniser le système de sécurité sociale et préserver les équilibres financiers.

La CNAS a mis en place 4 centres régionaux d’imagerie (Jijel, Constantine, Maghnia et Laghouat)  pour ce dépistage. Le but de la CNAS étant de contribuer à la prise en charge des pathologies lourdes et onéreuses et d’améliorer l’accessibilité aux soins des assurés sociaux.

 

Compte rendu mis en ligne le 26 octobre 2009


 
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