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| Principales
complications biologiques des traitements des cancers |
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2. Les différentes stratégies
chimio-thérapeutiques
La chimiothérapie est utilisée pour des maladies
disséminées ou à haut risque de dissémination,
ou dans le cadre de pathologies localisées inextirpables
ou au devenir local de mauvais pronostic. La guérison du
patient peut en être l’objectif mais souvent le but
n’est que palliatif. Dans la plupart des indications la chimiothérapie
est incluse dans une stratégie plus globale, associant traitements
locorégionaux, chirurgicaux et/ou radiothérapiques.
En fonction de la séquence d’administration de la chimiothérapie
par rapport à ces traitements, on définit la chimiothérapie
adjuvante et la chimiothérapie néoadjuvante ou première.
2.1 La chimiothérapie adjuvante
C’est une chimiothérapie administrée après
un traitement local ou locorégional d’un cancer pour
lequel le risque d’évolution métastatique
est élevé. Cette chimiothérapie est administrée
en l’absence de maladie perceptible pour détruire
les éventuelles cellules néoplasiques qui auraient
diffusé dans l’organisme. L’administration
dans une telle situation est théoriquement idéale
: faible masse tumorale et faible taux de cellules chimio-résistantes.
En pratique, l’intérêt d’un tel type
de stratégie n’a été démontré
que dans peu de situations cliniques (cas du cancer du sein).
La preuve de l’intérêt de ce traitement ne
peut être apportée que par des essais randomisés
prospectifs de phase III comparant un traitement adjuvant à
l’absence de traitement complémentaire. Une différence
significative au niveau de la survie globale ou de la survie sans
récidive est recherchée entre ces deux groupes.
La mise en évidence d’une telle différence
est difficile et implique des études incluant un grand
nombre de patients avec de surcroît un long suivi.
2.2 La chimiothérapie néoadjuvante
La chimiothérapie néoadjuvante ou première
est administrée avant le traitement local ou locorégional
d’un cancer. L’objectif de cette stratégie
peut être multiple.
Elle prévient le développement des métastases
en traitant précocement les éventuelles disséminations
imperceptibles et permet éventuellement d’évaluer
sur la tumeur primitive l'efficacité de la chimiothérapie.
Par exemple, dans le traitement des ostéosarcomes une chimiothérapie
première suivie d’une chirurgie d'exérèse
carcinologique est plus conservatrice. Le taux de cellules malignes
vivantes après chimiothérapie néoadjuvante
peut être évalué et représente un facteur
pronostic majeur qui gouverne par ailleurs la suite de la stratégie
thérapeutique.
2.3 Chimiothérapie des phases disséminées
Dans les pathologies disséminées, la chimiothérapie
ne peut être administrée à visée curative
que dans une minorité de tumeurs malignes (Tableau 6).
Mais dans la plupart des maladies disséminées, la
chimiothérapie a un but palliatif. Elle permet des rémissions
plus ou moins prolongées et parfois d’améliorer
la survie des patients; elle tente dans tous les cas d’offrir
un bénéfice en terme de qualité de vie (indication
la plus fréquente de la chimiothérapie).
|
| Tableau 6 : Affections pour lesquelles
la chimiothérapie peut avoir un but curatif |
| En situation adjuvante et/ou néoadjuvante |
En situation métastatique ou de maladie
avancée |
| Adénocarcinome du sein
Ostéosarcome
Adénocarcinome colorectal
Sarcome des tissus mous |
Choriocarcinome placentaire
Leucémie aiguë myéloblastique
Maladie de Hodgkin
Lymphome malin non-hodgkinien
Tumeur germinale maligne
Néphroblastome
Rhabdomyosarcome embryonnaire
Sarcome d’Ewing
Neuroblastome
Cancer bronchique à petites cellules
Adénocarcinome ovarien |
|
2.4 Combinaison de molécules de chimiothérapie
L'efficacité de la chimiothérapie a été
renforcée par l’association de médicaments.
Actuellement, la monochimiothérapie n’est pratiquement
réservée qu’à trois situations :
1. Les tumeurs qui présentent une chimiosensibilité
élective, comme le Choriocarcinome au Méthotrexate
et à la Dactinomycine, le Myélome au Melphalan
ou les cancers myeloprolifératifs à l’Hydroxyurée
;
2. Les tumeurs peu chimiosensibles pour lesquelles des associations
ne font guère mieux qu’un seul médicament;
pour le mélanome malin disséminé, la Dacarbazine
(DTIC) seule est aussi efficace que bien des associations testées,
y compris celles comportant le DTIC ;
3. Pour des cancers avancés ayant épuisé
toute autre possibilité thérapeutique, on est
en droit de tester un nouveau produit qui est utilisé
isolément.
Le principe des associations chimiothérapiques (comme
d’une façon générale, les associations
de chirurgie et radiothérapie ou de radiothérapie
et chimiothérapie) est d’accroître l’index
thérapeutique, c’est à dire d’augmenter
l’efficacité sans augmenter la toxicité.
L’association de médicaments cytotoxiques doit respecter
trois règles :
1. Les médicaments employés doivent témoigner
séparément d’un minimum d’activité
contre la tumeur considérée ;
2. Association de médicaments de famille et de mode
d’action différents, l’un allant en général
avec l’autre. Avec plusieurs cytotoxiques on vise plusieurs
cibles cellulaires (de nature cinétique, biochimique
ou autres), ce qui induit des lésions temporaires et
subléthales mais dont l’addition peut déterminer
l’élimination définitive de la cellule tumorale
;
3. Association de médicaments de toxicité différente,
selon le type cellulaire. On évite ainsi de cumuler sur
un seul tissu l’action toxique des divers médicaments
utilisés ; certes on multiplie les manifestations toxiques
mais en faisant en sorte que chacune d’entre elle reste
acceptable et que leur superposition soit également supportable.
2.5 Chimiothérapie intensive et auto-greffe
Le concept de la chimiothérapie intensive (ou chimiothérapie
lourde) avec autogreffe de Cellules Souches Hématopoïétiques
(CSH) repose sur deux notions fondamentales :
- l'augmentation de la dose permet d’augmenter la réponse
au traitement mais s’accompagne également d’une
majoration de la toxicité, notamment hématologique
;
- l'augmentation de la toxicité hématologique
peut être limitée par la réinjection de
CSH autologues au décours immédiat du traitement
intensif. Cette technique improprement dénommée
"auto-greffe" n’est donc qu’un moyen de
"réanimation hématologique": contrairement
à l’allogreffe avec donneur, l'autogreffe en elle
même n’a aucune fonction thérapeutique.
2.5.1 Indications
1-Patients concernés :
- jeunes d’âge inférieur à 50
ou 60 ans ;
- malades sans atteinte intercurrente des organes cibles
des effets indésirables des cytotoxiques, ni des
organes de métabolisation ou d’élimination
de ses composés ;
- malades sans signes d’insuffisance médullaire
provoquée par des traitements antérieurs ;
- malades ayant donné leurs consentement après
information complète et psychologiquement aptes à
supporter une hospitalisation prolongée en secteur
d’isolement.
2- Tumeurs concernées
L’intensification thérapeutique (IT) est actuellement
réservée aux tumeurs très chimiosensibles
(la chimiosensiblité aura été testée
lors du premier traitement) et aux tumeurs de faible masse
(notamment après réduction chirurgicale).
2.5.2 Cytotoxiques concernés
- les alkylants : Carboplatine, Cisplatine, Cyclophosphamide,
Lomustine, Melphalan, Mitomycine C et Thiotépa ;
- les inhibiteurs de la topoisomérase II : Etoposide
;
- les intercalants : Mitoxantrone ;
- les antimétabolites : Cytarabine et Méthotrexate.
Une radiothérapie peut être associée
à la chimiothérapie, soit par irradiation corporelle
totale (T.B.I : Total Body irradiation), soit par irradiation
locale (T.A.I : Total Abdomen Irradiation). Les principales
indications de l’intensification thérapeutique
figurent dans le Tableau 7 suivant.
|
| Tableau 7 : Indications
de l’Intensification thérapeutique |
| Amélioration de la survie démontrée |
Pathologies en cours d’évaluation |
| Lymphome malin non-hodgkinien de haut grade après
rechute sensible à une deuxième ligne de chimiothérapie
Myélome multiple en bonne réponse après
chi-miothérapie chez les pa-tients de moins de 65 ans
Leucémie aiguë myé-loblastique de l’enfant
ou de l’adulte de moins de 50 ans après mise
en rémission complète (en absence de possibilité
d’allo-greffe |
Tumeur germinale réfractaire à une chimiothérapie
initiale ou après rechute chimiosensible
Cancer du sein inflammatoire
Cancer du sein avec envahissement ganglionnaire axillaire
massif
Cancer du sein métastatique mis en rémission
après chimiothérapie conventionnelle
Lymphome malin non-hodgkinien (LNH) de haut grade avec facteurs
initiaux de très mauvais pronostic
Maladie de Hodgkin avec facteurs de très mauvais pronostic
ou après rechute précoce
Cancer de l’ovaire stades III et IV après réponse
à la chimiothérapie initiale
Cancer bronchique à petite cellules
Leucémie lymphoïde chronique et LNH de bas grade
chez les sujets jeunes
Leucémie myéloïde chronique
Neuroblastome disséminé (stade IV)
Sarcome d’Ewing métastatique |
|
2.5.3 Prélèvement et réinjection
de moëlle osseuse
La technique initiale de collecte des CSH, encore utilisée,
consiste à prélever par ponction aspiration sous
anesthésie générale 20 ml/kg environ de
moelle osseuse. De plus en plus souvent, cette collecte est
réalisée par des cytaphérèses (1
à 3 en général) qui permettent de recueillir
des cellules souches circulantes en sortie d’aplasie.
La richesse de ce recueil est augmentée par l’injection
de Facteurs de Croissance Hématopoïétique
(FCH) comme le G-CSF ou le GM-CSF à raison de 5 à
10 µg /kg/j pendant 6-8 jours.
La réinjection des CSH s’effectue environ 7 jours
après le traitement cytotoxique intensif. Sous administration
de FCH la reconstitution hématologique se fait dans un
délai de 10 à 20 jours pour les lignées
neutrophiles mais la restauration de la lignée plaquettaire
reste le facteur limitant de l’aplasie et nécessite
souvent des transfusions plaquettaires itératives.
2.6 Chimiothérapie locorégionale
L’histoire naturelle de la plupart des tumeurs solides
comporte une période où elles sont confinées
à un organe ou à une région de l’organisme.
Même en cas d’évolution métastatique,
il peut y avoir un organe ou une région anatomique dont
l’atteinte par la tumeur primitive ou la maladie métastatique
est responsable d’un risque vital particulier. C’est
le cas, dans certaines régions (par exemple méninges
ou testis) pour lesquelles les cellules néoplasiques peuvent
ne pas être atteintes par les chimiothérapies. Dans
ces types de situation, il faudra recourir à une voie d’administration
assurant un contact aussi direct que possible entre cellules cibles
et produits actifs. C’est le cas des chimiothérapies
intra-artérielles, intraveineuses portales, intra-péritonéales,
intra-thécales et intra-ventriculaires.
Ce type de traitement permet d’obtenir des concentrations
localement élevées tout en limitant le risque de
toxicité systémique. Ces avantages théoriquement
séduisants n’ont cependant débouché
que sur des applications limitées :
- chimiothérapie intra-artérielle hépatique
par la Fluro-déoxyuridine (FUDR) dans le traitement des
métastases hépatiques des cancers colorectaux
;
- chimiothérapie intra-artérielle des sarcomes
des tissus mous dans le but de réduire une chirurgie
mutilante ou une amputation de membre ;
- chimiothérapie intra-péritonéale par
cathéters de dialyse type Tenchkoff relié à
une chambre implantable placée en sous-cutané
;
- traitement de la maladie méningée infra clinique
par le Méthotrexate au cours des leucémies lymphoblastiques
de l’enfant, appelé communément "prophylaxie
méningée".
3. L’hormonothérapie en cancérologie
De manière schématique, l’hormonothérapie
a un effet inhibiteur sur la prolifération tumorale. Ce mode
d’activité est différent de la chimiothérapie
qui tente de détruire les cellules tumorales.
L’hormonothérapie en cancérologie concerne essentiellement
deux pathologies :
- le cancer de la prostate ;
- le cancer du sein.
Elle constitue une thérapeutique majeure dans ces deux cancers
et représente le seul traitement médical significativement
actif dans le cancer de la prostate. Elle est un traitement essentiel
en sénologie qu’il s’agisse d’indications
de traitement adjuvant ou d’indications posées à
un stade avancé de la maladie.
3.1 Cancer de la prostate
3.1.1 Cancers localisés
Le traitement clé des stades localisés de cancer
de la prostate est le traitement chirurgical à type de
prostatectomie radicale ou le traitement local par radiothérapie
externe. Mais ces traitements locaux seuls ne permettent pas
de contrôler tous les patients ; en effet, respectivement
50%, 40%, 25% et 20% des patients qui présentent un stade
C, B2, B1 et A meurent de leur cancer de prostate.
L’hormonothérapie néoadjuvante a pour objectif
de faciliter le traitement chirurgical ou radiothérapique
curateur des stades A et B. Les antiandrogènes n’ont
montré aucun impact sur la survie mais ils ont permis
une meilleure qualité de l’exérèse
chirurgicale avec diminution des cas avec extension extra-capsulaire
de 81 à 58% et une réduction des cas avec marges
d’exérèse positives de 42 à 19%.
L’hormonothérapie d’induction pré
chirurgicale par blocage androgénique n’a montré
aucun impact sur la survie mais présente un bénéfice
en terme de qualité de l’exérèse
chirurgicale où les marges positives ont été
réduites dans le bras “hormonothérapie d’induction”
(13% versus 38% de marges envahies).
3.1.2 Cancers métastatiques
Dans les cancers prostatiques métastasés à
distance, le traitement est palliatif mais la survie peut être
de longue durée (parfois supérieure à 10
ans) avec un contrôle des symptômes liés
à la maladie et une qualité de vie satisfaisante.
Les bénéfices de l’hormonothérapie
sont évalués sur des critères subjectifs
et objectifs : amélioration des douleurs, augmentation
des capacités fonctionnelles du patient, réduction
volumétrique des localisations métastatiques mesurables
ou évaluables et diminution du PSA (Prostatic Specific
Antigen).
Actuellement, on propose d’emblée une première
ligne thérapeutique associant anti-androgènes
et castration. Seuls les patients qui ont refusé la castration
bénéficient d’un traitement par antiandrogènes
en monothérapie.
L’échappement au traitement hormonal est constamment
observé ; une deuxième ligne de traitement hormonal
peut être proposée et peut encore entraîner
une rémission : après blocage androgénique
maximal par l’association antiandrogènes-castration,
le DES (Diéthylstilbestrol) permet 30% de réponses
objectives. Des résultats similaires sont obtenus avec
les inhibiteurs de la biosynthèse des androgènes.
3.2 Cancer du sein
Aujourd’hui, on distingue quatre types d’hormonothérapie
: les anti-oestrogènes, la castration, les progestatifs
et les anti-aromatases. L’efficacité de ces traitements
varie selon le statut hormonal de la patiente et de la réceptivité
des cellules néoplasiques aux hormones.
3.2.1 Récepteurs hormonaux
Les récepteurs hormonaux sont des protéines intracellulaires
liant l’oestrogène (RE) ou la progestérone
(RP). Ils jouent l’intermédiaire entre l’hormone
produite à distance et la cellule cible qui contient
ces récepteurs. Le mieux connu est le RE qui lie les
oestrogènes au niveau d’un domaine spécifique
avec une haute affinité. L’intérêt
de la détermination des RE en dehors de leur valeur pronostique
réside dans sa valeur prédictive de l’efficacité
des hormonothérapies.
3.2.2 Condition hormonale de la patiente
Le statut hormonal de la femme varie fondamentalement avec
l’âge. A la ménopause, l’arrêt
naturel de la fonction ovarienne bouleverse les conditions hormonales.
Les indications et la sensibilité aux hormonothérapies
seront donc radicalement différentes entre les périodes
pré- et post-ménopausiques. Les caractéristiques
tumorales seront également différentes, les patientes
ménopausées présentant plus souvent des
tumeurs avec des RE positifs que les patientes pré-ménopausées
autour de la ménopause. La sensibilité aux traitements
hormonaux varie beaucoup à des niveaux de positivité
de RE équivalents. Les patientes dont la ménopause
remonte à moins de 5 ans, sont moins hormonosensibles
que celles qui ont dépassé ce délai (15%
versus 37% des réponses objectives sont respectivement
observées).
Par ailleurs divers paramètres sont liés à
l’hormonosensibilité :
- le grade histologique de la tumeur : les tumeurs de bas
grade sont plus souvent hormonosensibles ;
- le taux de prolifération cellulaire : les tumeurs
peu proliférantes auront plus de chance de répondre
à une hormonothérapie ;
- l’importance de l’intervalle libre entre le
diagnostic initial et la récidive donne une notion
de la rapidité d’évolution de la tumeur.
Plus cet intervalle est long, plus la tumeur a des chances
d’être hormonosensible. Un intervalle inférieur
à 2 ans ne permet que 26% de réponses objectives
par l’hormonothérapie, alors qu’un intervalle
de plus de 5 ans est associé à plus de 45% de
réponses objectives.
3.2.3 Hormonothérapies utilisées
(Tableau 8)
- Antioestrogènes : effet antiprolifératif médié
par l’inhibition de la prolifération induite
par les oestrogènes.
Le Tamoxifène est actuellement le principal antioestrogène
; il agit comme inhibiteur compétitif de la liaison
RE-oestrogènes. Il permet d’obtenir environ 30%
de réponses objectives et 30% de stabilisation chez
des patientes métastatiques.
- Anti-aromatases : effet inhibiteur au niveau des surrénales
sur la production de stéroïdes et leur aromatisation
au niveau périphérique qui les transforment
en oestrogènes.
- Progestatifs : acétate de médroxy progestérone
(500 mg/j) et acétate de mégestrol (160 mg/j)
sont les plus utilisés. Leur mécanisme d’action
est imparfaitement connu : fixation sur les récepteurs
de la progestérone, évalués par les mêmes
techniques que pour les récepteurs aux oestrogènes.
Leur efficacité varie entre 20 et 50% de réponses
objectives, ceci en fonction de la posologie utilisée
et des caractéristiques d’hormonosensibilité
de la tumeur.
- Castration : de nature chirurgicale, radiothérapique
ou médicale réversible faisant appel aux analogues
de la LHRH. Ces derniers suppriment le caractère pulsatile
de la sécrétion de LHRH par l’hypothalamus.
Cette hormonothérapie provoque une réduction
des œstrogènes circulants identique à la
castration chirurgicale ou radiothérapique et permet
des taux de rémission semblables.
|
| Tableau 8 : Les différentes
hormonothérapies utilisées |
| Thérapeutique Hormonale |
DCI |
Nom de Spécialité |
Posologie et mode d’administration |
| Anti-oestrogènes |
Tamoxifène |
Nolvadex®
Tamofène®
Oncotam®
Kessar®
Tamoxifène® |
20 mg/j (PO) |
| Progestatifs |
Medroxyprogesterone
Megestrol |
Farlutal®
Megace® |
500-1000 mg/j (PO) ou 160 mg/j (IM) |
| Œstrogènes |
Diéthylstilbestrol
Fosfestrol |
Distilbène®
ST 52 |
3-5 mg/j (PO)
300-900 mg/j (PO) |
| Antiaromatases |
Aminoglutéthimide
Formestane
Letrozole
Anastrozole |
Orimétène®
Lentaron®
Femara®
Arimedex® |
500-750 mg/j (PO)
250 mg/15j (IM)
2,5 mg/j (PO)
1 mg /j (PO) |
| Analogues LHRH |
Triptoreline
Leuproline
Goséréline |
Décapeptyl®
Enantone®
Zoladex® |
0,1mg/j (SC) ou
3 mg/mois (IM) ou 11,25 mg/3 mois (IM)
3,75 mg/mois (IM, SC)
3,6 mg/mois (SC) ou 10,8 mg/3 mois (SC) |
| Anti-androgènes |
Cyprotérone
Flutamide
Nilutamide |
Androcur® Eulexine®
Anandron® |
200 - 300 mg/j (PO)
750 mg/j (PO)
150 - 300 mg/j (PO) |
| PO : Per os, IM :
Voie intra musculaire ; SC : Voie sous-cutanée |
|
4. La corticothérapie en cancérologie
En raison de leurs effets anti-inflammatoires puissants, ils sont
largement utilisés dans le traitement antalgique et palliatif
de divers cancers avancés.
Par ailleurs, les corticostéroïdes font partie de certains
protocoles de chimiothérapie curative de la maladie de Hodgkin,
des lymphomes malins non hodgkiniens et des myélomes multiples.
4.1 Maladie de Hodgkin
|
| Protocole MOPP : J1 = J28 |
| J1 |
Oncovin |
1,4 mg/m² |
IVD dose totale inf. ou égale à 2mg |
| J1 |
Caryolysine |
6 mg/m² |
IVD |
| J8 |
Oncovin |
1,4 mg/m² |
IVD dose totale inf. ou égale à 2mg |
| J8 |
Caryolysine |
6 mg/m² |
IVD |
| J1 à J14 |
Procarbazine |
10 mg/m² |
PO |
| J1 à J14 |
Prednisone |
40 mg/m² |
PO |
| Protocole MOPP/ABVD hybride :
J1 = J28 |
| J1 |
Oncovin |
1,4 mg/m² |
IVD dose totale inf. ou égale à 2mg |
| J1 |
Caryolysine |
6 mg/m² |
IVD |
| J1 à J7 |
Procarbazine |
100 mg/m² |
PO |
| J1 à J14 |
Prednisone |
40 mg/m² |
PO |
| J8 |
Adriamycine |
35 mg/m² |
IVD |
| J8 |
Bléomycine |
10 mg/m² |
IM/IV |
| J8 |
Vinblastine |
6 mg/m² |
IVD |
| Protocole ABVPP : J1 =
J28 |
| J1 |
Adriamycine |
30 mg/m² |
IVD |
| J1 |
Bléomycine |
5 mg/m² |
IVD |
| J1 |
Vinblastine |
5 mg/m² |
IVD |
| J1 à J14 |
Procarbazine |
100 mg/m² |
PO |
| J1 à J14 |
Prednisone |
40 mg/m² |
PO |
| J8 |
Bléomycine |
5 mg/m² |
IVD |
| J8 |
Vinblastine |
5 mg/m² |
IVD |
|
4.2 Lymphomes malins non hodgkiniens
- de bas grade
|
| Protocole CHVP : J1 = J28 |
| J1 |
Cyclophosphamide |
600 mg/m² |
IVD 30 min |
| J1 |
Adriamycine |
25 mg/m² |
IVD |
| J1 |
Vehem* |
60 mg/m² |
IVD |
| J1 à J5 |
Prednisone |
40 mg/m² |
PO |
| * n’est plus commercialisé |
|
- de haut grade
|
| Protocole ACBVP : J1 = J21 ou
J28 selon les cas |
| J1 |
Adriamycine |
75 mg/m² |
IVD |
| J1 |
Bléomycine |
10 mg dose totale |
IVD |
| J1 |
Cyclophosphamide |
1200 mg/m² |
IV 30 min |
| J1 |
Vindesine |
2 mg/m² |
IVD |
| J2 |
Méthotrexate |
15 mg |
Intrathécal |
| J2 |
Solumedrol |
40 mg |
Intrathécal |
| J5 |
Bléomycine |
10 mg dose totale |
IVD ou IM |
| J5 |
Vindesine |
2 mg/m² |
IVD |
| J1 à J5 |
Prednisone |
60 mg/m² |
IV ou PO |
| Protocole CHOP : J1 = J21 |
| J1 |
Adriamycine |
50 mg/m² |
IVD |
| J1 |
Cyclophosphamide |
750 mg/m² |
IV 30 min |
| J1 |
Vincristine |
1,4 mg/m² |
IVD dose totale inf. ou égale à 2mg |
| J à J5 |
Prednisone |
40 mg/m² |
PO |
| Protocole DHAP : J1 = J21 ou
J28 |
| J1 |
Cisplatine |
100 mg/m² |
IVC 24 heures |
| J2 |
Aracytine |
2000 mg/m²/12 heures soit 4000 mg/m²/jour |
IVC 3 heures |
| J1 à J4 |
Dexaméthasone |
40 mg dose totale/jour |
IV 15 minutes ou PO |
|
4.3 Myélome multiple
|
| Protocole MP : J1 = J28 |
| J1 à J14 |
Melphalan |
0,25 mg/kg/jour |
PO |
| J1 à J14 |
Prednisone |
40 mg/m² |
PO |
| Protocole CP : J1 = J 28 |
| J1 |
Cyclophosphamide |
100 mg/m² |
IV 30 min |
| J1 à J5 |
Prednisone |
40 mg/m² |
PO |
| Protocole VAD |
| J à J4 |
Vincristine |
0,4 mg/jour dose totale |
IVC 24 heures |
| J1 à J4 |
Adiamycine |
9 mg/m²/jour |
IVC 24 heures |
| J1 à J4 |
Dexaméthasone |
40 mg/jour |
PO |
| J9 à J12 |
Dexaméthasone |
40 mg/jour |
PO |
| J17 à J20 |
Dexaméthasone |
40 mg/jour |
PO |
| J1 = J28 ; suppression
à partir du 3ème cycle de la Dexaméthasone
J9 à J12 et J17 à J20 |
|
4.4 Autres indications
On note essentiellement et à titre non limitatif :
- l’hypertension intracrânienne par œdème
cérébral, en rapport des localisations néoplasiques
secondaires ou primitives ;
- les compressions médullaires dans le cadre d’une
épidurite néoplasique ;
- diverses compressions d’organes avec syndrome inflammatoire
local symptomatique, (syndrome occlusif dans les carcinoses
péritonéales, tumeurs de la tête et du cou
avec compression des voies aériennes supérieures...)
;
- potentialisation de l’effet antiémétique
des sétrons.
5. L’immunothérapie en cancérologie
Les premiers résultats reproductibles ont été
obtenus à la fin des années 1980 avec les effecteurs
du système immunitaire, essentiellement dans les cancers
du rein et les mélanomes malins. Ces résultats restent
actuellement limités. Les anticorps cytotoxiques à
visée thérapeutique constituent une approche nouvelle
prometteuse. La thérapie génique reste pour l’instant
limitée au stade des études de faisabilité.
Les cytokines et les indications
Seules l’IL2 et l’IL6 ont une utilisation clinique
(les facteurs de croissance hématopoïétiques
sont en cours d’évaluation).
Les interférons (INF) forment trois familles de glycoprotéines
(alpha, bêta et gamma). L’interféron alpha
2, le seul commercialisé, a démontré une
activité clinique dans les différentes tumeurs en
utilisant des posologies variables selon la maladie (Tableau 9).
|
| Tableau 9 : Les cytokines
en cancérologie |
| Molécule |
Indications |
Dénomination commune (DCI) |
Posologies |
| Interféron alpha 2 |
Leucémie à tricholeucocytes |
Introna®
Roféron® |
2 MUI/m², 3 fois/semaine
3 MUI/m², 3 fois/semaine |
| Leucémie myéloïde chronique |
Introna®
Roféron® |
4 à 5 MUI/m²/jour
3 à 9 MUI m²/jour |
| Myélome |
Introna® |
3 MUI/m², 3 fois/semaine |
| Lymphome folliculaire |
Introna® |
5 MUI/m², 3 fois /semaine |
| Lymphome malin cutané à cellules T |
Roféron® |
3 à 18 MUI/jour |
| Sarcome de Kaposi |
Introna®
Roféron® |
10 MUI/jour
3 à 36 MUI/jour |
| Mélanome malin |
Introna® |
10 à 20 MUI/m², 3 fois/semaine |
| Cancer du rein à un stade avancé |
Roféron® |
3 à 9 MUI, 3 fois/semaine |
| IL 2 |
Cancer du rein à un stade avancé |
Proleukine®
Proleukine®
+ Roféron® |
18 MUI/m² en 2 injections SC/jour
INF : 6 MUI SC tous les 2 jours +
IL 2 : 18 MUI/m² IV continue/jour/5 jours |
| IM : Voie intra-musculaire;
SC : Voie sous-cutanée |
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1. Cancers du rein métastatiques
- IL2 seule : 14 à 22% de réponses objectives
avec une durée moyenne de rémission de 5 mois,
- IL2 associée à l’interféron alpha
2 : 10 à 30% de réponses objectives dont 2 à
10% de réponses complètes avec quelques longs
survivants mais des médianes de survie de l’ordre
de 1 an. Le schéma qui fait actuellement référence
combine une semaine sur deux l’IL2 tous les jours à
la posologie de 18 millions UI/m²/jour en une ou deux injections
sous-cutanées et l’interféron alpha 2 à
6 millions UI/m2 administré un jour sur deux.
2 . Mélanomes malins métastatiques
- Interferon alpha 2 seul : 15 à 30% de réponses
objectives avec 5% de réponses complètes, et une
durée moyenne de réponses de 6 à 12 mois,
- Interferon alpha 2 associé : l’association au
Cisplatine ou à la Dacarbazine permet d’obtenir
25 à 43% de réponses objectives mais sans bénéfice
de survie par rapport à la chimiothérapie seule.
Des associations d’interféron alpha2, d’IL2
et de chimiothérapie comportant du Cisplatine ont montré
une activité intéressante avec 55% de réponses
objectives mais brèves avec une durée médiane
de 5,5 mois.
3. Mode d’administration et posologie
Le mode initial d’administration (perfusion intra-veineuse
continue pendant cinq jours) a été abandonné
en raison de ses effets indésirables. Actuellement
la voie sous cutanée est préconisée à
des doses variant de 2 à 18 millions UI/24 heures avec
un niveau d’efficacité similaire et une toxicité
limitée à un syndrome pseudogrippal qui justifie
une prémédication systématique
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