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1ères journées pédagogiques d’éthique médicale & 2ème séminaire international sur l’éthique médicale - 11 et 12 juin 2008 - Alger

 

Faculté de médecine d’Alger

 

La faculté de médecine d’Alger a organisé les 11 et 12 juin 2008, à l’hôtel Aurassi des journées scientifiques consacrées à l’éthique médicale auxquelles ont participé de nombreux enseignants des facultés de médecine d’Alger, Constantine, Amiens et Paris.

Ces journées ont abordées la formation initiale et l’enseignement de l’éthique médicale, l’éthique dans l’activité de gynéco-obstétrique, en réanimation, en soins palliatifs et chez les personnes âgées.

 

Inauguration des journées par le Pr. M. Arrada, doyen de la faculté de médecine d’Alger

Inauguration des journées par le Pr. M. Arrada, doyen de la faculté de médecine d’Alger

 

Inauguration des journées par le Pr. M. Arrada, doyen de la faculté de médecine d’Alger
 
La conférence inaugurale présentée par le Pr. Safavian, secrétaire général de la Ligue Internationale pour l’Ethique Médicale (LIEM), avait pour titre « De la bioéthique à l’éthique clinique : nouvelles frontières de la médecine ».
Tout d’abord, le Pr. Safavian s’est intéressé aux normes, valeurs et choix de sociétés de la bioéthique. Ainsi concernant les valeurs, la bioéthique doit garantir la santé physique, mentale et spirituelle de l’individu ; elle doit améliorer son espérance de vie et sa qualité de vie permettant son bien-être et son épanouissement. Elle doit par ailleurs préserver son identité, sa dignité et sa liberté.

Comme ligne de conduite ou références, le médecin doit faire appel à :

  • Directives et préceptes moraux propres aux médecins ;
  • Code de Nuremberg (1947) ;
  • Déclaration de l’association médicale mondiale (Tokyo 1975) ;
  • Principes d’éthique médicale des Nations unis (1982) ;
  • Déclaration des nations unis sur le don d’organes et le génome humain (1997) ;
  • La convention européenne sur les droits de l’homme et la biomédecine (1996) ;
  • La charte des droits fondamentaux de l’union européenne (2000) ;
  • Charte, déclarations et avis des comités d’éthique nationaux et internationaux.

L’orateur rappellera que pour la France il y a eu la loi Huriet (1988), la loi de bioéthique (1994, 2004), la loi du 4 mars 2002 relatives aux droits des malades.
Si toutes ces lois existent, dans l’application quotidienne et en particulier dans les pratiques de recherche, l’éthique doit être une éthique de conviction et de responsabilité, le choix devant toujours privilégier la personne humaine.

Il existe bien sûr des mécanismes de comportement à risque en relation avec les considérations de progrès, l’enthousiasme scientifique, la sous-évaluation de la qualité des individus et enfin les arguments ou les perspectives économiques.
Le Pr. Safavian rapportent les 1ères dérives représentées par les expériences criminelles des médecins nazis, dérives qui ont été à l’origine du code de Nuremberg mais également plusieurs scandales apparus durant les années 60, qui ont été à l’origine des 1ers comités d’éthique aux USA et l’apparition du mot bioéthique (en 1970) dont les bases conceptuelles reposent sur :

  • une réflexion sur l’action et les valeurs qui la fondent ;
  • une réflexion sur l’utilité intrinsèque des résultats attendus ;
  • l’assurance de l’absence d’effets attentatoire aux droits et à la dignité de la personne d’expérience.

Il existe par ailleurs des tensions éthiques (raisonnements moraux contradictoires) quant à la liberté de la recherche et aux limites de toute recherche fondamentale et à la légitimité de son application chez l’homme. Les 2 exemples cités par l’orateur sont le génome et les bases génétiques des propriétés biologiques des êtres vivants, ainsi que les recherches sur les cellules souches embryonnaires.
Après avoir abordé également l’éthique clinique dans son évolution, ses dogmes, chartres, recommandations et enseignement, le Pr. Safavian dira que l’éthique est la base de surveillance et de vigilance de la médecine contre les dérives possibles de la recherche médicale qui peuvent toucher la santé de l’homme, sa descendance, son avenir, son patrimoine génétique, sa pensée et sa liberté.

Elle est le cadre de l’action du médecin, de ses implications dans la santé publique et les relations sociales, face aux exigences de la santé et des contraintes socio-économiques.
Le médecin est aujourd’hui confronté quotidiennement à des problèmes éthiques complexes allant des choix thérapeutiques personnalisés (engageant sa propre responsabilité) aux décisions et prises de positions plus générales engageant l’honneur et la responsabilité de la profession (choix thérapeutique et choix de société).
Parmi les grands problèmes éthiques se pose celui des médecins dites ‘’douces’’ dont l’abus par le médecin peut aller vers la tromperie, l’imposture et le charlatanisme.

Quelles sont les références éthiques ? Si la morale est directive, impérative, d’essence religieuse, l’éthique est réflective, suggestive avec adhésion individuelle, sans réserve ni contrainte, d’essence éducative.
Les références de l’éthique se fondent sur la philosophie générale, la philosophie personnelle, le civisme, les convictions intimes du bien et du mal et bien sûr le réalisme professionnel.

A la suite de cette conférence inaugurale, une table ronde consacrée à l’enseignement de l’éthique médicale (chronologie, méthodologie, organisation) a eu lieu. Cette table ronde a vu la participation des professeurs Aberkane ancien ministre de l’enseignement supérieur et de la santé et actuel président de la commission de l’éthique du ministère de l’enseignement supérieur, Safavian, Lamara Mahamed président de la commission de l’éthique médicale de la faculté de médecine d’Alger, Boulanger secrétaire général de l’association pour la promotion de l’enseignement de l’éthique médicale, Tchaoussov  référant des activités de prélèvement-greffes au CHU d’Amiens, Milliez chef du pôle gynéco-endocrinologie-obstétrique au CHU Saint Antoine à Paris et Merrah professeur de médecine légale.

 

Conférence inaugurale
Conférence inaugurale

 

Après un tour de table au cours duquel chaque participant a donné son point de vue sur l’enseignement de l’éthique, un débat fructueux avec la salle a eu lieu.
Les séances suivantes ont été consacrées à :

  • Consentement éclairé dans l’activité gynécologique
  • La décision médicale en gynéco-obstétrique et aspects éthiques
  • Les problèmes posés par l’interruption médicale de grossesse (IMG)
  • Les problèmes éthiques en pratique de réanimation. l’acharnement thérapeutique
  • Les soins palliatifs en fin de vie
  • La douleur chronique et cancer
  • L’éthique et les explorations invasives
  • Ethique  et effets adverses des médicaments
  • Pathologie iatrogène en réanimation
  • Ethique et intervention chirurgicale à haut risque
  • Ethique et thérapeutique chez les personnes âgées.

Communication mise en ligne le 16 juin 2008


 
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