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La progression des hospitalo-universitaires
Rapport de la commission de réflexion chargée de l'étude de la problématique de la progression des maîtres-assistants hospitalo-universitaires liée à la thèse de doctorat en sciences médicales

A la demande du ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche scientifique, une commission de professeurs hospitalo-universitaires et de membres du ministère de l'enseignement supérieur a été installé en vue d'étudier la problématique de la progression des maîtres-assistants hospitalo-universitaires liée à la thèse de doctorat en sciences médicales.

Cette commission animée par le professeur BOUCEKKINE Tadjedine était composée de :

  • BOUCEKKINE Tadjedine : professeur de gastro-entérologie, président du CPN de gastro-entérologie, président du comité des experts cliniciens.
  • DENINE Rachid : professeur de pharmacie, ancien directeur du département de pharmacie.
  • BENDIB Abdelkrim, professeur de radiologie, ancien président de CPR
  • BENDIB Ahmed, professeur de chirurgie générale, président du conseil scientifique du CPMC
  • ZIDANE Charef, professeur d'histo-embryologie, ancien directeur du centre bio-médical de Dergana.
  • HAFIZ Salim, professeur de chirurgie maxillo-faciale, ancien directeur du département de chirurgie dentaire, président du conseil scientifique du CHU Mustapha.
  • MEHDI Youcef, professeur de médecine légale, président du CPN de médecine légale, ancien doyen de la faculté de médecine d'Alger, ancien président du conseil scientifique du CHU Mustapha.
  • DJEMLI Mohamed El Hadi, professeur de chirurgie générale, président du conseil scientifique du CHU Béni Messous, président de la société algérienne de chirurgie.
  • ISSAD Mohand Said, professeur de cardiologie.
  • KHIARI Mohamed, professeur de pédiatrie.
  • KACHA Farid, professeur de psychiatrie faciale, président du CPN de psychiatrie.
  • BENMATI Abdelatif, professeur de réanimation, doyen de la faculté de médecine de Constantine.
  • BENCHABANE Hanifa, directrice de la post-graduation au ministère de l'enseignement supérieur et de la recherche scientifique.
  • BENABID Farida, sous-directrice de la post-graduation en sciences médicales au ministère de l'enseignement supérieur et de la recherche scientifique.
  • HADJ SADOK Abdenour, chef de service au ministère de l'enseignement supérieur et de la recherche scientifique.
  • TAIB Rabah, chargé d'études au ministère de l'enseignement supérieur et de la recherche scientifique.

Aux termes des travaux (19 mai 2003 - 28 mai 2003) les membres de la commission proposent ce qui suit :

Considérations générales

  • il est apparu évident que le traitement et l'aménagement de la progression hospitalo-universitaire des maîtres-assistants indissociables des autres étapes de progression dans la deuxième post-graduation ne pouvait pas être entrepris isolément et qu'il convenait, dans une stratégie globale, d'envisager parallèlement le devenir du concours de recrutement des maîtres-assistants en amont et professeurs hospitalo-universitaires en aval.
  • il est nécessaire, dans un souci d'uniformisation dans l'identification des grades universitaires, de supprimer la dénomination "docent" qui ne figure dans aucun autre organigramme de l'université et de le remplacer par celle de professeur agrégé en médecine.
  • la composition des jurys nationaux des différentes concours doit être multidisciplinaire à chaque fois que la spécialité concernée le permet.
  • la mobilité des impétrants sur l'ensemble du territoire national est un impératif ; elle permet une répartition équitable des spécialistes hospitalo-universitaires au niveau des différentes facultés de médecine du pays et un équilibre régional de la qualité des soins.
  • le respect de la périodicité des concours est essentiel ; il permet une meilleure évaluation et une meilleure projection prospective des effectifs, de contrôler ainsi les flux de façon rationnelle et partant d'éviter la stagnation par défaut de promotion entières d'enseignants.
  • les organigrammes des postes de docent doivent être actualisés et renouvelés en tenant compte des besoins réels des structures en matière d'enseignement, de soins et de recherche.
  • il paraît indispensable dans le cursus du résident, de mettre en place des modules d'enseignement de pédagogie médicale, de méthodologie de la recherche scientifique et de bio statistiques en tenant compte des innovations et des acquisitions actuelles. La validation de ces modules devra être prise en compte dans les grilles d'évaluation des concours de recrutement des maîtres-assistants.
  • Compte-tenu de l'effectif considérable des maîtres-assistants actuellement en exercice, la commission propose la mise en place d'un dispositif de leur progression et la création d'un corps de médecins spécialistes des hôpitaux (outre la filière de médecins spécialistes de santé publique déjà existante) dénommé praticien hospitalier, réservé aux maîtres-assistants qui ne souhaitent pas ou ne pourraient pas accéder au grade de professeur agrégé. Ce corps sera appelé à résorber progressivement, dans les CHU et EHS, le corps des spécialistes de santé publique qui logiquement devraient disparaître de ce type d'établissements.

Etat des lieux

  • le concours de recrutement des maîtres-assistants en médecine
    Ce concours s'adresse à de jeunes médecins récemment promus au grade de spécialistes après leur admission à l'examen du diplôme d'études médicales spéciales (DEMS). Lors de ce concours, le jury est appelé à noter les candidats à l'aide d'une grille d'évaluation qui utilise des paramètres et des épreuves non pertinents avec la formation reçue par ces jeunes médecins, à peine sortis de leur statut d'étudiant en spécialité ; il s'agit :
    • de l'épreuve de titre et travaux
    • de l'épreuve pédagogique
    • de l'évaluation des activités hospitalières et universitaires.

    Il est en effet peu imaginable que des étudiants puissent faire état de titres et travaux personnels et encore moins de subir une épreuve pédagogique. Quant à l'évaluation des activités hospitalières et universitaires, elle est, pour les mêmes raisons, difficile à réaliser. Il paraît nécessaire de revenir à un mode d'évaluation logique, objectif et pertinent en adéquation avec la formation reçue par ces candidats nouvellement admis au DEMS et répondant au profil souhaité pour les fonctions de maîtres-assistants auxquels ils aspirent.

  • la thèse de doctorat en sciences médicales (DESM)
    pour accéder au grade de docent, le maître-assistant est actuellement tenu de subir une double évaluation.
    Il doit :

    • dans un premier temps soutenir une thèse de doctorat en sciences médicales, qui est un pré-requis.
    • puis subir les épreuves du concours de recrutement des docents.
  •  

  • Ces modalités de progression appellent quelques commentaires qui concernent essentiellement la validité de la thèse de DESM.
    • La double obligation faite au maître-assistant, outre son caractère excessif et unique (comparée aux modalités de progression et d'évaluation en usage dans les autres facultés de médecine dans le monde) ne correspond à aucun objectif clair pédagogique ou administratif. L'étude des systèmes de progression universitaire des pays voisins et de ceux qui utilisent un système de formation et de hiérarchie proche du notre, montre qu'il n'existe pas de double évaluation à ce niveau de progression. Le concours d'agrégation ou de maître de conférence est soit un concours sur épreuves soit une évaluation sur titres et travaux. Il n'est précédé d'aucune autre obligation et permet d'accéder directement au grade supérieur.
    • La thèse de DESM ne donne droit à aucune progression hospitalo-universitaire et tant que l'impétrant n'a pas été admis au concours de docent, il demeure maître-assistant parfois des années durant, compte tenu de la périodicité très aléatoire de ce concours. De ce fait la thèse de DESM est réduite à une coquille vide, à une obligation peu attrayante pour le candidat potentiel et paraît, à certains égards parfaitement inutile.
    • Lors de sa création en 1977, la thèse de DESM a été présentée comme l'instrument essentiel de la recherche médicale qu'elle devait stimuler en initiant les futurs chercheurs à une méthodologie de recherche ; elle devait créer des axes de spécialisation de haut niveau et pousser à la constitution de groupes de recherche multidisciplinaires avec pour conséquence une amélioration rapide et sensible du niveau scientifique et de la qualité des soins.
      Force est malheureusement de constater :
      • Que la plupart des thèses soutenues n'avaient pas le niveau requis pour un travail de recherche.
      • Qu'aucune équipe multidisciplinaire durable n'a été crée.
      • Qu'une fois la thèse soutenue, les candidats n'ont pas poursuivi leurs efforts de recherche.
      • Que le niveau scientifique général et la qualité des soins ont contraire nettement baissés.
    • Une analyse plus précise de la signification de la thèse de DESM et des conditions de préparation montre que :
      • Il y a inadéquation totale entre l'institution de la thèse et le système de formation en Algérie. Il s'agit d'une pièce rapportée, inspirée de systèmes étrangers où elle est parfaitement et naturellement intégrée dans un système de formation et de niveau de santé adéquat offrant les moyens et l'environnement nécessaire à sa réalisation. Dans notre pays la thèse s'est rapidement présentée comme un corps étranger, une greffe qui n'a pas réussi.
      • Certains candidats à la thèse de DESM rencontrent d'énormes difficultés pour la réalisation de ce travail.
        Un véritable parcours du combattant :
        • Directeur de thèse peu disponible ou peu sollicité
        • Insuffisance de moyens techniques et logistiques
        • Collaboration multidisciplinaire inexistante ou chaotique.
        • Contraintes administratives représentées essentiellement par l'aval préalable de 3 experts désignés par la faculté, statuant sur le projet de thèse, accord qui se fait attendre parfois plusieurs années ce qui se traduit par l'allongement, parfois considérable de sa durée d'exécution.
        • Difficultés avec la hiérarchie directe.
        • Incompatibilité avec le directeur de recherche ou les collaborateurs.
      • Si les insuffisances des conditions de réalisation d'une thèse sont indiscutables, il n'en demeure pas moins que l'adhésion de certains maîtres-assistants à ce système de progression a été, à l'évidence plus que douteuse. Les cas de manquements ont été, malheureusement nombreux :
        • Refus délibéré de progresser malgré l'insistance des chefs de service.
        • Tendance à l'immobilisme et à la "fonctionnarisation" à vie du poste de maître-assistant.
        • Intérêt très limité pour la recherche scientifique.
        • Mauvaise foi évidente et allégations mensongères vis à vis des supérieurs hiérarchiques accusés, à tord, de freiner leur progression.
        • Intérêt marqué pour des activités plus lucratives dans le secteur libéral entraînant un dysfonctionnement dans les activités du service et annulant toute possibilité d'activité scientifique de haut niveau.

        Il est par ailleurs évident que certains maîtres-assistants ne présentent aucune disposition pour une carrière scientifique et de recherche, ce qui traduit indirectement une mauvaise sélection des candidats lors du concours de recrutement des maîtres-assistants en raison du caractère peu pertinent des modalités d'évaluation de ce concours.

      • Tous ces aléas et ces facteurs négatifs, ont conduits au fil des années, à une situation catastrophique.

        • Désaffection des maîtres-assistants pour la thèse comme en témoigne la chute vertigineuse du nombre de thèses déposées ou soutenues entre 1977 et 2003 alors même que le nombre de maîtres-assistants a très nettement augmenté.
        • Les maîtres-assistants, rebutés par les difficultés rejettent ce système de progression et préfèrent demeurer maître-assistant à vie avec pour conséquence, au fil des années un engorgement, une stagnation et un télescopage de très nombreuses promotions de maîtres-assistants dans les services. Il s'en est suivi :
          • En amont, une diminution des postes de maîtres-assistants à pourvoir faute d'ouverture de postes avec pour conséquence la fuite de jeunes spécialistes motivés particulièrement compétents vers le secteur de pratique libérale ou à l'étranger.
          • En aval, on constate l'absence de progression vers les grades de docent et de professeur, aboutissant à une diminution considérable du nombre d'enseignants de rang magistral dans de très nombreuses spécialités où leur nombre est si faible qu'il est, par exemple, impossible de constituer un jury d'examen avec les seuls membres de la spécialité. Ce déficit est constaté à l'échelle nationale et concerne aussi bien les anciennes facultés de médecine que les plus récentes.

Si la situation demeure en l'état, il faut s'attendre à une grave crise dans les années à venir avec une disparition totale du corps des enseignants magistraux dans certaines spécialités. Faudra-t-il à ce stade faire appel à la coopération internationale ?

Propositions

  • Compte-tenu de cette situation particulière et conflictuelle, la commission propose :
    • A court terme la mise en place de dispositions transitoires qui permettraient de mettre fin à la situation actuelle de blocage et de crise
    • A plus long terme des aménagements de la progression hospitalo-universitaire de la 2ème post-graduation.

     

    Dispositions transitoires

    Elles concernent la progression des maîtres-assistants dans le corps des docents et sont valables deux (02) années :

    • A titre exceptionnel, la commission propose de rendre optionnelle la thèse de DESM.

      Deux cas de figures sont à considérer :

    • Les maîtres-assistants titulaires de thèse de DESM seront autorisés à subir directement les épreuves du concours de recrutement des docents. Ils bénéficieront d'une bonification de 15 points.
    • Les maîtres-assistants non titulaires de la thèse de DESM seront soumis avant leur inscription au concours de recrutement des docents à une sélection préalable.

      Cette disposition est nécessaire du fait de l'hétérogénéité de la population des maîtres-assistants en terme de durée et de qualité d'exercice tant sur le plan hospitalier que sur le plan universitaire.
      Cette sélection pourrait consister :

      • Soit à un concours d'accès au DESM dont les modalités devraient être précisées ultérieurement.
      • Soit à une évaluation comportant : Une épreuve de titre et travaux scientifiques évaluée selon les cotations suivants :
        • Nombre : 1 à 6 ; 7 à 9 ; 10 à 12 ; sup. à 12
        • Modalités : revue scientifique, congrès (abstract), société savante
        • Nature : travail original, mémoire, revue générale, cas clinique.
        • Participation au travail : 2 points
        • Evaluation de la qualité du comportement général du candidat et de ses compétences dans l'exercice de ses fonctions et, un entretien comportant la présentation du CV du candidat et portant sur des sujets d'ordre général et médical.

        Elle utilisera une grille de notation (Cf. annexe) remplie par le chef de service du candidat et dont le contenu devra être validé par une commission de validation constitué de professeurs de médecine composée :

        • du chef de service du candidat
        • du président du conseil scientifique de l'hôpital
        • du président du conseil scientifique de la faculté
        • de deux professeurs, chefs de service de la spécialité, membres du CPR de la spécialité si possible.

    Afin d'assurer l'homogénéité de cette évaluation sur l'ensemble du territoire national, on veillera au respect de l'uniformité de la composition des commissions au niveau de toutes les facultés de médecine du pays. Lorsque la constitution d'une commission au niveau local ne pourra pas être réalisée faute d'enseignants de rang magistral, une commission régionale voire nationale si nécessaire devra être constituée.

    • La grille d'évaluation du concours de recrutement de docent devra être modifiée de la façon suivante :
      • Augmentation de la bonification des maîtres-assistants titulaires de la thèse de DESM de 5 points antérieurement à 15 points.
      • Suppression des bonifications attribués au titre d'activités non pédagogiques.
    • L'échec dans la progression des maîtres-assistants est indissociable de la perte du poste qu'il occupe.
    • En cas de succès au concours de recrutement des docents, le candidat est tenu, en vertu de la mobilité plus que nécessaire du corps enseignant, de rejoindre son poste faute de quoi il en perdra le bénéfice.

Réaménagement dans la progression de la 2ème post-graduation

A plus long terme, la commission souhaite qu'un aménagement global de la 2ème post-graduation soit réalisé :

  • Révision des modalités du concours d'accès à la maîtrise d'assistanat. Les modalités actuelles ne sont pas pertinentes ni cohérentes. Elles doivent être remplacées par des épreuves adéquates, notamment cognitives, qui correspondent mieux à la formation de ces jeunes médecins récemment promis au grade de spécialistes.
  • La durée d'exercice de la maîtrise d'assistanat doit être limitée à sept (7) ans, au maximum.
  • Progression des maîtres-assistants : deux voies d'accès
    • Diplôme de DESM qui doit être maintenu mais soutenance rendue plus attrayante par la mise à la disposition du candidat de moyens techniques et logistiques et par la levée des contraintes. L'expertise du projet de thèse devrait être confiée au conseil scientifique de la faculté élargie aux rangs magistraux de la spécialité ou à une commission permanente ad hoc multidisciplinaire qui désignera parmi ses membres "un parrain" chargé du suivi du déroulement de la thèse ; ce dernier aura également la charge d'aplanir les difficultés rencontrées par le candidat tout au long de sa préparation.
    • Le concours d'accès au DESM dont les modalités pourraient être :
      • Concours réservé aux maîtres-assistants ayant au moins 5 ans d'ancienneté.
      • Epreuves de titres et travaux, leçon pédagogique, épreuve pratique.
      • Privilégier les travaux scientifiques publiés dans des revues indexées.
  • Le concours de recrutement des docents (agrégation)
    Il faut dans ce cadre proposer des aménagements en modifiant la grille d'évaluation dans le but :
    • De privilégier les travaux scientifiques publiés dans des revues indexées
    • D'introduire un système de notation permettant de différencier avec précision la qualité des exposés pédagogiques.
    • D'identifier, parmi les épreuves pratiques, celles qui, dans la spécialité sont à même d'apprécier les qualités techniques et pédagogiques dans le domaine concerné.
  • Le concours de recrutement des Professeurs
    La grille actuelle d'évaluation nous paraît adéquate.

Communication proposée par le professeur Larbi Abid - 4 août 2003


 
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