Madame le professeur Souhila TERKI (1943- 2003)
Chef du Service de Gynécologie et Néonatalité - C.H.U. Parnet Hussein Dey d'Alger

Le Professeur Souhila TERKI née REGGABI, est née le 27 avril 1943 dans la Casbah d'Alger. Très tôt passionnée par la Médecine, elle trouve, alors qu'elle n'est encore qu'une toute jeune lycéenne, à la suite du décès de son père, un poste au sein du dispensaire de la Croix Rouge où elle est prise en charge par les Petites Sœurs qui lui apprendront les premiers gestes de soins et en particulier, l'art de faire les injections. C'est grâce à cet apprentissage qu'en 1957, elle commence à parcourir les ruelles de la Casbah pour faire des injections aux patients qui ne peuvent se déplacer et subvient ainsi aux besoins de sa famille. Après l'obtention d'un baccalauréat - série Mathématique -, elle décroche haut la main le diplôme de Médecine en juin 1972.

Profondément marquée par son stage à la maternité du C.H.U. Mustapha, par les connaissances, les qualités professionnelles et pédagogiques et par la personnalité du Professeur B. AIT OUYAHIA, Chef de Service, elle entame en octobre 1972 des études de post-graduation dans cette spécialité qui vont durer quatre années à l'issue desquelles elle obtient le Diplôme d'Etudes Médicales Spécialisées (D.E.M.S.) en gynécologie-obstétrique.

En 1982, elle soutient sa thèse de Doctorat d'Etat en Sciences Médicales intitulée "La sémiologie échographique des tumeurs de l'ovaire" qui lui permet d'accéder au grade de Maître Assistant Chargé de Cours, puis de présenter le concours d'accès au Docentat (Agrégation), grade qu'elle acquiert en juin 1983.

En 1985, après sa nomination comme professeur chef de Service du C.H.U. de Aïn Taya, elle entame sa première expérience de responsable, avant que lui soit confiée, en 1993, la Direction du Service de Gynécologie Obstétrique du C.H.U. Parnet. Dès lors, elle se dévoue totalement à son équipe et à ses patientes.

Après avoir introduit en Algérie les techniques échographiques en Gynécologie Obstétrique, elle s'investit pleinement dans deux projets. Le premier permettra la création de la Société Algérienne d'Etudes et de Recherche sur la Ménopause (S.A.E.R.M.), dont elle assumera la présidence jusqu'à son décès. Le second, qu'elle ne peut mener à son terme, la maladie l' emportant trop tôt, concerne la Fécondation In Vitro (F.I.V.).

Dans son travail quotidien, le professeur S. TERKI sait imprégner son équipe de la rigueur nécessaire à cette spécialité qu'est la Gynécologie Obstétrique, la rigueur des gestes, la rigueur dans l'approche et le contact avec les patientes, la rigueur dans le choix et le poids des mots lors de différentes réunions scientifiques. Parallèlement, elle est de toute réunion ayant trait à la Défense des Droits de la Femme et lutte notamment contre le Code de la Famille Algérienne et le terrorisme aveugle qui frappe l'Algérie pendant toute une décennie.

Ses différents engagements professionnels et sociaux feront qu'en la citant dans son article du 13 juin 2002 parmi "les 100 qui font bouger l'Algérie", le journaliste de l'hebdomadaire L'EXPRESS écrira : "exigeante avec elle-même autant qu'avec les autres, elle a l'air sévère des gens réputés".

Le 10 mars 2003, l'immense majorité de ses collègues et amis de la faculté de Médecine d'Alger l'a accompagnée à sa dernière demeure.