SERGENT Edmond (1876-1969)

Archives Institut Pasteur

Edmond SERGENTBiologiste français, né le 23/03/1876 à Philippeville (Skikda – Algérie). Il a deux frères, Félix et Etienne.
1889 : Edmond et Etienne reçoivent, en cadeau de leur père, la biographie que R. Vellery-Radot a consacrée à Louis Pasteur : Histoire d'un savant par un ignorant.
Débute ses études médicales à l'Ecole de plein exercice d'Alger.
1896 : Interne à l'Hôpital Mustapha, à Alger
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1899 : Suit le cours de microbiologie de l'Institut Pasteur (Paris). Il est admis en qualité de préparateur du cours, en 1900. Il s'initie à la bactériologie, à la protozoologie à l'entomologie, au Muséum d'histoire naturelle.
1899 : Lauréat du prix Bellion de l'Institut de France. Autres prix obtenus dans cette même académie : Montyon, 1916, 1925 ; Bréant, 1922 ; Chaussier, 1927.
1900 : Montre, avec son frère Etienne, la présence d'anophèles dans certaines régions de France où il n'existe cependant pas de paludisme. Les deux chercheurs formulent la notion d'anophélisme sans paludisme, qui vient compléter le principe selon lequel il n'y a pas de paludisme sans anophélisme, établi par l'Italien Grassi. L'homme apparaît donc comme l'unique réservoir de l'hématozoaire et c'est dans son sang que le moustique, du genre Anophèles, puise le parasite sous une forme qui subira dans son organisme le cycle évolutif aboutissant à l'élément pathogène que sa piqûre inoculera à l'homme.
1900-1910 : A la demande de E. Roux, participe chaque été, avec son frère Etienne, à une mission permanente de l'Institut Pasteur, en Algérie, qui va permettre l'élaboration d'une doctrine posant les bases de la lutte antipaludique en Afrique du Nord (enquête épidémiologique, études hydrauliques, quininisation curative et prophylactique, destruction de l'agent vecteur Anophèles sous ses formes larvaires et adultes). De ces travaux résultera un recul progressif du paludisme en Algérie.
1903 : Découvre, avec son frère Etienne, à l'examen microscopique du sang de chamelles, un trypanosome (Trypanosoma berberum) qui est l'agent étiologique du debad, principale maladie du dromadaire. Ils confirment que la transmission de la maladie s'effectue par les piqûres de taons, et formulent les règles prophylactiques et thérapeutiques permettant de la combattre.
1903 : Devient docteur en médecine. Lauréat du prix Monbinne de l'Académie de médecine, Paris.
1906 : Nommé chef de laboratoire à l'Institut Pasteur, Paris.
1907 : Avec H. Foley, met pour la première fois en évidence, le rôle du pou dans la transmission d'une maladie, lors de l'étude d'une épidémie de fièvre récurrente dans une oasis du Sud oranais.
1908 : Devient membre de la Société de pathologie exotique (SPE).
1909 : Participe à la fondation de la Société d'histoire naturelle d'Afrique du Nord.
1910 : Nommé, par A. Calmette, directeur de l'Institut Pasteur d'Algérie, nouvellement créé pour prolonger l'action entreprise avec son frère.
1913-1932 : En collaboration avec A. Donation, L. Parrot, F. Lestoquard, G. Senevet, des recherches sont menées, notamment sur les piroplasmoses bovines, dont cinq formes existant en Algérie sont bientôt découvertes. Différentes espèces de tiques ont été désignées comme leurs agents vecteurs. Ces travaux ont abouti à la mise en place de règles prophylactiques et thérapeutiques efficaces.
1914-1916 : Expérimente un microorganisme isolé par F. d’Hérelle, Coccobacillus acridiorum, pour la destruction des bandes de sauterelles pèlerines qui envahissent l'Algérie de manière régulière.
1916-1918 : Mobilisé, ainsi que son frère Etienne, comme aide-major. Ils sont chargés, par le ministre de la guerre, le général Lyautey, de mener une campagne de lutte contre le paludisme qui fait des ravages dans l'Armée d'Orient, opérant en Macédoine. Afin d'éviter qu'un nouveau désastre ne se produise comme en 1916, la quininisation préventive des hommes et son contrôle rigoureux sont institués. En septembre 1918, les troupes sont délivrées du paludisme.
1919 : Appelé en mission, au Maroc, par le général Lyautey, pour tracer le programme d'un service antipaludique. Envoyé par E. Roux, auprès du Gouvernement hellénique, pour négocier, au nom de l'Institut Pasteur (Paris), les conventions devant servir de base à la fondation de l'Institut Pasteur hellénique. Nommé chevalier de la Légion d'honneur (promu officier en 1936).
1921 : Isole le champignon responsable d'une maladie des dattiers appelée baïoudh. Enonce, avec M. Béguet, des règles prophylactiques qui restent, malheureusement, difficiles à appliquer. Avec son frère, L. Parrot, A. Donation et M. Beguet, fait apparaître le rôle des phlébotomes, insectes piqueurs nocturnes, dans la transmission de la leishmaniose cutanée, appelée aussi bouton d'Orient ou clou de Biskra.
1923 : Fonde la revue des Archives de l'Institut Pasteur d'Algérie, qui succède aux Archives des Instituts Pasteur d'Afrique du Nord.
1924 : A la suite d'expériences sur l'évolution des hématozoaires pathogènes de l'homme et de diverses espèces animales, menées avec L. Parrot et A. Donatien, il énonce la notion d'infection latente, qui fait que l'organisme infecté, mais non malade, ne peut être réinfecté par le même parasite. Il en résulte une résistance à la maladie désignée sous le nom de prémunition.
1924-1932 : Complète les travaux de Pasteur en montrant que c'est un moucheron, la drosophile, qui dépose les levures responsables de la fermentation du jus de raisin sur les raisins mûrs. Il renouvelle, dans les vignobles de Sauternes, les expériences menées dans un premier temps à Alger pour confirmer cette hypothèse.
1926-1936 : Installe une station expérimentale dans les marécages de la Mitidja, connus sous le nom de Marais des Ouled Mendil, concédés par l'Etat. Les frères Sergent vont consacrer dix ans à assainir ce marécage et à y aménager des fermes susceptibles d'accueillir des familles de cultivateurs, qui ne connaîtront aucun cas de paludisme.
1928-1931 : Envoyé en mission au Maroc, par E. Roux, pour négocier avec le Gouvernement chérifien la création d'un Institut Pasteur à Casablanca et d'une station expérimentale rurale à Tit-Melil.
1929 : Reçoit la médaille d'or de la Société de pathologie exotique (SPE). Est élu membre de l'Académie des sciences d'Outre-Mer.
1930 : Elu correspondant de l'Académie des sciences pour la section d'économie rurale. En devient membre non résident, en 1936.
1934 : Chargé par L. Martin de se rendre à Athènes négocier le renouvellement et la révision du contrat constitutif de l'Institut hellénique.
1935 : Elu président la commission du paludisme du Comité d'hygiène de la Société des Nations.
1936 : Devient membre de l'Académie nationale de médecine et membre de l'Institut.
1948 : Décès de son frère, Et. Sergent.
1963 : Après la guerre d'Algérie, il doit regagner la France. Atteint d'une grave maladie, il entre bientôt à l'Hôpital Pasteur.

Il s'éteint le 20 août 1969 dans une maison de santé du Val-d'Oise.