| Hommage au professeur Pierre ROCHE |
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PAr M. MAAOUI, Chirurgien, le 22/11/04
Le professeur ROCHE a succombé à un cancer colique révélé trois années auparavant et qui était malheureusement déjà à un stade avancé. Il est mort à Toulon, sur la rive nord de la méditerranée, en face d’un pays qu’il a beaucoup aimé et pour lequel il n’a épargné aucun effort. S’il y a un mot pour qualifier ce chirurgien hors pair c’est l’élégance ; Une élégance d’abord physique chez ce natif de Constantine, fils du vieux Rocher comme le soulignait cet autre grand disparu, le professeur Bachir Mentouri ; le professeur Roche a contracté enfant une poliomyélite à Batna, chez un oncle (Gallo que les vieux Batnéens connaissent bien), chef de la clique municipale : les séquelles de cette poliomyélite, loin de le désavantager lui donnait un je ne sais quoi de séduisant qui allait si bien avec son air "à la Gregory Peck" ; un de ses maîtres le professeur Vergoz ne pensait sûrement pas à ce pied quand il l’affublait d’un qualificatif attribué en son temps à Talleyrand; il rendait très vraisemblablement plutôt hommage à la finesse de l’esprit de Pierre Roche qui était sa deuxième marque d’élégance, qui le rapprochait tellement du prince de Bénévent. Enfin, tous ceux qui ont travaillé avec lui, à la Clinique Chirurgicale "A" ou en privé (à la clinique centrale, clinique "Débussy") se souviennent de l’élégance du geste chirurgical doublant la pertinence de l’indication chirurgicale ainsi que la sûreté du geste. Le chirurgien était brillant et discret; l’homme à cheval sur des époques charnières dans un pays souvent en ébullition, était réservé mais pas désengagé ; son humanisme et ses positions de principe ont forcé le respect et ceux qui l’ont connu regretteront beaucoup cet immense personnage, ce « fils du ciel », dont il aimait lui-même gratifier certains de ses collaborateurs, expression ramenée d’un séjour Indochinois à la fin des années cinquante. Adieu cher maître "les morts ne sont pas absents, ils sont seulement invisibles". |