| Un point de vue
sur l’historique de l’évolution de la néphrologie
dialyse en Algérie
Dr H. SALAH
Membre fondateur et ancien président de la Société
Algérienne de Néphrologie
Ancien chef de service, professeur de néphrologie du CHU Béni-Messous
( Alger)
Ancien président du Comité Pédagogique National de
Néphrologie en Algérie
La néphrologie a contribué au progrès
de la médecine en Algérie particulièrement dans les
domaines de la médecine interne, la technologie, la formation,
l’organisation sanitaire et la réflexion éthique (don
d’organes).Les obstacles rencontrés pour faire reconnaître
cette discipline comme spécialité médicale et universitaire
ont été fort nombreux. La ténacité des néphrologues
à partir de 1977 a porté ses fruits. Ainsi, l’enseignement
de la néphrologie en Algérie a débuté en 1988.
Le Comité Pédagogique Régional de Néphrologie
a été constitué à Alger en 1988 et le Comité
Pédagogique National en 1989.
La Société Algérienne de Néphrologie (S.A.N.)
a été fondée à Béni-Messous (Alger)
le 30 juin 1979 et a tenu sa première manifestation scientifique
(Première Journée Algérienne de Néphrologie)
le 6/10/1983 dans l’amphithéâtre Mohamed REDJIMI (CHU
Béni-Messous). Plusieurs réunions scientifiques avec forte
participation internationale ont été organisées :
- Prospectives de la Transplantation rénale en Algérie
( 1985),
- Premier Congrès Africain de Néphrologie ( AFRAN, 1989),
- Séminaire International de Néphrologie ( 1990)…
Les Malades Insuffisants Rénaux ( A.M.I.R) ont créé
leur première association en 1979 à Béni-Messous.
D’autres associations ont vu le jour quelques années plus
tard.
Un regard rétrospectif permet de souligner l’apport médical
et scientifique de différents spécialistes à la néphrologie.
1) Les urémiques aigus étaient pris en charge,
au lendemain de l’indépendance en 1962, par l’unité
de réanimation du service d’hématologie du CHU Mustapha
(Dr Philippe OULD AOUDIA, Dr Daniel TIMSIT, Pr. Rose Marie HAMLADJI, Pr.
Pierre COLONNA). La Dialyse péritonéale manuelle a été
utilisée en 1964( flacons de dialysat en verre et cathéters
rigides). Cette équipe avait acquis un rein artificiel pour l’hémodialyse
aiguë.
- Le service de réanimation polyvalente, de l’hôpital
El Kettar à Alger ( Pr. M. Drif), a pris la relève en
1971-72. Des médecins et internes ont participé dans le
cadre de l’urgence au traitement de l’insuffisance rénale
aiguë (Dr Belkacem AIT SLIMANE, Dr M. BELKACEMI, Dr H. SALAH…).
Il s’agissait là aussi du traitement de l’IRA par
dialyse péritonéale manuelle. Le service d’El Kettar
a été transféré au CHU Mustapha en 1973.
Le service de réanimation de Constantine (Pr. Abdelhamid ABERKANE)
a ouvert une unité d’hémodialyse pour IRA en 1975/1976,
celui d’Oran (Pr. A. BOUROKBA) en 1981/82. Ces structures se sont
dotées ultérieurement de centres d’hémodialyse
chronique.
- Les pédiatres ont apporté leur contribution à
la connaissance de la néphrologie dès les années
1962-64 (équipes du Pr. A.BENALLEGUE, Pr. B. KHATI, Pr. J.P.
GRANGAUD puis celles du Pr. S. MAZOUNI, Pr. BAGHRICHE, Pr LARABA, Pr.
BENSENOUCI…). Ils s’intéressaient aux problèmes
du syndrome néphrotique.
- Les biopsies rénales étaient interprétées
en microscopie optique à Alger (équipe du Pr A.YAKER)
, Oran (Pr C. GOT, Pr MEDJAHED) et Constantine. Le Dr A. CHOUITER a
soutenu sa thèse de médecine générale à
Alger en 1968 sur les biopsies rénales. Ce domaine de l’anatomie
pathologique rénale s’est enrichi par la thèse de
doctorat en sciences médicales du Dr H. SALAH (1982) et plus
tard de celle du Dr L. KACI.
Le projet de création d’un Département de Néphrologie
Dialyse Transplantation a été agréé par le
Ministre de la santé en 1974 grâce aux efforts du Dr A. Basta
(C.H.U. Necker-Enfants-Malades). La première pierre de la construction
de l’édifice a été posée en 1975 à
Béni-Messous. Malheureusement, cet ouvrage n’a jamais vu
le jour.
2) Le concept de la Filière Néphrologie s’est
concrétisé par l’ouverture d’une Unité
de néphrologie en 1977 au CHU Béni-Messous (Dr H. SALAH).
Le Pr M.A. DAHMANE, Chef de Service de Médecine Interne a accepté
l’idée d’une activité de néphrologie
intégrée à un service de médecine.
Les objectifs à atteindre et la stratégie à adopter
ont dicté le choix de ce site. Il a été tenu compte
des difficultés « locales », des divergences d’opinions,
« d’écoles » et de générations.
L’adhésion à la « réalité »
médicale, paramédicale, administrative, sociale et culturelle
était la garante du succès de cette démarche. Cette
Unité s’est donné pour objectif de proposer un programme
qui englobait tous les aspects de la spécialité : Néphrologie
clinique, traitement par épuration extra-rénale (EER), préparation
des patients à la greffe, enseignement, formation, recherche, éducation,
travail en vue d’établir une carte sanitaire de néphrologie-
dialyse, collaboration avec les équipes françaises et du
Maghreb.
- ainsi la consultation externe de néphrologie a été
ouverte au public le 10/10/1977,
- L’hospitalisation des patients de néphrologie clinique
s’est faite d’abord en médecine interne en 1977 puis
dans une Unité Autonome de Néphrologie – Dialyse
dès 1978. Le déménagement vers le Nouveau Service
de Néphrologie a eu lieu 10 ans plus tard, en 1988. C’était
le résultat d’un dur labeur qui a permis aussi de faire
reconnaître la discipline comme Spécialité Médicale
et Universitaire. Le président du conseil médical ( Pr
M. BOUDIAF) et le directeur général du CHU Béni-messous
(M. A. DJEFFAL) sont à remercier.
- Ouverture du premier centre d’hémodialyse chronique
d’Algérie en Avril 1978 avec d’abord deux générateurs
(démonstration scientifique) puis huit (acquis) , ensuite seize
( Drake-Willock , Milton Roy et Gambro). Le Centre était doté
d’un système de traitement d’eau par adoucisseurs
en 1978 et osmose inverse Millipore en 1980). Le regretté M.
K. Abderrahmani, rédacteur en chef « d’Algérie
Actualités » a accepté de faire un article sur l’ouverture
du centre dans son journal.
- Utilisation de la Dialyse Péritonéale Manuelle en 1978
et mise en place d’une Unité de Dialyse Péritonéale
Intermittente (DPI) en 1978 (deux machines automatiques munies d’un
système d’osmose inverse Drake-Willock). Quatre autres
appareils automatiques de dialyse péritonéale ont été
mis en service dès 1980 ( Gambro PD 10).
- Début de la Dialyse Péritonéale Continue Ambulatoire
(DPCA) avec poches simples selon la méthode de M. Legrain, J.Rottembourg
(Pitié- Salpêtrière) et celle de C. Mion, A. Slingeneyer
(Montpellier) en 1979 ensuite poches simples et doubles selon la méthode
de Bazzato (Mestre, Italie) en 1980. Une étude de 45 cas de patients
traités par DPCA par l’Unité du CHU Béni-Messous
a été présentée au 54Th Symposium de Hahnemann
College of Philadelphia tenu à Venise les 2 et 3 avril 1982
- Mise en place d’une Section pour l’Education des Patients
à l’Autodialyse et à l’Hémodialyse
à Domicile. Cinq patients étaient hémodialysés
à domicile.
- Aide à l’ouverture de nouveaux centres d’hémodialyse
par le prêt de matériel et formation de personnel : CHU
Rouiba ( Pr RM Hamladji,Dr M. Benabadji, 1979), Koléa (autodialyse
1979), Médéa (autodialyse 1980)… Ces centres ont
été dirigés respectivement à partir de 1983/84
par le Dr Chiekh Touhami et le Pr. A. Krouri, Pr. A. Laradi. Ces derniers
se sont particulièrement intéressés à la
DPCA et aux travaux sur l’ostéodystrophie rénale.
Le Pr. M. Benabadji a ouvert ensuite d’autres centres dont ceux
de Thénia et Dar El Beida…
- Solution du problème de l’interprétation des
ponctions biopsies rénales ( PBR) par immunofluorescence. le
Dr L. Kaci a bénéficié d’une formation à
Paris grâce aux efforts du Pr H. Lahrèche, chef de service
d’anatomie pathologique du CHU Béni-Messous à qui
nous avions soumis le sujet. Les BPR étaient adressées
auparavant au CHU Pitié-Salpêtrière (Dr H. Beaufils)
par Béni-Messous et au CHU Nécker (MC Gubler, L.H. Noel,
D. Droz) par l’hôpital de Rouiba. Progressivement et à
partir notamment des années 1986/87 les interprétations
se faisaient presque exclusivement à Alger.
- Confection de fistules artério-veineuses natives (1978-80).
- Accueil dès 1980 de nombreux médecins pour leur formation
à l’hémodialyse avant la création du Résidanat
de néphrologie en Algérie (1988). La collaboration avec
les services français notamment le CHUR Grenoble (Pr. D. Cordonnier)
et Paris (Pr. M. Legrain) et d’autres, a permis de compléter
la formation de ces derniers et l’obtention de diplômes
(Certificat d’Etudes Spéciales, Diplôme Inter-Universitaire
de Spécialité). Un protocole d’accord pour l’enseignement
a été signé par les doyens de la faculté
de médecine de Grenoble (Pr. Sarrazin) et d’Alger (Pr.
Zitouni).
- Mise en œuvre de projets de recherche en néphrologie,
en particulier :
- Etudes épidémiologiques sur l’hypertension
artérielle en Algérie ( collaboration avec le CHU
Pitié-Salpêtrière et Broussais , Pr. P. Degoulet,
Pr T. Lang),
- Etudes sur les néphropathies parasitaires ( Dr M. Nemmar,
Dr M. Khodjabach, Dr N. Hamari ; collaboration avec le CHUR Grenoble,
Pr. D. Cordonnier),
- Axe de travail sur la polykystose rénale (Dr S. Bénarbia
;collaboration avec le Dr L. Bachner et Pr. Kaplan, CHU Cochin et
Pr. JP Grunfeld ,CHU Nécker- Enfants- Malades)….
Une coopération a pu s’établir avec l‘Institut
Pasteur d’Algérie (I.P.A.), l’Institut National de
Santé Publique (I.N.S.P), la Direction de la Prévention
du Ministère de la santé et la faculté de médecine
d’Alger.
3) Le développement de l’hémodialyse chronique
en Algérie dans le cadre de la néphrologie était
un choix stratégique pour les néphrologues. Ces derniers
ont une vue globale de la prise en charge des patients.
La néphrologie a pu se développer notamment grâce
:
- aux explications fournies aux autorités de tutelle, aux confrères
d’autres disciplines, au secteur associatif,
- à la présentation importante de communications de néphrologie
dans les réunions scientifiques
- aux informations délivrées à la population à
travers les journaux, la télévision et la radio.
Certains doutaient du programme des néphrologues. Celui-ci était
orienté en grande partie sur l’information de la population
et la formation des équipes. Le doute concernait aussi la faculté
des citoyens « à comprendre » le traitement par EER
et la capacité du personnel paramédical d’acquérir
des techniques dites « de pointe ».
Le coût du traitement a rarement été évoqué.
Il s’agissait donc et avant tout d’un problème humain.
Le défi était à relever !
Des rapports ont été adressés en 1977 et en 1978
(Dr H. Salah) aux autorités de tutelle : Sans infrastructures et
sans développement de la néphrologie, les insuffisants rénaux
étaient condamnés à « l’exil thérapeutique
» en France. Notre détermination et la fermeté de
notre action au profit des malades a bien été entendue par
les responsables du pays. Il était nécessaire d’offrir
des soins aux patients sans les transférer à l’étranger.
Ceux qui ont aidé la néphrologie dès les premiers
moments (1977-1980) doivent être remerciés : M. Fedaoui,
M. Bougara, M. Nadri, Pr M. Kouidri, N. Salah, K. Mentouri (Ministère
de la Santé, Ministère du Plan, Direction de la Sécurité
Sociale).
Notre programme a été pris en considération et la
carte sanitaire de néphrologie ébauchée. Le pays
a été doté de générateurs et de moyens
nécessaires à leur fonctionnement.
Il a été envisagé, dès cette période,
d’essayer de fournir à chaque daïra (sous préfecture)
3 générateurs et chacune des 31 wilayas (préfectures)
8 générateurs (il existe maintenant 48 wilayas) sur une
période de dix ans. L’Algérie devait être équipée
en 1990 de mille postes d’hémodialyse environ pour une population
approximative de 27 millions d’habitants. Elle dispose actuellement
de plus de mille machines réparties sur une centaine de centres
publics et d’un peu plus d’une dizaine de centres privés.
Ce retard dans le programme pourrait s’expliquer par les difficultés
que le pays a connu ces derniers années. 4500 malades sont pris
en charge en hémodialyse et 200 environ en DPCA. La population
algérienne est de 31 millions d’habitants.
La prise en charge des urémiques chroniques n’était
qu’un des aspects du développement de la néphrologie.
Les médecins réanimateurs intéressés par le
traitement de l’insuffisance rénale, ont apporté à
leur manière, une forte contribution à la prise en charge
des patients (Pr. M. Drif, CHU Mustapha, Pr. H. Aberkane, CHU Constantine,
Pr. A. Bourokba, CHU Oran).
4) Le pays devait disposer de produits fabriqués sur place
pour un coût moins élevé et pour l’acquisition
de techniques nouvelles.
Ainsi, en 1982, un rapport adressé à Monsieur le Ministre
de la Santé (le Dr H. Salah), a mis l’accent sur la nécessité
de fabriquer le concentré d’hémodialyse en Algérie
et ne « pas importer de l’eau salée dont le transport
coûte certainement aussi cher que le produit lui même ».
Ce projet a été mis en exécution et une Unité
a vu le jour à Cherchell ( Région d’Alger). Des projets
similaires pour d’autres régions avaient été
envisagées. Le Pr. H. Aberkane ( Constantine) s’est investi
dans l’organisation de Réunions Scientifiques sur la technologie
de la dialyse.
La fabrication des lignes d’hémodialyse et d’autres
dispositifs se fait actuellement en Algérie ; celle des filtres
devrait être intégrée dans un projet fédérateur
maghrébin et/ou euro-méditerranéen.
Le problème des fistules artério-veineuses avait été
résolu en très grande partie par le Dr M. Benabadji (Rouiba,
Thénia, Beni Messous) qui a rendu service à tous les centres
d’hémodialyse du pays. Son savoir-faire est connu de tous.
Le professeur H. Chaouch (actuel chef de service de chirurgie thoracique,
CHU Mustapha) s’est intéressé à cette activité
dès 1978. Le professeur Bedrane (chef de service de chirurgie cardiaque
au CNMS, Alger) a été le premier chirurgien pour voie d’abord
vasculaire en Algérie. La formation de nouveaux chirurgiens pour
ces techniques reste toujours d’actualité.
5) Le programme de transplantation rénale a fédéré
les efforts de tous des néphrologues du pays.
Dans le cadre du traitement de l’IRC, la priorité a été
donnée par plusieurs néphrologues à l’épuration
extra rénale par rapport à la transplantation . Cela était
motivé par le souci de maîtriser au mieux les techniques
de dialyse, de préparer un nombre suffisant de patients à
transplanter, d’avoir le temps nécessaire pour former les
personnels en néphrologie, d’informer la population sur la
greffe d’organes et d’acquérir une « culture
» du traitement et de la prévention de l’insuffisance
rénale chronique.
Au cours de nos expériences certaines réticences manifestées
par les familles des patients dialysés quant au don de rein a été
constatée. Un travail de l’équipe du CHU Béni-Messous,
effectué entre 1983 et 1985 et présenté à
la Conférence « Prospectives de la transplantation rénale
en Algérie le 13 avril 1985 » montrait que moins de 5% des
parents de dialysés étaient favorables au don d’un
rein alors que plus de 60% l’étaient dans la population générale
non concernée par les problèmes de dialyse.
Les citoyens ont une vision différente concernant cette question.
18 ans après la première greffe rénale (CHU Mustapha
1986), moins de 200 transplantations ont été réalisées
(10 par an) par deux équipes (CHU Mustapha, CHU Constantine). Le
Pr. H. Chaouch et Pr. Z. Klioua sont les premiers chirurgiens ayant pratiqué
la greffe rénale en Algérie.
Malgré des textes législatifs actuellement existants, le
consensus moral, religieux et les multiples campagnes de sensibilisation
de la population, la greffe à partir de donneur vivant ou de cadavre
demeure rare (4 greffes à partir de cadavre ont été
effectuées à Constantine, Pr. H.Aberkane, Pr Z.Klioua).
Notre analyse dès 1977 de développer les techniques d’
EER comme axe stratégique principal de traitement de l’IRC
s’est avéré juste en matière de politique de
santé publique. L’accent mis sur la formation, l’éducation,
la recherche et la prévention reste un facteur déterminant
pour la réussite du programme.
Les médecins qui se sont particulièrement investis dans
la greffe rénale à partir de 1986 : Dr D. Mohamedi, Dr M.S.
Dahmoune, Dr Ouziala,, Dr Benhalima, Pr. H. Chaouch, Pr. Y. Hammoudi ,
Pr. M. Drif (CHU Mustapha), Pr. Z. Klioua , Pr. H. Aberkane ( CHU Constantine).
Les autres services ont contribué grandement au programme de transplantation
rénale en préparant les patients, en les prenant en charge
pour leur suivi post greffe.
Plusieurs algériens ont bénéficié de greffe
rénale à l’étranger. Avant le lancement de
la transplantation rénale en Algérie, le service de néphrologie
de Béni-Messous avait fait greffer plusieurs dizaines de patients
à Grenoble (Pr. D. Cordonnier), Saint Etienne (Pr. F. Berthoux),
Marseille (Pr. Di-Marino), Pr. Picon (néphrologie pédiatrique
Marseille), Pitié-Salpêtrière (Paris, Pr. M. Legrain)…
D’autres équipes algériennes et françaises
ont également collaboré dans ce domaine. Le don de rein
en Algérie est gratuit et obéit aux lois éthiques.
6) L’enseignement a en permanence été présent
dans l’activité des néphrologues.
Dès 1977, ils ont dispensé des cours de néphrologie
à la faculté pour les étudiants de médecine,
les résidents d’urologie, de médecine interne, de
rhumatologie, de pneumologie…
La formation des médecins généralistes pour travailler
sous la responsabilité des néphrologues dans les centres
d’hémodialyse a été assurée à
partir de 1980.
Le Dossier de « Reconnaissance de la Néphrologie »
comme spécialité médicale et universitaire a été
présenté par le Dr H. Salah en 1985 au « Séminaire
National sur le Profil et le Statut du Médecin Spécialiste
» qui s’est déroulé à Tipaza. Feu Monsieur
le professeur Zeghouani, chef de service d’ORL au CHU Béni-Messous
et chef du Département de Médecine s’est personnellement
impliqué dans cette initiative. Le Pr. A. Bourokba, Président
de la CCHUN (Commission de Coordination Hospitalo- Universitaire Nationale),
le Pr. M. Ait Kaci (Chef de service de neurologue, CHU Ait Idir, Alger),
le Pr. Feghoul (Chef de service de cardiologie, CHU Parnet et Rapporteur
Général du Séminaire) ont appuyé le projet.
Le programme d’enseignement a été élaboré
par le Comité Scientifique de la Société Algérienne
de Néphrologie qui avait été élu le 16/02/1984
(M. Benabadji, M. Benmansour, M. Boukari, F. Bouayed, Bordji, A. Krouri,
A. Laradi, H. Salah, Président). Il a été présenté
à l’INES-SM d’Alger (faculté de médecine)
en 1985, puis en 1986 et 1987 pour être enfin agréé
en 1988.
Le Dr H. Salah a été élu Président du Comité
Pédagogique Régional de Néphrologie puis Président
du Comité Pédagogique National de Néphrologie en
1989 par ses pairs de rang magistral (M. Benabadji, M. Boukari, A. Laradi).
Le Pr. A. Laraba et le Pr. Kheddis (Département de Médecine,
INES-SM d’Alger) ont fortement soutenu le dossier de l’enseignement
de la néphrologie. La première promotion de néphrologues
a été admise au concours du DEMS (Diplôme d’Etudes
Médicales Spécialisées) en 1991/92.
7) La contribution à la formation médicale par
le biais de l’organisation de manifestations scientifiques a été
intense :
- présentation de communications de néphrologie dans les
Réunions locales, régionales et nationales de façon
permanente (Journées de Médecine Pratique, Journées
d’Enseignement Post Universitaire, Journées Médico-Chirurgicales…)
- tenue annuelle régulière de la Journée Algérienne
de Néphrologie depuis 1983 par la Société Algérienne
de Néphrologie (Présidents de la SAN : Dr B. Bounatiro,
Dr H. Salah, Dr M. Benabadji, Dr M. Dehina, Dr R. Mansouri, Dr T. Rayane,
Dr B. Bordji).
- Organisation de la Conférence « Prospectives de la Transplantation
Rénale en Algérie » le 13/04/1985 (Chéraga),
du Premier Congrès Africain de Néphrologie (AFRAN) à
Béni-Messous en 1989, du Séminaire de Néphrologie
en 1990 (Béni-Messous), de Colloques, Symposium…
La participation de collègues et de personnalités médicales
étrangères, euro-méditerranéennes, notamment
françaises, maghrébines, africaines a permis à la
néphrologie algérienne de se développer et d’être
connue dans ces régions. Ainsi des néphrologues algériens
sont membres fondateurs de l’Association Africaine de Néphrologie
en 1987 (A.F.R.A.N) ; Le Dr H. Salah a été élu Membre
du Bureau, responsable du la région Maghreb et Afrique de l’Ouest
( 1988- 1994) et responsable du Registration Committee. Le Dr S. Bénarbia
a été élu Rédacteur en chef adjoint de l’African
Newsletter of Nephrology. Des néphrologues algériens ont
été membres d’associations internationales (Société
francophone de néphrologie, Middle East and Mediteranean Society
of Organ Transplant, MESOT, European Renal Associaton, EDTA/ERA, International
Society of Nephrology, ISN, ISAIO, Association Arabe de Néphrologie
et de Transplantation…
Les échanges avec les services de néphrologie français
ont été fructueux. Des remerciements sincères leur
sont adressés : CHU Pitié-Salpêtrière (Pr M.
Legrain, Pr C. Jacobs, Dr J. Rottembourg, Pr Baumelou), CHUR Grenoble
(Pr D. Cordonnier, Pr P. Vialtel, Dr M. Forêt AGDUC), CHUR Saint
Etienne (Pr F. Berthoux), CHU Brousais (Pr P. Milliez, Pr M. Safar, Pr
JM Idatte, Pr A. Duboust, J. Bedrossian…), CHU Paul Brousse (Pr
D. Fries, Pr Charpentier), CHU Nécker (Pr Crosnier, Pr JP Grünfeld,
Pr N. Man…), CHU Tenon (Pr G. Richet, Pr F. Mignon…), CHU
Marseille La conception (Pr M. Olmer), Sainte Marguerite (Dr Di-Marino),
CHUR Amiens (Pr A.Fournier), CHUR Rouen (Pr Fillastre) …
Les relations avec les collègues du Maghreb ont été
intéressantes et devraient se développer : Tunisie (Pr H.
Benayed, Pr A. El Matri, Pr H. Benmaïz..), Maroc (Pr Z. Driss, Pr
L. Balafredj, Pr Mahfoud…). Il en est de même des échanges
avec les confrères d’Egypte (Pr R. Barsoum, Pr M. Sobh, Pr
Ghoneim…) et ceux des pays de la Méditerranée (Italie,
Espagne) et d’Afrique.
8) L’implication des néphrologues dans les actions
de santé publique a été orientée vers la prévention
de l’insuffisance rénale et l’élaboration de
la carte sanitaire de néphrologie. Le Comité du Rein, au
départ, sous la responsabilité du Pr. Drif puis du Pr. M.
Boukari et Dr T. Rayane a essayé d’assurer une partie de
cette tâche. Cette structure, présidée actuellement
par le Pr. M. Benabadji et rebaptisée Comité National de
Néphrologie devrait se pencher en outre sur les problèmes
liés à privatisation des centres d’ hémodialyse.
A la demande du ministre de la santé, un avant projet concernant
l’exercice en milieu libéral de l’hémodialyse
a été élaboré par le Dr H. Salah le 10 juin
1993. Il trace les grandes lignes régissant cette activité.
Les questions de compétence et d’éthique ont été
soulignées. Ce sujet constituera un grand chantier dans les mois
et années à venir. Le premier centre de dialyse privé
a été ouvert par le Pr. M. Boukari il y a quatre années
environ.
La Néphrologie en Algérie Dialyse a connu un développement
certain. Elle a apporté la preuve qu’elle était une
médecine de technique, de rigueur, de connaissances scientifiques
mais aussi une médecine humaine et sociale. La volonté exprimée
par les jeunes néphrologues, formés en Algérie, d’
acquérir un plus grand savoir doit être prise en considération
dans l’intérêt des patients et de la discipline. Il
est nécessaire pour cela de construire des passerelles entre les
générations de néphrologues et de développer
des pôles d’échanges entre les équipes des deux
rives de la Méditerrannée.
La construction d’un Institut Supérieur de Néphrologie
pour l’Enseignement et la Recherche « Marcel Legrain »
en hommage à cet homme de science et de cœur qui a tant fait
pour la néphrologie algérienne est vivement souhaité.
Il en est de même pour l’organisation de Journées Annuelles
Algérie- France de Néphrologie.
L’ouverture vers les pays du Maghreb et les autres pays du monde
est enrichissante.
Le 15/02 /2004
Dr H. SALAH, Médecin des Hôpitaux C.H. Melun (mis en ligne
le 6/02/2006)
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