Mohamed Nekkache (1854-1942)

D’après  Djlillali Sari
(L’émergence de l’intelligentsia algérienne 1850-1950. Ed. ANEP 2006)

 

Le docteur Mohamed Nekkache est né en 1854 à Tlemcen où il effectue ses études primaires à Nedroma. Il poursuivra par la suite à Alger ses études secondaires. Après l’obtention de son baccalauréat et le décès de sa mère, il préfère se rendre à Paris pour effectuer ses études de médecine, durant les années 1870. C’est ainsi qu’il aura comme enseignants les célèbres professeurs Pasteur et Claude Bernard.
En 1880 il soutient sa thèse de médecine générale qui porte sur : « Quelques mots sur le rétrécissement de l’œsophage et le cathétérisme de cet organe par la sonde de Collin ». Il rentre par la suite à Alger où il entame sa carrière médicale avant de s’établir à Mazouna (daïra de la wilaya de Mostaganem actuellement et anciennement capitale du Beylik de l’Ouest).
Lors d’une rencontre scientifique à Oran en 1887, il présente une communication portant sur ‘’ les recherches sur le traitement de la diphtérie par le perchlorure de fer et le lait ‘’
Dans les années 1890, on le retrouve à Hillil village de colonisation situé à 20 km de Relizane. Il reviendra par la suite à Tlemcen et plus précisément à Hennaya où de 1906 jusqu’au début de la 2ème guerre mondiale il exercera tant à son cabinet qu’au niveau de l’hôpital militaire implanté dans le Mechouar, seul hôpital à Tlemcen jusqu’aux années 1950.
Dans le bulletin de l’enseignement des indigènes de l’académie d’Alger de 1892 ; on peut lire en pages 233-234, une contribution du docteur Nekkache relative à l’état d’esprit des arabes vis-à-vis de la médecine : « contrairement à ce qu’on a toujours pensé et écrit, l’arabe a une grande confiance en la médecine et aux médecins français, dont il apprécie beaucoup les soins quand il peut se les procurer …………c’est la cherté de ces soins : l’arabe estime le médecin , il n’admet pas de payer deux fois ; c’est dire les honoraires de celui-ci et le prix des médicaments . C’est pour cette raison qu’il est important, de demander  aux médecins indigènes de ne pas faire payer leurs soins.»  

Il décède le 19 décembre 1942 à Nedroma et dans l’avis de décès paru sur le quotidien ‘’Oran Républicain ‘’du 22 janvier 1942, tous les médecins de Tlemcen et d’Oran lui expriment leurs meilleurs hommages.