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Par Larbi Abid
Le professeur MANSOURI El Hadi (PMS pour ses élèves et collaborateurs)
est né le 24 juillet 1928 à Fès au Maroc. Son père fut l'un des premiers
médecins radiologues installés à Tlemcen. Après avoir suivi des études
primaires et secondaires à Fès, il part à Lyon poursuivre ses études de
Médecine. Il est reçu au concours d'internat des hôpitaux de Lyon en 1955
puis nommé chef de clinique en 1959 à Lyon dans le service du professeur
MALLET GUY, grand spécialiste de la chirurgie hépato-biliaire.
En mars 1962, il rejoint Alger pour prendre en charge les blessés algériens
( victimes des exactions de l'OAS ) dans les hôpitaux tenus par la zone
autonome du FLN à Alger :
- L'hôpital de Verdun (actuel EHS Ait Idir)
- L'ex-clinique de la croix rouge
- la clinique du clos Salembier
- la clinique Naïma
Au cours de cette année 1962, il passe son agrégation de Chirurgie à
Paris en même temps que STOPPA et PLANE. En juillet 1962 il rejoint l'hôpital
Mustapha déserté par les médecins français, au service de chirurgie "Sedillot",
réouvert quelques mois auparavant par le docteur Michel MARTINI et dirigé
depuis par le professeur Bonafos.
A partir de l'année 1963, le professeur BONAFOS ayant pris la chefferie
de service de la maternité de Mustapha, PMS dirige en qualité de chef
de service ''Sédillot'', service également connu sous l'appellation de
CCB par opposition à la CCA dirigé alors par le professeur SEROR (puis
par le professeur B. MENTOURI).
En plus de la chirurgie hépato-biliaire, pancréatique et gastro-duodénale,
avec le docteur Alexandre HAFFNER (physicien spécialiste en hémodynamique
et chirurgien formé à Strasbourg et ayant exercé au Maroc) il s'intéressa
à l'hypertension portale et aux splénomégalies dites nord-africaines.
Imprégnés par un esprit scientifique ouvert sur les progrès en techniques
modernes, plusieurs chirurgiens algériens ont été formés par ses soins.
Connu pour sa rigueur son esprit critique, il a su créer une véritable
école de chirurgie qui fit la renommée de la chirurgie algérienne dans
le Maghreb. Il pratiquait un enseignement post-universitaire régulier
et sérieux sous la forme de staff-meeting où se bousculaient les internes
en chirurgie. Parmi ses élèves, on peut citer :
- Sadek BENDALI AMOR (qui était en fait déjà assistant)
- Rachid BENNABADJI
- Feu Djamel BENBELKACEM
- Farouk HASSEN KHODJA
- Djamel BEREKSI
- Abdelaziz GRABA
- Mokhtar BENKALFAT... et tant d'autres.
Organisateur de premier ordre, il s'implique également dans les activités
de la Société Algérienne de Chirurgie (héritière de la Société de Chirurgie
d'Alger) et prend la présidence du bureau en mars 1965, après la fin du
mandat du professeur ZMIRLI, premier président de la SAC. C'est au cours
de son mandat que sont organisées à Casablanca les premières Journées
Médico-Chirurgicales Maghrébines du 5 au 8 mai 1965.
A La suite du conflit qui éclate au Nigeria en mai 1967 du fait de la
cession de l'Eastern Central State de la fédération nigériane, l'Algérie
décide d'envoyer des missions médico-chirurgicales qui restent 2 mois
dans le pays en tant qu'aide à la population civile. Le professeur El
hadi MANSOURI est le chef de la première mission qui y séjourne.
Avec la réforme des études médicales en 1970-1971, PMS en collaboration
avec d'autres chirurgiens hospitalo-universitaires dont MARTINI et ABOULOLA,
s'implique dans l'élaboration du programme de résidanat de chirurgie où
il maintient le principe d'un tronc commun de 2 ans à tous les résidents
de spécialités chirurgicales (chirurgie générale, orthopédie, chirurgie
infantile, urologie). Ce tronc commun de 2 ans est maintenu jusqu'à l'heure
actuelle et a même été étendu grâce à un de ses élèves, le professeur
GRABA aux autres spécialités chirurgicales (chirurgie cardiaque, chirurgie
maxillo-faciale etc.).
Jusqu'en 1977, PMS partageait son temps entre son service, son activité
scientifique à la SAC et sa clientèle privée puisque les agrégés et professeurs
avaient la possibilité d'exercer deux après-midi par semaine dans une
clinique privée. A partir de cette date (avec l'orientation socialiste
du pays) tous les médecins devaient choisir entre le plein temps hospitalier
et la pratique exclusive de la médecine privée. Ne voulant pas céder ce
privilège, il quitta le célèbre service Sédillot qui était devenu synonyme
de MANSOURI pour la pratique privée exclusive. Mais après quelques années,
il revint au secteur hospitalo-universitaire puisqu'il reprit le service
de chirurgie de l'hôpital de Koléa qui devint sous sa conduite un service
formateur et performant.
Après sa retraite, il prend la direction de la clinique privée "El
Qods" à Hydra où il exercera plusieurs années jusqu'à ce que la maladie
vienne l'arrêter. Il décède le 15 février 2000 à Alger après avoir combattu
en vain contre cette maladie qui ne lui a pas laissé la possibilité d'exaucer
son dernier vœu : Faire une Omra aux lieux saints de l'Islam.
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