| Henry FOLEY (1871-1956) | ||||
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Par Paul DOURY
Le 10 décembre 1895, il soutient sa thèse de docteur en médecine intitulée: "Contribution à l'étude de la désinfection des appartements; recherche sur la valeur comparative de quelques agents de désinfection, sublimé, aldéhyde formique, acide chlorhydrique". Le 18 décembre 1895, le médecin aide-major de deuxième classe Henry Foley
rejoint l'École d'application du Val-de-Grâce. En 1906, Lyautey, commandant la subdivision d'Ain Sefra le fait affecter
dans le poste saharien de Beni Ounif.
En 1909, cette mission fera place à une filiale de l'institut Pasteur de Paris, qui faisait suite, en réalité, à un premier institut Pasteur d'Alger, crée à l'initiative du docteur Trolard, professeur à la faculté de médecine d'Alger en 1894, avec l'appui de Pasteur. Le nouvel institut Pasteur d'Algérie fut inauguré le 7 mars 1911 en présence de M. René Vallery-Radot, gendre de Pasteur. Sa direction fut confiée par Emile Roux, successeur de Pasteur, à Albert Calmette qui conservait la direction de l'institut Pasteur de Lille, avec Edmond Sergent comme sous-directeur, qui ne deviendra directeur que plusieurs années plus tard. Cette rencontre de 1906 va être le début d'une collaboration, puis d'une amitié qui ne se démentiront pas, durant près de cinquante ans, c'est-à-dire jusqu'à la mort de Foley en 1956. Afin de parfaire ses connaissances en microbiologie, il obtient de venir à Paris pour suivre le cours de l'institut Pasteur où il travaille dans le laboratoire du docteur Borrel, de novembre 1910 à mars 1911. Foley est de retour à Beni Ounif en mars 1911. Il partage sa vie entre le poste de Beni Ounif et l'institut Pasteur d'Alger et ses missions sahariennes. Il entretient une abondante correspondance avec René Vallery-Radot, gendre de Pasteur, et avec son fils Louis Pasteur-Vallery-Radot. Sa correspondance avec Albert Calmette est importante à partir de 1911. Elle a surtout pour objet l'étude de l'endémie tuberculeuse dans les populations sahariennes et la mise au point d'une technique de vaccination antituberculeuse de masse, seule possible dans ces régions : la vaccination antituberculeuse par le BCG sans réactions tuberculiniques préalables dont il démontre, avec Louis Parrot, la parfaite innocuité. Foley fit deux séjours au Maroc, en mai 1919 et en octobre 1924 où il s'attaqua au problème du paludisme qui sévissait dans la région de Kenitra, à l'époque région marécageuse. A la déclaration de la guerre en août 1914, le médecin-major de première classe Henry Foley est à l'institut Pasteur. II rallie aussitôt son affectation de mobilisation à l'hôpital du Dey à Alger (actuellement CHU Maillot), où il est nommé chef de laboratoire de microbiologie, puis médecin-chef de l'hôpital, tout en conservant la responsabilité du laboratoire. De juillet 1916 à janvier 1917, il est médecin du 159ème régiment d'infanterie, d'abord dans le secteur de la Meuse, puis ce sera "l'enfer de la Somme". A partir du 12 janvier 1917, Foley va être chargé de l'organisation de plusieurs hôpitaux d'origine d'étape (HOE), près de la ligne du front. C'est alors qu'il apprend que le Prix Monthyon de l'Académie des Sciences lui a été attribué pour ses travaux sur la fièvre récurrente mondiale et le typhus exanthématique.
Le 26 novembre 1921, le docteur Foley va demander de faire valoir ses droits à la retraite. Il est alors nommé dans la réserve, médecin principal de 2ème classe (correspondant au grade médecin lieutenant-colonel). Mais cette retraite sera bien particulière. En effet, assuré d'une stabilité à laquelle il attachait, avec juste raison tant d'importance, il va durant trente-cinq ans, poursuivre à la tête des Laboratoires sahariens de l'institut Pasteur d'Algérie, ses travaux scientifiques à Alger et à Beni Ounif. Il va aussi et surtout continuer l'œuvre pédagogique entreprise en formant, jusqu'en 1955, tous les médecins appelés à servir dans les territoires sahariens, grâce au stage à l'institut Pasteur d'Algérie institué dès 1918 à son instigation et rendu officiel et obligatoire le 19 avril 1920. Ce stage fut très vite complété par une formation très pratique accomplie dans le service d'ophtalmologie de l'hôpital Mustapha à Alger, où ces jeunes médecins étaient rompus au traitement d'une pathologie dominante au Sahara, les ophtalmies et plus particulièrement le trachome, avec le traitement chirurgical de l'entropion trachomeux. La dernière partie de la carrière d'Henry Foley se poursuivra ainsi jusqu'à sa mort qui surviendra durant l'été 1956, le 2 août, à Vignory, où il se reposait, avant son retour à Alger prévu pour octobre ! L'œuvre d'Henry Foley Elle est considérable, dominée par la découverte de la transmission par
le pou de la fièvre récurrente mondiale, en 1908, avec Edmond Sergent.
Il confirme la transmission par le pou du typhus exanthématique et découvre
en 1914, la présence, dans le corps de poux nourris sur des typhique,
des formes microbiennes reconnues plus tard comme étant les agents responsables
de la maladie et appelées, en 1916, par Roch Lima "Rickettsia prowazecki". Parmi les nombreux autres travaux d'Henry Foley, il faut citer ceux consacrés
à la faune et à la flore sahariennes, et même des études ethnologiques
et préhistoriques, avec notamment la découverte et l'étude d'une station
de gravures rupestres à Beni Ounif. Références bibliographiques :
* Nous remercions bien vivement les responsables du bulletin de l'Association des anciens élèves de l'institut Pasteur qui, avec l'auteur et les éditions Curutchet, nous ont autorisés à reproduire cet article et ses illustrations. |