FANON Frantz (1925-1961)

par le Docteur B. MERAD BOUDIA

En débarquant en 1953 à Blida, une année avant le déclenchement de la Révolution, le jeune psychiatre Frantz Fanon ne savait pas que sa vie allait se consacrer totalement au combat libérateur.
Frantz Fanon est né le 20 juillet 1925 à Fort de France (Martinique). Après avoir réussi son baccalauréat à l'âge de 20 ans à Fort de France, il gagne la France (Lyon), où il obtient son diplôme de médecin.
A cette période, il rédige son livre "Peau noire et masque blanc, devenu depuis, un classique, où il analyse la dépersonnalisation, la colonisation des esprits des Antillais vivant en France.
En 1953, Frantz Fanon débarque en Algérie, plus précisément à Blida, où il exercera à l'Hôpital de Joinville (actuellement Hôpital Frantz Fanon), en qualité de psychiatre.
A l'Hôpital de Blida, il instaure des nouvelles méthodes de travail, d'analyse en matière de psychiatrie.
A partir de cette expérience de Blida, Frantz Fanon va développer sa pensée.

1er Novembre 1954 : déclenchement de la Révolution Algérienne. Frantz Fanon prend parti, il rejoint le FLN. Il soigne les moudjahidines, à l'insu des autorités coloniales, tout en continuant son œuvre scientifique. En 1956, il est expulsé d'Algérie à cause d'une lettre adressée au Gouverneur Général de l'Algérie de l'époque, Robert Lacoste, dans laquelle il dénonce les atrocités coloniales. Il gagne la Tunisie et se met au service du FLN où il poursuit son travail de psychiatrie et publie des articles scientifiques. Frantz Fanon rejoint le service de presse du Gouvernement Provisoire de la République Algérienne présidé alors par Ferhat Abbas. Il participe à la création du journal "El Moudjahid".
C'est à cette époque qu'il écrit sa deuxième œuvre majeure, devenue elle aussi un classique, "Les damnés de la terre".

Frantz Fanon est chargé de mission au Mali, puis nommé ambassadeur d'Algérie au Ghana. Il contribue puissamment a étendre le message de la révolution algérienne. Rongé par la maladie (leucémie), il est évacué vers les Etats-Unis. Il y décède le 16 novembre 1961. Son corps sera enterré, selon son vœu, en terre algérienne, grâce à une unité combattante de l'ALN qui a acheminé sa dépouille le 12 décembre 1961.

"On entend tonner le canon. Dans le ciel, passe très haut deux avions. La guerre est là, toute proche et en même temps, ici, c'est le calme, un cortège de frères venus accomplir la dernière volonté d'un des leurs" (El Moudjahid 12 décembre 1961). Comme Maurice Audin, professeur de mathématiques à l'Université d'Alger, mort assassiné ; Henri Maillot, mort au maquis ; Fernand Yveton, guillotiné parce qu'il a sacrifié sa vie à la cause algérienne. Hôpitaux, rues, lycées portent le nom de Frantz Fanon.