Par
le professeur L. ABID
Sur la base de documents remis par son arrière petite-fille F. BERNARD
BRIES
Chirurgien
et ophtalmologiste français Henri, Frederic, Edmond Bruch est né
à Strasbourg, le 11 juillet 1835. Il obtient son baccalauréat
série sciences le 9 avril 1854 avec la mention assez bien. Il s’inscrit
à la faculté des sciences où il obtient le 20 juillet
1858 sa licence en sciences naturelles.
En 1855, il est préparateur en zoologie et anatomie comparée
à la faculté des sciences de Strasbourg. La même année,
il est externe sur concours à la clinique chirurgicale de Strasbourg
dirigée par le professeur Sédillot.
Au cours de cette année 1855, il effectue son premier voyage
à Alger pour raison de santé.
Le 24 novembre 1859, il est prosecteur d’anatomie,
sur concours, à l’école de médecine d’Alger
et l’année suivante, toujours sur concours, il est externe
à l’hôpital Mustapha d’Alger et également
bibliothécaire, conservateur des collections de l’école
de médecine d’Alger.
Il retourne à Strasbourg en 1860 où il obtient ses doctorats
en sciences naturelles et en médecine de l’université
de Strasbourg. Il revient la même année à Alger pour
être nommé l’année suivante (4 février
1861) chef des travaux anatomiques de l’école de
médecine.
Cette même année 1860, il passe avec succès le concours
d’internat de l’hôpital civil d’Alger.
1861 : il est nommé professeur suppléant de physique,
chimie et histoire naturelle ;
1862 : professeur suppléant d’anatomie et de physiologie
et chirurgien suppléant à l’hôpital Mustapha
jusqu’en 1873.
1863 : chargé de cours de clinique chirurgicale puis
professeur titulaire de chirurgie deux ans plus tard (22 août
1865).
1866-1888 : médecin et professeur d’hygiène
à l’école normale d’Alger.
Durant la guerre franco-allemande de 1870, il est chirurgien de la première
ambulance lyonnaise (20ème corps d’armée) et participe
ainsi aux campagnes de la Loire et de l’Est (octobre 1870- février
1871).
Il revient de nouveau à Alger en 1871 où on le retrouve
toujours à l’hôpital Mustapha d’Alger en qualité
de chirurgien suppléant puis de chirurgien consultant à
partir de 1881.
En octobre 1896, il est nommé directeur de l’école
de médecine d’Alger, reconduit à deux reprises
à ce poste pour une durée de 3 ans en 1898 et en 1901.
Mai 1897, chargé de cours de chirurgie ophtalmologique
(annexe) d’Alger.
12 mars 1902 : professeur de chaire magistrale de chirurgie
ophtalmologique et médecin chef de l’hôpital
Mustapha .Il libère en même temps le poste de professeur
de chaire de chirurgie qu’il laissa à ses assistants.
En novembre 1904, il est admis à faire valoir son droit à
la retraite après 50 ans de service dans l’enseignement supérieur
dont 44 ans en Algérie, retraite qui devient effective à
partir du 8 février 1905 à l’âge de 69 ans.
Il meurt à Alger le 21 octobre 1917 à l’âge
de 82 ans.
Outre ce cursus très riche, en qualité d’enseignant
et de soignant, le professeur Edmond BRUCH était également
un hospitalo-universitaire accompli. En effet il a été :
- Membre correspondant national de la Société de Chirurgie
de Paris ;
- Membre correspondant de la Société de Médecine
de Strasbourg ;
- Président de la Société de Médecine
d’Alger, 1881 ;
- Vice-président de l’Association des médecins
du département d’Alger, 1881.
Il a été l’auteur de plusieurs publications parues
sur les revues :
- Gazette Médicale de l’Algérie
- Alger-Médical
- Bulletin médical de l’Algérie
- Gazette Médicale de Strasbourg
- Lyon Médical
- Bulletin de la Société de Chirurgie de Paris
Parmi ses principaux travaux, on peut citer :
- Etude sur l’appareil de la génération chez les
Sélaciens (thèse de doctorat en Sciences - 1860)
- De la fécondation (thèse de doctorat en Médecine
-1860)
- Plaie pénétrante de l’abdomen – 1864
- Mémoire sur les glandes utriculaires de l’utérus
et sur l’organe glandulaire de la néoformation de l’utérus.
Traduction de l’italien avec le docteur Andreini -1969
- De la reconstruction de l’hôpital civil d’Alger,
en collaboration avec le docteur Gémy – 1868
- Des sciences dites accessoires – discours de rentrée
solennelle de l’école de médecine – 1864.
- De la maladie de la pierre à Alger – 1877.
- Etude critique sur le spéculum de Marion Sims – 1877
- De la douleur - discours de rentrée solennelle de l’école
de médecine – 1879.
- Compte-rendu de la clinique chirurgicale – gazette médicale
de l’Algérie – 1879
- Compte-rendu de la clinique chirurgicale – bulletin de la société
de chirurgie de Paris -1885.
- Observation d’ovariotomie - gazette médicale de Strasbourg
– 1884
- Un nouveau sonde à demeure - bulletin de la société
de chirurgie de Paris -1886.
- Observation d’un épithélioma du sein chez l’homme
- 1887
- De la méthode antiseptique et du pansement de Lister –
1890.
- Note sur un cas de fibrome utérin – 1890.
- Compte-rendu de la clinique chirurgicale, avec considérations
sur l’ophtalmie granuleuse, réflexions sur la scolarité
des étudiants. 1890-1891.
- Statistiques de la clinique chirurgicale, 1892.
- Du prolapsus utérin, 1893.
- Mémoire sur l’état actuel de l’ophtalmie
granuleuse en Algérie -1902
- Discours de rentrée solennelle de l’école de médecine
paru sur le Bulletin Médical de l’Algérie en mars
1903 et consacré à la clinique d’ophtalmologie.
(voir Histoire de l’Algérie Médicale :
les événements).
Comme les grands savants de l’époque, le professeur Edmond
BRUCH a été un touche à tout puisqu’il a enseigné
la physique, la chimie, les sciences naturelles, la physiologie, l’anatomie
comparée, l’anatomie humaine avant de se consacrer à
la chirurgie générale et enfin à l’ophtalmologie.
En plus de toutes ces aptitudes, le professeur Edmond Bruch était
un paysagiste (comme sa sœur Julie) et un caricaturiste talentueux.
Ainsi lors d’un voyage, d’Alger vers la Grèce, qu’il
effectua en 1913 avec son épouse d’origine grecque, sur un
bateau à vapeur « l’Oranais», il empli son carnet
de croquis, témoins de ces jours passés en mer.
Extraits du carnet de croquis du professeur Edmond BRUCH
:
 
Le Commandant Ginouvier patron de l'Oranais, vapeur moderne pour
l'époque

La montée à bord des bagages

La pointe ouest de l'Ile de Zanthe

U n rocher sur la côte de Calabre à l'entrée du détroit
de Messine
Par le professeur L. ABID
Sur la base de documents remis par son arrière petite-fille F.
BERNARD BRIES |