| Professeur Aldjia Benallègue |
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L’année suivante, à la suite de
la mutation de son père à El Khemis (vallée du Chélif),
elle put rejoindre l’école communale de filles de cette ville,
vu qu’il n’existait pas d’écoles indigènes.
Après 2 années, son père rejoint l’Arbatache,
village distant de 34 km d’Alger où Aldjia terminera sa scolarité
primaire. C’est durant l’année 1937-1938 qu’elle commença réellement sa médecine, partagée entre l’hôpital Mustapha le matin et les cours l’après-midi à la faculté. C’est à l’hôpital Mustapha qu’elle vécut la 2èmeguerre mondiale et où elle fut confrontée aux différents chefs de service parmi lesquels le Professeur Charles Sarrouy qui venait de succéder au Pr. Victor Gillot en 1941 au service de médecine infantile. Elle eu a affronter l’épidémie meurtrière de typhus de 1941-1942. Ayant réussit au concours d’internat de 1942, elle fut interne dans le service de médecine interne du professeur Aubry puis dans le service de Gynéco-Obstétrique dirigé alors par le Pr. Laffont ainsi qu’à la clinique médicale dirigée par le Pr. Lebon. Elle fut élue en 1943 présidente de l’association des internes. Lors des massacres de Sétif du 8 mai 1945, l’association
des étudiants musulmans décida d’apporter une aide
aux victimes et c’est Aldjia Noureddine qui fut désignée
pour solliciter les consuls des USA et de Grande Bretagne. A la fin de l’année 1946, elle ouvrit un
cabinet médical à la rue Tanger et l’année
suivante elle connut le pharmacien Abdelkrim Benallègue qui deviendra
son époux. Elle passera le concours d’agrégation à
Paris en 1962 où elle sera reçue avec 4 autres médecins
algériens. Elle revient à Alger à l’hôpital
Mustapha où elle entama une carrière hospitalo-universitaire
qui va durer 27 ans. En sa qualité de présidente de la société de médecine d’Alger, elle sera l’instigatrice, en 1964, des journées Médico-Chirurgicales maghrébines qui deviendront quelques années plus tard Congrès médical maghrébin. A la fin de l’année 1963, premier coup de Jarnac de la part de l’administration centrale : voulant l’éjecter du poste de chef de service de pédiatrie de l’hôpital Mustapha, on lui fit miroiter la possibilité de création d’un hôpital mère-enfant à Parnet et c’est ainsi qu’elle prendra la chefferie de service de pédiatrie de l’hôpital Parnet en janvier 1964 où elle restera jusqu’à son départ en retraite en févier 1989. Dans cet hôpital vétuste, elle aménagera un service de pédiatrie exemplaire qui sera le creuset, l’école de pédiatrie algérienne d’où sortiront les professeurs J.P. Grangaud, M.S. Mazouni, S. Benabdallah, A. Lebied, K. Hireche, Z. Arrada et bien d’autres. C’est dans cet hôpital et plus particulièrement dans l’amphithéâtre de la maternité qu’elle mettra sur pied « les réunions mensuelles de pédiatrie » prémices à la création de la Société de Pédiatrie d’Alger qu’elle créera en 1968. Avec la réforme des études médicales en 1971, responsable du résidanat de pédiatrie, c’est elle qui élaborera le programme de pédiatrie. Dans les années 1970, elle s’intéressera à la génétique, branche de la médecine alors en plein développement. Elle utilisera son année sabbatique (1977-1978) pour effectuer un stage de génétique à Paris. En 1982, elle est élue membre correspondant de la prestigieuse Académie Nationale de Médecine de France, devenant ainsi la 1ère femme du Maghreb et de toute l’Afrique à avoir cet honneur. En février 1989, à l’âge de 70 ans, elle prend sa retraite, passant le flambeau à son élève le Pr. Lebied, tout en gardant le contact avec le monde médical à travers les manifestations scientifiques puisqu’elle eut à coprésider des séances lors du congrès international de pneumologie à Alger en 1989 ainsi que la présidence du 25ème Congrès Maghrébin de 1990 et du Congrès de Pédiatrie de moyen Orient et du Bassin Méditerranéen en 1991. Au terme d’une vie professionnelle bien remplie,
elle conclue : « je me suis fait un devoir de faire correctement
ce qui relevait de mon travail. En gardant mon indépendance d’esprit,
il fallut souvent associer courage et persévérance ». Par le Pr. Abid Larbi |