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EuroCancer 2008 - 24 au 26 juin 2008 - Paris

Palais des congrès

 

Sous la présidence du Pr. Michel MARTY, la 21ème édition de Eurocancer qui vient de se dérouler comme chaque année au palais des congrès à Paris s’est intéressée cette année à différents volets de la cancérologie fondamentale, aux progrès dans le domaine diagnostique, ainsi qu’aux plateformes biotechnologiques représentées par les tumorothèques.

Nous avons pu noter une forte participation de la communauté médicale algérienne de différentes régions du pays et de différentes spécialité.

 

Vue du hall pendant une pause-café
Vue du hall pendant une pause-café

Vue du hall pendant une pause-café

 

De G à D, les docteurs Salah-Laouar, Abid, Gorins, Bendib, Smaïli et Bouzid De G à D, les docteurs Salah-Laouar, Abid, Gorins, Bendib, Smaïli et Bouzid De G à D, les docteurs Salah-Laouar, Abid, Gorins, Bendib, Smaïli et Bouzid

De G à D : les docteurs Salah-Laouar, Abid, Gorins, Bendib, Smaïli et Bouzid

 

Au cours de ce congrès plusieurs sujets ont été développés :

  • 1. Small RNA molecules ;
  • 2. Les organes perfusés (stopflow) : sarcomes des membres, du pelvis, poumon etc.

Le Dr. Stoeckle a rapporté l’expérience européenne de perfusions de membres isolés (plus de 1000 patients avec un taux de réponse objective de 70 %).De même le Pr. Bonvalot a rapporté  la technique du stopflow aortique et cave dans les sarcomes du pelvis. Les essais sont encore aux phases I/II mais les résultats semblent encourageants.

  • 3. Séminaire inter-cancéropôles et mise en œuvre d’un tumorothèque virtuelle.

Ces tumorothèques sont des banques d’échantillons cellulaires et/ou tissulaires congelés assortis d’annotations biologiques, anatomopathologiques cliniques ayant pour finalité  tant les soins que la recherche à partir d’échantillons biologiques.

Les organisateurs  du séminaire inter-cancéropôles

Les organisateurs  du séminaire inter-cancéropôles

 

  • 4. Le myélome où l’accent a été mis sur la grande hétérogénicité clinique et évolutive de la maladie et l’impact pronostique de la génétique par l’analyse des profils d’expression génique basée sur l’ARN et l’ADN. Sur le plan thérapeutique, 3 médicaments sont venus renforcer l’arsenal limité pendant très longtemps au seul melphalan : il s’agit de la thalidomide, le bortezomib et le lenalidomide. L’avenir étant une carte d’identité génétique des cellules cancéreuses permettant de personnaliser les prescriptions thérapeutiques.   
  • 5. Le cancer du sein
    • Les cancers du sein basaloïdes, représentant 15 % de l’ensemble des cancers du sein et au pronostic particulièrement péjoratif ;
    • Options thérapeutiques pour les cancers du sein métastatiques avec l’introduction dans la panoplie thérapeutique des ultrasons selon la technique du HIFU (High Intensivity Focus Ultrasound). Cette technique utilisée initialement en Asie (Chine puis Japon et Corée du Sud) dans les métastases hépatiques à visée palliative, s’est par la suite étendue aux récidives de cancers de la prostate et du sein. Une étude est actuellement menée à l’hôpital Saint-Louis avec un appareil de nouvelle génération : le HIFU 9000.
    • Traitements conservateurs.
  • 6. Les cancers bronchiques de stade III ;
  • 7. Nouveautés en cancérologie digestive 
    • Le Carcinome hépatocellulaire avec l’introduction des thérapies moléculaires ciblées antiangiogéniques (Sorafénib) ;
    • Cancers colorectaux avec l’introduction des anticorps monoclonaux chez les patients non résécables.
  • 8. Les cancers cutanés : de nouvelles vedettes ?
    • Les lymphomes cutanés caractérisés par une grande variété de formes cliniques, histologiques, immunophénotypiques et pronostiques, nécessitant tant pour le diagnostic que pour le choix thérapeutique, l’avis d’un groupe d’experts spécialisés multidisciplinaire (dermatologue, anatomopathologiste, oncologue et biologiste moléculaire).
  • 9. Médecine nucléaire et évaluation thérapeutique tant la fin qu’en cours du traitement ce qui permet de suivre la réponse au traitement (imagerie métabolique par la TEP essentiellement).
  • 10. Douleur et cancer ;
  • 11. L’évaluation de l’efficacité thérapeutique par imagerie fonctionnelle et moléculaire ;
  • 12. La démarche palliative et les soins de support en cancérologie ;
  • 13. Nouvelles options thérapeutiques dans les sarcomes des parties molles. Ces cancers rares qui peuvent apparaître sur toute partie du corps, surviennent dans 50 à 60 % des cas au niveau des membres. Selon le profil moléculaire, 5 catégories sont actuellement définies, ce qui permettra dans un avenir proche l’identification de cibles thérapeutiques spécifiques.
  • 14. Les cancers après transplantation d’organes en particulier risque de lymphomes malins non hodgkiniens. D’après le registre français des greffes, le risque relatif de cancer par rapport à la population générale est de 2,6 pour l’ensemble des organes.
  • 15. Immunologie et cancer (du poumon, de la prostate et du col utérin) ;
  • 16. Le dépistage des cancers urologiques ;
  • 17. Les tests moléculaires appliqués à la biologie clinique ;
  • 18. Le rôle du pharmacien dans la bonne observance des traitements en matière de cancer du rein.
  • 19. Une séance ‘’Eurocancer Méditerranée’’ coordonnée par le Dr. Naïma BEDAIRIA (avec la participation des Sociétés d’Oncologie du Maghreb et de l’Association AROME) a eu pour thème le cancer du col utérin.

 

Les 3 coprésidents maghrébins  de la séance dédiée au cancer du col

Les 3 coprésidents maghrébins  de la séance dédiée au cancer du col

 

Au cours de cette séance,

  • Le Pr. D. Hammouda de l’INSP d’Alger a fait le point sur l’épidémiologie des infections à HPV carcinogènes. Avec 3500 nouveaux cas de cancers du col par an, les pays du Maghreb connaissent une incidence parmi les plus élevées du bassin méditerranéen. Elle rapporte  l’étude cas-témoins portant sur 198 cas de cancers du col et 202 témoins recrutés à Alger et qui ont montré que les sérotypes 16 et 18 étaient retrouvés dans 77,9 % des cas.
  • Le Pr. P. Lopes du CHU de Nantes a situé la place et les modalités de la vaccination anti-HPV et son impact sur le dépistage ;
  • Le Pr. B. Cochand-Priollet, anatomopathologiste au CHU Lariboisière de Paris  a fait le point sur ce qui a changé au cours des dix dernières années tant en ce qui concerne le dépistage organisé, le système de classification de Bethesda 2001 (appliqué à 90 % aux USA, recommandé en Europe et en France mais moins utilisé qu’aux USA alors qu’il permet une adéquation avec les traitements et une uniformisation de la terminologie), le recueil des cellules en milieu liquide (ThinPrep 2000 ; Prepstain ; CYTOcell), la lecture automatisée, le test HPV-HR et P16 (test très sensible mais peu spécifique et très coûteux) et enfin le  suivi des jeunes filles vaccinées vu l’absence de déclaration obligatoire, le changement de nom (après le mariage) de région ou de pays et enfin l’absence de registres fiables.
Pr. D. Hammouda Pr. P. Lopes Pr. A. Gamoudi
 

 

  • Le Pr. R. Baba Ahmed, anatomopathologiste au CHU Bab El Oued d’Alger a traité des aspects cytologiques et histologiques en    précisant que la classification de Bethesda 2001 est utilisée par les différents laboratoires anatomopathologiques en Algérie.
  • Le Pr. A. Gamoudi, du service d’immuno-histocytologie de l’Institut Salah Aziez de Tunis a rapporté l’expérience tunisienne en matière de dépistage du cancer du col. Selon l’orateur l’incidence de ce cancer est de 6,1/100 000 en Tunisie représentant le 2ème cancer de la femme (17,2%). Ce cancer diagnostiqué à des stades avancés dans 60 % des cas (les CIS ne représentant que 8 %) implique la nécessité d’un diagnostic précoce fondé sur la pratique régulière du frottis cervico-vaginal qui reste la méthode la plus adaptée à la réalité économique d’un pays tel que la Tunisie .
 Pr. B. Cochand-Priollet Pr. R. Baba Ahmed
 
  • Le Dr. A. Rouzier du service de Gynéco-Obstétrique de l’hôpital Tenon de Paris présentera le traitement des dysplasies sévères. Il précise que si pour les lésions de bas grade on propose un traitement destructeur, pour les lésions de haut grade (CIN2/3) c’est un traitement d’exérèse qui est proposé (résection à l’anse diathermique, conisation laser et conisation au bistouri froid). Des alternatives à la chirurgie comme la vaccination thérapeutique sont en cours d’investigation.
  • Le Pr. K. Rahal du service de chirurgie carcinologique de l’institut Salah Aziez de Tunis traitera de la chirurgie des cancers invasifs du col utérin.
  • Le Pr. C. Haie-Meder de l’institut Gustave Roussy à Villejuif rapportera les indications et les résultats de la radiochimiothérapie concomitante dans les différents essais publiés dans la littérature. Elle signalera l’apport des thérapies ciblées qui peuvent être utilisés comme radiosensibilisants.
  • Le Pr. E. Berranger du CHU Lariboisière de Paris interviendra également pour préciser la place du ganglion sentinelle dans le traitement et le pronostic du cancer du col.
Dr. A. Rouzier Pr. K. Rahal Pr. E. Berranger Pr. C. Haie-Meder
 

 

  • 20. L’association AROME a également organisé (en association avec la Société Française de Radiothérapie Oncologie) une séance dédiée à la radiothérapie dans le pourtour méditerranéen, séance au cours de laquelle le Pr. Kamel Bouzid et le Dr. Ameur Soltane ont rapporté l’expérience algérienne en matière de prise en charge des cancers de la prostate et de la vessie ainsi que du cancer bronchique.

Le Dr. Y. Bekacemi de l’Association Arome (Association de Radiothérapie et d’Oncologie de la Méditerranée)  a rapporté les résultats d’une enquête sur la situation des plateaux techniques de radiothérapie dans les pays du bassin méditerranéen. On constate ainsi que :

  • Le nombre de services prenant en charge les patients en oncologie varie de 0,5 à 9 pour 1 millions d’habitants (Algérie : 0,5);
  • Le nombre de lits d’hospitalisation disponibles en oncologie varie de 8,5 à 50 pour 1 millions d’habitants (Algérie : 8,5);
  • Le nombre d’accélérateurs linéaires par pays et par millions d’habitants varie de 0 à 4,2 (Algérie : 0,23) ;
  • Le nombre total de machines (accélérateurs linéaires et Cobalt) par pays et par millions d’habitants varie de 0,5 à 4,5 (Algérie : 0,5) ;
  • Le nombre de patients pris en charge par machine et par an varie de 242 à 1000 (Algérie : 450).
De gauche à droite le Dr. Bedaïria, les Prs. Marty, Hammouda et  Bouzid
De gauche à droite le Dr. Bedaïria, les Prs. Marty, Hammouda et  Bouzid

De gauche à droite le Dr. Bedaïria, les Prs. Marty, Hammouda et  Bouzid

 

Outre ces thèmes, des séances de présentation de posters se sont déroulées au cours de ces 3 journées. Les médecins algériens ont ainsi présenté 20 communications affichées :

  • La reconstruction mammaire, à propos de 184 cas.
    Y Méziani & A. Bendib – CPMC Alger
  • Grossesse après cancer du sein, à propos de 88 cas.
    A. Abdelouahab  & A. Bendib – CPMC Alger
  • Profil évolutif et facteurs pronostiques des nephroblastomes, à propos d’une série homogène de 125 cas.
    S. Bensaci, M. Mezhoud, D. Abdellouche, H Achour -EHS Daksi Constantine et CHU Sétif  
  • Cancer du rectum chez l’enfant et l’adolescent : à propos d’une série de 9 cas.
    M. Mahiout, M. Afiane et col.  – CPMC Alger
  • Chimiothérapie intrapéritonéale préventive dans les cancers du colon : résultats préliminaires d’une étude prospective.
    M. Abid, A. Hammani et col.  – CPMC Alger
  • Etude de l’association entre le polymorphisme des gènes DPYD et MDR1 et le cancer colorectal dans la population de l’ouest algérien.
    M. Aberkane, M.A. Loriot, A.M. Houllier, A. Boudjema, M. Fodil, B. Larbaoui, F. Zemani, T. Sahraoui, FZ El Kebir  -  Université d’Oran  
  • Impact sur la survie des sous-types histologiques des carcinomes indifférenciés (UCNT) du nasopharynx.
    F. Atif, K. Bouzid – CPMC Alger
  • Les tumeurs germinales malignes de l’ovaire : expérience du service d’oncologie médicale du CPMC d’Alger.
    F.Hadjarab, A. Taibi, K. Bouzid et col. – CPMC Alger
  • Evaluation de la prise en charge du thymome malin au service d’oncologie médicale du CPMC d’Alger.
    A. Ladjeroud, E. Kerboua, K.Bouzid et col. – CPMC Alger
  • Radiothérapie hypofractionnée dans le cancer du sein : expérience du service de radiothérapie du CHU d’Oran.
    A. Boukerche, AF Dali Youcef et col.  – CHU Oran
  • Carcinome du nasopharynx dans l’ouest algérien, à propos de 1112 cas traités à Oran.
    H. Khaldi , K. Lahmar, AF Dali Youcef , CHU Oran  
  • Carcinome du nasopharynx chez l’enfant de l’ouest algérien. 
    H. Khaldi, M. Aid, K. Lahmar, AF Dali Youcef, CHU Oran 
  • Prise en charge du cancer du rectum : à propos de 948 patients.
    K. Boudaoud, T. Filali, A. Djemaa et col.  – CAC Constantine
  • Association radio-chimiothérapie concomitante des cancers localement avancés du col utérin. expérience du CAC de Constantine.
    A. Djemaa, A. Brihmat, MS. Bali. – CAC de Constantine  
  • Le cancer du sein chez la femme jeune dans l’ouest algérien.
    A Boukerche, AF Dali Youcef et col. CHU Oran
  • Analyse du phénotype basal dans le cancer du sein de la femme jeune.
    N. Chaher, H. Tadjrouni, K. Bouzid, A. Bendib, F. Penault-Llorca, N. Terki – CPMC Alger
  • Incidence du cancer du col utérin à Oran en Algérie de 1996-2005 : les données du registre du cancer d’Oran.
    F. Ammour, S. Seddiki, M. Tadjer, L. Mokhtari. Université d’Oran.
  • Evolution de l’incidence des cancers dans la wilaya de Sétif : 1986-2005.
    Z. Zaidi , M. Hamdi Cherif et col. – CHU Sétif  
  • Etat des lieux épidémiologiques du cancer du sein héréditaire dans l’ouest de l’Algérie.
    R. Senhadji, F. Mesli Taleb, T. Sahraoui, FZ El Kebir – Université d’Oran.
  • Le cancer différencié de la thyroïde en Algérie : aspects cliniques, thérapeutiques et évolutifs.
    S. Hadjarab, N. Smail, F. Chentli, D. Meskine, M. Semrouni  – CPMC Alger
Les Drs. M. Aberkane & A. Abdelouahab devant leurs posters présentés lors de cette réunion
Les Drs. M. Aberkane & A. Abdelouahab devant leurs posters présentés lors de cette réunion

Les Drs. M. Aberkane & A. Abdelouahab devant leurs posters présentés lors de cette réunion

 

Une réunion a par ailleurs regroupé autour du Pr. M. Marty, du Dr. N. Bedairia et du Dr. L. Cals, les représentants des sociétés d’oncologie d’Algérie, du Maroc et de la Tunisie (Pr. K. Bouzid, Pr. A. Benider, Pr. H. Boussen, Pr. K. Rahal) en vue de réfléchir d’une part aux prochains thèmes des réunions euromaghrébines d’Eurocancer et à la mise en place d’équipes de recherche cliniques dans les 3 pays du Maghreb d’autre part. Concernant ce deuxième point, l’idée qui s’est dégagée est  de réunir des médecins des 3 pays autour de projets communs en vue de démarrer une recherche de préférence académique (par opposition aux essais de l’industrie), basée sur des tumorothèques  relais  et, en attendant le développement de la biologie moléculaire, réfléchir à tout ce qui peut se faire sur paraffine.

Un autre point qui nous a semblé important et qui a obtenu l’unanimité des présents, est celui de la création d’une revue maghrébine d’oncologie qui sera trimestrielle dans une première étape.

 

Compte rendu mise en ligne le 30 juin 2008


 
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