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De gauche à droite
: Prs. Tchaoussoff, Nemitz, directeur au MESRS, Arrada, Bekkat |
A l’initiative des professeurs Amer LAMARA-MAHAMED président
de la commission de l’éthique médicale de la
faculté de médecine d’Alger et Alain Abbas SAFAVIAN
professeur émérite de thérapeutique à
la faculté de médecine d’Amiens, vice président
de l’Association pour la promotion de l’enseignement
de l’éthique médicale (APEEM), un séminaire
sur l’éthique médicale s’est tenu au Palais
de la culture de Kouba les 29 et 30 mars 2007.
La journée du jeudi 29 mars consacrée à l’éthique
et la transplantation d’organes a été rehaussée
par la présence des ministres de la jeunesse (Pr. Yahia GUIDOUM),
des affaires religieuses, de monsieur Saïd CHIBANE, professeur
d’ophtalmologie à la retraite et ancien ministre des
affaires religieuses, du professeur de psychologie TOUALBI- THAALIBI
ainsi que de madame le professeur F. BENMANSOUR représentante
du ministre de la justice.
Après un exposé introductif du professeur LAMARA,
le professeur Bernard NEMITZ, doyen de la faculté de médecine
d’Amiens et président de cette séance a présenté
l’Université Jules Verne de Picardie (qui regroupe
20.000 étudiants dont 2000 étudiants en médecine
et environ 1000 en pharmacie) et ses spécificités
par rapport aux autres facultés de médecine de France.
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Pr. LAMARA |
Pr. MANTZ |
Pr. QUENEAU |
Le professeur Jean TCHAOUSSOF, referant des activités prélèvement-greffes
au CHU d’Amiens a par la suite fait un long exposé
sur la transplantation de tissus et d’organes en précisant
qu’en France près de 30 000 greffes ont été
effectuées dont plus de 3500 greffes de moelle osseuse et
de cellules, 10 000 greffes de tissus et 4000 greffes de cornée.
Il a également rapporté qu’il y a eu 550 000
décès en France en 2005 dont 1500 décès
cérébral et a rappelé à l’assistance
les notions de donneur d’organe à cœur battant,
à cœur arrêté, de donneur vivant ainsi
que la classification de Maastricht.
Le docteur Dalila KHEMRI, maître-assistante en néphrologie
à l’unité de greffes rénales au CHU Mustapha
a présenté l’expérience algérienne
en matière de greffe du rein qui se fait dans la presque
totalité des cas à donneur vivant si l’on excepte
la tentative constantinoise de transplantation à donneur
cadavérique qui s’est arrêtée. Cette expérience
algérienne qui a débuté en 1986 à Alger
et Constantine fait qu’à ce jour, seules 200 greffes
ont pu être réalisées. Un parallélisme
a été fait avec les pays pratiquants la greffe à
donneur vivant tel que l’Inde et le Japon ou même des
pays européens comme la Norvège (45 % de greffes à
donneur vivant) ou la Grande-Bretagne (25 % de greffes à
donneur vivant).
Le professeur Abdelaziz GRABA lui a succédé pour
rapporter l’expérience algérienne en matière
de transplantation hépatique à donneur vivant apparenté.
Cette expérience qui a débuté en février
1983 est encore à ses balbutiements puisque seules 22 transplantations
hépatiques ont été réalisées
grâce à la collaboration de l’équipe chirurgicale
de Rennes et en particulier du professeur Karim BOUDJEMAA.
Le docteur N. HOUARI a quant à lui rapporté l’expérience
algérienne de la kératoplastie. Dans son exposé
il a insisté sur la loi sanitaire de 1985 qui aurait donné
un coup d’arrêt à la greffe de cornée
qui se faisait plus ou moins facilement avant cette date, alors
que depuis les listes d’attente se prolongent et beaucoup
de patients ont été obligés d’aller à
l’étranger pour une greffe de cornée. En 2006,
grâce à l’importation de cornées des USA,
ces greffes ont repris dans les CHU de Mustapha et de Bab El Oued.
L’après-midi de cette première journée
a été une discussion–débat entre les
orateurs et la salle autour de 4 questions :
- Doit-on respecter scrupuleusement la volonté des donneurs
potentiels ? Si oui, quels moyens doit-on mettre en œuvre
pour respecter cette volonté ?
- Est-il éthique de faire des prélèvements
sur donneur vivant ?
- Doit on interdire toute commercialisation d’organes sur
donneur vivant ?
- Quelles règles éthiques doivent guider le choix
du receveur ?
Pour la 1ère question (respect de la volonté du donneur
potentiel), qui ne concerne bien entendu que le donneur cadavérique
(situation qui n’existe pas encore en Algérie) il ressort
que le don d’organe est un acte qui implique nécessairement
un consentement qu’il soit direct ou tacite. Ce consentement
doit exister et c’est en le respectant qu’on augmente
la confiance du public. La loi algérienne prévoit
le consentement express et éclairé. Pour la majorité
des présents, les lois sont en avance sur la culture de la
société et le don d’organes et fonction de la
qualité de la prise en charge thérapeutique du décédé.
Pour la 2ème question relative au prélèvement
d’organe sur donneur vivant, la partie française, et
en particulier les réanimateurs et anesthésistes,
semblent réticents pour le donneur vivant qu’on expose
quand même à des risques de morbi-mortalité
: Il faudrait aller au-delà sur le donneur à coeur
battant. Pour la partie algérienne au contraire, vu nos mœurs,
notre culture et l’esprit de solidarité familiale,
la greffe à donneur apparenté du 1er degré
d’abord à la rigueur du 2ème degré semble
à l’heure actuelle la seule possibilité permettant
d’effecteur des greffes d’organes. Mais pour éviter
tout risque de dérive commerciale il faudrait éviter
le donneur vivant non apparenté.
Pour la 3ème question relative à la commercialisation
d’organes, l’anonymat et la gratuité du don doivent
être une condition sine qua none.
Pour la dernière question sur les règles permettant
de choisir le receveur, un certains nombres de questions ont été
débattus :
- Est-il légitime de privilégier les super-urgences
sur les malades portés sur la liste depuis de longues dates
? En France, la mise sur liste d’urgence d’un patient
nécessite l’avis du comité d’expert
qui peut se réunir en urgence.
- Quant est il des donneurs limites ? sujets très âgés,
sujets malades etc. Les orateurs français ont rapporté
l’expérience française du programme bi greffes
(ex : 2 reins d’un sujet très âgé pour
un même receveur). Mais qu’en est-il, devant la pénurie
d’organes, de la transplantation d’un organe contaminé
sur un donneur contaminé même si ce dernier est consentant
? L’utilisation de donneurs limites dont l’age est
supérieur à 80 ans permettrait d’augmenter
de 10 % de nombre de donneurs ; l’utilisation d’organes
de donneurs atteints d’hépatite C ajouterait encore
4 % environ mais est ce éthique ?
- La sécurité maximum doit entourer le receveur
tout en sachant que le principe de précautions à
risque zéro n’existe pas. Des cas de cancer du rein
passé inaperçu sur rein transplanté ont été
rapportés. Dans le cas de la France, les homosexuels masculins,
les toxicomanes et les sujets provenant d’Afrique centrale
(où l’incidence du SIDA est particulièrement
élevée) ne sont pas considérés comme
des donneurs.
- Concernant les équipes de transplanteurs, une évaluation
régulière doit être réalisée
et les équipes ayant de mauvais résultats peuvent
se voir retirer leurs habilitations ceci toujours dans le cadre
de la plus grande sécurité à offrir au receveur.
La journée du vendredi 30 mars a été consacrée
à l’éthique et diagnostic anténatal,
éthique et pédagogie et éthique et thérapeutique.
Le professeur Jean Charles BOULANGER, professeur de gynécologie
obstétrique à la faculté de médecine
d’Amiens et secrétaire général de l’APEEM,
a rappelé qu’en France les problèmes d’éthique
et de diagnostic anténatal ont été formalisés
en 1983 avec la création du CCNE (Comité Consultatif
National d’Ethique) bien que ce comité ne soit pas
la seule instance à traiter de ces problèmes (comité
d’éthique d’hôpital, ordre des médecins,
académie de médecine, agence de biomédecine
etc.).
La finalité du diagnostic anténatal (DAN) est :
- Le diagnostic des anomalies fœtales et leur traitement
éventuel in-utéro ;
- De permettre une meilleure prise en charge néonatale
;
- Mais surtout le dépistage des anomalies fœtales
pour une interruption médicale de la grossesse (IMG), ce
qui n’est pas de l’eugénisme.
Cependant la question se pose : la prévention
par la mort d’une souffrance de l’enfant à naître
n’est-elle pas de l’eugénisme ? En fait l’IMG
donne la possibilité aux parents d’éviter le
lourd fardeau d’un handicap de gravité extrême.
Mais comment apprécier l’extrême gravité
? Est ce un handicap incompatible avec une vie normale, sur le plan
social ? Sur le plan médical ?
Certain cas sont faciles à trancher : l’anencéphalie
par exemple
Le cas classique en France est celui de la trisomie 21 qui justifie
l’IMG
D’autres cas sont plus difficiles : syndrome XXY, XXX, petites
anomalies d’un membre, agénésie du corps calleux,
exposition à certains médicaments etc.
Les parents ne supportent généralement pas l’anomalie
visible, mais ceci est variable d’une société
à une autre. Par exemple dans la culture africaine il existe
une grande solidarité familiale sans oublier l’impact
majeur de la religion.
Quoi qu’il en soit, le DAN doit être proposé
par le médecin et non imposé et lorsqu’une anomalie
est dépistée, le médecin informe et c’est
les parents qui restent maîtres de la décision.
Si en Algérie la législation et la religion ne permettent
pas l’IMG d’indication fœtale, on peut invoquer
le risque pour la mère. La législation française
est par contre très permissive même si l’âge
gestationnel est tardif (jusqu’à 38 semaines de grossesse).
Selon les statistiques présentées par le professeur
BOULANGER, à Amiens il y a environ 800 consultations de DAN
par an et 130-140 IMG / an. Pour l’ensemble de la France,
en 2004 on comptait 75 centre de cytogénétique qui
réalise près de 100 000 caryotypes /an (soit 1 femme
enceinte sur 8) et l’on détecte environ 1500 anomalies
chromosomiques par an. Ainsi 95 % des trisomies 21, 64 % des syndromes
de Turner, 26 % des syndromes de Klinefelter et 44 % des trisomies
X entraînent une IMG. La toxoplasmose est également
la cause de 8,1 % des IMG.
En France il existe une augmentation considérable des méthodes
d’investigations (ASP, caryotype, échographie, biologie
moléculaire, Doppler, IRM, scanner hélicoïdal)
Ne va-t-on pas trop loin ? La traque du handicap n’est-elle
pas excessive ? La législation française rend obligatoire
la réalisation de 3 échographies (11 semaines, 22-24
semaines et 32 semaines) ainsi qu’un dépistage biochimique
des marqueurs sériques. Ce DAN ne risque t-il pas de rassurer
ou d’inquiéter à tord les femmes enceintes ?
Pour certains l’assurance de normalité fournie par
le DAN permet de supprimer beaucoup d’IVG. Mais faut-il éradiquer
la trisomie 21 ? A ce sujet le professeur Boulanger a rappelé
quelques hommes célèbres qui souffraient d’anomalies
tels que :
- Lincoln qui avait une maladie de Marfan
- Einstein qui avait une hypertrophie du lobe gauche
- Mozart qui avait une maladie de Gilles de la Touraine
La position vis-à-vis de l’IMG varie considérablement
d’un pays à l’autre allant de l’interdiction
pure et simple à l’autorisation jusqu’à
la 28ème semaine de grossesse voire même l’autorisation
jusqu’au terme comme en France.
Le DAN et l’IMG ainsi que le développement de l’anesthésie-réanimation
mettent en évidence le divorce entre le forcing pour maintenir
en vie les grands prématurés (dernier exemple, celui
rapporté par la presse aux USA du prématuré
de 280 grammes) et la chasse au handicap. Or le quotient intellectuel
est le plus souvent similaire dans les deux cas !!
Le professeur GHASSAM AYYACH, chef de service de gynéco-obstétrique
à l’hôpital de Zéralda et membre du conseil
national de l’éthique des sciences de la santé
a présenté l’intérêt et les limites
du DAN en Algérie. Il a rappelé que le but du DAN
est de rassurer sur la conformité du produit de la conception
et de déceler toute anomalie incompatible avec la vie ou
une survie acceptable. Il est envisagé au terme d’un
conseil génétique, au cours de la grossesse en cas
de signes d’appel (toxoplasmose, rubéole), de couple
à risque (age avancé de la mère, consanguinité),
de parents porteurs d’anomalies chromosomiques équilibrée
ou d’une malformation, en cas d’antécédents
dans la fratrie ou dans la famille ou en cas d’anomalie découvertes
lors d’un examen échographique. Le professeur AYYACH
signale que dans son service, sur 6200 naissances, il a mis en évidence
2 cas de trisomie 21 et que les cardiopathies congénitales
en Algérie sont au nombre de 3 à 4000 avec un très
fort taux de mortalité. Il signalera par ailleurs l’existence
actuellement d’un laboratoire de biogénétique
au niveau du nouvel Institut Pasteur de Delly Ibrahim.
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De gauche à droite
: Prs Toualbi, Boulanger, Benmansour, Ayyach, Bouzekrini. |
Le 2ème thème traité
lors de cette 2ème journée a été : Ethique
et pédagogie
Le professeur Jean Marie MANTZ, doyen honoraire de la faculté
de médecine de Strasbourg et membre de l’académie
nationale de médecine, a rappelé que l’éthique
a commencé avec Aristote et qu’après 25 siècles
de léthargie elle est aujourd’hui partout et au seuil
de l’amphithéâtre. Doit-elle franchir ce seuil
? Doit-elle être enseignée ? Peut-on l’enseigner
?
Pendant longtemps la réponse a été négative
: Comment peut-on enseigner une matière qu’on ne peut
définir ? Pour Aristote, l’éthique c’est
la morale. En fait l’éthique n’est ni la morale,
ni la déontologie, ni la religion. L’éthique
est une réflexion collective, interactive, constructive des
valeurs humaines dans un esprit d’équité et
de solidarité. Pouvant la définir on peut l’enseigner
et même on doit l’enseigner car on assiste à
un déclin des valeurs basiques telles que la famille, la
morale, la religion etc.
Que faut-il enseigner ?
- Il faut mettre en garde le jeune médecin contre les dérives
de la science ;
- Lui donner les éléments d’un raisonnement
qui l’amène à prendre la décision la
plus appropriée.
Comment enseigner ?
- Dans le 1er cycle, il est difficile de trouver un langage commun
qui permette l’échange : donc traiter les grands
thèmes de l’éthique (le handicap, la fin de
vie, le médicament etc.)
- Dans le 2ème cycle l’enseignement se fait sous
forme de conférence, colloque, symposium, atelier. Il s’agit
d’une pédagogie par petit groupe où une place
essentielle doit être gardé à l’enseignement
pratique au lit du malade.
- Dans le 3ème cycle, le professeur Mantz rapporte l’expérience
strasbourgeoise où existe un DIU d’éthique
où sont traités les grands problèmes d’éthique
de l’heure. De même qu’existe un master d’éthique
destiné à la recherche et ouvert tant aux étudiants
français qu’étrangers.
Les problèmes d’éthique ne doivent pas concerner
seulement les professionnels de la santé mais doivent s’orienter
vers la société civile et c’est ainsi que des
forums ont lieu régulièrement en Alsace sur différents
thèmes tels que :
- L’importance de la communication médecin-malade
- La communication médecins-média
- Ethique et adictologie
Faisant suite au professeur J.M. Mantz, le professeur Patrice
QUENEAU, doyen honoraire de la faculté de médecine
de Saint Etienne, membre de l’académie nationale de
médecine et président d’honneur de l’association
pédagogique nationale pour l’enseignement thérapeutique,
insistera sur l’enseignement des sciences humaines et sociales
qui est obligatoire en France pour les étudiants en médecine.
Après une introduction à l’éthique en
1ère année, l’étudiant fait un stage
infirmier en 2ème année où il aura un 1er regard
avec le malade, le corps humain et découvrira l’humilité
et la modestie de notre action.
Lors du 2ème cycle, il existe un module centré sur
une certaine sensibilisation à l’éthique : la
notion de consentement, secret médical, l’aléas
thérapeutique, le dossier médical, les structures
de soins etc. Le professeur Queneau constate que les internes après
la fin de leur études, ne savent plus dire bonjour à
un malade, ne savent pas annoncer une maladie grave, une rechute,
éprouvent des difficultés à s’exprimer
lorsque cela ne se passe pas bien. Pourtant même dans cette
situation, la dernière thérapeutique reste l’espoir.
Il ne faut pas confondre dans cet enseignement l’annonce d’un
diagnostic et l’annonce d’un pronostic.
Le professeur Amer LAMARA présentera par la suite l’état
actuel de l’enseignement de l’éthique en Algérie.
Il précisera que l’éthique définit les
valeurs humaines et tente d’apporter une justification théorique
aux principes d’actions. Elle doit réfléchir
et ouvrir un débat. Elle ne juge pas à l’inverse
de la morale qui prescrit et qui est impérative ou de la
déontologie qui définit ce que le médecin doit
faire. Il rapportera que l’éthique est enseignée
en 1ère et en 6ème année par les médecins
légistes, les médecins du travail et également
dans le module de psychologie par le professeur Tedjiza pour ce
qui est de la faculté de médecine d’Alger. Dans
le cadre des perspectives, il propose un programme d’enseignement
qui traverse l’ensemble du cursus des études médicales
et profite de l’opportunité de la mise en place récente
des CPRS et bientôt des CPNS pour revoir cet enseignement
afin de le réactualiser et d’identifier les soucis
d’éthiques propres à chaque spécialité.
Le 3ème et dernier thème de cette 2ème
journée a été : éthique et thérapeutique
Le professeur Mantz traitera de l’éthique et thérapeutique
des urgences et réanimation. Les services d’urgences
et de réanimation constituent un terrain d’élection
pour les problèmes éthiques. Parmi les exemples cités,
le prématuré de 280g maintenu en vie aux USA et chez
lequel des lésions cérébrales existent nécessairement
peut être considéré comme une prouesse médicale
par certains mais elle peut également être considérée
comme une conduite irresponsable. Toujours dans le cadre de l’urgence
et en réanimation,
- Le respect du droit du malade à l’information
n’est pas toujours possible ;
- Le droit à la vérité : il ne doit être
assuré que livré à petites doses. Toujours
maintenir la possibilité « d’un coin de ciel
bleu » ;
- La notion de consentement aux soins implique le droit du malade
de refuser les soins. Quel doit être la position du médecin
?
- Il existe dans certains pays (USA) le testament de vie (directives
anticipées) permettant au malade de refuser toute réanimation
en fin de vie. Ce testament est respecté aux USA mais pas
en France car on considère qu’entre le moment où
le patient a établi ce testament et la fin de vie il se
peut qu’il ait changé d’avis.
- Limitation ou arrêt des soins : l’acharnement thérapeutique
peut être légitime mais l’obstination est déraisonnable
mais où est la limite ?
- Faut-il réanimer les suicidants ou les abondonner à
leur sort ?
- Est on en droit de proposer des traitements extrêmement
coûteux à certains malades alors qu’on ne peut
les offrir à l’ensemble des malades ?
Le professeur Queneau reviendra à la tribune pour présenter
une communication qu’il intitulera : « De la rigueur
glacée de la science à des soins personnalisés
».
Pour le professeur Queneau, les facteurs de la décision
médicale sont la recherche d’un ‘’accord
mutuel librement consenti’’. Cette décision médicale
doit elle être basée sur :
- Une vérité médico-scientifique qui est
partielle, provisoire évolutive ?
- La relation malade-médecin : mais qui décide
?
- La psychologie du malade : ses peurs, ses souhaits, ses expériences
Elle n’est jamais neutre. Rôle de l’information
+++
- Les facteurs légaux : obligations, jurisprudence
- Les facteurs socioculturels : croyances, culture
- La société : démocratie sanitaire
- Les facteurs économiques : réalité, moyens
- Politique.
La qualité des soins est avant tout soignant-dépendant
et même temps-soignant pour les soignants. L’équation
de la qualité des soins est : (S + ER) x T = QSP
S : données acquises de la Science médicale
ER : démarche Ethique et Relationnelle
T : Temps disponible au malade
QSP : Qualité des Soins Personnalisés
Sur quoi doit être basée la démocratie
sanitaire ?
- Sur l’Evidence Based Medicine ?
- La Politic-Based Medicine ?
- La Market-Based Medicine (c’est Wall street qui mène
le bal ?)
- Medias-Based Medicine ?
- Opinion-Based Medicine ?
- Juridical-Based Medicine > Médecine defensive ?
- Or Patient–Based Medicine ?
En fait l’Evidence-based medicine (EBM) a des limites : chaque
malade est UNIQUE ; il n’y a pas de malade « MOYEN ».
Les travaux avec des résultats négatifs sont rarement
publiés.
L’EBM devrait être définie comme l’utilisation
consciencieuse et judicieuse, des meilleures données actuelles
de la recherche clinique dans la prise en charge personnalisée
de chaque patient.
Le rôle du médicament dans la société
: réparation de toutes les pannes ?
Le bonheur doit il être un produit remboursé par la
sécurité sociale ?
Après cette présentation assez originale, le professeur
TEDJIZA, chef de service de psychiatrie à l’hôpital
Drid Hocine de Kouba fera un long exposé sur éthique
et thérapeutique en milieu psychiatrique où il rappellera
les conceptions d’Aristote, Kant, Hans Jones, Jurgen Habermas,
John Rawls et Emanuel Levinas.
Il discutera par la suite de la responsabilité du praticien
face aux contraintes de l’assistance psychiatrique, du problème
de la légitimité face à la légalité
:
- L’internement : a t-on le droit de priver quelqu’un
de sa liberté au prétexte qu’il est malade
mental ?
- L’interdiction ?
- La contention physique ? (à l’exception de cas
d’agitation extrême)
- La contrainte thérapeutique ? traiter quelqu’un
contre son gré ?
- L’injonction thérapeutique : obliger quelqu’un
à subir un traitement qu’il n’accepte pas,
comme le contrôle pharmacologique du comportement.
De même le professeur Tedjiza a évoqué la responsabilité
du praticien lors de situations particulières telles que
:
- La responsabilité en tant qu’expert ;
- La relation d’aide psychothérapique ;
- La responsabilité dans le diagnostic et le pronostic
destructeurs
- La responsabilité dans l’abord de la sexualité
ou le rapport à la morale sexuelle.
La discussion qui a suivi cette 2ème journée a tourné
essentiellement sur l’éthique et le diagnostic anténatal
et l’IMG qui serait interdite dans notre pays bien que le
législateur ait laissé une porte ouverte aux médecins
en permettant l’interruption de grossesse pour préserver
la santé physique ou mentale de la mère. En effet
à quoi servirait un DAN si l’IMG ne peut être
réalisé. Le professeur Saïd CHIBANE interpellé
a précisé que l’IVG est permise par les académies
de jurisprudence religieuse et que l’Organisation Islamique
des Sciences Médicales (OISM) autorise jusqu’au 4ème
mois l’IMG devant une tare très grave du fœtus.
Ce qui ressort de ces 2 journées, c’est qu’il
faut avoir une réflexion éthique et non pas des règles
éthiques.
Le professeur Moussa ARRADA, doyen de la faculté de médecine
d’Alger clôturera ces journées en précisant
qu’il ne s’agit en fait que d’une pause et que
la réflexion continuera par l’installation d’une
commission d’éthique et par d’autres journées
d’éthique avec nos collègues français.
Il conclura en paraphrasant le poète qui dit :
Quoi de plus beau que d’avoir pour passion son métier
Communication mise en ligne le 10 avril 2007 |