| Baya
Mahieddine (de son vrai nom Fatma Haddad) est née en 1931
à Bordj-el-Kifan, aux environs d'Alger. Elle a eu un destin
hors norme, une vie de femme entrecoupée de rencontres surprenantes
et de ruptures successives, à travers lesquelles elle devient
artiste peintre. Orpheline à l'âge de cinq ans, elle
est adoptée par une famille française pendant la guerre
de 40. C’est à l’âge de 11 ans qu’elle
se mit à dessiner et à peindre, puisant dans son imagination
d’enfant son inspiration. Elle créa un univers merveilleux
au centre duquel on trouvait une femme aux yeux de biche portant
une robe somptueuse et entourée d’oiseaux fabuleux,
de fleurs et de plantes. Elle
réalisa en 1948 des terres cuites à Vallauris qui
charmèrent Picasso lui-même. Vite reconnue et adoptée
par le milieu surréaliste, séduit par son inspiration
quelque peu naïve, elle ne s’encombre pas des conformismes
artistiques en vigueur et ose afficher des références
culturelles liées à son pays. Baya peint de façon
moderne des femmes fleurs, des reines oiseaux, des princesses. Son
art sauvage aux couleurs saturées trouble les artistes de
son époque. Ils y trouvent une forme de réponse, une
résonance à leur recherche picturale. Senac à
écrit également des poèmes sur elle.
Elle se marie en 1953 avec le chanteur-compositeur El-Hadj Mahieddine
El-Mahfoud dont elle aura six enfants. Elle vivra dès lors
à Blida et n’a plus d’autre perspective qu’une
existence de femme au foyer. Plus de peinture pendant dix ans.
L’Algérie nouvellement indépendante lui consacre
une rétrospective. A la mort de son mari, sa frénésie
de création n’a plus de frein. Elle exposa ses œuvres
en 1963 au Musée National des Beaux-Arts à Alger et
participa l’année suivante à l’exposition
des peintres algériens au Musée des Arts Décoratifs
à Paris. En 1966, ses œuvres sont présentées
à Alger (préface de Jean Maisonseul et Jean Sénac),
ainsi que dans d'autres villes d'Algérie (Tizi-Ouzou en 1977,
Annaba en 1978), en France (au Musée Cantini de Marseille
en 1982, à Paris en 1984 et 1991). Elle participe à
de nombreuses expositions collectives en Algérie, au Maghreb,
en Europe, à Cuba et au Japon. Les thèmes de la peinture
de Baya se retrouvent dans les textiles traditionnels, les tapis,
les céramiques ; ce sont des poissons, des fruits, des papillons,
des oiseaux, des fleurs, des instruments de musique… Il se
dégage une constance dans la répétition de
ces formes, qui sont sans cesse réinventées. Baya
meurt dans la nuit du dimanche à lundi 11 novembre 1998 à
Blida suite à une longue maladie à l'âge de
68 ans.
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