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Editorial - Décembre 2014

Un changement d’orientation dans une discipline, un changement de discipline ne sont pas mortel

Par L. Abid

 

Le dernier concours de chefferie de service hospitalo-universitaire qui s’est déroulé en juin 2014 a fait couler, et continue à faire couler beaucoup d’encre. Le dernier en date est l’article paru sur le quotidien national « Liberté » sous la plume des professeurs I. Terranti et N. Metahri sous le titre « la pédopsychiatrie algérienne en difficulté » en rapport avec le choix d’un maitre de conférence de psychiatrie (qui n’a exercé jusqu’à ce jour que dans des services d’adultes) pour la chefferie d’un service de pédopsychiatrie.

Au cours de ces dernières années de nouvelles spécialités se sont individualisées au niveau de nos facultés et CHU. La chirurgie thoracique et cardio-vasculaire a éclaté en 3 spécialités, la chirurgie plastique s’est individualisée de la chirurgie générale.

En matière de spécialités de l’enfant et de l’adolescent, outre la pédopsychiatrie qui a acquit ses lettres de noblesse, on peut également citer l’oncologie pédiatrique (bien qu’il n’existe pas à ce jour de spécialité enseignée), l’anesthésie-réanimation pédiatrique voire également l’urologie infantile, l’orthopédie infantile, la chirurgie viscérale infantile, l’ophtalmologie et l’ORL pédiatrique.

Une question se pose évidement : qui doit avoir la charge de diriger ces services destinés exclusivement à la pris en charge de l’enfant et l’adolescent ?

Pour l’ORL et l’ophtalmologie, cela va de soi : c’est un spécialiste d’organe (ophtalmologie ou ORL) qui prendra en charge ces services destinés uniquement à l’enfant.

Mais pour l’oncologie pédiatrique ? Est-ce un pédiatre ou un oncologue médical qui doit avoir la charge de diriger un tel service ?

Pour un service de pneumologie ou de gastro-entérologie pédiatrique, est-ce un pédiatre ou un spécialiste de pneumologie ou de gastro-entérologie qui peut postuler pour la chefferie ?

Pour un service de chirurgie digestive pédiatrique, un service d’orthopédie pédiatrique ou d’urologie pédiatrique, est-ce un chirurgien pédiatre, un chirurgien généraliste, un orthopédiste ou un urologue qui peuvent postuler ? Ou est-ce que les rangs magistraux de ces différentes spécialités peuvent tous postuler pour ces postes ouverts en particulier dans le seul hôpital algérien dédié à la pédiatrie, à savoir l’EHS Canastel d’Oran ?

Pour cet hôpital dédié à l’enfant, la décision qui a été prise par les autorités a été que les postes ne soient ouverts qu’aux seuls spécialistes de pédiatrie (pédiatres et chirurgiens pédiatres) à l’exception bien sûr de l’ORL et de l’ophtalmologie qu’un chirurgien pédiatre ne pourra pas prendre en charge.

Pour l’oncologie pédiatrique, les postes ont été ouverts aux seuls pédiatres (bien qu’un oncologue n’ayant pris en charge que l’enfant dans un service d’oncologie médicale aurait pu postuler). A ce sujet, il y a lieu de signaler qu’un maitre-assistant en charge d’un service d’oncologie pédiatrique ouvert au concours, a demandé aux autorités soit de ne pas ouvrir ce poste au concours soit de lui donner une dérogation pour pouvoir concourir à la chefferie car selon lui un pédiatre ne connait rien à l’oncologie et un oncologue médical ne connait rien à la pédiatrie ! Lui seul est en mesure de joindre ces 2 spécialités.

Pour la pédopsychiatrie, même si l’arrêté du 18 juin 2013 la consacre comme spécialité universitaire, tous les praticiens exerçant à l’heure actuels dans les services de pédopsychiatrie ont eu le même cursus universitaire que leurs collègues psychiatres d’adultes (même si entre-temps ils ont reçus des formations complémentaires à l’étranger). A ce jour nous n’avons aucun spécialiste algérien de rang magistral en pédopsychiatrie (la spécialité vient à peine de démarrer, comme c’est le cas de l’anesthésie-réanimation pédiatrique). En appliquant le même principe que celui qui a été utilisé pour l’oncologie pédiatrique (ouverte à tout pédiatre de rang magistral), tout professeur ou maitre de conférence A ayant plus de 2 ans d’ancienneté peut postuler pour un poste de chefferie de service de pédopsychiatrie. Il va de soit que ce chef de service se consacrera dès lors à la pédopsychiatrie (quitte à faire une formation complémentaire en pédopsychiatrie s’il le juge utile, comme ceux qui ont à ce jour la charge de ces services de pédopsychiatrie) ! Mais déclarer que X ou Y n’est pas en mesure de gérer un service de pédopsychiatrie car il n’a exercé que dans des services d’adulte ou parce qu’à un moment donné il a signé une pétition contre la création de cette spécialité, ne me semble pas raisonnable. A ce sujet, je voudrais rappeler une phrase du discours inaugurale du Pr. J.P. Triboulet, président du 113ème congrès français de chirurgie : « Un changement d’orientation dans une discipline, un changement de discipline ne sont pas mortels : les doutes en cours de trajet, ne sont pas incompatibles avec la certitude d’un parcours honorable… Il faut jouir de ses projets, aussi bien que de leurs accomplissements. ».

De même, j’ai souvenir du cas d’un chef de service d’oncologie médicale, issu d’une autre spécialité, qui a été vu de haut à son arrivée dans le service par les praticiens exerçant depuis déjà quelques années en oncologie médicale et qui est à ce jour l’un de nos plus grands spécialistes dans cette spécialité (ayant entre temps dépassé et de loin ces quelques praticiens plus anciens que lui dans le service).

Dans le même ordre d’idée, est-ce que le fait d’avoir donné l’appellation de service de chirurgie hépatobiliaire et de greffes du foie à un service de chirurgie générale, interdit à un professeur de chirurgie générale à postuler pour la chefferie de service ? Si tel est le cas il faudrait en faire de même pour les services de chirurgie oncologique de nos CAC qui viennent d’avoir à leur tête de jeunes et des moins jeunes professeurs qui vont se consacrer évidemment à la chirurgie carcinologique.

Un enseignant de rang magistral qui postule pour un poste de chef de service doit avoir un projet pour le service auquel il postule. Il faut lui laisser le temps de le réaliser et ne pas le condamner à-priori.


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