Santé Algérie Algérie

Sommaire
Page d'accueil
Présentation du site
La bibliothèque de Santé Maghreb
Les éditos du professeur Abid
Communications scientifiques
Histoire de l'Algérie médicale
Agenda scientifique algérien
Point de vue
Associations algériennes de la santé
Annuaire de la santé en Afrique
Forum de la santé en Afrique
Qui contacter ?

Editorial - Décembre 2008
La médecine générale : une spécialité médicale ?
par Larbi Abid

 

Jusqu’à ce jour, le médecin généraliste algérien entame sa carrière professionnelle après un cursus universitaire de 7 années, cursus consistant en 3 années de formation scientifique de base (1er cycle), 3 années de formation clinique (2ème cycle) et enfin une 7ème année dite d’internat. L’analyse du 2ème cycle clinique montre que celui-ci est orienté essentiellement sur la morbidité (diagnostic et traitement), la santé publique et l’épidémiologie n’occupant qu’une place très restreinte, de même que la psychiatrie (3 semaines). La gériatrie et la cancérologie ainsi  que les soins palliatifs et la prise en charge du handicap ne sont pas enseignées en tant que modules individualisés. Pour ce qui est des sciences non médicales (sociologie, anthropologie, psychologie, économie), elles sont pratiquement absentes du cursus.
Au terme donc de ce cursus de 7 ans, le médecin généraliste fraîchement sorti des facultés de médecine entame sa carrière professionnelle dans un métier très loin de la médecine hospitalière qu’il a apprise.
A plusieurs reprises, depuis la réforme de l’université algérienne en 1971, des séminaires sur la formation du médecin généraliste, initiés soit par le ministère de l’enseignement supérieur soit par le ministère de la santé, ont eu lieu. On peut citer :

  1. Celui de Sidi Fredj en février 1982 qui a définit les objectifs institutionnels de la formation du MG ;
  2. Celui de Biskra en  janvier 85 ;
  3. Le comité chargé de l’évaluation de la formation médicale installé par le ministère de l’enseignement supérieur en 2001et qui a cessé d’exister en 2003.

On peut se poser la question : Nos facultés de médecine forment-elles des médecins aptes à accompagner les populations à atteindre un meilleur état de santé, capables de répondre au construit sociétal que se font les populations de leur santé ?
 
Force est de constater que le fonctionnement du système de santé algérien est caractérisé par une absence d’efficacité, aggravé par des orientations fortement curatives, au dépend des stratégies de prévention et des soins de base, qu’il existe un  décalage entre les besoins en soins ressenti et/ou exprimés par la population et l’offre de soins d’où une crise de confiance de la population qui se répercute sur la relation médecin-malade qui est très souvent conflictuelle au niveau des structures publics de santé.
Face à cette situation de malaise, les autorités en charge de la santé (en décalage avec la complexité des représentations sociales de la santé.) répondent par des chiffres : pour 2009, on prévoit l’arrivée d’une promotion de 15000 médecins généralistes.

Si jusqu’à ce jour le questionnement relatif à la formation du médecin généraliste était du ressort des institutions (ministères, facultés etc..), en novembre de cette année, ce sont les médecins généralistes eux-mêmes (par l’intermédiaire de l’Association des Médecins Généraliste de Mostaganem) qui, prenant le taureau par les cornes, ont organisé un congrès à l’Université de Mostaganem consacré à la formation initiale et continue du médecin généraliste.
Au terme de 2 journées où des experts tant algériens que maghrébins et français ont rapportés les expériences de leurs pays, il est ressortit de la médecine générale qui a ses spécificités propres (médecine transversale, de 1er recours, assurant  le suivi, la prévention, les soins et le traitement des malades, dans une vision à long terme de la santé et du bien-être de la société) devrait être enseignée non seulement dans les hôpitaux mais également au niveau du praticien exerçant en ambulatoire.
Pour cela elle devrait être élevée au rang de spécialité comme les autres spécialités d’organes, après le 2ème cycle clinique en transformant l’actuelle année d’internat  en 2 années de résidanat de médecine générale, résidanat dont les terrains de stage seraient les cabinets médicaux de médecine générale tant dans les structures publiques que privées (homologuées).
Cette orientation vers la spécialisation en médecine générale se fait jour dans la plupart des facultés de médecine dans le monde et plus près de nous en Tunisie où après un cursus de 6 années (2+3+1), l’étudiant en médecine tunisien qui opte pour la médecine générale effectue 2 années de spécialité (3ème cycle) dans cette spécialité où l’accent est mis non seulement sur la maladie mais surtout sur l’individu, sa personnalité, la morphologie, la diathèse.

Le médecin généraliste algérien restera t-il celui qui ne s'est pas spécialisé, celui qui n'a pas réussi le concours de résidanat ? La réponse est évidemment NON. Une réflexion conjointe entre les ministères de tutelle (enseignement supérieur et santé) mais également omnipraticiens, devrait s’établir en vue de définir le profil de poste du médecin généraliste apte à répondre aux besoins de santé de la population et surtout instituer une formation spécifique de 3ème cycle en Médecine générale.

Par Larbi Abid le 28 novembre 2008

Valid HTML 4.01! Valid CSS!

NG COM Santé Tropicale
Copyright © 2008 APIDPM - Santé tropicale. Tous droits réservés. Site réalisé et développé par APIDPM - Santé tropicale.