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Editorial - Novembre 2011

30 milliards de DA pour le médicament : un grand ouf de soulagement ?

par L. Abid

 

Un conseil interministériel convoqué jeudi 10 novembre 2011 a réuni autour du premier ministre, les ministres de la santé et des finances pour remédier aux nombreuses pénuries de médicaments qui perdurent depuis plusieurs mois sanctionnant les malades et perturbant l’activité dans les hôpitaux. Au cours de cette réunion, il a été décidé de :

  • régler l’intégralité des dettes de la pharmacie centrale des hôpitaux (PCH) qui s’élèvent à 12,5 milliards de DA ;
  • assainir la situation financière de la PCH afin qu’elle puisse faire face aux pénuries de médicaments dans les hôpitaux ;
  • veiller à l’approvisionnement de la PCH en médicaments ;
  • mettre en place l’Agence Nationale du Médicament, créée par décret présidentiel en juillet 2008 et n’ayant pas encore vu le jour ;
  • autonomiser la direction de la pharmacie du ministère de la santé ?

Les pénuries de médicaments son récurrentes en Algérie tant durant les périodes de crise que les périodes d’embellies financières ce qui ne peut donc être mis sur le compte d’une absence de moyens financiers. Mais cette fois-ci, malgré l’appel au secours tant des malades et des praticiens, l’interpellation des autorités en charge de la santé par les journalistes et les élus de la nation, la réponse des responsables du ministère de la santé était : « qu’il n’y avait pas de manque de médicaments et que la faute incombait aux grossistes et intermédiaires chargés de la distribution ». Devant ce langage beaucoup de praticiens avaient perdus espoir sur une quelconque amélioration de la situation lorsqu’on constate tous les jours des demandes en matière de vaccins non disponibles, de médicaments d’urgence faisant défaut dans tous les hôpitaux (tels que adrénaline, isuprel, salbutamol etc.).

La décision prise ce jeudi d’injecter en urgence 30 milliards de DA est-elle la solution idoine à la pénurie de médicaments ? Le ministère de la santé et l’état algérien doivent-ils toujours être sur la défensive et réagir en pompier pour éteindre le feu à chaque fois qu’on se trouve en présence d’une pénurie quelconque ?

Ne devrait-on pas revoir le problème du médicament dans sa globalité ? Impliquer l’ensemble de la société algérienne dans le nouveau système de santé qui est en train d’être élaboré (dans le secret ?) Car des choix idéologiques doivent être faits.
Dans cette politique du médicament, ne devrait-on pas intervenir à la source c’est-à-dire durant la formation du médecin qui doit être formé pour soigner et non pour prescrire (comme le rappeler récemment le Pr. Chaoui), qui doit bénéficier d’une formation continue durant toute la période d’exercice de son métier et non livré aux délégués médicaux des différentes firmes pharmaceutiques.

Dans cette politique du médicament, ne devrait-on pas mettre en place un résidanat en pharmacie industrielle, spécialité demandée tant par les étudiants que les enseignants de pharmacie ? Un projet en ce sens a même été soumis à la faculté de médecine il y a déjà quelques années sans aucune réponse.

Dans cette politique du médicament, la PCH doit-elle continuer à être considérée comme une entreprise monopolistique au niveau des établissements hospitaliers qui sont soi-disant autonomes dans la gestion de leur budget ?

Dans cette politique du médicament, la part de la production nationale est des plus congrus (malgré les discours officiels qui donnent des taux loin de la réalité) et la question d’une production non pas nationale mais maghrébine (pour un problème de rentabilité et pour une épidémiologie pratiquement équivalente) devrait être envisagée. Cela sans parler des nouvelles molécules (qui font appel au génie génétique à la biologie moléculaire et dont le prix est exorbitant) pour lesquelles une décision de la même envergure que celle appliquée par l’Afrique du Sud pour la trithérapie du SIDA, devrait être envisagée.

Par Larbi Abid le 14 novembre 2011

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