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Editorial - Novembre 2006
Circoncisions de masse, circoncisions collectives, encore et toujours ?
par Larbi Abid

Malgré une circulaire ministérielle limitant la circoncision aux seules structures chirurgicales et aux seuls chirurgiens, malgré l’accident survenu l’année dernière à El Khroub où plusieurs enfants circoncis ont eu des sections de gland, malgré les spots radiophoniques et télévisés, malgré les annonces sur les quotidiens nationaux signalant les risques tant infectieux que traumatiques et psychologiques de ces circoncisions de masse organisées les derniers jours du mois de ramadan par différentes associations de bienfaisance, associations politiques et assemblées populaires communales (APC), nous avons assisté cette année encore à cette situation qui perdure grâce à la complicité de certains administrateurs aux niveaux des hôpitaux publics mais également grâce à la complicité de collègues aussi bien chirurgiens que non chirurgiens.

Ainsi dans certains hôpitaux l’administration a joué le jeu en appliquant strictement la circulaire ministérielle et a laissé l’initiative aux services de chirurgie de gérer ce problème de circoncision de groupe avec les APC. Nous avons pu constater, dans un hôpital d’une wilaya limitrophe d’Alger, que les responsables des œuvres sociales des APC voisines de l’hôpital se sont réunis avec des membres du service de chirurgie pour examiner les enfants au préalable et étaler les circoncisions tout au long du mois de ramadan sans perturbation du programme opératoire ni danger pour les enfants.

Dans d’autres hôpitaux au contraire, l’administration (pour être agréable aux élus communaux et à certaines associations caritatives) a ignoré complètement le personnel médical du service de chirurgie en donnant son accord pour la circoncision de dizaines d’enfants le même jour sans que ces derniers ne soient examinés au préalable, mettant le service de chirurgie et le bloc opératoire devant le fait accompli. Mieux encore devant le nombre très élevé d’enfants à qui l’accord de l’administration a été donné, il a été fait appel à des médecins (et non à des chirurgiens) pour pratiquer ces circoncisions. Les salles du bloc opératoire se sont retrouvées envahies par les citoyens en tenue de ville, sans qu’aucune notion d’asepsie ne soit respectée. Ces jours là, le bloc opératoire ressemblait plus à un marché qu’à une structure sanitaire.
Sous prétexte d’accomplissement d’un devoir religieux, la clochardisation de la médecine et de la chirurgie a atteint un niveau tel qu’il est urgent que le corps des inspecteurs du ministère de la santé fasse un bilan hôpital par hôpital de ces circoncisions au cours du mois sacré de Ramadan, bilan qui doit être établi pas seulement par l’administration des hôpitaux mais surtout par les hommes de terrain c’est-à-dire les services de chirurgie.

par Larbi Abid le 3 novembre 2006

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