Santé Algérie Algérie

Sommaire
Page d'accueil
Présentation du site
La bibliothèque de Santé Maghreb
Les éditos du professeur Abid
Communications scientifiques
Histoire de l'Algérie médicale
Agenda scientifique algérien
Point de vue
Associations algériennes de la santé
Annuaire de la santé en Afrique
Forum de la santé en Afrique
Qui contacter ?

Editorial - Novembre 2005
L’Algérie, pays en transition épidémiologique ?
par Larbi Abid

Ces derniers mois les quotidiens nationaux nous rappellent régulièrement que la première cause de mortalité en Algérie serait les affections cardio-vasculaires et que le cancer devient une préoccupation majeure du corps médical et des responsables de santé.
Pourtant le choléra, la typhoïde, la rage, la tuberculose, les MTH, les zoonoses et beaucoup d’autres maladies infectieuses et parasitaires sont toujours signalées à travers le territoire national par les services de santé. Si certaines de ces maladies ont été maîtrisées pour ne pas dire éradiquées comme le choléra, d’autres continuent de menacer la santé du citoyen en entraînant des dizaines de morts chaque année. Après les cas de typhus réapparu il y a 2 ans dans l’Oranie, c’est au tour de la diphtérie où des cas ont été signalés dans le Constantinois.

Pour rappel, la diphtérie est une maladie toxi-infectieuse affectant essentiellement les voies respiratoires supérieures. Elle revêt habituellement l'aspect d'une angine à fausses membranes qui peuvent obstruer le larynx : c'est le croup. La toxine produite par le bacille diphtérique peut provoquer des paralysies et des myocardites. L'incubation dure de deux à dix jours et la contagion se fait par les gouttelettes de Flügge et par contact avec les objets souillés par les personnes infectées. Le diagnostic repose sur la mise en évidence de Corynebacterium diphtheriae dans le prélèvement de gorge par examen direct, culture et identification. La toxine du bacille de Klebs Loeffler est responsable des manifestations cliniques de la diphtérie. La prévention repose sur la vaccination par l’anatoxine. Elle est obligatoire en Algérie à partir du 3ème mois de vie et nécessite 3 injections à un mois d'intervalle, suivies d'un rappel un an plus tard, puis à 6 ans, 11-13 ans, 16-18 ans et enfin tous les 10 ans. Certains groupes à risque (militaires, personnel médical, crèches) nécessitent des rappels particuliers.

Selon l’OMS, les définitions des cas de diphtérie sont :

  • Cas suspect : naso-pharyngite, amygdalite ou laryngite pseudo-membraneuse
  • Cas probable : cas suspect associé en plus à au moins l’un des 9 éléments suivants :
    • contact récent avec un cas confirmé (< 2 semaines),
    • épidémie de diphtérie dans la zone géographiquement considérée,
    • stridor,
    • œdème du cou,
    • insuffisance rénale,
    • pétéchies,
    • choc toxinique,
    • myocardite ou paralysie motrice dans les 6 semaines suivantes,
    • décès.
  • Cas confirmé : cas probable avec isolement d’une souche de Corynebactérium diphtheriae.

Si chaque année quelques dizaines de cas sont signalés, entre 93 et 96, c’est des centaines de cas dont les 3/4 concernant des sujets de plus de 10 ans qui ont été diagnostiqués (1993 : 296 cas, 1994 : 996 cas, 1995 : 1060 cas, 1996 : 107 cas) ce qui a permis d’utiliser le terme d’épidémie.

L’absence d’éradication de cette maladie dans notre pays voire le maintien de foyers épidémiques sont dues essentiellement à la baisse de l'immunité chez les adultes du fait de l'absence de rappels vaccinaux et les importants mouvements de population au cours des dernières années de la campagne vers les faubourg des grandes villes et peut être la chute de la couverture vaccinale chez les enfants nés à domicile.
Les cas signalés dernièrement dans les communes de Chelghoum Laid et Sidi Meroua en particulier et dans la wilaya de Mila d’une manière générale, rappellent qu'il reste encore beaucoup à faire tant en matière de couverture vaccinale des enfants que sur la nécessité de la restauration et le maintien de la protection immunitaire antidiphtérique chez les adolescents et adultes et sur le rôle des conditions socioéconomiques (amélioration générale du niveau de vie, des familles moins nombreuses et une promiscuité moindre) dans la propagation de la diphtérie.

Nous rappelons à titre indicatif le calendrier vaccinal en Algérie :

Age de la vaccination Vaccins
Naissance BCG + VPO + HBV 1
1 mois HBV 2
3 mois DTC + VPO
4 mois DTC + VPO
5 mois DTC + VPO + HBV 3
9 mois Anti-rougeoleux
18 mois DTC + VPO
6 ans DT enfant + VPO + Anti-rougeoleux
11-13 ans DT adulte + VPO
16-18 ans DT adulte + VPO
Tous les 10 ans à partir de 18 ans DT adulte

La direction de la prévention au Ministère de la Santé a-t-elle une évaluation du taux de rappel à 6, 12 et 18 ans ? Il s’agit pourtant d’une population scolarisée qui peut être prise en charge par les Unités de Dépistage Scolaire (UDS) des différents secteurs sanitaires.

Professeur Larbi Abid le 14 novembre 2005

Valid HTML 4.01! Valid CSS!

NG COM Santé Tropicale
Copyright © 2005 NG COM Santé tropicale. Tous droits réservés.